7 8 CONTES DES FÉES.

dire tout bas à la reine quil y avait long­temps quil navait vu une si belle et si aimable personne. Toutes les dames étaient attentives à considérer sa coiffure et ses habits, pour en avoir, dès le lem demain, de semblables, pourvu quil se trouvât des étoffes assez belles, et des ou­vriers assez habiles

Le fils du roi la mit à la place la plus ho­norable, et ensuite la prit pour la mener danser. Elle dansa avec tant de grâce, quon ladmira encore davantage. On apporta une fort belle collation, dont le jeune prince ne mangea point, tant il était occupé à la considérer. Elle alla sasseoir auprès de ses sœurs et leur fit mille honnêtetés ; elle leur fit part des oranges et des ci­trons que le prince lui avait donnés, ce qui les étonna fort, car elleâ ne la connais­saient point.

Lorsquelles causaient ainsi, Cendrillon entendit sonner onze heures trois quarts ;