le Grelot
LA SE MAI NÉ
Les amateurs de sauvetage ont pu, cette se tnain'e, s'eh donner à cœur-joie.
Deux ministres sa sont, eu effet, laisser tomber à l’eau :
.L’aipiral Fouriçhon,
Et le duc Decazes.
Sans M. Gambetta, qui leur a tendu une main secourable, les portefeuilles de ces messieurs entraînaient leurs propriétaires au fond de la riviùre.
Mais avec une opportunité que MM'. Fôuri chou et Decazes ont su apprécier mieux que personne, le chef des gauches a ramené au rivage ces Excellences en détresse.
Après les avoir convenablement séchées, M Gambetta leur a montré leur chemin en les invitai, t à faire désormais [dus d’atteptipm Profiteront-elles de la leçon? 1/ V '
Il faut l’espérer. :
Enfin tout le monde s’est embrassé, ce qui fa singulièrement paru contrarier les hurleurs bonapartistes de la Chambre.
C’est cela qui nous est égal!
*
* *
; i II faudrait pourtant s’entendre, j La loi défend, ce me semble, qu’on se fasse justice soi-même.
Ce qui est d’ailleurs assez bien raisonné, car •il faudrait avoir le sens moral aussi complète- •meut oblitéré queM.de Franclieu pour ne pas comprendre que du jour où l’on se ferait justice soi-mème, la situation des juges, greffiers, (procureurs, magistrats, avocats et gendarmés .serait fort compromise.
: Donc, on ne doit pas se faire justice, c’est (bien entendu.
Or, voilà un brave homme de la Hautes Marne qui, pour venger son honneur conjugal. i— où diable cet honneur-là va-t-il se nichtrî s— a somme d’un coup de bêche l’amant présumé de sa folâtre moitié. Je dis présqnii, parce qu’eniin hdit séducteur n’a p^s été surpris flagrante dehcto.
L’amant a-sommé, le Sg a m mille. d<5 la Haute-Marne, — esjjêfor^.qd’ïï n'y à que Celui-là dans le département, — 8’err va troprer les magistrats, leurr-ùdnted àa petite affaire, passe en jugement et.„ est ftçqaitté. •
Tout cela-ftst pariait.»' ,
De tout temps le sganurtllit»ie ayetbimê Considéré comrùe. une dés.çhoxes les plus lôajùéiM ; . ses qui puissent arriver' & nu-bornais, nocif, eomprenpnyîtés-bien qüfe la'^pression en soif rigoureusÀ
Mais ei|fcv ptlisqtie là-Joi-défend qu’on se fasse juslit» soi-thème,ne pCttifrait-elle pas enjoindre aux* mari» àjgjUiûrte de circonspection bien désiï%blè, h|jfeft{ue surtout, comme dans le cas qui ndtis.Ùcrüpe, le flagrant délit, qui peut faire, ëicuser un mouvement de mauvaise humeur*,/assez légitimé en sornrqe, n’existe pas? -- , , _/
Protégeons les maris.
Soit,
Mais enfin, lés autres sont des, bôtnmes après tout. , de grands coupables, d’est vrai, des gredins, des coquins, des , sacripants,
des... tout ce que vous voudrez... mais enfin, sacrebleu, ce sont de^hommes...
*
* *
J’ai goûté cette semaine, et pour la première fois depuis longtemps, une joie véritablement pure.
J’ai assisté à une exposition de serins.
Vous me direz que' ce n’est pas là un fait si rare, et--qu’en définitive, on n’a qu’à passer une heure dans un skating quelconque pour en voir tant qu’on veut.
Je partage entièrement votre opinion.
Mais ceux-ci sont sans plumes.
(El ils en auraient que ces dames tes en auraient bien vite débarrassés).
Tandis que ceux que j’ai admirés sont des canaris paifdtemeot authentiques.
Et gentils! et ch;ynjanU ! et chantant !...
J’avoue que ce spectacle m’a inis ua certain baume dans le cœur.
Penser qu’à notre époque de luttes sociales et politiques, de haines et de canons Krupp, il y a, une certaine quantité de bonnes gens qu| passent tout, leur temps à élever dés serins 1... -
Vrai, cela fait rêver !...
*
* *
Un de nos amis nous écrivait, il y_ a quelques jours,lettre où je remarquai ce passage-ttfigorier : 4'aï4$wandê à L... cinq louis qufù M’a pràéS APPHOXf^TIVEMSNT.
(Rencontrant deux. 'Jttttps après l’auteur de q#tle pè*tjj?& / èifSïiî;ë,je Ifcl demandai ce que signifiait cfétFdverhe bizarre.
— J’entends, me rép.oncÜtàjS^ par approxi
mativement, que si je lui af demandé cent francs... ..
