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mu ne 'trait dans ce cas qu’une simple occasion et
pas autre chose.
Le député Barzilaî aurait exprimé la véritable pen-
«i:o do M. Giolitli en disant l’autre jour à la Cliam-
lac que l’élit des choses .nir lequel repose le mînis-
'• .o prenait (in avec le vote dos dépenses qonr la Li¬
bye. Ce vola acquis, M. Giolitti pourrait se retirer
loyalement.
Home. 7 mai. — Le groupe parlementaire radical
l'est réuni cet après-midi. Il aurait volé un ordre du
jour dans lequel il déclare retirer son appui an mi¬
nist' re. Ce vole mettrait dans une situation difficile
Jeux ministres et trois sous-secrétaires d’Etat radi-
taux.
SUEDE
La l'éoiujanisnlfo» militaire.
La déclaration royale qui vient après l’exposé des
motifs du projet de réorganisation militaire établi par
M. llammarskjceld, se termine exactement par la
phrase suivante : a Fidèle h ma devise « Avec la na¬
tion pour la Pallie », j’ai exercé le pouvoir d’après
le texte et dans l’esprit de la Constitution. Telle sera
aussi ma ligne de conduite à l’avenir. Je suis décidé
i ne pas m’eu écarter. »
DANEMARK
(ncoiKfic «Ru» ffranri cirque
:l Copenhague.
Copenhague, 7 mars. — Un grand cirque dans le¬
quel ont lieu des représentations de tous genres, a
été détruit par un incendie. Los pompiers ont dil se
borner à protéger un édifice voisin qui était en dan¬
ger à cause d’un vent violent. Les pertes sont éva¬
luée' à environ 2 millions de couronnes.
RUSSIE
Un crime rituel.
U’apivs une information de Lootlz, en Pologne russe,
un israclile etsa femme, accusés d’avoir tué un jeune
chrétien, ont été violemment maltraités par la foule,
S ui a tenté de mettre le feu à la synagogue. La po¬
co a dé protéger les israéiites qui quittent la ville
in fjrand nombre. Il y a plusieurs blessés.
ALBANIE
La résistance de l’Epiro.
Janina, 7 mars. —. Après Chimara, Argvroca&lro,
Delvino, les deux centres de Premcli et Liaskoviki
viennent de proclamer leur indépendance. Pratique¬
ment, tout l’ouest de l’Epire septentrionale est main¬
tenant en état de résistance armée.
Bien que liorytzn ail été remise lundi aux autorités
albanaises et que I'raslaki ait élu également remise
hier, le mouvement gagnera certainement l’est, si un
prompt octroi de garanties n’est pas annoncé par les
puissances.
A Liaskoviki, la population armée, en grand nom¬
bre, précédée du drapeau de l’indépendance épirote,
■e dirigea vers l’église métropolitaine.
Après la bénédiction du drapeau on l’a hissé sur
la métropole qui sera le siège du gouvernement pro¬
visoire.
L’ordre le plus parfait règne partout.
Los souverains à Bumzzo.
Durnzzo, 7 mars. — le 7ni.’rus, ayant â bord les
souverains albanais escoité du Quarto, du (Uouccsfcr
et du lhmix, cït arrivé à 2 h. l.*>. It a été salué par
des salves d’artillerie et ac-lain«; par la population.
Les souverains ont débarqué à 8 heures acclamés à
nouveau par la foule.
Les autorités de Durazzo et de Wona, le maire ol
Essad Pacha se sont rendus à la rencontre des sou¬
verains albanais. Ceux-ci ont été refus à leur débar¬
quement par le préfet do Durazzo, le général hollan¬
dais, le corps consulaire et les chefs religieux. Une
musique italienne a exéculé l'hymne albanais. Los
membres de la commision do eonlrùie attendaient
également les souverains. Le ptésiJent M. Léon, dé¬
légué italien, a salué le prince et lui a remis «.><
pouvoirs. Le long de l’allée des jardins de la rési¬
dence du prince étaient rangés les représentants des
villes albanaises, des délégations étrangères, les écoles
italiennes et la délégation ilalo-albanaise. Des bouquets
ont été offerts à la princesse. L’onlhousiasmc e-t gé¬
néral. La population est en fêle.
ETATS-UNIS
LcprJvilèffr ij«*s Compagnies de »avirjnlion
américaines et I«»s droits de pêaqo
à Panama.
