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L'ECLiPSI
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PRIMES DE Ltc IPSE
1™ PRIME : LA. REVANCHE
L’idée qui fait bouillonner les cerveaux, l’espoir qui fait bondir les cœurs ont pris, — sinon un corps, — un buste I...
La Revanche vit désormais, — dans le marbre et le stuc, celui-ci popularisant celui-là !
Un artiste a pétri pour nous cette image de nos rêves.
Tu Éclipse offre à ses abonnés la statuette de la Revanche. Chacun voudra avoir cette figure sous les yeux.
La statuette de la Revanche, avec son piédestal, prise dans nos bureaux : 6 francs ; emballée avec soin et prête à être expédiée : 7 francs.
Le port reste à la charge du destinataire.
2 e prime : Album de la LUNE et de PÉCLIP8K
Cent dessins les plus célèbres de Gill, réduits au moyen d’un procédé graphique tout nouveau, formant un album élégant et portatif.
Les dessins ainsi reproduits sont d’une délicatesse et d’une fidélité parfaite, et de plus on les a finement coloriés.
Le prix de l’Album, pris au bureau, est de 6 francs. (Ajouter
I franc pour le recevoir franco dans les départements.)
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DIALOGUE DES MORTS
RENOUVELÉ DES GRECS
1
Le trio des «uppliciés
La scène se passe, hors de ce monde, dans un lieu champêtre, pittoresque, semé d'aimables bocages, arrosé d'eaux vives, et qui retentit sans cesse du chant des oisillons.
Le ciel est imperturbablement bleu.
SCÈNE PREMIÈRE
Entrent deux personnages. Us n’ont pas de têtes sur leurs épaules. Leur causerie est amicale.
L’un est gros, ventru, avec d’épais mollets. Habit, culotte et veste de soie-puce, chemise de batiste, grand cordon bleu.
II a les mains noires comme un serrurier.
L’aatre, mince, roide, les épaules effscées, porte ub habit lilsti barbeau. Il a la fleur à la beutenmière. Le* vaite* revers éT»»-gilet blans *’étalent *«r lea parental* «le *#a kabit. Les mai** sont fiaef, trè*-blanehes.
premier décapité. — Monsieur, je suis outré! le second décapité. — Il y a de quoi l’être, citoyen, quand on appartient, cemme vous, à la famille désastreuse des Bourbons...
premier décapité. —Ce qui se passe sur la terre m’écœure, .le vous le déclare, monsieur, j’aime qiiçux un Jacobin, sec et raide comme vous, que des royalistes comme ces messieurs-là. Ce maquignonnage du droit diyin ipe fait lever le cœur, parole d’honneur !
second décapité. — Le peuple pense absolument comme toi, citoyenCapet, — mais depuis bien longtemps!
premier décapité . — Ton chez là, monsieur « l’incomiptibje I » Vous êtes mon homme. Au moins vous, vous aimiez farouchement votre pays ! Vous fûtes sans pitié; mais ce fut uniquement en haine âes ennemis sans cesse renaissants de la liberté française. Je suis outré, monsieur, je suis outré, je vous le déclare !
second décapité. — Ah! je vois que l’Être suprême t’a enfin ouvert les yeux de l’âme, Capet! Dans cette atmosphère de sérénité ultra terrestre, dans ce domaine supérieur de la philosophie dégagée des arguties misérables des hommes, ici, tu connais enfin la vanité des choses ; tu sais la vérité.
PREMIER DÉCAPITÉ. — Hélas !
second décapité. — La race à laquelle tu appartiens, Capet, est foncièrement mauvaise. Et tu le vois! moi je n’ai fait — hélas ! — que blesser l’hydre, au nom du droit des peuples opprimés; mais l’hydre de la tyrannie est maintenant convalescente, et tu vois déjà de quoi elle est capable !
premier décapité. — Ah 1 citoyen, tu dis vrai. En ma qualité de Bourbon, je leur pardonnerais la violence, les coups de force, la revendication à main armée des privilégfs que nous tenons de Dieu, comme tu sais...
second bécapité. — Je ne te comprends pas, Capet Tu n’es qu’un ver de terre comme moi, et mon égal, sous le regard de l’Être suprême...
