( 7 ° )
de l’innocence qui vient t’avertir. Ne l’offense pas , et crains qu’il s’éloigne jamais de toi; tant qu’il t’accompagnera, et aussi longtemps que tu écouteras ses avis, la séduction ne pourra rien sur toi; mais si, malgré ses avertissemens, tu cèdes un seul instant à la moindre proposition indiscrète, tu cours risque d’être perdue pour jamais.
«O Marie, un ennemi s’élèvera dans ton propre cœur; il viendra des momens où le mal aura pour toi des charmes, où tu seras tentée de croire que le péché n’est pas si répréhensible ; peut-être même finiras-tu par le trouver innocent; mais écoute ma voix, grave profondément dans ton cœur les paroles que t’adresse ton père mourant, n’agis, ne parle, ne pense jamais de manière à être obligée de rougir au souvenir de l’auteur de tes jours. Bientôt mes yeux se fermeront pour toujours, je ne pourrai plus veiller sur toi ; mais songe que tu as dans le ciel un père dont le regard te suit partout et lit constamment dans le fond de ton cœur ; tu craindrais de blesser par une mauvaise action le père que tu possèdes ici-bas; combien ne dois-tu pas redouter davantage encore d'offenser ton père qui est au ciel.
«Marie, arrête tes yeux sur moi, et à l’avenir, si la séduction s’approche de toi, songe à la pâleur de mes traits, à ces larmes qui mouillent mes joues flétries; approche, pose ta main dans ma main froide et des-

