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Trente-deuxième Année«
rfottek
W*toM
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Supplévnent hebdomadaire illustré i LA CROIX DE LORRAINE«
M° 2« — Samedi -5 JJanwîes* 1314
-t
Directeur politique: H.-D. COLLIN
ABONNEMENTS
Ville de Motzt
Trois mois ... . . . , 3,30 M.
Atsnco-Lorruine, Allemagne :
Trois mois , ( , 3,33 jy.
Franco t
Un «a • , 9(( (r.
Su inpis. 18*
Trois moU ...... .10»
, „ B» vente A PARIS
A la librairie Ahacienue-Lorraine, 1, rue de Midieie.
•'Rédaction et Administration :
14, RUE DES CLERCS, METZ — Téléphone N u 3I
ANNONCES
<4 petite liens
RECLAME S
La ligne
ui r/.
50 PI,
Le* cnncmfM tont refues aux bureaux du /ournal
14, rue des Clercs, 1 Metz
et du ut laufet le* Aaeucct à l'éli'anacr.
Courtoisie internationale.
Ln France el l’Allemagne viennent de donner
lontes deux un bel exemple de courtoisie iti-
terua’ionnle.
L’attaché militaire d’Allemagne à Paris, le
lieutcnant-xolcniei. da AWttterfeldt, a été, comme
on s'en souvient, .:iièvement blessé dans un
accident d'nulomobile aux grandes manœuvres
françaises ’ longtemps entre la vie et la mort,
il a été entouré de sympathies très sincères
dans la petite cité de Grisolles et de soins in¬
telligents, assidus et zélés au-delà de toute ex¬
pression de la part des autorités militaires et
médicales. Le gouvernement et les particuliers
ont poussé les attentions et le dévouement jus¬
qu’à la coquetterie.
On dira peut-être qu'il devait en être ainsi
uisque l'accident était arrivé sur voiture fran¬
çaise, aux manœuvres françaises et sur terri-
>iro français. Personne sans doute ne le con-
■estera, mais on ne contestera pas davantage
ju’il y a eu. là, de la part des Français, un
ensemble et une suite de délicatesses rares et
telles que les Allemands ne les attendaient
certainement pas. C’est affaire de tempérament
peut-être, sensibilité de race et finesse d’édu¬
cation. Soit t Mais c’est ainsi et il faut recon¬
naître que c’est tout à l’honneur de ceux qui
savent se conduire ainsi.
L'Empereur d'Allemagne ne me contredirait
nas puisqu’à son tour il vient do faire un si
beau geste pour proclamer la chose. 11 a con¬
féré de hautes distinctions à plusieurs des per¬
sonnes qui ont eu !o plus à faire avec le colo¬
nel blessé et il a fait remettre une belle somme
'• pour les pauvres de la petite cité. C’est un
noble remerciement, adressé en termes délicats,
à la fiance entière et à son gouvernement.
En se réjouissant de ces échanges courtois
entre les deux pays, n’est-il point permis de se
demander--*! eefa-ne-pourrait pas ètre~Iè"poml
de départ de mftîtleura rapports politiques entre
les deux gouvernements et les deux nations?
Sans doute il y % entré elles FAJsacê=i-ow?attre
dont Bismarck ne voulait pas et-quüt-tt-'a-an
tioxée que.par-condescendance.noqr.de àlûllke
qui y tenait? mais- c o tte malad r ess e tni e tu f s
faite, pourquoi traiter si durement ItAlgflce*.
Lorraine.au point de .scandaliser .l’Eiicopa-eUle
fitueser,la.Eranoe-â qui la/pature méfoe,-laisse
le' dr<ùL-d»~« ! mtéres9er- âL.nàus -âu^moinft an
point de vue mo ral. Quand une fille s’est ma-
•"* raison ou par force ou
». — -*- >« qrour de sa
Bjui-ijj ; ; 't * ' -► com-
"pléfemem; ni r^llemagoe, au-lieu-Je nou&^ap?.
pliquer la Dictature, les passeports et toutes
Jes tracasseries administratives que l’on sait,
nou« avait traités avec bienveillance, pourquoi
pas même avec prévenance, la France wyswiflr 1
beaucoup plu»-vite habituée à se passer de
nous et à conduire toute sa politique sans que
nous y comptions pour rien.
