avait eu le lempsde songer à ce quelle aurait à lui dire; car il y a apparence (lhistoire nen dit pourtant rien) que la bonne fée, pendant un si long sommeil, lui avait pro­curé le plaisir des songes agréables. Enfin il y avait quatre heures quils se parlaient, et ils ne sétaient pas dit la moitié des choses quils avaient à se dire.

Cependant tout le palais sétait réveillé avec la princesse; chacun songeait à faire sa charge; et, comme ils nétaient pas tous amoureux, ils mouraient de faim. La dame

t 4 CONTES DES FÉES.

« Est-ce vous, mon prince? lui dit-elle; vous vous êtes bien fait attendre. » Le prince, charmé de ces paroles, et plus encore de la manière dont elles étaient dites, ne savait comment lui témoigner sa joie et sa recon­naissance; il lassura quil laimait plus que lui-même. Ses discours furent mal rangés ; ils en plurent davantage : peu déloquence, beaucoup damour. Il était plus embarrassé uelle, et lon ne doit pas sen étonner : elle