MÉMOIRE ­

PRÉSENTÉ/ À LA COUR SUPRÊME D'APPEL DE DARMSTADT

pour le Sieur BONDON ancien Joaillier à Paris et les Syndics de ses

créanciers, Demandeurs

CONTRE

S. À, S,le prince D'ISEMBOURG Defendeur et les agnats du

prince, parties intervenantes.

t… nest pas sans un sentiment pénible, quon se voit forcé dappeler lattention publique, sur une réclamation, dont les tribunaux neussent jamais du être saisis; car alors meme que les subtilités du droit pourraient fournir au prince dIsembourg quelque moyen d'éluder les engagemens quil a contractés dans les actes les plus solennels, il ne serait pas disne de lui, d'adopter un système de défense que re­poussent la bonne foi et la loy ruté.

* Quelle sera donc lexcuse de ceux qui ont determiné le prince à résister à la ré­lamation la plus légitime, lorsquon aura démontré la futilité des moyens quon n'a pas craint de présenter en son nom?

il était déjà assez étrange, quelles conseils de S. A. S. eussent mis son honneur en opposition avec son intéret personnel, et quils eussent présenté le scandale dune contestation judiciaire, dans laquelle le succès lui même ne pouvait le sauver du déshonneur qui s'attache à la violation de la foi des contrats; sans y joindre le scandale nouveau, de soutenir une contestation, de ce genre, avec la certitude de succomber.

Ce nest pas, en effet, devant des magistrats pénétrés de la sainteté de leurs devoirs; ce n'est pas sous le gouvernement dun souverain qui ne veut regner que par la justice, qu'on peut concevoir quelques inquiétudes sur le succès dune réclamation que les principes du droit et de léquité protegent également.