6" 1 ' ANNÉE. — N" 247.
25 CENTIMES.
DIMANCHE 2 JANVIER 1876
RÉDACTION
r. h euve-des-Petit s-Champs païls
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ÉDITION DE LUXE
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ADRESSER
Lêttre ‘ et mandats à M. Madhi, dlrect»nr-gérant.
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ADMINISTRATION
77, r. Neuve-des-Peti ts-Champs
PAHIS
ABOHNEBEHTS
Un an.8 fr.
Six mois.4
Trois mois. .»»«•«• *
SUPPLÉMENT LITTÉRAIRE
Un an. ® ir.
Un numéro.2 c.
ADRESSER
Lettres et mandats è M. Madbe directeur-gérant.
VOTRE
JEU, MESSIEURS!
RIEN NE VA PLUS!...
Grande revue des principaux faits de l’année, embellie des réflexions satiriques, philosophiques, politiques et su percoquentieuses d’un prince éclairé de l’Orient, mais complètement dépourvue de couplets.
Les personnes qui regretteraient leur absence peuvent s’adresser à M. Çlairville.
Lt maintenant, qu’on laisse entrer le monde.
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^Si-APAN, ancien fonctionnaii INCONNU.
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tardés tV, a Au Kord ' des P
ivres Ip* nlrenl chez eux; les uns n’fif i ’■ aulrf s parflitemenl à jeun; h
geùrs mJ e ? Ue par le P a * sa 9 e de ^uplei de ClalrSe; ^
sari^dJ’ 1 * 1 ' raarc ^ le découragé : par n son nt~ S<1 pocAe un V el it centimètre
VESTAPAN, seul.
montez J>'n centi[r -èire de pins a Pi)oini 0 s •Uionge de jour en joui à faj re ® ent s qu’êtes-vous devenu:
une sociét^e* 16 di - rez <1 U8 J e P° urr; plus I o,i 1 j “nancière, mais cela ’ v e devenir, ô mon Dieu!
ment enre?™ 6 * 11, un inconnu, le visage Nord v„ °PP e ' son avec précaution de Td - V ^apan l’aperçoit.)
Monsi
Et
sieur !
Puis?
Pourriez--
VESTAPAN.
l’inconnu.
VESTAPAN.
V °US m’indiquer leTivoli-Vauxhall. r l’inconnu.
donnais pa s !
VE sr4p A j(_
é tr A anae e r rVei i le ’ je m ’ fcn d °«tais. Sachez, noble simpienizJfv™ qUeslion allait qu'un vez arrivez à p,, r j S) vous n ’ a .
pas - Paies-iu U unbS? 0 à ’ j<3 ne V ° US quUle
l’inconnu.
j • ne Ul s P ui' s V m s S ïi e 5, me lâcher ’ maraudeur, v °jezplinôfma fig^ J6 SU1S Cochinal ’
Ql vlstapan.
Pai côchin t a| m nA/m C ° nl0r à Papa ; tu n’es cmnat, négrillon de mon cœur, cesse
de manquer ainsi de confiance, dégoise-moi la petite aventure, car. aussi vrai que le budget n’a plus de douceurs pour mon cœur attristé, je ne t’abandonnerai jamais.
l’inconnu.
Eh! bien soit, mais promets-moi le secret.
VESTaPAN.
Je serai discret comme un journaliste.
l’inconnu.
J’aimerais niieu'i autre chose, mais enfin je me contenterai de cela, d’ailleurs si tu dis un mot je te coupe la tête (il sort de son parapluie un cimeterre gigantesque et fraîchement aiguisé.) •
VESTAPAN.
Pas de bêtises ! l’amour, ePvas-y de ton boniment.
l’inconnu.
Tu vois tout bêtement devant toi l’illustre Zanzibar, goûtez-en, goûtez-y, pendant que je lais voyager en Europe un marchand de dattes de mon pays, je viens seul voir ce qui se passe ici. Chose bizarre, vous qui ne pouvez garder un souverain vingt ans. sans !e flanquer à la porte, vous avez pour les monarques étranger? un amour effréné. L’an dernier, vous avez bêlement jeté de l’argent par les rues pour recevoir' le Shah de Perse, ares de triomphe, feux d’arlitice, représentations de gala, grandes eaux tout a marché; le Shah ravi faisait des dettes chez vos fournisseurs et se nouris- sait ici à l'œil ; vos journaux ne tarissaient pas d’éloges sur son compte. C’était à les entendre un souverain éclairé qui venait étudier votre civilisation pourui faire profiter ses sujets, quand il parlait on trouvait ce qu’il disait plein de (inesse; gardait-il le silence c’est qu’il réfléchissait, et son œil alors trahissait son génie en somme c’était...
