LA LUNE
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dissimulés qu’une personne de sa race, mais d’un sexe différent, habitait près de lui. II répondit— (adieu, prudence!) — par un cri strident aux agaceries de la belle moscovite, enfermée et invisible dans « sa tour obscure. »
Et c’est de cette façon que l’esprit lui vint.
Dès lors plus de repos pour Grégoire : négligeant ses excursions ordinaires dans les caves, les recoins sombres, méprisant les vieilles bottes et les souliers invalides dont il faisait jadis sa plus chère distraction, le coq Grégoire s’installa sur le carré du troisième, perdant ses plumes de désespoir, et altérant le vernis de la rampe de l’escalier. Il devint sobre. La cerise à l’eau-de-vie n’eut plus pour lui aucun charme !
Cet amour clandestin devait avoir son terme. D’ailleurs la propriétaire avait'grincê des dents.
Un soir, le coq Grégoire fut trouvé mourant dans la loge. Le prussien, plein d’inquiétude, fit prendre à Grégoire un petit verre d’huile de ricin, à tout hasard. Rien n’y fit. Il mourut dans la nuit, regretté de tous ses amis.
On résolut de lui faire des obsèques magnifiques. Mais pour enterrer quelqu’un, il faut d’abord de la terre, et où trouver de la terre, à Paris, dans une cour? On fut obligé d’enlever un pavé, et de glisser dans cette fosse béante la dépouille terrestre de l’aimable Grégoire.
Cette opération se fit, la nuit, aux flambeaux, en l’absence de la cruelle propriétaire. La poule russe, cause de cet événement douloureux, et qu’on avait en vain amenée à Grégoire pour adoucir par sa vue ses derniers instants, témoigna la plus profonde indifférence pendant la triste cérémonie. J’en fus indigné.
Ainsi s’éteignit, à la fleur de l’âge, un animal qui aurait été le meilleur des époux et le plus abondant des pères, si la destinée l’avait fait naître sur un fumier au lieu de le faire vivre en collaboration avec un savetier, dans la rue immortelle Saint-André- des-Arts.
Le cousin Jacques.
PAUL ET VIRGINIE
Illustré par H, de IA CHARLBRIE (1)
Une magistrale édiLion in-4°d@ Paul et Virginie, imprimée chez Claye, vient de paraître.
Cette édition, aussi élégante que luxueuse, est ornée de 170 dessins par M. de La Charlerie, gravés par trois véritables artistes : MM. Ligny, Meyer-Heine, Sargent.
Nous n’examinerons pas particulièrement chacune de ces compositions tout imprégnées de la grâce séduisante et de la poésie si délicate et si pure du texte de l’exquise pastorale de Bernardin de Saint-Pierre. Leur nomenclature seule remplirait l’espace qui nous est dévolu.
Nous ferons remarquer simplement que l’ensemble des dessins de M. de La Charlerie, révèle d’une façon éclatante chez cet artiste une de ces natures franches, savantes, souples et pleines de ressources, si peu communes aujourd’hui, qui, loin de se borner pendant tout le cours d’un livre à reproduire à satiété un effet neuf et superbe, j’en conviens, mais fatigant à la longue, comme on l’a vu dans ces derniers temps, s’efforcent au contraire, avec succès, de mareher de conserve avec l’auteur qui les inspire, et ne se déclarent pas satisfaites de l’interpréter par à peu prés.
M, de La Charlerie, accompagnant l’auteur qu’il a choisi, parcourt logiquement avec lui la gamme étendue des effets qui se succèdent habilement, sans permettre à l’attention du lecteur de s’alanguir et de se décourager.
La nature, sous les tropiques, si bien observée et décrite avec une exactitude si simple et si grandiose, par Bernardin a trouvé un peintre remarquable dans M. De La Charlerie. Quant aux scènes naïves, aimables, touchantes, passionnées, terribles, navrantes
(1) Alphonse Lemerre, éditeur, 47, passage Choiseul. Paris.
enfin de la vie des deux chastes enfants de l’Ile de France, elles ont préoccupé tout particulièrement l’artiste ; il les a traitées avec une tendresse infinie, et rendues avec grand bonheur.