Devant la Chambre et le Sénat, réunis en Congrès,
le président Wilson a lu un message dans lequel i!
demande au Parlement d'abroger l’article de la loi
sur le canal »le Panama qui exemple les calmleur*
américains des droits de péage. Ce privilège accordé
aux Compagnies de navigation américaines constitue
une violation du traité liay-Pannrcfolc conclu en
1^1 entre l’Angleterre et les Etats-Unis.
Le présiitenl a fait ressortir combien il serait dif¬
ficile au gouvernement améiicain de traiter à l’avenir
les plus délicates questions de politique étrangère si
les Etats-Unis ne tiennent pas les engagements pris
dans les traités.
La commission du commerce de la Chambre des
représentants s’est prononcée par 17 voix contre A
en faveur du projet abrogeant l’exemption pour les
caboteurs de la marine américaine des droits do
péage dans le canal de Panama.
MEXIQUE
Nouvelles atrocités ilu flénéral Villa.
D’après îles dépêches de Mexico, le dernier exploit
de Villa a été de crucifier un habitant de Clubualma,
nommé Bernardino Villalobas.
L’accusation portée contre Villa vient »le Chihuahua.
U y est déclaré que Villa a emmené de Juarez à Chi¬
huahua plusieurs prisonniers fédéraux qu’il a gardés
pendaut trois jours sans leur donner à boira et à
manger. Bernaidino Villalobas, qui habitait près de
l'endroit où les fédéraux étaient tenus prisonniers, a
eu compassion d’eux et leur a secrètement donné de
la nourriture. Lorsque Villa le découvrit, il ordonna
•le crucifier Villalobas et de lui faire briser les mem¬
bres un à un.
ALSACE-LORRÄINE
Une nouvelle vilesie de la „Loiliringer ZeilBM”.
Des amis autorisés de Strasbourg nous avaient,
ces jours derniers, exprimé leur étonnement
d’une appréciation que, selon la Lothringer
Zeitung, notre journal hebdomadaire le Patriote
Lorrain avait jjubüéc dans une de ses-cauames
en patois lorrain au sujet de la nouvelle Ligue
de diMcnseponr l’Alsace-Lorraine. Nous leur ré¬
pondîmes que nous-mêmes avions bien lu dans
la Lothringer Zeitung , sous la signature d’un
individu qui signe « Franco j>, une altération de
la pensée et du texte môme de ce « Couaroïl »,
mais que nous n’avions même pas voulu en
prendre note, d’un côté parce qu’avec la Lo-
thringer Zeitung on n’en finirait jamais, cette
triste feuille vivant d’attaques incessantes et de
dénonciations à notre adresse, d’un autre côté
parce que, vu le peu d’autorité de ce journal,
ït n’y avait pas à s’en émouvoir autrement.
> Mais, ici encore, nous avions compté sans
les correspondants »messins et strasbourgeois
des journaux pangermanistes. Comme pour la
souscription de Déroulède, l’aflaire a été en¬
voyée aux gazettes pangermanistes, la
WeiJ{ûîische'Zeittmg l’a reproduite et, par contre
coup, la Ligue est susceptible d’en ressentir
le3 conséquences.
Les paysans, écrit la Rheinisch-Westfälische Zei¬
tung, se murmurent en secret que la nouvelle n Ligue
des patriotess n’est autre que le «Souvenir français»
ressuscité. « C’est donc, pour nous autres, paysans',
une raison suffisante d’entrer dans la Ligue pour com¬
battre les pangermanistes ».
Nous citons le passage essentiel seulement et.
nous donnons entre guillemets, toujours d’après
l’organe pangermaniste, la prétendue citation du
Patriote. Or nous déclarons que ceci constitue
un faux et que l’origine de ce faux est à cher¬
cher dans la LothringerZeitunp. Dans son numéro
du mardi .‘i janvier, cette feuille, à la suite d’une
critique faite d’uu article de M. le chanoine
Collin sur la Ligue, s’en prend au Patriote en
ces termes :
Là-dedans, le paysan lorrain est de nouveau chauffé
à blanc. Pon Ame doit bouillonner. Et le mot tombe:
« Sourenir Français ». L’un des deux héros du dia¬
logue auquel son ami apporte le joyeux message delà
Ligue, croit naturellement que la Ligue, qu’il appelle
la <i Ligue des patriotes », n’est que le « Souvenir
français i> ressuscité... Je constate «le nouveau le fait.
La malheureuse insinuation n'est pas do moi.
