LE’GRELOT
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Bien public.
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Constitutionnel,.
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Français.
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France.
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Gazette de France.
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Gaulois.
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Journal des Dépats.
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Illustration. ■.
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Moniteur universel. .....
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Monde illustré.
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Opinion nationale.
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Paris-Journal.
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Revce des De. x-Mondes. .
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Les prix qui précèdent sont, bien entendu, les prix fixés par les administrations de chacun de ces journaux.
UN PAQUET DE LETTRES
Un hasard, que je qualifierai d’heureux, a fait tomber dans nos mains un lot de correspondances assorties qui peint, sous couleurs curieuses, notre situation actuelle.
Nous croirions manquer h tous nos devoirs si nous ne faisions pas profiter de cette bonne fortune les lecteurs du Grelot, gens d’humeur assez gaie et aimant à rire de temps en temps.
Voici la première de ces éplfres :
Le marquis de, Veaupanné au baron de Coquesigrue :
Angers, 9 septembre.
Mcn cher baron,
Nous sommes fumés!
Croyez que, pour que je me serve d’une locution aussi triviale, il faut que notre parti soit bien bas.
11 l’est, en effet, mon cher Coquesigrue, il l’est.
On n’a pas d’idée à quel point les idées légitimistes font de progrès dans l’Anjou... à la façon des écrevisses.
Jugez-en.
Après une enquête aussi sérieuse que délicatement menée, nous nous sommes décidés à ne pas choisir de candidat.
Pourquoi? me direz-vous.
Mon Dieu, pour une raison bien simple.
C’est que nous n’en avons pas trouvé.
Que faire en présence de ce grand désastre?
D’autres eussent été embarrassés.
Mais nous ne sommes pas embarrassés pour si peu.
Après de mûres réflexions, nous avons envoyé à l’Etoile, — notre organe à Angers — organe un peu enroué, j’en conviens, une note qui me paraît tout bêtement un petit chef-d’œuvre de haute blague.
En voici le début :
« Les royalistes de Maine-et-Loire ne porteront pas de candidat. Beaucoup de nos amis le déplorent. Us sont convaincus qu’une candidature légitimiste aurait eu des chances sérieuses. Ils craignent que l’.ibs ention ne soit considérée comme une abdication. »
Vous voyez comme c’est malin!
Nous disons juste le contraire de ce que nous pensons, ce qui est fe comble de la diplomatie.
Remarquons surtout ce petit membre de
phrase : ils sont convaincus qu’une candidature légitimiste aurait eu des chances sérieuses.
Je t’en souhaite !
Mais continuons :
« Pourquoi ne pas le dire, nous eussions préféré nous-même que le parti royaliste, au risque d’un échec, s’affirmât dans l’élection du 13 septembre par la présentation d’un candidat; et ce n’est pas tout à fait sans regret que nous nous sommesralliés à l’opinion qui nous a paru être celle de la majorité de nos amis. Le sentiment qui domine chez le plus grand nombre, c’est qu’il n’y a plus rien à espérer de l’Assemblée actuelle. »
( Çà, c’est un peu notre avis.)
(Note de la rédaction.)
Vous comprenez, n’est-ce pas, mon cher Coquesigrue?
S’il n’y a plus rien à espérer de l'Assemblée actuelle, il nous reste tout à espérer d’une bonne petite guerre civile, que nous allons meltre, du reste, tous nos soins à préparer.
Le brave e t honnête Don Carlos, cet excellent homme qui fait fusiller tant de douaniers, n’est-il pas là pour nous donner l’exemple?
Dam, plus de paroles, des actes.
Tapons sur nos ennemis, ces misérables, à bras raccourcis.
Ils avaleront la royauté, ou ils diront pourquoi.
Tâchez, mon cher Coquesigrue, de travailler vos vassaux dans ce sens et rappelons-nous le vieux cri de nos ancêtres : Montjoie! Saint- Denys!
A vous de tout cœur,
Eustaciie de Veaupanné.
Et d’une!
Passons au numéro deux.
Balandard à Ratapoil.
Cher copain et ami,
Tout va bien.
La France s’impérialise chaque jour.
L’anniversaiie du 4 septembre s’est passé le mieux du monde.
Nos journaux ont solidement blagué la République, et le pays s’embête tellement qu’il acceptera, les yeux fermés, le premier soliveau que nous lui présenterons.
Mais, cependant, il faut veiller au grain et être prêt à tout.
Occupez-vous donc d’organiser au plus tôt vos escouades; qu’on puisse, à un moment donné, descendre dans la rue, et rouher de coups tous ces voyous de républicains.
(Rouher, rouer... vous avez compris, n’est- ce pas?... C’est un mot extrêmement spiri- tuel.)
Don., allez-y ferme, et ne boudons pas quand il s’agira de mettre la main à la pâte.
L’anniversaire du 2 décembre approche.
Qui sait?... hein?...
Enfin, je fonde les plus grandes espérances sur la session qui va s’ouvrir.