premier décapité. — Je leur pardonnerais même l’alliance avec l’étranger, — ce crime abominable, cependant, et pour lequel, je le reconnais, tu as bien fait de demander ma mort, avec 365 de tes collègues de la Convention; mais leur abaissement présent, mais leurs roueries, leurs intrigues, leurs entrevues d’Anvers et de Froshdorff, avec la croix et la bannière, je trouve cela honteux, vil, grotesque, indigne enfin du sang des Bourbons !
second décapité. — Les tyranneaux lèchent volontiers le chemin oui conduit au pouvoir. C’est dans l’ordre : ils obéissent à leur instinct. Les pousser dédaigneusement du pied dans l’ornière, quand ils ne sont que désagréables à voir, est le devoir du peuple.
premier décapité. — Monsieur l’incorruptible, je suis humilié par la conduite de mes parents, je vous le déclare. Comment ! pour arriver à la Fusion, on irait jusqu’à m’oublier! Jusqu’à oublier ce lâche et rampant Philippe-Egalité! On oublierait mon frère d’Artois sur le Gréai-Britain, chassé plus rapidement encore de France,’par Louis-Philippe que par le peuple! On oublierait les couches de la duchesse de Berry livrées cruellement en pâture à la curiosité publique I On oii- b-ierait des suites de trahison et de félonies ! Oh ! cette famille d’Orléans a décidément toutes les impudences! toutes les audaces! toutes les cupidités!
second décapité. —Aimable famille royale! Tenez, vous êtes un bonhomme, vous, fils de saint Louis, entêtement à part ; et si votre femme, la toute douce rogue, ne v#us avait pas monté la tête, peut-être ne l’auriez-vous pas perdue...
Mais qui jaous arrive parici ? Voyez donc : — Ce jeune homme, en habits de voyage; couvert de sang, avec une lanterne accrochée à la boutonnière, maigre, pâle, chétif, l’air d’une vieille femme...
SCÈNE II
Entre le personnage ci-dessus dépeint.
premier décapité. — • Chut, citoyen. C’est cet innocent duc d’Enghien.
secono décapité bondissant. —Innocent ! Lui, un des héros de l’armée de Condé Un garçon qui s’est battu, lui Français, contre des Français ! Innocent ! Allez demander aux mânes de ceux qui sont tombés sous les balles dss émigrés, heureux de donner leur vie pour la République, s’ils trouvent que les Condé sont des Innocents ! Famille de rebelles tout cela, citoyen. Mol, Maximilien, j’aurais agi comme Napoléon. Je les aurais supprimés.
le duc denghien. — Peut-être avez-vous raison, monsieur. En tous cas, l’accord actuel des légitimistes, des orléanistes et des bonapartistes, n’est pas fait pour réjouir l’âme des honnêtes gens. Tout cela est hideux.
premier décapité. — Ils s’allient, ils se rallient à Bonaparte, dites-vous ?
le duc d’enghien. — Oui, sire.
premier décapité. — Ah ! c’est par trop fort ceci 1 — Monsieur de Robespierre, venez avec moi. — Coudé, suivez-moi. Allons oublier tous les trois ces marchandages de conscience qui n’ont pour but que la soif du pouvoir, et non l’amour du bien public, en causant des grandes inventions de M. Franklin, à l’ombre de ces beaux arbres, et près de ces eaux pures, fraîches et murmurantes.
ERNEST D’HERVILLY.
ture, équitation, musique, escrime, peinture, boxe anglaise, voyages, etc...
Tout ce qui semblera bon à transformer les imbéciles en gens de bon sens, les pourris en hercules, les désœuvrés en hommes utiles, sera employé.
Le Cercle des suicidés par amour fera des conférences et distribuera des prix à ceux de ses membres qui auront le plus vite retrouvé leur raison.
En un mot, il travaillera au relèvement intellectuel et physique des crétins qui ont eu le malheur d’arriver à l’âge de trente-deux ans, sans se douter que l’homme n’a pas été inventé pour se brûler la cervelle sur le paillasson des grues à la mode.
