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Jets en fleurs effilés dans des fascicules glomerulées; ces fleurs ! ont une couleur hlanchâlre tirant sur le fauve.
Fig. 10. La Iinaigrtflle à feuilles larges (Eriophorum lalifolium — a) la fleur; b) le fruit, tous deux diminués) aime les prés et les pentes marécageuses, et ne devient un ornement de ces lieux qu'après la floraison, quand, dans la maturité, sa chevelure pendante et blanc comme neige percent les petits épillets. Ce poil entoure en grand volume les grains (les petites achènes cachées sous les glumes de l'épillel), et atteint à une telle longueur qu’il s'étend bientôt au-dessus de l’épillet. Il y a encore différentes variétés de celte herbe, l'Erioph. anguslifeuillé, alpine etc. etc.
Planche 1V«
Continuation (Triandria).
Cette planche et les deux autres qui suivent, contiennent les véritables graminées, à l’exception de la flouve, que l’on voit PI. II. fig. 9. Quoique les graminées à tuyaux-grêles, à feuilles effilées et à fleurs peu brillantes aient un extérieur très modeste, elles sont néanmoins d’une grande importance, et bien que leur structure semble être uniforme, la diversité et la multiplicité en est très-grande, surtout à l’égard des fleurs, quand on les examine de plus près.
La fleur des graminées consiste ordinairement de deux glumelles {autrefois appelées corolle) l'une antérieure ou inférieure qui a très-souvent une ariste à la tête ou au-dos, et l'autre postérieure ou supérieure, puis de 3 anthères et d’un ovaire à 2 styles; pour la plupart il y a dans la fleur encore deux très petites écailles difficiles à reconaître à l’oeil nu, et que l'on prend ordinairement pour la véritable corolle des graminées. Tantôt c'est une fleur solitaire, tantôt il y a plusieurs distiques sur un petit rachis. Solitaire ou non, il y a presque toujours deux glumes au pied, qui renferment cette fleur ou les plusieurs fleurs. Ces glumes, que l'on a faussement appelées le calice des fleurs des graminées, avec les fleurs qu’elles renferment, s’appellent épillets ou locustes. Il y a des épillets à une, deux, trois fleurs, etc. Ces épillets forment un épi, s’ils sont sessiles à un rachis commun; mais, si les épillets sont pédicellés, et que les pédicelles se ramifient encore, ils forment une panicule. On dit donc que l'inflorescence des graminées forme ou un épi, ou une panicule. L’ovaire des graminées, qui a presque toujours deux styles, se transforme en un grain, ou plutôt en une achène ou caryopsis.
A. un seul style (Monogynia).
Fig. 1. Le nard serré (Nardus stricta — a) panicule à plusieurs épillets; b) fleur détachée, grossie) aime des pâturages sablonneux et un terroir pierreux, a les feuilles et les tiges roides sélacées, se distingue d'autres graminées de ce que les épillets à une fleur n’ont que leur deux glumelles, mais point de glumes, et qu’il n'y a qu’un style; c'est pourquoi ce gramen appartient au premier ordre de la troisième classe.
B. deux styles (Digynia).
Fig. 2. L'aigrostis vulgaire (Agroslis vulgaris — a) le sommet du tuyau avec la panicule en fleurs; b) fleur détachée) croit fréquemment dans des forêts, des prairies ou pâturages arides, a des épillets à une fleur-sans aristes ou arêtes; cependant il y en a aussi une variété dont la glumelle inférieure est munie d'une arête courte et très-fine.
Il y faut aussi compter l’aigrostis éventé ou des champs qui croit parmi le blé de nos champs, et atteint à une hauteur de 2 à 3 pieds et plus; ses fleurs sont munies d'arêtes courtes et fines, trois fois, cinq fois plus longues que les épillets.
Fig. 3. La canche flexieuse (Aira flexuosa) croit dans des bois et des forêts, a les feuilles effilées sélacées, la panicule en fleurs très-étendue à branches arquées, et à épillets à deux fleurs dont chaeune arislée.
Fig. 4. La canche caryophyllée (Aira caryophyllea — a) toute la plante, grandeur naturelle; il arrive quelquefois qu’elle a deux fois celle grandeur; b) un épillet entier renfermant les deux fleurs dans leurs glumes; 3) fleur détachée dont la glumelle inférieure a une arête genouillée sur le dos et deux poils fins à la tête) croit dans des endroits stériles et sablonneux, surtout dans un terrain boisé. Celle variété est un des plus petits gramens.
Fig. 5. Le roseau à balais (Phragmites communis ou Arundo Phragmiles) est notre plus haut gramen — jusqu'à 10 pieds — qui croit dans l'eau aux bords des rivières et des étangs, développe ses grandes panicules depuis le milieu de l'été jusqu'en automne, a des épillets à 4 ou 5 fleurs, chaque petite fleur est poileuse au pied (voyez b qui nous montre une telle fleur où l'on voit cette touffe de cheveux, les deux glumelles, les trois étamines et les deux styles plumeux). Les tyaux ronds de celte herbe, à la ra
cine gros d’un doigt, sont utilisés de plusieurs manières, principalement pour revêtir les plafonds dans nos maisons.