Je crois que nous ferons nos frais.
11 est temps!
Mes bottes commencent à s’éculer.
Et les vôtres?
Mes respects.
Balandard.
Ne m’oubliez pas auprès d’Émiie Blavet.
Ce jeune rédaefeur du Gaulois est d’un fougueux, d’un fougueux !...
Ce que c’est que les convictions toutes neuves, pourtant 1
Numéro trois.
X... â Z ..
Mon cher Z
Us ont beau vouloir nous la faire,
Ils ne nous la feront pas.
Roi de carton et empereur de théâtre ont fût leur temps.
Ces braves gens me rappellent les pitres qui font la parade sur les tréteaux de la foire : Entrez, messieurs, entrez!.. Vous allez voir ce que vous allez voir. Jamais vous n’aurez tant ri. Entrez!... Ça ne coûte que la bagatelle de trois révolutions et de deux provinces ! ..
Mais, dit le bon public... nous la connaissons... et nous n’en vou'ons plus.
Et la grosse caisse a beau mugir, le violon grincer et le paillasse se démener, le public n’entre pas.
Dieu merci !
Donc, mon cher Z..., patience!... croyez- moi. Rira bien qui rira le dernier 1
Salut et fraternité. X.
Pour copie conforme :
NICOLAS FLAMMÈCHE.
. . . ..."r . ™»— ..
BALIVERNES
Une société qui prétend s’occuper d’hvgiène, vient d’inventer une nouvelle eau pour la teinture des cheveux.
Spéculer sur le ridicule et sur la coquetterie de quelques vieux démantibulés, il n’y a pas de mal, on y gagne assurément ses 3000 livres de rente avec beaucoup plus de facilité qu’en élevant des lapins; seulement ce qui pourrait faire du tort â la nouvelle invention, c’est le nom que la société a cru devoir donner â son liquide, cela s’appelle l 'Eau Figaro.
Se mettre ça sur la fête ou autre chose, si ça ne fait pas de mal, ça ne peut toujours pas faire de bien, mais la question n’est pas là.
Ordinairement, quand on se teint la perruque, on a une couleur arrêtée d’avance, choisie , de préférence, mais avec cette eau Figaro, quelle nuance peut-on espérer?
Figaro étant un peu de toutes les couleurs, on aura donc des cheveux Ecossais!!!..
Ah! vous savez, j’aimerais mieux changer ce nom-là.
Monsieur MACHIN.
H»-
AUX ÉLECTEURS DU LOT!
Mes petits chiens,
11 paraît que vous avez l’intention de n’être pas gentils.
Ça se gâte, mes agneaux, ça se gâle !
Vous me faites des reproches,
Vous voulez montrer les dents!
Qu’est-ce que c’est!...
Des manières?...
On veut donc faire de la peine à son petit péoère!
Quoi!
Parce que je n’ai pas montré le bout de mon nez à la Chambre depuis tantôt deux ans, — vous vous plaignez !
Ous’ qu’est mon clysopompe?
Ah! ça!... est-ce que je suis forcé d’aller à la Chambre, si je n’en ai pas envie !
OnVi’est donc plus libre!
Ce n’est donc pas pour la liberté qu’oa s’est battu en 89 !
Mais où allons-nous donc, mon Dieu, où al- lons-nous, je me le demande !
Tout k l’heure les électeurs diront à leur mandataire ce qu’il doit faire : ils lui donneront des ordres ; ils lui commanderont de faire telle au telle loi. Un de ces jours, ils lui feront faire leurs commissions à Paris et porter des paquets de la rue de la Gaieté (Plaisance) à la petite Villette.
Ça ne serait pas à faire !
Ahl vous voulez qu’une commission médicale m’examine, et déclare que je dois remplir mon mandat, ou déguerpir au plus vite!
Vous voulez que je siège, — ou que je cède ma place à un autre !
Je la trouve mauvaise I
Allon., voyons, c’est une plaisanterie,
Et vous mêles pa-> conséquents avec vous- mêmes !
Attendez une minute : je vais vous expliquer ça.
Bien, — vous êtes assis, n’est-ce pas. vous m’écoulez?
Je commence :
Les départements français ont en ce moment-ci l'honneur de posséder quelque chose comme sept cents et quelques députés, — ce qui est plus que suffisant, vous en conviendrez.
De ces députés, les uns ne quittent jamais Versailles ;
Les autres prennent de temps à autre un congé de quelques jours pour rendre visite à leurs femmes, — ça, n’est-ce pas, ne nous regarde pas, — ce sont leurs affaires !... Mais enfin, iis sont ià presque tout le temps aussi.
Bref, il y a toujours au théâtre de Versailles, une troupe d’environ six cent cinquante à six cent quatre-vingts députés,
Eh bien!
Je suis sûr que si on consultait les électeurs de chacun de ces messieurs qui n’ont pas dé- maré de Versailles, sur ce qu’ils pensent de leurs représentants, on les entendrait pousser un haro tel que ces honorables en tomberaient les quatre fers en l’air, — ce qui serait un joli spectacle, et mettrait un peu de gaieté dans le paysage.