Or nos amis qui lisent ces causeries hebdo¬
madaires en patois n’ont qu’à se reporter à
l’avant-dernicr numéro du Patriote pour saisir
’oute la mauvaise foi de ce plumitif. Un inter-
ioculeur du « Couaroïl » apprend à l’anlro la.
nouvelle de la fondation de la Ligue de dé¬
fense, lui demande s’il est « malade » d’en arri¬
ver à voir là-dedans une espèce de t Souvenir
français». C’est alors que le second interlocu¬
teur ajoute, en appuyant :
«Tu verras, les pangermanistes de Metz,Strasbourg
et Kcpnifisbei-g'vont encore dire que c’est le « Souve¬
nir» qui a tait le coup ...ou les Jésuites.»
Au lecteur impartial de comparer les textes, 1
la suite de3 idées et de juger si la Lothringer
Zeitung n’a pas commis une grossière vilenie
et si la personne de Strasbourg — car nous
croyons savoir que la note a été fabriquée à
Strasbourg d’après les données de la Lothringer
Zeitung — qui a renseigné les organes panger¬
manistes n’a pas, une fois de plus, nui à la
réputation de nos journaux et au prestige de
notre pays.
Ce sont «les mœurs malhonuêles que do tra¬
vestir la pensée d’un adversaire, de commencer
par une insinuation perfide et inattaquable de¬
vant les tribunaux, comme le fait la Lothringer
Zeitung, pour terminer par un faux complet,
voulu, comme cV.st le cas pour la presse pan-
germaniste. Comme le brave paysan avait rai¬
son, dans sa causerie d’avant-hier, jde deman¬
der qu’on désinfecte les rues où ces gens-là
passent !
P. S. — Le Lothringer Grenzlolc, de For-
bach, aurait pu so dispenser d’ajouter des com¬
mentaires désobligeants à celte note des jour-,
uanx pangermanistes, qu'il reproduit. Nous avons;
assez le sens des responsabilités et un dévoue-'
ment à notre pays suffisant pour éviter les in- 1
sunités qu’on nous prête. La naïveté qu’il a eue
de croire à rinlormation mensongère, n’était
pas pour le Grenzbote une raison »le nous lairo
la lc«;on sur des principes que nous avons dé¬
tendus avant qu'il fût né.
Eletlioü gu Conseil ä'orronmsseMitl ils Meiz-campaonc.
Canton de llelz-campagne.
Samedi 7 mars a eu lieu une réunion con¬
voquée à riiêtol do. la Villa de Lyon à Teilet
do s’entendre sur le ‘choix d'im candidat au
Conseil d'arrondissement pour le canton de
Metz-campagne en remplacement de teu M. le
D r Mosser «TAmanvillers. La réunion a été pré¬
sidée par .M. Steinmetz, député du Landtag et
maire »le Mnuligny, en remplacement «le M.
Pierson, empêche. Trois candidats ont été pro¬
posés: .M. Bastien, propriétaire à Bellevue;
M. Ruichez, maire à Plappevillo, et M. Po-
chon, maire à Saint-Privat-la-Montngne. Après
différents pourparlers M. Pochon se désista en la¬
veur de M. Marchai, maire de Roncourt, qui
accepta. M. lîertrand, conseiller général et
maire «le Maraugc, ayant proposé de nommer
un viticulteur au Conseil «l'arrondissement, M.
Italien se désista en faveur «le M. Rauchez,
«lui lors do la mi-œ aux voix «les deux candi¬
dats en présence obtint la grande majorité.
La Ligue pou? ia défense de l'Aisatc-Urfaine.
Dans sa revue de la semaino la Gazette de
VAllemagne du Nord s’occupe de la Ligue pour
la. défense «le TAIsace-Lorraine.
Le but de celte association, écrit-elle, ressort
aussi bien de l’appel que M. Mauss, député, a
adressé aux membres des deux Chambres du
Landtag, que de la communication qu’il a faite
à la réunion constituante. Il a été rendu pu¬
blic, enfin, d’une manière quasi-officielle sous
une formule «les plus concises. D’après l’appel
ia Ligue doit constituer une organisation cen¬
trale de défense destinée à repousser les atta¬
ques tendancieuses de la part de lournaux vieux-
allemands qui, en dénaturant les choses relatives
à TAIsace-Lorraine, rabaissent le prestige du
pays et de ses habitants aux yeux des conci¬
toyens vieux-allemands.
La Norddeutsche accueille cette action comme
une preuve qu’en Alsace-Lorraine on n’est nul¬
lement indiffèrent envers l’opinion publique de
l’Allemagne et qu’on s'efforce dans tous les cas
de ne vouloir éviter que les propres sentiments
vis-i-vte de l’Empire allemand ne soient l’objet
d’une fausse appréciation. Dans l’assemblée
constitutive on a cité en outre, pour démon¬
trer la nécessité d’une Ligue de ce genre, le
lait du préjudice économique qu*a subi TAIsace-
Lorraine au cours des récents événements.
