132 CONTES DES FEES.

litière, au lieu dêtre malpropre, était cou­verte, tous les matins, avec profusion, de beaux écus au soleil et de louis dor de toute espèce, quon allait recueillir à son réveil.

Or, comme les vicissitudes de la vie séten- dentaussi bien sur les rois que sur les sujets, et que toujours les biens sont mêlés de quelques maux, le ciel permit que la reine fût tout à coup attaquée dune âpre maladie, pour laquelle, malgré la science et lhabileté des médecins, on ne put trouver aucun secours. La désolation fut générale. Le roi, sensible et amoureux, malgré le proverbe fameux qui dit que lhymen est le tombeau de lamour, saffligeait sans modération, faisait des vœux ardents à tous les temples de son royaume, offrait sa vie pour celle dune épouse si chérie ; mais les dieux et les fées étaient invoqués en vain.

La reine, sentant sa dernière heure ap­procher, dit à son époux qui fondait en lar-