Pourquoi l’Empereur ne nous traite-t-il pas un
peu comme les habitants de Grisolles? Il nous..
fait sans doute par^ci par-là l’honneur de son
- impériale vigile : mais quel profit en avonsr
nous si ses gouvernements de Berlin et de
Strasbourg nous administrent toujours comme
des citoyens inférieurs et si ses soldais sont
au-dessus de la loi à notre endroit? Nous ne
demandons ni égards, ni faveurs, mais simple¬
ment l’égalité, par l’autonomie, avec les autres
fats de l'Empire. L’autonomie ne serait pas
lement une justice pour nous, ce serait tin
b féfice pour toute l’A’temacne et un avantage
pou/toute l’Europe. Nous la donner, et
iiu plus têt, serait donc aussi un acte de cour¬
toisie internationale : nous avons la conviction
que l’Empereur gagnerait à*s’y piêter, que Sa
Majesté est plus autorisée que personne à l’es¬
sayer el plus outillée pour réussir. H. C.
La Jour née
Un très grave accident de chemin de fer
s’est produit cette nuit en gare de Wolppy près
Metz; un train transportant des militaires revenant
de permission a été projeté contre un butoir; il y a
sept morts et dix-sept blessés.
&
Les puissance de la Triple Alliance ont faitre-
ineUre 4 Londres leur réponse à la proposition de sir
Edward Grey relative i l'Albanie et aux Iles de
la mer Egée. Mais on ignore la teneur de ce do¬
cument. Tout ce que l’on sait, c’est quo la réponse
de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie et de i'It&lio est
en somme défavorable.
»
En France, les sénateurs et députés, membres
de la commission chargée de rédiger les statuts et le
programme de la nouvelle Fédération politique, se
sont réunis hier chez M. Joseph Reinacb, à l’effet de
poursuivre l’œuvre de rédaction qu’ilsont commencée
dans leur réunion de mardi dernier.
En vertu de l’article 32 de la Constitution, le Roi
d'Espagne a signé le décret de dissolution du
Congrès et de la partie élective du Sénat. Les élec¬
tions des députés auront lieu le 8 mare prochain ot
celles des sénateurs le dimanche suivant. Cette me¬
sure est la conséquence de l’arrivée du parti conser¬
vateur au pouvoir.
#
Le discours prononcé à Homo par M. Rar-
rère, ambassadeur de Franoa. à l’occasion du 1 er jan¬
vier, a produit une boucte impression en Italie.
On annonce que la date do la visite que le mar¬
quis di San Giulluno doit faire au comte
Uerclitold à Vienne, sera fixé prochainement.
La démission du cabinet bulgare sera con¬
nue oliiciellemeut aujourd'hui,
*
Les journaux de Bucarest s'accordent à dire que
le gouvernement annoncera la démission du eu-
billet en séance publique du Parlement entre Woêl
et le Nouvet-AfTtvieu*'style).
*
Le voyage de M. Vcnizelos dans les princi¬
pales capitales de I Europe, est . retardé de quelques
jours.
$
Le conseil des ministres A Saint-Pétersbourg n pro¬
longé la défense faite ù la presse russe de publier
des renseignements intéressant la défense na¬
tionale.
Au Mexique, les députés arrêtés au mois d’octo¬
bre en vue d’uu ordre du président lfuurta, ont été
mis en liberté.
Chronique Générale
ALLEMAGNE
Le rapide de Berlin arrêté
par une tourmente de neige.
Le rapide de Iferlin, qui devait arriver à l'aris mer¬
credi soir A 11 h. 3U, a été surpris, entre Hanovre
et Cologne, et en-ui(e «mro Cologne et Liège, pardes
tourmentes de neige qui l'ont empêché de poursuivre
son trajet au-delà de Liège. Les voyageurs ont dû,
pour gagner Paris, emprunter indirectement la voie
de Bruxelles.
FRANCE
Les troupes noires en France.
I.ES premjbks nfcsumTS de l’expérience sont tp.ès
MAUVAIS
Des contingents noirs et créoles des vieilles colonie?
ont été incorporés celle année dans Ie3 régiments de
l'armco coloniale stationnés dans le Midi de fa France.
