PREMIÈRE RACE, SIÈCLE. 37

faire de mal, les mains et les pieds dans de leau glacée. On recourait aussi à dautres épreuves, comme celle de la croix. Celui des deux hommes qui tenait le plus longtemps les bras étendus et immobiles devant lautel, à léglise, avait raison , et lautre avait tort Ces diverses épreuves, de même que le duel, se nommaient jugement de Dieu.

Je nai pas besoin de vous faire remarquer la cruelle absurdité de faire ainsi dépendre linnocence, lhonneur dun homme, do son adresse ou de sa force; car les hommes adroits et forts se tiraient presque toujours avec suc­cès de ces sortes dépreuves. Vous concevez aussi que ces épreuves nont pu exister que chez un peuple barbare, ignorant; car lab­sence de lois sages, raisonnables , est la plus grande preuve dignorance ; mais cest cette barbarie, cette ignorance qui faisait suppor­ter aux Français des rois tels que les fils de Clovis, tels que les fils de Clotaire 1er. Chil- péric, cependant, ne put échapper au sort quil avait mérité. Il périt assassiné par lor­dre secret de cette même Frédégonde, pour laquelle il avait versé le sang de sa femme et de ses fils; et son corps, jeté dans les champs,