— Eh bien?...
—• Il me les a refusés 1
' ,:^COLAS lÉAMMÈCHE.
ZIGZAGS
L'événement le pins important du jour, le gréai attraction du moment, es; sans contredit, la femme coupée eâf morèeâ.utf.
Le* pfetniers froids, qui avaient d’abord eu l’if)sfgi(é,bonneur dé faire les frais de là 'conversation des bourgeois, sont maintenant tombés, ïlàtts l’oubli, et personne ne s’occuperait les tber;'omètres pouvaient lire le Mi fflhml]; et frémir d’horreur au récit des TfHblës ppérations^le charcuterie que l’on a exItiqléélLsur le corps de cette malheureuse.
.Quàtit attA Chambres, nul lié' s’occupe .plus d’ëltes.
liés 1 tribunes duJJënat sonit désertées, et la Mùjgtiê toit-dix fois plus de monde que les palkiS légbdjltif» de Versailles.
Lé* reportera sont dans la jubilation. Iis flairentMffie ûouvelle affaire Troppfjiritni, et se prfpsrent à usçr d’innombrables paires de bottée et à cûmm?Ure un nombre de fautes d’orthographe, aussi. incalculable qtie celui d$. ëidiléij de la-Voie, lactée, en racontant d’fetfrçyables déjàrisà deux sous la ligue.
Triste race, que celle de res gens qui, comme don Quichotte, ne rêvent que plaies et boîses... pour les autres.
Nous avons aussi le capitaine Nares, qui est cette semaine la providence des jouruaux illustrés, et leur permet de rééditer une série de vieux bois représentant des scènes des mers polaires.
Une chose qui m’amuse bien, à propos de ce capitaine Nares, — dont j’admire d’ailleurs Pintréjùdité, — c’est de lire dans tous les comptes rendus de son voyage :
—' Le capitaine Nares se proposait d’atteindre le pôle. U n’y est: pas arrivé, mais l’expédition a complètement réussi. »
Je r.e désespéreras de'voir bientôt une’parodie de cette naïveté, conçue dans ces termes :
— « Moitié-Papier-Pacha a"tenté, malgré l’armistice, d’enlever une position occupée par les Serbes. Il a été tué et son corps d’armée, réduit des deux tiers, a reculé de dix lieueg.
A part cela, il a-parfailemerï réussi.
—o—
Encore une autre actualité : l’armistice.
Pomr celle-là, par ex; mple, je vous en ferai grâce. Assez d’autres doivent vous en rabattre les oreilles.
J’aime mieux vous convier à rira avec moi de la bonne aventure qui est dernièrement arrivée à Rome.
(Je n’entends pas parler de la mort du pauvre cardinal Antonelli, qui laisse une fortune d’une centaine de millions, qu’il a amassée en faisant vœu de pauvreté.)
!l s’agit d’Alphonse XII, le jeune roi de tou-tls les EsrAGNEs, comme on dit dans dort César de Hazan >
Ce j-une homme, pour se tenir bien avec hs cléricaux de feou beau pays, patrie de l’huile d’olive et des couteaux à virole, avait, imaginé -d’envoyer à Horde, aux frais du budget de son peuple, quelques milliers de pèlerins.
À’peirie arrivé*, ces messieurs commencent par refuser l’entrée de l’église à l’ambassadeur, qui les avait nourtis et hébergé*, puis ils bràiliqnt. à tue-tête : « Vite don Carlos II »
Gela a’ést-il pas du dernier comique?...
flemàfqïirz bien que, chez nous, nos impor- tunisïts sont à peu pfè» de la âlêiile force que dtm A-jihonse.
Ainsha gauche.a laissé subsister les aumôniers dé Vaisseaux.',., 4 ;
Vouât fuyez qtlSlés cléricaux vont 0trè désarmés parve.Ue concession. ,
Ecùuièz [lUnion pouFSjJfitis. désabuser.
— « Là gauche n’a pas osé, dit-elle, malgré les forcés dont HJe dispose, faire une application plus complète de ses doctrines. Sa modération relative ne lui confère pas le, plus léger titre à la reconndissdhce des catholiques et des conservateurs. »
Cela est çlàir, n’est-ce pas?
Eh bien ï celte phrase explicite ne guérira nullement les importunisies, gens,qui, quand, ils tiennent un tigre dans une basse fosse, au bout de leurs canardiètes, chercheraient à
l’apprivoiser et lui donneraient des sucreries, au lieu de lui envoyer dix onces de plomb dans la tête.
—o — ,
J’avais oublié de dire à ceux que cela pourra intéresser, — en parlant de la mort du cardinal Antonelli, — que ce prélat n’avait rendu son âme à- Dieu qu’après avoir reçu plusieurs fois la bénédiction du saint-père.