Nous épargnons les éloges banals à un talent de cette valeur.
Disons, pour terminer, que les illustrations ravissantes de ce livre — « Le seul, peut-être, écrit Sainte-Beuve, qu'on ne puisse rélire « sans y trouver des charmes nouveaux et sans verser des larmes nou- « velles. » — Illustrations auxquelles on ne peut faire, çâ et là, que quelques critiques de détails, asseyent sur une base solide la réputation naissante de M. De La Charlerie, et affirment vaillamment sa personnalité. E. d’H.
GAZETTE A LA MAIN
Samedi, mille à douze cents personnes — privilégiées — ont occupé la salle des Folies-Dramatiqaes, où M. de Villemessant les régalait —pour leur argent — du spectacle de l’Œil crevé.
Procédé souverain ! divertissement princier ! magnificence royale ! Versailles au boulevard du Temple ! Compïègne à la rue de Bondy !...
Les comédiens extraordinaires de S. M. Figaro se seront surpassés, j’imagine...
Il m’est pourtant difficile de supposer que le seul désir d’applaudir Mlle Berthal sous les coiffes de Dindonnette, ou l’excellent Berret dans la ronde de la Langouste atmosphérique ait aménê là cette société choisie...
MM. Georges Maillard et Louis Ulbach étaient bien pour quelque chose dans l’attraction.
Et je suis convaincu que, comme point de mire des lorgnettes, Albert Wolff aura fait, toute la soirée, une redoutable concurrence à la belle Julia Baron.
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Il y avait, du reste, un moyen plus ingénieux, plus sûr, plus simple et plus hardi de donner satisfaction à la fièvre de curiosité qui dévore le populaire à l’endroit de la rédaction du Figaro...
C’était de faire afficher l'Œil crevé avec la distribution suivante :
Gérômé,
MM. de Villemessant.
Le Marquis.
Villemot.
Aleiandrivore.
Jules Prével.
Le Bailli.
B. Jouvin.
Le Duc.
■ Jules Richard.
Ernest.
Adrien Marx.
Chawssus.
A. Duchesne.
Dufour.
A. d’Aunav.
Copeau.
P. Bkurtherkt.
La sentinelle.
A. Duvernois.
Le médecin.
Flavius Gérondif.
Le greffier.
Francis Magnard.
Fleur-de-Noblesse.
Albert Wolff.
Dindonnette.
Henri Rocbefort.
La Marquise.
Louis Ulbach.
Eclosine.
Aurélien Scholl.
Mariette.
E. Locrrov.
Françoise.
Georges Maillard.
Aussi bien, je suis étonné que l’originalité de cette tentative n’ait pas séduit l’intrépide et heureux créateur de la Sylphide , du Figaro, de VEvénement....
Il eût joué au naturel, j’en suis certain, le rôle de Gérômé, ce gendarme bourru, naïf, retors et bon enfant....
N’est-il pas, en effet, de ceux qui savent le mieux empoigner.... le public et le succès?
Depuis le commencement de l’hiver, les habitués du café du Luxembourg qui escaladent cinq étages afin d’en griller une au coin du feu du poète X..., trouvent les chenets de celui-ci accaparés par une demoiselle de Bullier.
— Qu’est-ce qu’il peut faire de cette drôlesse? se demandaient- ils, l’autre jour, en descendant avec mauvaise humeur. On dirait qu’elle prend plaisir à s’enterrer dans la cheminée.
— Parbleu ! fit le caricaturiste Bénassit, puisqu’elle lui sert de biche économique!
- Le chroniqueur Z..., qui est joueur comme les cartes, sort de son cercle sur les dix heures du matin. Il a passé la nuit devant le tapis vert, à tripoter le carton; il a perdu trois ou quatre mille francs; il est courbaturé et démoralisé...
Sur le boulevard, il se cogne dans un camarade qu’il n’a pas vu depuis six mois...
Ce ramarade est en grand deuil.
— Tiens ! c’est toi ! s’écrie Z... D'où diable sors-tu?
