106 CONTES DES FEES.

temps ; mais cest que sa femme allait vite en besogne, et nen faisait pas moins de deux à la fois.

Ils étaient fort pauvres, et leurs sept en­fants les incommodaient beaucoup, parce quaucun deux ne pouvait encore gagner sa vie. Ce qui les chagrinait encore, cest que le plus jeune était fort délicat et ne disait mot, prenant pour bêtise ce qui était une marque de la bonté de son esprit. 11 était fort petit, et, quand il vint au monde, il nétait guère plus gros que le pouce, ce qui fît quon lappela le Petit Poucet.

Ce pauvre enfant était le souffre-douleur de la maison, et on lui donnait toujours le tort. Cependant il était le plus fin et le plus avisé de tous ses frères, et, sil parlait peu, il écoutait beaucoup.

11 vint une année très fâcheuse, et la fa­mine fut si grande que ces pauvres gens ré­solurent de se défaire de leurs enfants. Un soir que ces enfants étaient couchés, et que le