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LES JUIFS EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE
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était autorisé à prendre femme (1). A Vienne, ce fils
voyait cette faculté encore restreinte s’il était domesti¬
que : celle" qu’il épousait devait être elle-même au service
d’un Juif toléré (2),
Dans les pays de la couronne de Bohême (Bohême,
Moravie et Silésie autrichienne), les personnes autorisées
à fonder une famille étaient appelées Familianten . Le
nombre des permissions de mariage ne pouvait dépasser
celui des décès. Les postulants devaient notamment
fournir des cautions pour le paiement de 3 années de
taxe et prouver qu’ils possédaient au moins 300 florins.
Les fils premiers-nés, les maîtres d’école, les vétérans de
l’armée'avaient un tour de faveur sur les autres candi¬
dats (3).
En Silésie et à Prague, un seul fils de chaque famille
avait le droit de prendre femme (4).
Outre les Familianten ordinaires, il y avait ceux qui,
à cause d’un mérite spécial, étaient autorisés à se marier
en surnombre ; mais il était de règle qu’on leur attribuât
la première place vacante par décès. Ceux qui contrac¬
taient une union suivant la loi juive et sans licence
étaient appelés Magranten, parce que, pour être légale¬
ment mariés, ils devaient émigrer (5).
En Silésie, les Israélites qui prenaient femme sans per¬
mission devaient être chassés de toutes les possessions
héréditaires de la maison d’Autriche (6).
En Hongrie, Temesvar était à peu près le seul, endroit
où les Juifs ayant le droit de résidence ne pouvaient
fonder une famille sans l’agrément des autorités (7).
(1) «7. E., art. Hungary, t. VI, p. 496.
(2) Wolf, p. 85 (Patente de 1782, art. 17).
(3) J. E., art. Familiantengeseiz, t. V, p. 335.
(4) J. E., art. Prctg, t. X, p. 157. — Scari, p. 30.
(5) J. E., art. Familiantengesetz, t. V, p. 335.
(6) Scari, p. 31.
(7) J. E art. Temesvar, t. XII. p. 79.