C'est sur les instances des représentants au Pnrb’meirt
de ces pays que cette expérience a été tentée. La
classe de 1912, qui représente environ 1,600 recrue-
noires et créoles, a donc commencé son instruction
militaire. Elfe se lait lentement, car pour ne pas fa¬
tiguer ce contingent que le climat éprouve, que la
nostalgie terrasse, les exercices no commencent pour
ces hommes dans certains corps, qu’** partir de midi.
Malgré toutes les précautions prises, on compte beau¬
coup d'indisponibles: 39 p. c. dans certaines unités,
une vingtaine d'entre eux ont succombé et beaucoup
encombrent les hôpitaux et les infirmeries régimen¬
taires.
Le ministre do la guerre avait envoyé le médecin
inspecteur Chavasse sur les lieux pour procéder à
une enquête A la suite de laquelle il avait décidé de
renvoyer dans leurs colonies les contingents créoles
qui no pouvaient s'acclimater en France. C’était donc
une allaire entendue.
L’expérience coütcune et inutile de l'appel des con¬
tingents noirs et créoles dans la métropole était aban¬
donnée sur l'avis de l’autorité militaire. Que s’est-it
passé depuis la décision du ministre de la guerre?
On n’en sait rien. Mais une nouvelle décision inter¬
vient à quelques jours d'intervalle. Et ces pauvres
noire, qui n’ont pas du tout demandé A être soldais,
qui espéraient revoir à bref délai leurs cases do la
Guyane et des Antilles et vivre sous le soleil des
(repiques, vont être afledés dans des garnisons d’Al¬
gérie et de Tnnisio A des régiments de zouaves. On
ne renverra dans leur pays que ceux qui n’ont par
pu supporter le climat de l’Eit'ope.
t La dernière so ulion du ministère de In guerre,
écrit à ce propos le lemps, n’en est pas mie.
Envoyer ces recrues en Algérie et en Tunisie, cc
n’est pas supprimer les dangers qu’à montrés leur in¬
corporation dans les garnisons du Midi. Il ertnerain-
he quo le climat de l’Algérie no leur soit pas plus
favorable que celui du Midi de ta Fiance qn’en tout
cas clics n’y soient aussi dépaysées que dans la mé¬
tropole.
Leur renvoi dans leur pays d’origine s’impose donc.
Et surtout qu’on n’nppelle j«as la classe 1913. s
Une interview de M. Ilrinnd
dans le «Tageblatt r.
[4 Tageblatt, de Vienne, publie une interview ,ir
M. Briand exposant quo »es amis et lui veulent une
ttépubliqiie habitable pour tous et 01*1 chacun soit à
sa place. l/Kfat doit rester neutre en*re io* citoyens.
Us souhaitent une France plus unie, plus fuite et pins
respectée.
SAINT-SIEGE
Le l*apc n reçu de nombreux télégrammes
de souverains à l’occasion du
Nouvel-Aii.
Comme les années précédentes, presque tous les
souverains d’Europe,'même b s souverains protestants
ou schismatique-, ont envoyé des télégrammes à
l'ie X pour lui exprimer leurs souhaits de Lonne
année, l’ami ces souverains, citons: l'Etnpc-reur de
Itn-MC, l’Empereur d'Allemagne, l'Empereur d'Au¬
triche, les Rot» de Bavière, de Saxe, d'Espagne, de
Suèdo, de Norvège, du Monténégro, I ex*roi Maitoel
de Portugal, le duc d'Orléans, etc., (de.
Gomme on le voit par celle liste, fa papauté, que
certains gouvernements ntlectent malheureusement
d'ignorer, (ait encore quelque figure dans le momie.
ITALIE
Les relations franco-italiennes.
un ntscouns de m. CAmiûriK
En recevant le 1" janvier In colonie française de
Rome, M. Barrère, ambassadeur de Franco a pro¬
noncé nu discours dont ta première pallie est con¬
sacrée > l’éloge de M. Albert Resnanl, le nouveau
directeur de In Villa Mé lieri.