La Norddeutsche cite ensuite une assez lon¬
gue correspondance dans le môme sens adres¬
sée de Strasbourg à la Süddeutsche Reiche! cor-
respondenz et termine ainsi :
* Comme d’après tout ce que Ton entend, la
nouvelle Ligue veut arriver à une activité po¬
sitive dont on pourra embrasser l’étendue, on
ne lardera pas à connaître sous peu dans quel
sens elle interprète sa tâche. »
Echos de g’affatre de Saverne.
U « Agence Hirsch » a annoncé que ie lieu¬
tenant von Forslner et le sergent Höflich, du
93 1, régiment d’inlanleric avaient clé condam¬
nés par un conseil de guerre à Bilche pour
mauvais traitements exercés, sur des soldais.
Cette môme agence ajoutait que les soldats qui
avaient parlé de celle affaire avaient* été frap¬
pés d’arrôlr, sévères variant entre six semaines
et quinze jours. L’c Agence Wolff * apprend
de source militaire autorisée qa’il n’y a pas eu
de punition infligée aux soldats ayant parlé de
l’affaire.
La question du Statthalter«
Le Hamburger Fremdenblatt annonce qu’une
décision semble avoir été prise quant au suc¬
cesseur du comte de Wedel.
Celte décision est cependant gardée secrèlo,
M. de Rheinbaben n’entre pas en ligne de
compte ; M. de Schorlemer n’a pas' été con¬
sulté, peut-être parce que l’Empereur sait que
le baron suivrait toujours le vœu formel ex
primé par l’Empereur. Le favori de l'Impéra¬
trice est le prince de Iîohenlohe-Langenburg,
le fils de l’ancien Statthalter. L’Impératrice sem¬
ble désirer sa nomination, afin do réparer le
tort qui a été (ait à son père. On renoncera en
tous cas à nommer un prince parce qu’on ne
voudrait pas le voir à un poste si exposé. On
aurait lieu de craindre également la jalousi >
«jes Etats du Sud, si Ton mettait un Hohen-
zollern sur cle trône» à Strasbourg.
La umm untre la légion élratigèr?.
L’officieuse Gazette de VAHmagne du Nord
reproduit une information qu’elle dit tenir du
centre de la Ligue contre la légion étrangère
et dans laquelle il est dit que dans le courant
de février vingt jeunes gens, originaires de
T Allemagne du Sud, se sont laissés entraîner à
la légion étrangère.
f* Calendrier. — Aujourd’hui, lundi 9 mars,
soixante-huitième jour de Tamn'o. — Lever du
soleil: G h 29; coucher: 5 h. M.
Lune: Pleine le 12 mars.
Fêle du jour. — Sainle Françoise.
Ephémcridcs lorraines. — 9 lévrier
Mort «le ,f.-F. Rallus, savant jésuite, né à Mclz
en 1G07.
La température. — I.a pression barométrique reste
liasse sur le nord et le centre du continent. Lo vent
est très fort «lu sud-ouest sur la Manche.
La température raste relativement élevée sur nos
réglons. Hier matin, le thermomètre marquait: —18’
au Spitzher#, —8* à Aikhangel, -t-7° à Del fort, 10*
Paris et à Nantes, l-i» à Biarritz, 14* à Alger.
Un temps doux et à averses est encore probable.
; DULLKTIN METI30K0L0GIQU.I2
' (Observations fnite.r )iir >!. WiMOlSSENET, à Mely)
hâhomêtioc'
8 mars
à 4 It. soir
THERMOMETRE
737.8
737.4
4- 9.0
4- 9.5
VEUT ! TEMPS
0 PIuv.
0 ! PI. V.
9 mars
à 8 h. malin
Ihermomèlrc. — Maximum «lu 8: -t- 10; Mini¬
mum aujourd’hui : 48.0
CHRONIQUE MESSINE
« I,n flônération nouvelle ».
Une conférence comme celle que nous a dite,
samedi soir, dans la petite salle du Terminus
très bien remplie, M. Massig, homme de let¬
tres, parlant sous les auspices de M. Rrével,
une conférence «le ce genre ne se résume pas.