Car enfin, voyons, raisonnons :
Pour ce qu’ils ont fait, n’est-ce pas, depuis deux ans, ils auraient bien pu rester chez eux!
Mon Dieu, je sais bien que ce n’est pas de leur faute,
Et je ne veux pas leur faire de reproches,
Mais après tout, si M. Chesnelong avait continué à confectionner ses saucissons, et M. de Kerdrel de les manger, au lieu de venir à Versailles chercher, comme on dit, des poux dans la tête du sinistre vieillard, il est probable que ia Fran.ce ne s’en serait pas portée plus mal, et que ça n’aurait pas fait monter le prix du beurre 1
Voilà ce que je trouve de plus singulier :
Il n’y a peut-être pas un député dont ses électeurs ne soient mécontents, soit parce qu’il a voté la loi contre l’ivrognerie ou la loi
sur la nomination des maires, — soit pa ce gu’il a débité à propos du budget, de la ^ militaire, ou des matières premières, des b®' lises grosses comme le Pauthéon, — soitenfi 11 parce qu’il s’est tenu coi sur son banc, comm e un poisson, et qu’il n’a même pas vociféré u n très-bien, ou un à l’ordre! inscrit à l 'Officiel- Et quand, par hasard, on trouve un bon; homme de représentant, comme moi, à q 111 on ne peut reprocher ni d’avoir voté dans un sens ou dans l’autre, — ni d’avoir ridiculisé son département par ses discours ou par son silence, — qu’est-ce qu’on fait?
On vient lui chercher noise,
On le turlupine,
On veut qu’il sorte de son rôle modeste On lui dit :
« Ahl tu parleras!
« Tu voteras!
« Ou bien on ne te payera plus,
« Et on te dégommera. »
Vraiment, mes petits bons, vous êtes d’un joli tonneau!...
Et je vous gobe!
Quoi! vous n’êtes pas contents de moi!.-- Vous vous fâchez parce que je me suis borné à toucher mes appointements avec une régu' larité Bréguet!
Et au lieu de m’envoyer une couronne laurier sur un plat d’or,
Vous voulez m’envoyer Purgon et Di*' foirus !
C’est à n’y plus lien comprendre!
Ah! vous voulez que j’aille à la Chambre» — que je fasse du bruit, — qu’on parle moi, — que je donne des cheveux blancs au* huissiers, — que je fasse augmenter le nombre des sonnettes cassées par le président, — q n . e je me signale aux populations ébahies, son avec Gambelta, soit avec le marquis de Fran* clieu!
Soit!... j'irai !
Nous rirons bien ! .
Laissez-moi faire; vous en verrez de drôle 8 je vous en réponds !...
Ah 1 si tout le monde avait fait comme Le commerce n’irait pas si mal, comine sait M. Hoviusl...
Mais puisque vous n’avez pas voulu ccfl 1 ' naître votre bonheur,
A vos ordres, jeunes gens, à vos ordres!
A la renlrée, je prends l’express, — et J e ne vous dis que ça !
Rollard, député du Lot.
Pour copie qu’on forme :
MUSTENFLUTë.
FEUILLETS TROUVÉS
DANS LA COUR DE L’INSTITUT
« De ma villa de Charenton.
« Six heures moins le quait ! Quelle sieste- Je dors depuis midi 1
Voyons, maintenant que je suis éveillé' mettons un peu d’ordre dans nos affaires. Ah 1 une note à payer !
— Catherine?
— Foilà, mossié.
— Connaissez-vous le pharmacien qui f® le coin de la rue ?
— Si je le gonnais ! C’est chez lui qu’4' lexandre Dumas s’troquait.
— Dites donc se droguait.
— Chc le dis.
— Mais non. Enfin , vous allez y eouri r et vous lui paierez sa note. Ensuite, comms ï0 “ s savez que. j’ai un faible pour la maîtresse ° e l’étudiant en droit, suivez-la et tâchez de savoir où elle passera sa soirée.
Si je ne suis pas là quand vous reviendrez laissez moi un mot. Vous m’avez compris?
— Foui, mossié.
Six heures. Je m’assieds à table d’hôte. Q ue vais-je manger ? — Consultons la carte.
LE CORDON BLEU.
Journal dirigé, rédigé, digéré et géré p af des cuisinières et des femmes de chambre.
SOUPE.
Madame fait des confitures; mais , comm e elle a mal pris ses mesures, il arrive un moment où tous les vases sont pleins, et elle u e sait plus où verser ce qui lui reste. Voyant son embarras, monsieur lâche ia queue de I® poêle et revient, quelques instants après» chargé de boites au lait, soupières, etc., etc.» en disant : Voilà, ma petite chatte; seulement» je ne sais pas si ces pots-t iront.
Le potiron manque de sel, me dis-je à mot' même, passons au
MELON.
Monsieur, en annonçant cela, avait une sl