L'ambassadeur a cii.-mte parlé des (apports banco-
italiens. Après avoir tait nlhisio'ii aux <1 malentendus
qu'il appartenait A la diplomatie de dissiper », et aux
« intérêts tangibles et permanents » dont la recon¬
naissance a fait naître et durer l’amitié franco-ita
tienne, M. Barrère a dit:
«Ce qui appartient au passé doit se contiuuer au¬
jourd'hui dan» le même esprit. Je vous disais l’année
dernière que les ententes de la France et de l'Italie
avaient conservé tonie leur force: J’aioulais que'le 1
événements, loin de les avoir modifiées, avaient dé¬
montré uno fois de plus combien elles étaient néces¬
saires aux intérêts essentiels des deux peuples. Je
n’ni rien n retirer de cette appréciation.
Les accords de 1900 et de 1902, conclus d'une part
par MM. le marquis Vbconli-Venosla et Prinetti, et
de l'autre par M. Déliassé n'eurent pas seulement
pour objet de concilier leurs aspirations africaines,
mais aussi ((''établir sur une base solide leurs rap¬
ports politiques généraux.
De ce que la France et l'Italie en ont recueilli des
avantages considérables, il ne résulte nullement que
ces accords ne soient pas restés en vigueur, comme
ds la sont en effet. I.es deux grands peuples, aujour¬
d'hui comme hier, ont un intérêt supérieur A recher¬
cher non ce qui les divise, mais ce qui les unit.
Et si l’on apporte de part el d’autre dans le règle¬
ment des intérêts pratiques la Imnne grâce, la confia-
litéet l’esprit de conciliation qui en doivent être In
règle ; si ces rapports s'inspirent des sentiments très
nobles et tria hauts qui portèrent les deux nations à
sc rapprocher, la grandeur et les intérêts de la France
et de l’Italie n’auront rien à y perdre.
AUTRICHE-HONGRIE
Scènes scnndaleuses A Vienne
la nuit du 1 er janvier.
A Vienne, le renouvellement de l’année a été célé¬
bré dans la nuit du 31, suivant l’usage importé de¬
puis quelques années de Berlin, bruyamment.
Lorsque sonna minuit, un détachement de 1,400
agents, chargé cette année de maintenir l’ordre dans
le premier arrondissement, fut débordé. Des scène»
-cnmlalpnses se produisirent aux abords de la cathé-
dialc. Malgré tin grand nombre d'acre tâtions, de re¬
grettables incidents troublèrent aussi la soirée organi¬
sée dans les salles du Conzerthaus, de nombreuses
personnes ayant trouvé occupées les places qu’elles
avaient retenues.
SERBIE
Le roi Pierre n reçu
les membres de l’opposition-
Sur l'invitation du roi Lierre, les membres de l'op-
po-Hion te sont rendus au palais pour y exposer an
monarque leurs vues sur la sihinli.ii présenta.
« N«m« entendons pro'esbr, onf-ils dit, contre l'in¬
tolérance dont tait preuve le cabinet actuel en ce qui
rnneeiTis le- allaites intérieures, (/opposition n’n nul¬
lement le désir d'entraver la besogne parlementaire,
mais, lorsqu’elle n quitté la séance de fa Skoiqiohlina,
elle éluit résolue A donner ainsi une preuve du mé¬
contentement que lui causent les actes du cabinet.
Olui-ci a pris trop de liberté avec le budget de
1912. b
Les chefs de l'opposition conseillent au roi l’ierre
de lormer. pour continuer les travaux, un nouveau
cabinet de coalition qui inspire une plus large con¬
fiance, Iæ parti acUiedemcnt au • pouvoir n'a jamuis
réussi, en eilet, malgré les quatre élections qui ont
eu lieu, à obtenir une majorité suivante pour pour-
-nivro avec régularité el avec un esprit méthodique
la besogne parlementaire.
Le roi Pie* ru désire un rapprochement entre les
divcis partis. Dans son opinion, les élections générales
< au-erdeul de giaves iiu’orvriiitnls qu'il est préfé¬
rable d’év/lcr. Giâce à l'influence que pouira exercer
le monarque eu ces circonstances difficiles, le présent
cabinet anivera, suivant toute probabilité, A î^e main¬
tenir au jiouvoir pendant deux mois encore.
