RIQUET A LA IlOUl'I'E. 91
et on était étonné qu'en moins d’un quart d’heure l’aînée n’avait plus personne auprès d’elle, et que tout le monde s’était rangé autour de la cadette. L’aînée, quoique fort stupide, le remarqua bien ; et elle eût donné sans regret toute sa beauté pour avoir la moitié de l’esprit de sa sœur. La reine, toute sage qu’elle était, ne put s’empêcher de lui reprocher plusieurs fois sa bêtise : ce qui pensa faire mourir de douleur cette pauvre princesse.
Un jour qu’elle s’était retirée dans un bois pour y plaindre son malheur, elle vit venir à elle un petit homme fort laidelfort désagréable, mais vêtu très magnifiquement. C’était le jeune prince Riquet à la Houppe, qui, étant devenu amoureux d’elle, sur ses portraits qui couraient par tout le monde, avait quitté le royaume de son père, pour avoir le plaisir de la voir et de lui parler. Ravi de la renconlrerainsi toute seule, il l’aborde, avec tout le respect et toute la politesse imagina-

