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LA LUNE
G RO QU I S
Par A.
MILITAIRES
HUMBERT
— Dites donc, brigadier, voilà Pitou qui dit comme cà que son cigarre est éteindu ! pas vrai qu’i dit mal !
— Si vous auriez reçu comme moi des connaissances grammaticales, vous saureriez qu’on dit désallumé.
* **.
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— Est-ce-que ces canards-là sont des oies, brigadier?
— Non, Pochet, c’est des cygnes.
— Des signes de quoi, brigadier ?
— Pochet, vous faites à votre supérieur des questions intempestives, qu’il n’y a qu’un civil ou un musicien d’infanterie qui en soit susceptible.
— Fameux ! ie sargin qui voudrait me faire croire que c’t officier-là c’est le gros major; il n’est pas tant seulement pus gros que l'four- reau de ma baïonnette.
— Allons, messieurs, faites-vous électriser..; ça ne coûte que 5 centimes... un soldat francé doit toujours être électrisé.
— Merci, merci, le tambour de la compagnie nous électrise assez, et pour rien encore!
— Fameuse économie, tout de même! plus qu’une botte à cirer.
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— Peloton, arche ! Num’io deusse, pourquoi restez- vous là subséquemment comme une huî.re qui pêche à la ligne ?
— Brigadier, je croyais qu’il n’y avait qu’à Peloton, que vous aviez dit de marcher.
— Il répudie ses errements passés, — une abjuration tardive mais solennelle !...
— Bah !
— Oui, il revient aux sains principes, aux doctrines sévères, à la mission de l’homme qui représente une idée...
— Pas possible!
— Plus de Variétés ! telle sera désormais sa devise.
— Gomment, vous croyez qu’Emile O...
Ici, votre interlocuteur vous regarde comme vous regarderiez M. Communiqué, si vous aviez jamais l’honneur de le rencontrer, et vous interrompant brusquement :
— A quoi pensez-vous, cher ? Il s’agit bien de cela ! Je parle d’Offenbach et de Robinson Crusoé.
*
* *
J’écoutais hier — à l'Opêra-Comique — l’œuvre nouvelle du compositeur adopté...
Lorsque mademoiselle Cico attaqua sa joyeuse chanson anglaise : Debout ! c’est aujourd'hui dimanche ! mon voisin de gauche murmura d’un air désolé :
— Pas sérieux ! Allons, c’est toujours l'Offenbach des Bouffes et des Variétés !
Une ou deux scènes après, la môme artiste commençait la ravissante romance : Si c’est aimer, eh bien ! je l’aime !...
— Trop sérieux ! soupira mon voisin de droite d’un ton chagrin. Allons, ce n’est plus l’Offenbach des Bouffes et des Variétés!
Ainsi de suite jusqu’à la fin.
Au poétique duo de Robinson et de Vendredi, la Droite dit :
— Peuh ! du Félicien David !
Et aux couplets originaux du Pot au feu :
— Peuhl fit la Gauche, du Paul Blaquières !
Par exemple, nous nous tfmuùiflos tous trois d’accord pour déclarer le poème ennuyeux ; Montaubry, insupportable ; madè- moiselle Cico, charmante ; Sainte-Foy., Ponchard et mademoiselle Girard fort amusants; madame Galli-Marié, enfin, en tous points adorable de verve, de voix et de jeu...
Deux mots à propos de madame Galli-Marié, qui est plus jeune de trois ans que la Lune ne l’a indiqué : elle est, en effet, née le 27 novembre 1840, et a débité à Strasbourg au mois de janvier 1859, sous la direction Daiglemont.
Un sieur Charles Galli, frère du mari défunt de cette cantatrice, écrit au Figaro que ce dernier n’a jamais eude querelle ni de duel...
Nous avions pourtant lieu de croire ce renseignement d’autant plus exact qu’il nous avait été donné par une personne qui appartient d’une façon plus directe encore que le sieur Charles Galli à la famille de Gélestine Marié.
Mais, puisqu’il y a certificat de médecin, nous reconnaissons volontiers que notre bonne foi a été égarée, comme le dit le sieur Galli, en ce qui concerne la fin de son frère.
Avons-nous du reste besoin de rapoeler à propos de l’article incriminé la formule mathématique : X. désigne l’inconnu.
Nous n’avons pas encore salué le grand et légitime succès de lecture qu’obtiennent dans le Figaro les Ardents de Picardie de MM. Adrien Robert et Jules Cauvain, l’heureux auteur du Voleur du diadème ou les Fenians au dix-septième siècle. En le faisant, annonçons que M. Jules Cauvain va publier dans l 'Illustration une nouvelle intitulée le Capitaine Guignon, et qu’il a présenté aux
Bouffes-Parisiens le Crime de la rue Soly, une charge en cinq actes contre les causes célèbres dont nous écrase le feuilleton.
M. Thiers remontait, l’autre soir, au bras de l’un de ses collègues, le trottoir de la rue Saint-Georges..
Tous deux causaient avec animation.
Le miniscule orateur s’écria,.en gesticulant;
— Ah! si la France avait seulement trois cent mille citoyens oomme moi !...
— Eh bien! quoi? fit un Gavroche qui l’entendit, ça ne ferait jamais que cent cinquante mille hommes !
Idylle
Je fumais un cigare — un soir de cet été — sous les aunaies qui ourlent I’Orvanne...
Estelle et Némorin marivaudaient derrière un rideau de peupliers...
— Voyons, Naniche, asseyons-nous !... Il fait si nuit 1 L’herbe est si douce !...
— Mâtine, non,.. Maman m’a défendu de m’asseoir avec les garçons...
— T’es bête ! Est-ce qu’on 1’ saura?...
— Non, j’ te dis que j’ veux pas...
— Ben ,sûr ?
— Ben sûr.
— Alors, bonsoir !-J* te lâche et j’ vas au cabaret...
Némorin fait deux ou trois pas pour s’éloigner...
Mais Estelle, le rappelant :
— Eh ben ! pousse-moi. J’tomberai.
Émile Blondet.
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