Au mois du mars ou d'avril, la Sicoupcbtiiia sera
dissoute et les élections générales auront lieu sitôt
après la formation du nouveau cabinet de coalition.
BULGARIE
L’mivci’tnre de ln session
du. Sobi iuiiô bulgare.
Sofia, b r janvier. — l.a session du Sobranté n été
ouverte par te K 01 en présence de la famille royale.
A l'entrée du sou voisin dans la salle des séant'.'e, un
député socialMe h ci ié : A bas In monarchie ! Les dé¬
putés des autres partis ont immédiatement étoullé cc
cri par des acclamations unanimes auxquelles le pu¬
blic des galeries s’est associé. En même temps les
députés socialistes ont quitté la salle.
fA Roi, dans le discours du trône, a dit :
t Anrès que, Tanné« dernière, le peuple l ui . ; -
eut donné au monde le spectacle- d'un 'effort militaire,
tel qu’on n’en avait pas encore vu in- .«-là et eut
conquis, par se6 aimes, la blieité des luipnialimiy as¬
servie“. notre patrie fut soumise A de nouvcllca et
terribles épreuves. Attaquée simultanément p^r les
armées des cinq Etals voisins,fils dotent combat¬
tre non pour des conquête« ou" de« acquisitum«. m« : -
pour In conservation de noire propre ter e; uu'ta
si, au cours de la guerre, le ptuplu
lusirc par de« cxploMs son" précédente, i! („un.
tré plus grand dans le malheur et les épreuves, i uicu
de se battre contre des adversaires li,,ucs et des ar¬
mées ennemies jusqu’aux portes mêmes do la capitale
sms communication et abandonné de tous, le soldat
bulgare a combattu jusqu'au dernier joui et jus.-pi’A
la dernière heure, Il a interrompu la guerre «ans.
avoir été vaincu.
Au nom de la Rulgarie, je m'incline devant le.«
cendres de ceux qui sont tombés pour la patrie et
j’adresse mon salut aux combattants invincibles.
Plus tard, lorsque nos ennemis “-'abondaient à vui"
des désordres tels qu’un bouleversement comme il
s’en est produit, dans des circuiHlance« moins tragi¬
ques, dans d'autres Etats, !e peuple a supporté toute«
ces épreuves avec le plus grand sang-froid et uno fer¬
meté qui révèlent de précieuses vertus < ivupjps.n
Le discours motive ensuite la dissuh ion du So-
hranié précédent qui, élu avant la guerre, d’après
l’ancien système électoral, avait perdu lo droit de se
»renoncer sur les questions nées pendant et après la :
guerre et concernant les rapports de la Rulgarie avec
les grandes puissances.
Le discoure déclare que ces rapports vont lions et
que le gouvernement emploie tous ses efforts pour les
rendre encore plus amicaux.
« l^>s relations avec la Bon manie, oui été reprises avec
une égale bonne volonté des deux côtés.
Nous avons ensuite échangé des représentations avec
la Sublime Porte, persuadés que le nouvel élal do
choses exclut les malentendu« avec la Turquie et
ayant le ferme espoir que les multiples intérêts éco¬
nomiques qui lient la Bulgarie A l'Knipire voisin trou¬
veront leur solution dans les bons rapports de voisi¬
nage et d’iimiliê entre les deux Etuis.
Nos rapports avec la Serbie sont également en voie
de rétablissement, r
Le discours du trône termina en exprimant la con¬
viction que le peuple bulgare, aprèr do glorieux faits
d’armes et après les épreuves traversée«, est résolu A
restaurer ses force« dans fa paix et un travail durable
et qu'il ne pense qu'à remporter, mit le terrain delà
paix et du progrès, des victoires susceptibles de lui
u.s-urer la ulace d honneur qui lui revient parmi les
peu nies balkaniques.
Après lecture du discoure du bûno, le Roi s'ccl
relire salué par le« acclamations du public massé sur
la place du -Sobranié et sur tout le parcours'ji'nîp/aû““
palais.
RUSSIE
L’èlal rte santé du TsarévUclt.