VESTAPAN.
Ah! ça mais, monarque au visage culoté, tu me lais l’effet d’un vulgaire débineur!
ZANZIBAR.
Sevère mais juste comme tou compatriote Pet-de loup. Laisse-moi continuer. Vous avez au risque de les enfumer fait voir au Shah les merveilles de la galerie des antiques, tandis que des cuirassiers 1 illuminaient avec des torches. C’était fort laid d’ailleurs, il n’y a que le
peuple le plus artiste du monde pour éclairer ainsi des statues qui ont besoin de la pleine lumière. Vous avez encore conduit Nasd-er- Eddin aux Invalides, il a tripoté les reliques de vos héros comme un singe qui jouerait avec une noisette, bref vous l’avez traité comme il ne vous traiterait certainement pas si vous alliez dans son pays. Et qu’est-il arrivé?
Une fois rentré dans ses Etats ii a fait couper une certaine quantité de têtes, histoire de n’en pas perdre l’habitude, puis il a déclaré dans des lettres—que vous avez été assez gtlteux pour publier, — que rien dans son voyage ne l’avait autant amusé que le Cirque. Voilà tout ce qu’il avait compris, et vous l’avez bien mérité. Pour moi c’est autre chose.
VESTAPAN.
Ton langage est amer, mon cher jus de réglisse, mais je t’écoute.
ZANZIBAR.
Je ne veux pour rien au monde être reçu à la gare par tous les préfets possibles ou impossibles, il me déplaît de ne pouvoir visiter Paris sans être escorté par deux ou trois gendarmes plus ou moins gradés, je viens donc seul pendant que mon marchand de datfas, déjà nommé, voyage sous mon nom. Tu veux m' accompagner, soif, tu porteras mon parapluie mais souviens-toi que je neveux pas être rasé. Prends ces cinquante centimes si tu es pané et marchons. Où vas-tu me conduire?
VESTAPAN.
L’Opéra ouvre ce soir si tu veux nous prendrons deux parterres et nous verrons la comédie. En route et au changement.
ACTE I. — SCÈNE P«. *
LE NOUVEL 01ÉRA.
(Les personnages les plus variés circulent sur la place.)
GUGUSSE.
Demandez la dernière place sur la balustrade des cinquièmes.
ZANZIBAR.
Merci, mon ami.
GUGUSSE.
Tu veux pas de ma place? en v’Ià un de rissolé ! Faut-il qu’il en ait fumé de ces pipes pour s’être culotté la trompette comme celà?
M. poiret, bourgeois convaincu.
N’oubl-iez pas, jeune homme, qse vous insultez un hôte que la France s’honore de recevoir.
GUGUSSE.
Des blagues, c’est Cochinatl Demandez la.
ZANZIBAR.
Voici un bien bel édifice. Mais expliquez- moi pourquoi il a fallu tant d’années et d’argent pour le construire”
VESTAPAN.
Suivez-moi, et comprenez si vous pouvez. Quand on a commencé l’Opéra sur les plans d’un architecte de beaucoup de talent, on a commencé par reconnaître que le sol était mauvais, Peau venait de toutes parts, et il a fallu d’abord dépenser une bonne somme à dessécher le terrain. Premiers frais, première perte de temps. On se mit au travail, mais lentement, car l’argent manquait. Vint la guerre, on arrêta pour tout de bon la construction : on avait bien d’autres chiens à fouetter. L’empire renversé, besogne importante, on effaça du monument, on brisa tout ce qui pouvait rappeler un régime odieux. Les N et les aigles furent traités de la belle façon.
ZANZIBAR.
Mais il me semble que dans les dessins que j’ai vus les aigles étaient une partie importante de rornementalion.
VESTAPAN.
Possible, mais cela rappelait ie tyran.
ZANZIBAR.
Peut-être eût-il été sage d’en moins abuser lors de la construction?
VESTAPAN.
11 fallait flatter le pouvoir.
ZANZIBAR.
Et on le flatta encore en détruisant tout.