Plusieurs fois?... Pourquoi, plusieurs fois?
Elle n’ava ; t!done pas été donnée mjaUlible- ment du premier coup?
J’allais l’oublier!
Mais le* b eteurs du Grelot auraiènl facilement réparé cette petite inadvertance.
Ils savent bien que toute semaine bien apprise doit avoir son petit miracle.
Cette fois, c’est le Peuple, de Marseille, qui nous l’apprend.
Une vieille iemme, ayant les jambes paralysées depuis sa naissance, vient d’ôtre guérie da- s la piscine do Lourdes. if Sa famille en a môme été désolée, parce qu’il a falla qu’elie fasse des frais pour sa chaussure, ce qui ue lui était jamais arrivé.
Séldlf moi, voilà un miracle incomplet, un miracle de novice.
Pendant que I’Imiuacuiée-Concepticn y était, il ne lui en aurait pas coûté davantage d’orner les pieds de la bonne femme d’une paire de godillots première qualité!...
Cela von? étonne sans doute, de constater du s'-mblables lacunes, dans des miracles qui devraient toujours être parfaits.
Mais cela n’est rien, je vous en dirai bien d’autres la semaine prochaine, sur saiut Vincent et saiut Guignolet, si Dieu me prête vie;
Un soldat parle à son sergent et lui demande :
— Dites donc, sergent, qu’est-ce que vous feriez, si je vous disais que vous êtes une vieille bête?
— Je vous llanquerais pour huit jours à t'hosto.
— Et si je le pensais?
— Ahl c’est diiférent, je ne pourrais rien Vous faire.
— Eli bien ! je le pense.
GR1NG0IRE.
FEUILLES AU VENT
Un homme qui n’est pas content*
C’est M. Belcastel.
Depuis quelque teinp-, cet titffttiéte industriel politique fatigue le ministère de ses lamentations.
Jérémie,.en eomparaisofl, ii'éUit que de la Saint-Jean.
Et la harpe qu’il suspendait sur les rives de Babyloiie ferait pousser des éclats de rire en comparaison de la guitare que M. Belcastel fait gémir sous les aulnes de la Bièvre.
*
Feuilleton du GRELOT, lfciïljrtipbrè
LE VOILf
(Suit».)
It n’avait dit que la vérité. ,
Gertrude était dans an état qui me remplit dè'tcr-
* eur . . CJ * J
Tout son corps était couvert dune sueur tfoioe; ses pieds et ses mains étaient glacés, tandis qu’au contraire, sa bouche, sa langue et ses gencives étaient Violemment enflammées et qu’il s’y produisait une sensation de brûlure.
Nulle envie de vomir, d’ailleurs : mai? des mouvements cotivulsifs, tes yeux saillants hors des drlii- t*-s, une respiration, haletante, et, uflq lourdeur dé tête extraordinaire.
Quand j’arrivai près d’elle, elle me prit la’ main et la porta à son Iront.
— On dirait que j’ai la tète pleine d’eau bouillante, me dit-elle..- ét que je deviens fdllê...
11 n’y avait pas à s’y tromper : c’étaiént, bien les principaux symptômes de l'empoisonnement' jmr l'aconit, — et inallieuieusement il y avait trop loiig- teraps que l’absorption du pohoïi avait été effectuée’ pour qu’on pût esperer quelque bien d'un vomitif.
Je lui donnai donc immédiatement un purgatif violent et d’un effet quasi-instantané, — car j’avais, par bonheur, emporté avec moi nia pharmacie de campagne, — et je’ iis seller Je cheval du frère de Ger-, trude, qui me servait assezpouveilt. à faire des piome- ' nades dans les environs.
(1) Voir -les n— *8S et suivants du Grelot. (1) zùpcoduotioa interdite.
Fêtais résolu' à alKÎi Chercher aux Moulins, petite CO&muhê qui’',sè'.trouve en dehors de la poitë de •■Fans,,à Lilley'mitra professeur de médecine des poi- .sdris, homme d’urié science éprouvée et d’un dévoue- .kiëût qui m’était connu.
> En.quelqües ’ihinutes, mon cheval fut prêt, — car tout lé-thonde, .dans la maison sentait qu’il n’y avait ■ pas un instafit à perdre.
Avant, de me nn ttre en selle, je pris à part le père et la mère de la jeune fille, et. je leur dis :
— Mademoiselle Gerirude est dans le pluS.'prand dâpgSX'; restez tous deux auprès d’elle sans ta quitter un instant, et jurez-moi que, quoi qu’il jirrive, Antoinette n’éntrera pas dans cette maison jffîqu’à mon retour...
Ils me regardèrent avec étonnemofit.