Les détail- suivant« Mir lehrt de santé du Tsaie*
vitch ont été donné« par une éminente personnalité :
— J’ai vu l’héritier pré-oniptit an commencement
lu moi«, après être resté sans le voir pendant trois
mois. Il avait changé dans ses manières et dans sou
apparence physique d'une façon qiia-t-mirar.nlcnre, A
la lin d’noiH, il iioitait encore énormément de la jambe
gaucho, laquelle c-lait tenue par des planches, et il ne
onvail ninrclicr qiiVn chancelant, nu'-uie quand l'Em¬
pereur le lei ait par la main. Il était indolent et avait
le regard terne. Il y a quatre semaines, je l’ai trouvé
énanoui, le teint rosé, marchant sans appui, mais traî¬
nant encore légèrement la jambe gauche. Pour mon
édification, il ?e tint sur la limbe ma'ado et fit raid-
demenl tourner l'autre en l'air. Je plaçai mes mains
sur les épaules du Tsarévitch, et fis en liant celte re¬
marque qu'il prenait des muscles et que bientôt il
erait caj>ablo de lutter. En tait, le prince s’est re¬
marquablement tortillé, et il avait l’air d'un petit
homme. Dans une conversation avec son médecin,
l’exprimai mon étonnement d'un tel changement.
— Attendez quelques semaines et vous verrez la
jambe gauche, encore raide an genou, devenir très
souple, me répondit lo dorteur.
Deux jours^iprcs, au cours d'une leçon de français,
jipiidaul que le maître avait le dos tourné, le T«are- -
vitch sauta sur lin bureau et se mit A faire de« gam¬
bades qui finirent par une rlmte. La jambe bien por-
FEUII.LETON DU LORtlAIN — 71 —
TRIOMPHE D’AMOUR
RBNB »‘ANJOU
— Un nègre?
— Un martyr... J'ai sauvé de la mort un misé¬
rable; cette joie valait bien votre eflroi. Regardez ce.“
corde« rounées, elles attachaient un malheureux, l a
pluie les avait resserrées au point qu’elles l'étran¬
glaient, je sms parvenue à le délivrer.
— Mes hommes vont le chercher.
— Pourquoi? I.aissez-Io en paix. S’il court, c’esl
qp’il ne veut pas être repris. 11 préfère sa liberté A
votre protection.
— Il e-t blessé, il ne pourra aller loin.
— Il ira vers son village. Ce sauvage a dô ère
victime d'une haine, surpris, rresque tué. I.a Provi¬
dence m’a conduite ici, mon rôle est fini et vous n’eu
avez pas d'autre à jouer, vous, quo de me reconduire.
Michel s’inclina et ollrit fû main pour guider sa
compagne dans Tclrecuruê, à peine dissipée par les
torchos nu milieu de ccs Ixds, dont les troncs taisaient
de? ombres.
Mais Rom& marcha seule, libre, ogile, miUcmcul
cniharra«*ée.
Elle précédait la troupe.
A l'entrée du blockhaus, Mme (le RifTemonl atten¬
dait, eifarco. Elle accourut près de la jeune femme,
■l'embrassa mal* mollement :
— Enfant terrib!-1 Quelle angoisse vous causez...
— Ne vous cflrnyez donc tamais, ma bonne Magdn,
vom« en verrez bien d'autres avec moi. Je in'enlraine,
je m'aguerris... nchevnrt-ollo en riant, je laisse pous¬
ser inc« atlas.
Michel, peu satisfait de voir l'inlassable parti pris
d’ironie qu’afleclait Koma, ih* tenta pas d'entrer dans
1« villa : il wit congé sur le seuil.
— Bonsoir, prince, lui répondit Koma. Il n’y aura
plus d’alerte celle nuit, dormez Irniiqmlle.
Sans attendre davantage, elle rentra chez elle chan¬
ger son costume mouillé. Sa compagne la suivit.
— Comme vous »Meis nerveuse, petite amie, lui fit-
elle observer. Vous causez sciemment de ia peine à
cet homme qui vous aime tant.
— Et qui me garde si bien aussi... AhI mon
oncle Fédor assure ses précautions. Le jour où je
voudrai réellement prendre mon vol, il y aura des
pièges à loup, des filets ou des conneries électriques,
u’est-ce pas ?
—• Vous êtes ingrate, vous si douce, si parfaito ;
vous n’avez A l’égard de vos meilleurs amis que de>
parole» amères.
