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qui la connaissaient, elle y menait la vie la plus heureuse. Un matin, assises ensemble, les deux jeunes personnes travaillaient avec beaucoup dardeur à terminer une robe; sou­dain la porte souvrit et elles virent paraître le bailli : il savança dun air solennel. Bien que ce fût un jour de la semaine, il était revêtu de lhabit écarlate quil ne portait quaux jours de fête, et sa perruque était poudrée avec soin. Amélie et Marie se regar­dèrent lune lautre dun air étonné, comme pour se demander le but de cette visite inat­tendue. Après avoir salué respectueusement la jeune comtesse, le bailli dit quil venait pour faire à Marie une proposition dune haute importance; se tournant alors vers la jeune fille, il commença en ces termes : Mon fils Fr édéric. que son Excellence monsieur le comte a eu la bonté de me donner pour ad­joint dans les fonctions de bailli en lui accor­dant la survivance de ma charge, m'a confié hier que mademoiselle Marie, par la noblesse de son ame et par toutes ses autres excellentes qualités, lui avait inspiré un profond atta­chement, et quil^ sestimerait heureux de lobtenir pour épouse. Fidèle à ses devoirs de fils, il na pas voulu vous parler de son inclination et de ses intentions avant de sêtre assuré du consentement de son père : il est venu hier me prier de le lui accorder. Je le lui ai donné avec joie et de tout mon cœur, et jai voulujoi-niême me charger de venir