D’abord et surtout parce quelle ne lait qu’un
avec la contérencier qui la donne: Jeune, Nor¬
malien de la nouvelle écolo, passionné pour la
grandeur de la jeunesse do son pays, vivant «le
ses aspirations et souffrant de ses inquiétudes,
M. Massis parlait de ses expériences tout en
décrivant les phases de celles de ses contem¬
porains ; plus même qu'il ne s'en «foulait, le
llu’se qu’il exposait prenait corps et s'illustrait
à la forme châtiée et fouillée de son style, à la
lumière des idées personnelles qu’il y jetait : au
verbe plein, concret et sonore dont il les ha¬
billait. Ce lut une thèse vécue plutôt qu’ex¬
posée.
Les lecteurs des intéressantes lettres de Pa¬
ris que publie lo Lorrain ont dû retrouver
dans celle conférence beaucoup des idées de
notre ami Rmicli. Régénération de la jeunesse
française au point de vue national ; au point
«lo vue pratique, dans le sens «le la recherche
«les intérêts immédiats et tangibles; au point
de vue du sport même comme des affaires; au
point de vue religieux surtout, régénération ca-
thoïque autant que patriotique, s’accomplissant
dans la suite d’une tradition 15 lois séculaire
interrompue passagèrement par une altération
»Inns les idées philosophiques et une défaite
nationale. La raison do tout ce renouveau'.'
Elle est aussi complexe dans sa genèse que difficile
à exprimer. C’est d’abord, peut-être, le rythme
des idées et des peuples ; c’est mieux encore,
i'inlluence des nécessites extérieures ; la dé¬
bâcle et la faillite des idées de Cousin et de
Taine qui ont fait se tourner vers la discipline
religieuse de l’Autorité des âmes désemparées;
c’est, enfin, l’influence d’hommes, de philo¬
sophes puissants à la tête desquels se place
Bergson.
Nous fûmes heureux d’entendre préciser ici,
en quelques phrases incisives mais précises,
dites par un croyant convaincu, le rôle de la
philosophie bergsouienne sur la jeunesse mo-
«lerne. Le conférencier n’ignore pas le hiatus
qu’elle produit en face de la philosophie tracli-
lionnaliste ; les objections de principe qu’elle a
rencontrées dans les milieux de savants catho¬
liques et ecclésiastiques ; le danger qu’elle peut
présenter dans son application aux dogmes et
à leur expression en langage parlé. Mais, et
c’est là, croyons-nous, ce qui met au point des
passages de'noire correspondent parisien, mais
vu l’état de prostration dans lequel se trouvait
la jeunesse française, la métaphysique de Berg-
san fut pour les intellecluels le levier qui les
dégagea de leur positivisme et les fit s’élever
toujours plus haut, plus près de la vérité.
Les Yclérniis allemands en Trance.
Les journaux allemands nous apprennent que
» ans le courant de cette année, les vétéran s
: lletuaiuls vont organiser des visites auxcïïamps
< e bataille de 1870-7 i.
Ce3 voyages, qui ne sont pas les premiers,
» u reste, se feront par groupes et dans les lo¬
calités suivantes : Artenay, Poupry, Lumeau,
loigny, Châtcau-Goury, Bèauvillers, Beaugencv,
Gravant, Beaumont, Viüccliaumont, Ormes, Or¬
léans. Bilan, Bazeilles, Daigny, Iily, Floing,
Doncherv. ?,edan, Bellevue, Mars-la-Tour, Vion-
ville, -Flavigny, Rezonvillc, Gravelotte, Saint-
Hubert, Point-du-.four, Vernéville, Saint-Privat-
la-Montngne, Amanvillers et Metz. I.e voyage
aura une-durée de treize jours, dont six pas¬
sés à Paris.
Dans un de nos précédents Congres, écrit
Le Vétéran r Jn^fm6 acs vétérans français, notre
président général a exprimé le désir de voir
les vétérans français faire des pèlerinages ana¬
logues aux pays annexés. Il est question de
reprendre celte idée et de la réaliser dans le
courant de cette année. M. J. Sansbœuf doit
en entretenir le Conseil général dans une de
ses prochaines réunions.
Le bureau de poste au Sablon.
A partir du' l fr avril prochain, l’agence de
poste du Sahlon, près Metz, sera désignée par
« Metz 7 ».
Affaire trespionnafte.
Des journaux luxembourgeois enregistrent un
bruit suivant lequel un jeune Luxembourgeois
du nom de M. aurait élu arrêté à Metz sous
ta prévention d’espionnage. On n’a pu appren¬
dre quelque chose de précis à ce sujet, l’af¬
faire étant traitée avec la plus grande discré¬
tion.
Cette arrestation aurait été opérée i! y a quel¬
que temps déjà.
I/ordonnnner infidèle.