— C'est qu'a la fin, Magd«, je parviens à com¬
prendre, A deviner bien des choses. Mon Aine murée
s’élève uu peu au-dessus des obstacles derrière les¬
quels luit une clarté.
— Quoi?...
— Voyez cea noix de coco; elles «ont protégées
d’une cangue ligneuse qu’on enlève pour trouver l’c-
corce; «ous l'écorce, il y a l'amande. Mon cœur est
enveloppé aussi d’une triple barrière; l'une vient de
tomber, je crois...
— Venez dîner, fit Mme de Iliffomont, inquiète;
vraiment, chez vous, la lame use trop le fourreau.
Roma secoua résolument sa tète blanche et posant
sa main douce sur le bras do son amie, elle la re¬
garda en face :
— Non, vraiment, Magdn, je n’ai jamais été plus
saine d'esprit... Vous avez taison, allons dîner. La
loi ce physique est le meilleur moteur des grandes ré¬
solutions.
IV
L’ûritAM.i i;
Comme elles allaient s'asseoir à table, un bruit de
pas de chevaux et des voix s’etrtendirenl au dehors:
— Qu'esl-eo encore? lit Magda.
— On! peu de chose, suis (Ionie, répondit Koma.
Les événement sont rares ici. Allez vous informer,
ordonna-t-elle au midlrc d’Iiôiel.
Mais « travers les ritire; des grande* baies ouvertes
sur le dehors et que protégeaient seulement des vé¬
lums, los deux femme« opeiçurent un petit groupe
d'hommes A cheval. A la lueur des torches, elles re-
ronnur-nt 1111 blanc.
— Un blanc f s'écria Roiua, un blanc et qui n’est
pas un Ronnlewsky I
Vile elle ouvrit la porte-fenêtre et s'avança s'ous
la véranda, devant laquelle le visiteur mettait pied â
terre.
A la vue de la jolie apparition, l’élranger salua
avec une parfaite aisance :
— l'ardonnez-moi de vous déranger, madame, dit-
il, en un fiançais très pur; mais nb&olmneirt égaré
dans les torèU qui vous environnent, jai vu comme
uno oasis les palissades de votre plmrtntion.
— Oh ! soyez lo bienvenu, fit Komi, dont l’esprit
entrevoyait déjà tin moyen de salut dans le hasard de
cette arrivée, un moyen de revoir des choses exté¬
rieures. de communiquer avec l’Europe.,.
— Merci, vous me sauvez... J'errais perdu... Voire
concierge...
— Voici un mot qui vient de l'antre côté de la mer.
— Avec moi... Donc, {'habitant préposé A la garde
d'une de vos portes a téléphoné, A mon extrême éur-
prise, avec le propriétaire de- la plantation — votre
mari, sons doute?
— Sûrement non I
Le ton do cetle dénégation fit pasrer une expres¬
sion d'étonnement sur les traits du pionnier..,
Il reprit :
— La réponse téléphonique a été: a Je serai heu¬
reux de recevoir un Européen. Qu'il veuille bien sui¬
vre tout droit la route jusqu'à ce qu’il rencontre une
villa éclairée où je l'attends. »
— Je comprends, vous avez un peu obliqué à
gauche, vous avez vu des lumières ot vous êtes tombé
chez moi. Soyez donc le bienvenu et venez pmlager
notre dîner.
[.'étranger s’inclina de nouveau :
— Je vais donc mo pré.-enter, madame ; réellement,
je n'avais pas pensé qu'une carie do visite pût ni’èlte
utile en ce désert, «u.-ri n'en ai-je sur rnoi mienne;
Je suis docteur et professeur â la faculté d’Arélow,
on Alaxa...
— G'c.-t le ciel qui vous envoie !
— Auriez-vous herein d’un médecin.?
— J'ai herein surtout d'un compatriote. Achevez
votre présentation, je vous prie.
— Stephan Worriiv, devenu explorateur, afin d’é¬
tudier la p-ycholcgie des diverses races, la genèse de
l'humanité n travers son échelle de progression.
— Entrez, vuiis devez avoir faim, à colla heure
tardive.
