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ANTISEMITISME ET PANGERMANISME
partout. Le séjour leur était interdit en Haute-Autri¬
che (1). Ils ne pouvaient s’établir en Basse-Autriche que
s’ils y fondaient des fabriques (2). Moyennant une taxe
de protection, un nombre limité de Juifs tolérés habi¬
taient à Vienne, avec leur famille et leurs serviteurs (3).
Pour obtenir cette faveur, ils devaient posséder au moins
10.000 florins (4). En se mariant, les enfants perdaient
le bénéfice de cette autorisation et devaient en solliciter
une nouvelle (5). Certains Israélites, afin de pouvoir
habiter la ville, tournaient la loi en se faisant inscrire,
moyennant une redevance annuelle, comme maîtres
d’hôtel, comptables, gouvernants, etc., chez leurs coreli¬
gionnaires munis d’autorisations régulières. Ces situa¬
tions fictives entraînaient parfois d’amusantes consé¬
quences. Par exemple, un homme longtemps inscrit
comme précepteur se voyait obligé, les enfants du Juif
toléré ayant grandi, de se faire passer pour un saleur.de
viande.
Les traités de Passarowitz (17 juillet 1718) et de Bel¬
grade (18 septembre 1739), garantissaient aux sujets
ottomans, quelle que fût leur religion, le libre séjour dans
la capitale. Par suite, il arrivait fréquemment que des
Israélites se procuraient des passeports turcs : ayant
cessé d’être Autrichiens, ils possédaient le droit de res¬
pirer en paix l’air de Vienne (6).
Les provinces de Styrie (7), de Carniole, de Carin-
thie (8), certaines villes comme Brünn (Moravie) (9) et
(1) Stw., t. II, p. 173.
(2) Wolf, p. 85 (Patente de 1782, art. 7) et Vôlk. Ocst.-Ung., t. VII, p. 52.
(3) Stw., t. II, p. 173 et Wolf, p. 84 (Patente de 1782, art. 2 et 4).
(4) Stw., t. II, p. 173.
(5) Wolf, p. 84 (Patente de 1782, art. 6).
(6) Wolf, p. 141-143.
(7) J. jE., art. Slyria, t. Xî, p. 577.
(8) Stw., t. II, p. 175.
(9) J. E ., art. Anstria, et Brünn, t. III, p. 330 et 404.