Un soldat attaché au bureau du Casino mi¬
litaire de la me aux Ours, du 1*2» d’artillerie
à pied, chargé d’encaisser chez les officiers des
parts de chasse, a disparu, emportant environ
800 M, apres s’être procuré auparavant des
effets civils.
Tno liilfo «Irnmaliqu« 1 entre un
déserteur et un nqent de police.
Des agents de la sûreté recherchaient samedi
devant les portes de ia ville un déserteur ba¬
varois. Celui-ci fut aperçu tout à coup par Tun
«les agents. Mais le déserteur, qui e?t d’une
force herculéenne, attaqua vigoureusement l’a¬
gent, menaçant de le terrasser et sortit ensuite
un revolver pour abattre l’agent. Le coup heu¬
reusement rata. Sur les entrefaites arriva un
deuxième agent ; après beaucoup «le peine on
parvint enfin à maîtriser le déserteur et à le
conduire en lieu sûr.
Objets trouvés.
Le 25 février, une voilure en osier à quatre
roue3 ; le 27, recueilli un chien gris-blanc ; les
2, R et 5 mars, trois porte-monnaie contenant
de l’argent; une bagne en or avec deux pierres
rouges. S’adresser à la Direction de police, bu¬
reau n° \.
rie Won populaire.
Hier fut une journée n^conforlanle pour les
catholiques me : sins. Alors que sur le vieux sol
sacré du Sablon la première pierre était posée
d’une église appelée à remplacer celles, jadis
célèbres, élevées par la loi de nos pères, une
assemblée «le catholiques emplissait la grande
salle du Terminus, applaudissant à l’exposé éto-
ijiient des principes religieux et sociaux qui
ont lait la richesse intellectuelle et morale «le
notre race et qui constituent le meilleur du pa¬
trimoine légué par les aï-ux aux générations
nouvelles. 1.700 personnes environ, malgré un
temps exécrable qui a retenu beaucoup «le nos
gens «le la campagne ; sur la tribune, cent dé¬
légués dévoués entourant le comité central «le
a grande famille «le TU. P., MM. Léonard,
(îuenser et Mnujc.m en tète ; et, dans la foule,
dos représenlanls de tons les coiii3 «le la Lor¬
raine, depuis les frontières »lu pays de Motzer-
wiese jusijua celles d’Avricourt et de Pagny.
Mise en train par une marche rapide enlevée
par Tcxcellontc musique «les Jeunes-Ouvriers,
h foule applaudit, chaleureusement le présûlent
«le TU. P., M. le chanoine Louis, quand il se
lève pour saluer l’assemblée et jeter un coup
d’œil rétrospectif sur le travail accompli durant
l’année écoulée.
LTnion I'opi.lairc catholique lorraine groupe 1û.20u
membres; on cnrepi-tre mi gain «lo 1.50Ü nouvelles
aillnisions venant combler les villes causés par la mort
et les (lépnrb ; -ïnicommunes 4tr 423 de langue fran¬
çaise ont reçu l'organisation «le TU. P., 2t restent à
C0Hi}ii«5rir. .*5)«) délégués environ, hommes «le confiance
dévoués avec plus ou moins d’enlrain à la cause, as-
surent le bon fonctionnement «le celle œuvre im¬
mense. Malgré la pauvreté en hommes «’e notre
pays qui peuvent prendre la parole en public ou qui
ont le loisir do le faire, 304 réunions ont été organi¬
sées par des orateurs qui ont abordé les questions les
nlus nécessaires cl les plus discutées à notre époque,
f.e secrétariat du peuple a «tonné 1552 renseignements
et rendu d’appréciables services, sans frais ; des feuil¬
les volantes, 70.000 exemplaires du «Bulletin de
l'Union P. » ont été distribués, dont 15.000 concer¬
nant les nouvelles lois d'assurance. A côté de cet et-
foi l qui peut paraître gigantesque, de bonnes et saines
finances, — Tére des vaches maigres est passée —
puisque les recettes s’élèvent à 9.078 il contre 8.80«)
marks de dépenses.
Ne FOffl-ce pas là «les chiffres réconfortais
qui font oublier volontiers, à les voir défiler,
les petites fatigues endurées et les quelques dé¬
boires supportés tant par les hommes de con¬
fiance que par les amis de TU. P. qui, les di¬
manches, s’en vont porter leur parole dans les
salles d’auberges du plus éloigné de nos vil¬
lages.