— Ça, oui. Il m'est impossible do me .souvenir
qiiiin.l j’ai bien pu déjeuner. Ge ne dort pas être au¬
jourd'hui. K m’est arrivé nue telle aventure...
— Vous la direz h table.
— Mais lo planteur «pii m’uttend..,
— Quel planteur?
— Le propriétaire de celle* terre, dont j’ai oublié ie
nom, quoiqu’il me l'ait téléphoné.
— Le princo Michel KomnlrWsky? Il ne vous at¬
tendra plus, on va lui téléphoner quo vous restez ici.
— Avouez quo je puis être stupéfait, madame. Je
vis, en co pays, un coule des Mille el mm Nuits.
Le maître d'hôlci débarrassait le nouveau venu de
son chapeau, de son manteau, de ses gants; et de«
valets prenaient les chevaux pendant que les nègres
de l'escorte se bâtaient vers l’office.
L’étranger s’assit sous les hauts candélabres, de¬
vant la table servie avec tout le luxe habituel aux Ro-
malewsky: 'cristaux, argenterie, Heurs et fruits de
toute beauté.
— Pardonnez-moi, madame, dit le docteur Won-ky.
voyant, maintenant qu'il ëtnil hors de l'obscurité a té-
nuée de la véranda, la radieuse hdlesse que le ciel lui
donnait ce soir. Je suis dans un costume bien peu en
rapport...
— Que nous importe?.,.. Parlez-nous de votre
pays...
— Vous en êtes, madame?
— Je suis d’Arélow, dit Koma Pans hésitation. Ou
«in moins je le crois, car mon cœur tout eulicr y reste.
Je suis en exil ici tcriqiorjuremcirt.
De plus en plus étonné, l'explorateur était absolu¬
ment conquis par le charme prenant de laclornblo créa¬
ture qu'il trouvait ainsi, sur sa voie, hérissée de dil-
licnltés.
I It n’était pas éloigné de ?e croire le jouet d'une
fantasmagorie, ou d'uue hallucination, la vîclime des
pièges des liouiis, ces fées des déserta.
Quui qu’il en fût, il se livrai* avre un plaisir des
plu? naturels, après son long jeûne, A la satisfaction
le dég'irter des mets et vins exquis, que scs com¬
pagnes touchaient A peine.
— Soiigw.. madame, dit-il enfin, j'ui été dévalisé
complètement par ces voleurs de sauvages indigènes.
A la côte, l’avais choisi un guide qui m’a odieusement
trompé. Il m'a pris ma montre et ju«qu’à mes lunet¬
tes pendant mon sommeil. Mes hommes ont pu le
rollrupprr co matin et lui ont fait passer, ie crois,
m mauvais quart d'heure. Ils l'ont rossé et lié A un
arbre, où les bêles féroces te dévoreront, si cc u’esl
défà^fait.
Koma ne «lit rien ; oiie comprenait quel sauvetage
elle avait accompli tout à l'heure. Mais aucun regret
n'en germu dans son cœur: sauver une existence 11 c
eut jamais être une faute.
— Voici l'automobile du prince, remniqua Mme de
Kiftemonl qui, placée eu face do la tenètre, aperce¬
vait au loin le phare du véhicule. U vient sans doute
chercher notre hôte,,.
— Qui achèvera d’aliord de souper tranquillement,
fit Koma. Dites qu’on attende, Pedro.
l.e domestique sortit, pétulant que le visiteur, dont*
la faim se calmait, exprimait une autre stupéfaction
en »(«prenant, en pareil lieu, l'exUtanc« d'une auto¬
mobile.
— Ma parole, remarqua-t-il, on se croirait dans
une capitale 1
— Le prince Michel sollicite l’honneur d’être reçu,'
fit le domestique qui rentrait.
— Je no reçois personne ce soir, dit Roma avec
calme.
— Singulier milieu l songea à part lui lo docteur,'
ton* en dégustant un sorbet. De la (écrie, je pisse au
mystère.
— Madame, continun-l-'d tout haut, vous nvoz ré¬
conforté lo voyageur perdu, te vous remercie el vous
bénis, mais je ne serai pas plus longtemps indiscret;
puisque lo maître de céans veut bien venir me pren¬
dre, p partirai en vous exprimant ma vive gnilitudo
(A suivre.);
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