RÈGLEMENT
DU CERCLE DES SUICIDÉS PAR AMOUR
ARTICLE PREMIER
Sont admis à faire partie de ce Cercle tous les hommes de 18 à 35 ans qui se sont introduits dans le corps :
Ou : trois onces de plomb,
Ou: six lignes de fer,
Ou : quinze grammes d’arsenic.
S’ils prouvent que cette tentative a été faite par eux, à la suite d’une discussion dans laquelle leur maîtresse leur a dit :
— Il faut payer le terme du propriétaire ou en mettre uh nos amours.
ART. II.
Aussitôt un nouveau membre reçu, le Cercle lui procurera une occupation en rapport avec, ses facultés et sa force, de façon à ce qu’il ne reste pas désœuvré.
OHOSES ET JETEES
Le directeur et le gérant d’un jouirai dont le tirage décroît avec une rapidité qui devrait servjr d« modèle à la Seine, se communiquaient, l’autre jour, leurs ) eflexions peu égayantes.
— Et pourtant, dit le premier, en examinant la feuille, le journal n’est pas mal fait; le titre tirs l’œil; l’abonné a toutes les fac'lités, 40 francs par an, les abonnements partent du 1 er et d u 16 de chaque mois...
— C’est bien cela, répondit le gérant, les abonnements partent, majs ils ne viennent pas.
*
* ★
I.» fljc*«i*ur d* Yivirumint j’a pat »« fex*err«r «a rédaetian qui J’* qpjtté an fel*e.
C «*f «m’gilti «tait tr»p désagréable à manier.
★ ★
CqUno a uq patron qui est fort bienveillant pour ses gens.
L’autre soir, vers minuit, ce modèle de* maîtres sentit des tiraillement* a’çstomac.
Il appelle OâiW°-
— Voilà cinquante centimes, lui dit-il cherche-moi un baba de cinq sous:.. A)} !... tu en achèteras un pour toi aussi.
Au bout de dix minutes Calino rpyjnt, mordant à belles dents dans un baba.
— Bli bien, lui dit. son maître, et mqp gqteaq?
— Voilà vqs cinq sous, monsieur, il q-ëq pestait plus qu’un chez le pâtissier l
Un ami des artistes complimentait i’auire jour Luce, des Fqlies-Draïqatiques, sur sa façon excellente d’iptérprêter le rôle dAhéiard.
— Oh ! répondit modestement Facteur, p’est une tâche facile pour qiqi, j’qi plus qu’il ne faut pqqr joupp lq $}p.'
***
Gugusse et Pojyte parlaient politique :
— Toi qui t’y connais, dit le ppèmièr, qq’é que c’est que les cou-lies .-ociales ; y eq a-tril seulement ?
— Certainement, qu’il y en a,,d’qù donc que viendraient tous les melons qn’il y q dans le monde.
♦
* *
Mlle X... quitte le théâtre eje* Fantqisigs-Praïqatiques.
Ses amis, très-nombreux, prétenejeut que c’est une question d ! argent ; on lui a refusé une augmentqtioq.
Ses ennemies, tres-nombreuïes. aussi, prétendent qq’jl lui est échu un lot dans cette loterie,"a laquelle je n’use lr blâtqer de mettre trop souvent. :
— Je vous affirme, disait l’autre jpUF qn 4cé »mî s susdits, au foyer des Variétés, que c’est une questiop de tynt.
— Certainement répqrtit Oabriellp Gaqtier, iqqis çq dépend de l’ortbugraphe, poi aussi je cppis que c’est une question de Temps,
O. STENNE.
LE CLRCLI DES SUICIDÉS
paf apiour
Les derniers événement* qui qqt marqué la Un de 1872 devaient démasquer une lacune dans nos mœurs.
Des hoomms intelligent» ont pris l'initiative: la lacune a été comblée et le cercle des suicidés par amour vient de naît e.
Nous avons été assez heureux pour nous procurer un exemplaire du réglement de cette nouvelle Société.
Nous l’offrons à nos lecteur* :
EXPOSÉ
Un groupe d’honorables petits crevés qui ont eu des malheurs avec ces dames, et qui, à 1@ suite de ces déboires, ont tous plus ou moins essayé d’en finir avec la vie, ont — mûs parle sentiment de régénération à l’ordre du jour, .— j e té les bases d’un nouveau Cercle spécialement affecte à leurs camarades d’infor- tune.
