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DEVIN.
Ce serpent, qui parvient communémeut à la longueur de plus de vingt pieds, est le plus grand et le plus fort de tous les serpeus. La nature lui a accordé la beauté, le courage c ' l’industrie. N’ayant point de venin, il combat, avec hardiesse, oppose la force à la force, et ne dompte que par sa puissance. Il y a de quoi frémir, en lisant dans les relations des voyageurs la manière dont l’énorme serpent Devin s’avance au milieu des herbes hautes et des broussailles, semblable à une longue poutre que l’on remuerait avec vitesse. On aperçoit de loin, par le mouvement des plantes qui s’in clinent sous son passage, l’espèce de sillon que tracent les diverses ondulations de sou corps : on voit fuir devant lui les troupeaux de gazelles et d’autres animaux dont il fait sa proie. Le seul moyen de se garantir de sa dent meurtrière dans ces solitudes immenses, est de mettre le feu aux herbes déjà à demi-brûlées par l’ardeur du soleil ; car le fer ne suffit pas contre ce dangereux ennemi, surtout lorsqu’il est irrité par la faim. En vain voudrait-on lui