M. Ic chanoiue Louis attaque ensuite sa
conférence annoncée sur la valeur religieuse,
professionnelle et sociale «lésirable chez les
membres de TU. P. Nous savons que le prési¬
dent de TU. P. «léteste cordialement tons les
compliments, mais nous ne pouvons pas esca¬
moter les applaudissements qui ont accompa¬
gné et suivi son discours. Il ne nous eu vou¬
dra pas si nous nous réjouissons, avec tousses
auditeurs, de l’heureux hasanl qui ne lui a pas
permis de trouver un orateur étranger.
I.’oralcm- veut des « Unionistes » «le valeur, des
valeurs, comme il «lit. Valeurs au poinl.de vue reli¬
gieux: des hommes convaincus d’alwrJ, pas de gi-
roueUer tournant à tous les vents, mais des amis do
Iff—vérih 5 , des chercheurs de la vérité, ennemis de
l'ignorance en matière «le religion, fiers de leurs
convictions comprises dans ia mesure de leurs moyens,
s’enorgueillissant avec raison «le la grondeur de scs
origines, do ses principes, de ses sncc&S et surtout
de l’idéale beauté de son fondateur, le Christ, dont
l’orateur a tracé, vc!evons-!e en passant, un portrait
admirable, aux puissants reliefs ; fiers aussi de la
compagnie d’csprils intelligents, de génies même, qui
de nos ioms, tant en Allemagne que surtout en
France, cherchent et trouvent dans notre foi les sa¬
tisfactions ndéqualeî aux exigences de leur esprit et
aux besoins de leurs couirs. Convaincus, ces hommes
doivent être et seront fatalement des «Unionistes»
pratiquants et militant«, trempant leurs caractères et
icurs vies aux sources vives de la foi; lutteurs, soldats,
apôtres à l'atelier, au chantier, au bureau, à l'au¬
berge, en chemiu «le 1er, partout où le bien est à
fait e et où il y a des âmes à conquérir,
A sa va’eur religieuse, Thommc do TU. P. ajou¬
tera une valeur professionnelle, cher-liant, par devoir
autant que par iüléréi. à se perfectionner dans sa
profession; étudiant, s’il est cultivateur, les méthodes
nouvelles et les appliquant le premier dans sa com¬
mune-, vigneron, il s'appliquera à l'étude d8 l’ennemi
de la vigne et de sa meilleure reconstitution ; com¬
merçant, artisan, il suivra les cours de perfectionne¬
ment, recherchera dans l’organisation du métier à
améliorer sa condition et celle de ses colli-gues, ajou¬
tant ainsi, enfin, une valeur sociale à sa voleur reli¬
gieuse et professionnelle.
Dins une superbe terminaison, l’orateur engage ses
auditeurs à se laisser guider par ce triple point de
vue, à s'acheminer lentement peut-être, mais avec
résolution, vers l'idéal eulrovu, mettant ainsi plus
de vie chrétienne, do justice et do Lonté dans le
monde.
Avec M. Cornilleau, qui remplaça M. l’avo¬
cat Schuman empêché, uons entrons dans un
domaine très pratique, celui, des devoirs de TU-
nioniste dans l'élection communale.
Oh ! point de politique, point de personnalités dans
ce lin et spirituel lablcrm, brossé de main de maître
par l'orateur, laissant «le côté le digne Conseil muni¬
cipal de Metz, la « vigneron » Cornilleau nous «lit
avec lutmour ce qu'est et ce que doit être l’élection
municipale à la campagne. El nos hommes reconnais¬
saient si bien « que c’était çâ », qu’ils applaudissaient
on riant franchement. Pas d’abstentions, dit M. Cor¬
nilleau, car c’est lâ agir avec une négligence coupable
et lâdic. Qui est élertcur, qui est éligible? f.e règle¬
ment électoral en mains, l'orateur coronlenle avec
clarté les diflérents joints «le la loi, apprenant ou
rappcbnt bien des principes inconnus ou oubliés. Puis
ensuite, et surtout, un joli croquis du parfait conseil¬
ler municipal. Ah! que tous les candidats de tous dos
villages auraient «b) entendre Ce’a ! L’électeur cons¬
cient, comme tloit IV-lre (oui membre de TU. P.« re¬
cherchera le candiifnt intelligent, consciencieux, dé¬
voué et dérintéresM*.
Vous voyez à quels faciles mais aussi à quels fins
développements ?e pn'.te l'cxamcn de ces qualités.
