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Planche XII.

Conlinuation des plantes du premier ordre de la cinquième classe (Pentandria Monogynia).

Fig. 1. Le tabac commun (Nicoliana Tabacum). Un français, Jean Nicot, emporia de l'Amérique en Europe au sei­zième siècle celte plante annuelle. Tout en étant une plante vénéneuse extrêmement narcotique le tabac est cependant le favorit de milliers d'hommes, qui souvent aux dépens de la santé, sur­tout de celle des jeunes gens se servent de ses feuilles sechées pour fumer et priser, et cest pour cela quil est entré dans le commerce et y joue un rôle très important. Au milieu et au sud de lEurope on cultive comme en Amérique beaucoup de tabac commun et une autre éspèce (N. ruslica). On peut lire dans chaque histoire naturelle, ce quil y aurait encore à dire de plus sur cette plante.

Fig. 2. La be 11 adonne (Alropa Belladonna). a) Une branche en fleurs, b) le fruit. De'toutes les plantes véné­neuses de lEurope la belladonne en est la plus dangereuse, par- ceque ses baies noir-bleues et luissantes, munies dun calice â cinq feuilles, tentent les ignorants et surtout les enfants à les goûter. La tige de la plante se partage en plusieurs branches et atteint ordinairement à la hauteur de 3 à 5 pieds ; cest aux branches que se forment les fleurs rouge-brunes en cloche, qui sont entourées dun calice vert. La belladonne fleurit depuis le mois de Juillet jusquen Août et au mois de Septembre encore' ses fruits défendus vous séduisent.

Fig. 3. La coquerelle ou lAlkekenge (Physalis Alke- kengi). a) La partie supérieure de la tige avec les fleurs b) le calice mûr qui se teint en rouge et renferme la baie. Celte plante végète dans les broussailles sur des collines ex­posées au soleil, elle fleurit aux moi de Juin et de Juillet et at­teint à la hauteur de 1 2 pieds. La corolle dun blanc sàle est à lintérieur verte. Le calice vert, très petit dabord, grandit peu à peu, devient rouge-écarlate et renferme une baie jaune aigre-douce, qu'on peut manger sans risque, tandis qu â la fase intérieure du calice il se développe un suc fort amer, de sorte quen cueillant la baie, il faut prendre garde de toucher l'inté­rieur du calice.

Fig. 4. La morelle douce-amère, nommée aussi Vigne de Iudée (Solanum Dulcamara). a) une branche en fleurs, qui à sa base montre déjà les baies mûres ou à demi-mures; b) une fleur dans sa grandeur naturelle. Cest un arbrisseau grimpant et croissant dans les haies, les buissons humides et aux bords des rivières. Les tiges et les rameaux frais, qui ont une saveur amère et ensuite douceâtre, sont employés pour des médicaments. Cette plante comme les deux suivantes est du même genre que la pomme-de-lerre (Solanum tuberosum). Ses baies rouges et ovales causent des vomissements et de fortes purgations.

Fig. 5. La morelle noire (Solanum nigrum). Cest une herbe vénéneuse, quon trouve souvent dans les champs, sur des monceaux de décombres ou au bord des chemins; elle pousse une tige haute de 1 à 2 pieds, paraissent de petites fleurs blanchqs; il leur succède d'abord des baies vertes et ensuite des baies noires très vénéneuses, de sorte qu'on dit, que les cochons mêmes en périssent.

Fig. 6. Le tomate ou taumatte, vulgairement Pomme damour (Solanum Lycopersicum), est une espèce de morelle aux feuilles pinnées et aux fleurs jaune-pàles. Les fruits sont de grandes baies d'un rouge éclatant et de la grosseur d'une pomme médiocre. (Voyez la figure b.) La chaire de ces fruits est come­stible et l'on s'en sert comme ingrédient de différents mets. Celte espèce est originaire de lAmérique méridionale et cultivée depuis longtemps dans nos jardins potagers.

Fig. 7. Le nerprun bourgène ou bourdaine, aussi aune noir (Rhamnus frangula). a) une branche avec des baies mûres, b) une branche en fleurs. Cet arbrisseau est commun dans nos bois, sa tige est dépourvue dépines et lécorce ainsi que les baies et les feuilles sont employés pour teindre, et de plus les baies, qui à beaucoup doiseaux servent de nourriture, ont des propriétés purgatives.

Fig. 8. Le fusain dEurope, vulgairement fusen ou bonnet de prêtre, aussi bois à cardoire (Evonymus euro- paeus), est un arbrisseau, qui développe en Mai et en Juin des fleurs blanches à quatre étamines (Voyez a la branche en fleurs); cest pourquoi on le mettrait dans la quatrième classe, si dautres espèces du même genre ne feraient voir des fleurs à cinq éta­mines. Les capsules quadrangulaires en couleur de chair de cette plante sont particulièrement remarquables (voyez fig. b.) parce- quelles ont la forme et la couleur du bonnet dun prêtre (épis- cope cardinal) et quand elles se rompent on remarque les quatre graines enveloppées dun arille orange. Ces graines ainsi que les branches et les feuilles ont des qualités vénéneuses, en cau­sant des purgations et des vomissements violents. Les branches

jeunes de larbrisseau sont quadrangulaires et le bois jaunâtre et dur se qualifie parfaitement bien pour en fabriquer des fuseaux et des ouvrages de tourneur.