Fig. 6. La séslère bleue (Sesleria caerulaea) est un gramen de roche qui, sur des collines et particulièrement sur les roches calcaires, montre déjà au printemps ses épillets à fleurs bleuâtres, dans lesquels il s'en trouve 2 ou 3, en un seul épi court et serré, ou plutôt en une panicule fasciculée.
Fig. 7. Le vulpin des p r és (Alopecurus pratensis — a) le sommet du tuyau avec une feuille et la panicule en fleurs; b) épillet avec sa fleur) est un gramen de nos prés, haut d’un pied et demi et plus, qui porte les épillets arislés à une fleur dans une panicule épaisse cylendrique et spiciforme; les anthères sont jaune», quelquefois bleu foncé; les deux glumes sont conjointes (voyez la fig. b); entre elles il n'y a qu'une glumelle.
Fig. 8. La fléole (Phleum pralense) très-semblable à l’herbe précédente, croît fréquemment dans nos prés, portant aussi des épillets à une fleur dans un long épi faux cylendrique (panicule très-serrée), mais les deux glumes bien connées de l'épillet b) ont une autre forme, et il y a deux glumelles beaucoup plus petites qui, pour celte raison, ne sont pas visibles en dehors.
Fig. 9. L'alpiste en roseau (Phalaris arundinacea) croit aux bords des rivières et dans des fossés, haut de 2 à 4 pieds, a les feuilles larges et les épillets fasciculés. On cultive dans les jardins une variété, dont les feuilles rayées longitudinalement d'un blanc jaunâtre et de vert ressemblent à des rubans panachés.
Fig. 10. Le petit millet ou millet épars (Milium elïu- sum), un beau gramen de nos bois, haut de 3 à 4 pieds, a les feuilles larges et la panicule grande et laxe à épillets à une fleur. Il a quelque ressemblance avec le millet que l’on cultive, mais quand on y regarde de près, il n'y a pas d'analogie entre ces deux plantes.
Planche V*
Fig. 1—10. Continuation des graminées du second ordre de la troisième classe (Triandria Digynia).
Fig. 1. Le barbon digilé (Andropogon Ischaemum) croit aux haies sèches, sur des collines, et à de pareils endroits, ne fleurit qu'aux mois de Juillet et d’Août. Cinq épis et plus sont ordinairement réunis en forme de doigt (digiliformes), ils sont poileux et rougeâtres tirant sur le violet.
a) Le sommet du tuyau avec les épis; b) article du rachis, bien grossi— chaque article a, comme on le voit ici, un épillet sessile et un autre pédicellé a son éleule; l'épillet sessile contient entre deux glumes et une glumelle vide, une petite fleur hermaphrodite fructifère d'où sortent trois étamines, deux styles à stigmates pénicillés et une ariste agenouillée (la figure ne montre pas les deux glumelles de cette fleur hermaphrodite, desquelles l'une est arislée, parcequ'elles sont petites et cachées par les autres glumes); l'épillet pédicellé contient une fleur mâle dont les anthères (l'une à gauche, les deux autres à droite) sortent d'entre les glumelles.
Fig. 2. La houlque laineuse (Holcus lanalus) est un des meilleurs gramens des prés, qui fleurit au mois de Juin et plus lard. Le tuyau, les vagins, et les feuilles sont très-pubes- cenls; la panicule en fleurs, très-diffuse pendant la fleuraison et reserrée (contracte) après, est vert pâle ou rougeâtre; chaque épillet contient deux petites fleurs dont l'une est mâle et non- aristée, l’autre munie d'une ariste courte et fine qui sort à peine des glumes, hermaphrodite, c’est-à-dire fructifère.
Une autre variété de celte planlo (Holcus mollis) croit dans les bois, est moins pubescente, et montre distinctement l'arisle fine de la petite fleur hermaphrodite, sortant des glumes.
Fig. 3. Le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata) est un des gramens les plus communs des prés, des chemins et des buissons, haut de 2 pieds et plus ; les épillets forment des fascicules épaisses au bout des branches paniculées; les fleurs sont tantôt vertes, tantôt plus ou moins violet bleuâtre ou rouge pourpré; quand elles sont vertes, les anthères sont jaunes ! (voyez la ligure), quand elles sont violettes ou purpurines, les | anthères sont bleues. Les feuilles de celle graminée sont rudes ou âpres. Les chiens les mangent souvent par instinct comme médecine.
Fig. 4. La brise amourette (Briza media), très-commune, se trouve dans les prés de bois et de collines, haute d'un pied et demi, et porte en petites panicules dilTuses ses jolies épillets cordés contenant entre les glumes 5 à 7 petites fleurs, quelquefois plus encore. Le vent fait trembler les épillets suspendus aux petites branches fines des panicules. La grande et la petite amourette que l'on rencontre dans le sud de l'Europe, sont plus rares; celle-ci à epillels plus petits, celle-là à épillets beaucoup plus grands.
Fig. 5. La mélique penchée (Melica nulans) n’a que 2 fleurs hermaphrodites à côté d'une troisième comme rudiment entre les