L’orateur n'v a pas manqué. 11 Ta fait... en parfait
conseiller municipal. En lcrminnnt, il exprime quel¬
ques regrets an sujet «le l'élection des maires et du
peu d'initiative laissée sur co point aux Conseils. Puis,
ce lut aussi un vibrant appel à faire ouivro d’union
dans nos piochâmes élections municipales, afin que
la paix, la concorde et — co «pii en est le fruit —
la prospérité régnent dans nos communes de Lorraine.
M. Tarchiprélrc Laurent «ic Gorzc «levait nous
lancer, pour terminer, le dernier coup «le clai¬
ron. Fatigué, il dut renoncer à ce bonheur
pour l:us et nous priver d’une de ces improvi¬
sations si vivantes dont il a le secret. La carte-
où il s'excusait a été lue et applaudie. Une
dernière fois M. le chanoine Louis prit la pa¬
role pour rccomnnnderà ses hommes de dres¬
ser dans leur cœur la statue du vtaï Lorrain
catholique, droite et lière, comme celle do
Igarnie d’Arc, d’une main le drapeau claquant
au vent, «le l’autre l'épée, symbole de la lutte,
«le l’action et «le ia victoire.”
Pose de la b reière pierre
Avant «l'ètre incorporée à la cité messine la
population du Sablon a eu la satisfaction «l’as¬
sister à l.\ bém^liefion «le la première pierre
de sa future i-glise, «iestinée à remplacer l’église
achtelle devenue beaucoup Irop étroite. Getto
cérémonie, qui s’est déroulée hier aptùs-midi
à R heures, avait attiré beaucoup de monde
aux alentours de la place où sera construite
l’église. Une accalmie sYJait produite, de sorto
que la cérémonie n’a pas clé contrariée par h
pluie. Mgr I’FvAque, entouré «le ses vicaires
généraux, M^r Bell, et M. Cordcl. ce dernier
ancien curé du Sablon. «Io M. l’abbé Benoit,
secrétaire général de l’Evêché, Mil. les Curés
do Notre-Dame, Saint-Martin, Montigny et du
Sablon ainsi que «le plusieurs attires membres
du clergé, avait tenu à présider en personne
celle cérémonie et à donner ainsi un témoi¬
gnage «le sa solliciltnlc à la population catho¬
lique du Sablon et à son «ligne maire M. le
IV Rcch, sous Tadminislration «lequel la com¬
mune a pris un si beau développ«^ment.
T.cs autorilés civiles élaieut représentées par
Mil. Federspil, conseiller de gouvernement
remplaçant M. le Président du département;
le baron «le Ioeper, directeur d'arrondissement
do Mefz-campagne ; le D« Foret, maire de
Metz ; Konratli, adjoint: plusieurs conseillers
municipaux «le Mclz ; le Dr Rech, maire, et
les membres «ht Conseil municipal du Sablon,
etc., qui ont pris place avec les autres invités
sous un abri aménagé à cet effet.
Un peu après 9 heures est arrivé le cortège
du clergé accompagnant Mgr l'Evêque. La
pierre qui contient le document relatant la
pose ainsi que les pièces «le monnaie, ayant
ét«ï scellée dans le tronc de colonne qui cons¬
titue le commencement du futur édifice, M.
le Curé du Sablon adressa la parole à l’assis*
Lance, en allemand et en français.
H sc fit l'interprète de ia joie et dé la re¬
connaissance qu’éprouvent les paroissiens do
voir le début «le celte grande œuvre «le la fu¬
ture église, qui sera consacrée au Sacré-Cœur.
Si ic projet a pu élre amenij si rapidement
vers sa nïalisalion, on lo iloil à la prévenance
unanime de la municipalité et à l’activité in-
latigab'e de M. le Maire, ainsi qu’à la bien-'
vciiiancc du gouvernement. La présence do
Mgr l’Evêque est un sujet de joie particulière
pour la populalion. La pierre fondamentale ren-
lermant le procès-verbal de la cérémonie porto
l'inscription : J am Christus heri et hodie tps«i
et in txeuîa. (Jésus-Christ liier et aujourd’hui
et «lans tous les siècles.) Il n'y a pas d’autre
fondement que celui-là. Les difficultés qui oui
dû être surmontées pourassurer la construction
de la nouvelle église rappellent celles qu’il
faut vaincre pour répandre io royaume de Dieu
sur la ter iv. Celle inscription sera la profes*
sion de loi «les paroissiens «lu Sablon.
M. le Curé a aussi rappelé à la population
les souvenirs religieux que leur lègue l’ancienne
église.
Mgr TEvéqnc a procédé ensuite à la béné«
diction do la pierre. La cérémonie a lait grandi
impression sur la loule.
A la lin, Monseigneur a remis à M. le W
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