— J’arrive de province... Ah ! mon cher, j’ai été cruellement éprouvé!... Si tu savais, j’ai perdu en six semaines mon père, ma mère, une sœur!...
Le joueur serre avec effusion la main de son ami :
— Ma pauvre vieille ! Quelle culotte I
Oynmaee, — Variété*. — TRéâtre-DéJazet-
Miss Suzanne est une jeune professeur de piano qui court le cachet... et les officiers de cavalerie...
Oh ! mais entendons-nous : c’est pour le bon motif. Le Gymnase et M. Lpgouvê ne le permettraient pas autrement. Au moment d’entrer en campagne, le capitaine de Brignoles va donner sa démission pour suivre une courtisane. Il s’agit de le retenir. La comtesse, sa mère, charge miss Suzanne de ce soin...
La fillette pourrait bien oublier sa sagesse dans cette entreprise délicate...
Heureusement, madame de Brignoles, qui se rappelle Pradeau dans les Pantins de violette, enflamme une allumette sur le talon écarlate de sa bottine de satin et s’en sert pour mettre le feu au flambeau de l’hyménée devant lequel viennent s’agenouiller le hussard corrigé et la pianiste vertueuse...
La lune de miel durera trente représentions.
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Parlez-moi à'Un Coup de sabre dans le contrat!
Un vaudeville de derrière les fagots ! Du mouvement, de la gaieté, de l’esprit! Alexandre Michel est toujours l’amusant comédien qu’dn connaît : comédien en italiques, ô fantaisistes de l’Œil crevé ! Quant aux débuts de Thiron, ils ont prouvé, une fois de plus, que les Variétés peuvent être considérées comme le Jardin d’acclimatation des comiques de l’Odéon.
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Une jolie musique, des costumes originaux, beaucoup de mise en scène, des jambes sans feuille de vigne, deux ou trois couplets habilement tournés, une intrigue banale comme Mlle D..., une parodie ratée comme Mlle L..., neuf tableaux plats, écœurants et prétentieux comme Mlle J..., telle est la pièce nouvelle du théâtre Déjazet..,.
Si ce sont là les Plaisirs de Paris, qu’on me ramène à Lemon- nier-les-Oies!
Acte donné à la dame Cécile Clément, veuve Lejeune, de la rectification qu’elle nous demande.
Son père — le père Clément — n’a jamais engagé ses artistes au prorata.
Ensuite, c’est à Lunéville, et non à Epinal, que l’affaire du Bœuf a eu lieu.
Ceci soit dit pour éviter un Communiqué émanant de cet animal.
Deux bourgeois assistent à une représentation à'Bamlet.
Après le troisième acte, le mari se gratte l’oreille et interroge son épouse :
— Sais-tu comment ça finira, toi, bichette ?
La femme haussant les épaules :
— Comment ça finira ? Parbleu! par un mariage !
La Marionnette — de Lyon — prend et défend — dans son patois — la cause de la Lune avec infiniment de bon sens, de verve gouailleuse, d’images pittoresques et de cordialité confraternelle.
Nous la remercions sincèrement de ce plaidoyer amioal, — qui tient de Guignol et de Rabelais.
Encore le maréchal... russe.
Il n’était que colonel.,.
A une soirée chez le général Y..., celui-ci l’invite à faire un écarté...
Les parties se succèdent...
Le général — qui avait une jolie femme au tendre caractère — gagne, gagne, gagne toujours...
— Sacrebleu! mon général, s’écrie le colonel.,, russe, voua avez une chance de .....
Le mot — qui se trouve dans Paul de Kock et dans Molière — produit un effet foudroyant!...
Le colonel s’en aperçoit, et, voulant réparer sa faute, au milieu du silence et de l’embarras de toute la société, il prononce d’une voix émue : ...
— Sur mes épaulettes, général, je vous jure que je l’ignorais.
Emile Blondet.
— Mort aux Anglais! s’écria le colonel Fondrebleu, e:: tombant sur Hoxton, l’épée au poing, et agitant son croc 1 comme une aile brisée.
Ce fut une épouvantable mêlée.
