LA BELLE AU BOIS DORMANT. 1 9
chair fraîche), el je la veux manger à la sauce Robert. »
Ce pauvre homme, voyant bien qu’il ne fallait pas se jouer à une ogresse, prit son grand couteau et monta à la chambre de la petite Aurore : elle avait pour lors quatre ans, et vint en sautant et en riant se jeter à son cou et lui demander du bonbon. Il se mit à pleurer : le couteau lui tomba des mains,
il alla dans la basse-cour couper la gorge à un petit agneau, et lui fit une si bonne sauce que sa maîtresse l’assura qu’elle n’avait jamais rien mangé de si bon. Il avait emporté en même temps la petite Aurore,