Fig. 9. Le grosseiller épineux (Ribes grossularia a) une branche avec des fruits; b) une partie dune branche en fleurs) est commun dans les haies comme dans nos jardins et tandis que le grosseiller noir (R. nigrum) et le grosseiller rouge (R. rubrum) portent les fleurs et plus tard les baies en grappes et quelles nont pas dépines, celle- au contraire ne les porte quisolées ou à deux et est munie d'épines. *

Fig. 10. Le lierre commun (Hedera Hélix) est larbris­seau grimpant, connu partout, qui monte les vieilles murailles, les arbres et les rochers, sy attache au moyen de petites racine» et les revêtit de ses feuilles persistantes. Le lierre fleurit de Septembre en Novembre et ses baies noires ne parviennent à la mâturilé quau printemps prochain. Les feuilles aux branches en fleurs diffèrent en forme des autres, qui sont quinquangulaires ou à cinq lobes. (Voyez la figure.)

Planche XIII*

Continuation des plantes du premier ordre de la cin­quième classe (Pentandria Monogynia).

Fig. 1. La vigne cultivée (Vitis vinifera). Cet arbrisseau, qui nous est parvenue de lAsie, est sans doute la plus noble de toutes les plantes que l'homme cultive. En lui laissant pleine liberté la vigne monte dans son pays natal les cimes des plus grands arbres et sy attache au moyen de ses vrilles filamenteuse» et fourchues (Voyez figure a les feuilles et les beaux fruits sont, représentés). Chez nous on la fait monter et revêtir ainsi des trailles et de hauts échalas, attachés aux mûrs des maisons. Dans les vignobles on ne lui donne que des échalas bas et la restreint en coupant ses verges. Ses fleurs, disposées en pani- cule (voyez la figure b il ny a quune petite branche de la. panicule) se développent en Mai ou en Juin. La fleur encore fermée nous montre à sa base un petit calice à cinq dents (vo­yez la figure c) et quand la fleur souvre (voyez d), les cinq pé­tales se détachent du calice, en restant connées en haut, tombent ensuite en petit bonnet, sous lequel les étamines, mises à dé­couvert dès ce moment, étaient cachées auparavant. Un disque neclarifère à cinq squamules se trouve entre le calice et les éta­mines. Lintérieur de la fleur est le pistil, qui produit la baie contenante une ou deux graines.

Fig. 2. La violette tricolore ou pensée (Viola trico- lor) appartient aux plus belles espèces de ce genre charmant, parmi les quelles la violette odorante (Viola odorala) par soi* parfum, sa modestie et comme fleur printanière sest acquise la préférance sur toutes les autres; fig. a nous montre une vio­lette tricolore un peu diminuée, les stipules pinnées vous frappent particulièrement; b une fleur détachée grandeur natu­relle. Toutes les violettes ont un calice, dont les cinq feuille» sont allongées à la base en un apendicule obtuse, et à la pétale la plus inférieure il y a un enfoncement, nommé épéron.

Fig. 3. La Jasione des montagnes (Jasione montana a) toute la plante, trois fois diminuée b) un capitule de fleurs, grandeur naturelle c) une fleur détachée grossie), fleurit en été sur nos prés montagneux et dans nos bois. Celte plante a quelque analogie avec les scabieuses, appartenantes à la quatrième classe, mais cependant lient plus des raiponces (voyez le numéro suivant).

Fig. 4. La raiponce en épi (Ryteuma spicatum) porte au mois de Mai et de Juin ses fleurs blanches-jaunâtres en épis sur une lige, haute dun pied environ (voyez la fig. a une feuille aussi est représentée); la fleur détachée (voyez b) montre un ovaire inférieur, curonné dun calice à cinq petits segments aigus, une corolle à cinq pétales linéaires, qui restent connés en haut, de sorte que les étamines ne peuvent sortir que par les fentes, qui séparent ceux- en bas. Il y a aussi des raiponces à fleurs bleues en têtes rondes, qui ressembleni beaucoup à la plante précédente (la Jasione des montagnes).

Fig. 5. La balsamine des bois (Impatiens noli langere) fleurit en Juillet et en Août aux endroits humides des contrées montagneuses, a la lige succulente, haute de 1 à 2 pieds, dont les membres inférieurs sont enflés aux noeuds et les fleurs munies dun calice diphylle et dune corolle à quatre pétales, dont lin­férieur est prolongé en épéron (voyez a la branche en fleurs) ; ces fleurs produisent des capsulas allongées, qui à lépoque de leur matûrilé, aussitôt quon ny touche que très légèrement, se rompent avec rapidité en cinq valvules se tortillant (voyez b), ce qui fait que les graines tombent ou sont jetées çà et avec violence.

Fig. 6. La pervenche mineure ou petite pucelage (Vinca minor). Cette plante a des tiges rampantes au couchées par terre avec des feuilles persistantes, elliptique-lancéolées, et