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sans cesse pourlui : souvent, tandis quU som­meillait, debout à côté de son lit, joignant ses mains et élevant vers le ciel ses yeux mouillés de larmes, elle disait en soupirant: « O Dieu , rends-le à mon affection, ne serait- ce que pour quelques années seulement? 11 A force de travail et en passant souvent la moitié de la nuit à coudre ou à tricoter, elle avait fait quelques petites économies; elle em­ploya jusquà la dernière obole pour fournir à tous les besoins de son père et pour lui procurer quelque soulagement.

Le digne vieillard se remit un peu, cepen­dant il ne sentit que trop bien quil ne re­lèverait pas de cette maladie. Cette idée ne put ébranler sa tranquillité et son courage ; il parlait de sa mort avec le calme le plus grand : mais Marie, versant alors des larmes amères, sécriait: «O mon père, ne parlez pas ainsi! je ne puis vous entendre et sup­porter une telle pensée. Que deviendrai-je sans vous? hélas! votre pauvre Marie naurait plus personne sur la terre. 11

«Ne pleure pas, ma chère enfant, lui dit le vieillard en lui tendant la main , nas-tu pas un bon père dans le ciel? il te restera, si le père que tu as sur cette terre doit têtre -enlevé ; quant à tes moyens dexistence, ce :nest pas ce qui minquiète ; les oiseaux trouvent bien leur pâture, pourquoi ne trou- verais-tu pas aussi de quoi te nourrir? Dieu pourvoit aux besoins du moindre passereau