Le but de cette réunion est d arriver, p ar tous i eg moyens possibles, à guérir les membres du Cercle des suicidés par amour, du ramollissement qui les a pousses a mettre fin à leurs jours, dont ils n’avaient fait que des nuits.
Pour obtenir ce résultat, l es membres du Cercle des suicidés par amour , feront appel à to«* t®* moyens possibles, moraux et physiques.
Lectures, arts, gymnastiq ue > sciences, hydrotérapie, littéra-
ART. III,
Quel que soit l’emploi procuré à un membre par la société, ce membre sera astreint à trois heures d’exercices violents par joqr :
Qn lui fera fendre du bois,
Changer des pianos d’étage,
Frotter les parquets,
Etc..., tp...
ART. IV.
Chaque ociétaire, en entrant, devra remettre ce que Olara- la-Dinde aura pu lui laisser de fortune, entre les mains du trésorier.
. ART. V.
Il recevra cinq francs par jour et, avec cette somme, devra subvenir à tous ses besoins.
ART. VI.
Il devra porter les cheveux ras, de façon à ne point pouvoir se faire une raie sur le milieu de la tête et se lisser des bandeaux plats sur son front déprimé. t
La raie sur le milieu de la tête et les bandeaux plats lissés étant reconnus pour une des choses qui portent le plus au suicide par amour.
ART. VII.
Toute cravate de couleur tendre est sévèrement prohibée.
Le lorgnon et le monocle ne seront tolérés que s’ils sont utiles.
ART. VIII.
Les membres ne devront lire que lesjournaux du Cerele.
Ces journaux seront soigneusement choisis parmi ceux qui ne se sont pas fait uqe spécialité d’entretenir le public des moindres faits et geste* des ppeottes du demi-monde.
Le Figaro et je Gaulois sont proscrits.
Quant aq Pays, il ne devra jamais en être introduit un exemplaire au Cerele, sauf toutefois les jours eù il sera imprimé sur du papier assez consistant.
Mais, alors, il ne pourra être admis que débité en 64 morceaux égaux et sera directement porté autre part que dans le salon de conversation.
ART. IX.
Chaque année, des prix seront distribués à ceux des membres qui serqnt devenus l,es moins chauves ;
Qui soulèveront les poids les plus lourds ;
Qui sauteront le mieux à pieds joints,
Èt qui auront attrapé le moins de bronchites dans l’année.
ART. x.
Une fois admis comme membre du Cercle des suieidsi par amour, nul ne pourra le quitter avant de justifier qu’il a complètement recouvré sa raison, qu’il s’est voué à un trayaü utile, et que Clara-la-Dinde n’a plus po,ur lui aucun ^tirait.
ART. XI.
Pour lui fournir les moyens d’établir que sa guérison est parfaite et qu’il est rendu à la vie sérieuse, la société le fera passer par les épreuves suivantes :
Elle lui supprimera ses cinq francs par jour pendant six mois et il devra vivre du fruit d’un travail quelconque.
Et elle lui mettra brusquement spus le ne* le (dernier livre de M- Pelot, pour voir si ça le fait vomir.
ART. XII.
Sj ces épreuves donnent un résultat satisfaisant, if» membre du Oçrcle dps ehicidés par amour, redeveuu un homme, sera rendu à qa famille, à ses amis et à la société qui lui témoigneront leur joie en ne le reconnaissant plus.
Les membres du Comité d’initiative,
Marquis de cerveau-creux,
Baron de la roche-futile, Vicomte de SAiNT-cqjjpvEY.
A
■* *
Nou* sommes heureux d’avoir pu offrir à nés lecteurs la primeur de ce réglement d’une société de haute utilité.
La création du Cercle des suicidés par amour était fortement réclamée par les circonstances.
Nous espérons qu’avant peu, ce Cercle aura fait en même temps que la tranquillité des parents qui se sacrifient pendant vingt ans pour élever leurs fils, le désespoir des filles de stéarine qui les débarrassent en quinze mois de leur honneur, de leurs dents, de leurs cheveux et de leur raison.
LÉON BIENVENU.