— Mes dents ! hurla l’homme à la culotte élastique, fondant sur Bagg, campé en boxeur émérite.
— Tu m’as fait perdre ma place, misérable, meurs ! En disant ces horribles paroles, Perpétue Lagoulu arrachait les cheveux rouges de Toby.
Quant au pauvre Snob, il suppliait Blanche Rivoli d’épargner un garçon d’honneur.
— Courage! criait Maryan Slop, détachant un coup de pied, au hasard, dans le tas que formaient les corps agglomérés des adversaires furieux, et couvrant Hoxton d’un regard amer et velouté.
moment suprême, donna l’ordre à ses gardes de se mêler des affaires d’autrui. Ils obéirent avec ivresse.
Cette intervention eut le meilleur résultat. Bientôt les assaillants mordirent la poussière. Foudrebleu et l’homme au nez d’émail expirèrent « en vomissant un sang noir et écumeux. » ( Fénelon.) Perpétue Lagoulu, Maryan Slop et Blanche Rivoli, emmenées en esclavage, subirent de la part des habitants de l’île déserte les derniers et même les avant-derniers outrages.
Bagg, Toby et Snob, légèrement égratignés, mais victorieux, poussèrent de joyeux hourras en l’honneur de la vieille Angleterre.
Et la belle Turtle, abandonnant l’immortel nourrisson des Muses, se précipita au cou de l’élève distingué de l’élève Polytechnique, dont le teint l’avait séduite, en déclamant :
« Si tu veux, faisons un rêve :
« Montons sur deux palefrois ;
« Tu m’emmènes, je t’enlève,
» L'oiseau chante dans les bois,
— Tout de même, allons-y, répliqua doucement le grand chef. Votre pipe de fer m’a rendu fou !
Pendant que cet horrible combat avait lieu sous les regards bienveillants des sauvages immobiles, la belle Turtle, pour passer le temps, faisait fumer de force l’académicien, oublié sur le sable, et qui se laissait aller à ses impressions pénibles.
—A moi ! poète ! cria Hoxton au chef des sauvages. Viens-moi en aide et ces jeunes femmes sont à toi. Elles feront de bonnes mères et des épouses vertueuses. ( Vauvenargues■)
L’élève de l’Ecole polytechnique, flatté d’être appelé poète en ce
Ernest d’Hervillt.
(La fin «u prochain numéro),
Samedi, 21 décembre 1867
1" BAL MASQUÉ; a . L’OPÉBA
Abonnement personnel (12 bals) 40 fr. S’adresser, pour la location, 3, rue Drouot.
C’est vendredi 6 qu’a paru dans le Voleur, journal populaire illustré, le prologue du Lieutenant Robert, roman en deux parties, par Alexandre de Lavergne, avec dessins inédits de Godefroy Durand, et déjà une hausse considérable dans la vente atteste l’immense succès de cette œuvre palpitante d’intérêt.
PRIME DE LA LUNE
Toute personne qui enverra directement en mandat ou timbres-poste à M. F. Polo, directeur du journal, 5, cité Bergère, à Paris, — le montant d’un abonnement d’un an à la Lune, — aura droit à l’une des deux primes suivantes :
1" PRIME
Tous les numéros de la Lune parus depuis le 15 juillet jusqu’au 15 décembre.
Cette prime, complètement gratuite, s’adresse surtout aux personnes qui désirent collectionner les charges d’And. Gill.
2° PRIME
Un charmant portefeuille or et couleur, fabriqué spécialement pour la Lune par la maison Susse, place de la Bourse, et contenant dix ravissantes aquarelles par Édouard de Beaumont.
Pour recevoir cette prime dans les départements, on devra joindre au prix de l’abonnement KO centimes, montant des frais d’envoi.
1* Avoir soin de bien indiquer celle des deux primes qu’on choisit; _
2° Les personnes qui désirent avoir les deux prime» devront ajouter une somme de & franc» aii prix simple de l’abonnement d’un an.
Du TRAITEMENT des maladies contagieuses et affections de la peau par la méthode de
CHABLI MÉDECIN SPÉCIAL
36, rue Vivienne ( franco par la poste, 29 centimes ).
