PREMIERE RACE, Vie SIECLE. 33

élé arrêté dans uûe église. Cependant, ce res­pect pour le lieu saint fut encore un grand remède contre la barbarie et linjustice.

Aujourdhui, quand un homme est pré­venu dun délit, dun crime, on lamène de­vant un tribunal; on linterroge, on entend des témoins qui déposent contre lui ou en sa faveur; on lui donne un avocat chargé de le défendre, et la loi prononce enfin sa con­damnation ou son acquittement. Ce nétait pas ainsi quon rendait la justice au temps dont je vous raconte lhistoire. Il y avait aussi des tribunaux, des juges; on remarque même une disposition fort sage qui semble­rait appartenir à des temps moins barbares; on nétait jugé que par ses pairs ou égaux, cest-à-dire les hommes du peuple avaient pour juges des hommes choisis parmi le peu­ple, et les grands des hommes choisis parmi les grands; mais les lois étaient dune gros­sièreté absurde. Tous les crimes se rache­taient par une somme dargent plus ou moins forte; on payait tant pour le vol, tant pour le meurtre ; 200 sous (1) pour avoir tué un

(1) Le sou dor valait 15 francs.

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