LES REPONSES DE M- DRUMONT

Javais dit que je ne madresserais plus à M. Dru- mont. Non que les sujets de conversation entre nous fussent épuisés, car il sait journellement les faire naître, mais parce que je ne puis m'entêter à parler avec un muet. Puis, en sa qualité de psychologue, Drumont dirait encore que je ne le provoque à la dis­cussion que pour voir mon nom imprimé dans la Libre Parole , ce qui me ferait, chacun le sait, une publicité considérable. Jaime mieux me taire, et quand jaurai des explications à demander au chèva- lier de lantisémitisme, jirai les lui demander au j ournal. La très aimable façon dont il m'a reçu lautre jour, quand je suis allé assister à la première réunion du jury du concours organisé par la Libre Parole my encourage. A propos de ce concours je demanderai à Drumont lautorisation den parler librement et de donner sur lui et sur ses travaux mon appréciation, bien entendu quand on aura attribué la médaille. Dailleurs, pour linstant, je suis plongé dans la lec­ture des manuscrits quon ma confiés, et je ne veux même pas dire, par discrétion, comment je les trouve. Mais, quittons ce sujet. Il faut que jexplique pour­quoi je parle encore à Drumont, après avoir dit que je ne lui demanderais plus rien. Cest que sil ne ma pas encore répondu, il a répondu à dautres. Jaurès lui ayant, dans la Petite République , posé quelques questions, il a donné la réplique.

Eh bien, je ne voudrais pas fâcher un adversaire, mais vraiment cette réplique est absolument infé­rieure. Drumont va prétendre une fois de plus que je dis cela uniquement pour lui être désagréable; il aura tort, et jaffirme que, seule, la vérité my pousse, comme disait le Barberousse des Burgrâves . Mais il faut justifier mon assertion :