6 2 CONTES DES FÉES.

était le vrai portrait de son père pour la douceur et l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles quon eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa -fille aînée, et, en même temps, avait une aver- sion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse.

11 fallait, entre autres choses, que cette pauvre enfant allât, deux fois le jour, puiser de leau à une grande demi-lieue du logis, et quelle en rapportât plein une grande cruche. Un jour quelle était à cette fon­taine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire.

« Oui-, ma bonne mère, » dit cette belle fille ; et, rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de leau au plus bel endroit de la fontaine et la lui présenta, soutenant toujours la cruche, afin quelle bût plus aisément. La bonne femme, ayant bu, lui