J’ajoutai : )■'*'
— Il y va de la vie de votre fme, je vous en préviens... f.e ferez-vous?
— Nous le jurons, répondirent-ils, nûn sans une émotion singulière. /
Le fermier nie prit vivetïierit'le bras :
— Mais vous répondez d’ellêl me dit il d’une voix étranglée..
— J’espère qyi'il est temps, encore de la sauver...
— Mais qu’a-t-elle donc, aù norn du ciel?
— Elle est emuôisoruiée, et avec, uil des poisons des plus violents... Ainsi veillez, qu’elle' ne "juenne rien autre chose que la tisSne que je vous ai donnée, et que personne, excepté sa mère, n’apprnclie d’elle !..•
. En disant ces mots, je saulais à cheval, et en trois quarts d’heure je fus aux Moulins.
Je trouvai mon vieux professeur qui dormait profondément et qui fut, ou le conçoit, passablement surpris de me voir arriver chez lui à trois heures ftii malin.
Mais quand jè lui eus cfit da quoi il s’agissait, il bondit hors de son lit comme,un jeune homme, il donha Aussitôt l'ordre d’atteler,-ivec lin juron qui lit trembler tes vitres, — c’était’Üii ancien -militaire, — et vingt minutes après mon arrivée, nous repienions le chemin de Sauter en brûliint të pâté.
J’avais laissé mon cheval ehèz le docteur, — car il ialtait bien que je prisse place dans la voiture pour
lui raconter cô qqe je savais du crime.
Je ti’omis aucün détail, et je lui redis toutes les circonstances qui avaient précédé le bal et qui m’avaient porté à exercer sur Antoinette la surveillance que l’on sait.
Lorsque j’nn fus venu à la scèiîo qui avait eu lieu la veille de la,Kermesse dans le jardin de lu lemme au voi'e, et que je lui lis la description de J’acouit tel que je l’avais vu alors :
— Aht s’éüiia-l-il, je comprends à présent ce que Scaliger et les médecins italiens . du seizième siècle racontent de l’araignée :'}*#! eu tort de considérer jusqu’ici ce qu’ils en ont dit comme des balivernesI...
— Comment! lui dis-je.., Est-cé que yyus croiriez que l'empoisonnement a été léelloiilètit opéré au moyen d’unë araignée ?...
— D’une ou de plusieurs, — oui.,.
— Mais cependant...
— Je n’ai aucun doute à cet égard : 5 la description que vous m’avez faites de ces araignées, je me suis rappelé ce que j’ai souvant entendu dire à..des paysans i qu’il y avait certaines araignées dont il suffisait d’infusér une seule dans de l’eau-de-vie pour tuer quelqu’un....
— Est-ce possible ?
— Trés-posstble !... Il n’y a là rien que de très- naturel, D’ailleiits.., Il èst bien naturel que des insectes qui se nourrissent du suc des plantes vene- neuses ou d^utres insectes plus petits qu’eux qui vivent sur cés plantes, en prenneut les principales propriétés... leur corps’ devient unè sorte d’alambic où jeS vertus perverses des plantés së condensent et se quintes>eiiCleht... N’avez-vous pas entendu parler souvent de gens qui sont morts, ou du moins qui ont : été tiès-gravement indisposés, pour avoir mangé des huîtres... On cite bon nombre d’individus eiu- Ifûisonnés par des moule», parce que,- récemment encore, on employait le.cuivre dans la construction des vaisscaïix, et que cés mollusques qui aiment à venir s’appliquer sur les doublages des navires, s’y clnr- geaàmt dé sels de cuivre, tous fort dangereux comme vous savez... Lés annales do la médecine racontent . quantité de laits d’empoisonnement de per.-ounes ayant mangé’de la chair d’animaux qui s’étaient re
pus quelque temps auparavant des feuilles de plantes vénéneuses, comme, l’aconit, le datura, la eigüe, la digiule, etc... Si un chat meurt pour avoir dévoré une souris tuée à l ar eûte, pourquoi voudriez-vous qu’une araignée gorgée d’aconit n’empoisonnât pas? Et quand m<us expérimentons à l’amphithéâtre sur des lapins à qui nous mettons dans l’œit une goutte d'acide cyanhydrique, nous nous gardons bien, n’est- ce pas d’en faire un ensuite des civets!
Tout en devisant.ainsi nous arrivâmes à la ferme.
,11 pouvait êlre quatre heures et demie du matin, —\et depuis longtemps il fai-iit grand jour.
La malade se trouvait dans un état moins alarmant que lorsque je l’avais quittée ; mais il y * vait toujours de très-graves symptômes, ei lé. docteur me fit une grimace significative.
Gertiude avait les yeux fixes, — les dents serrées, — tes membres rigides. aVec tlnd sorte de paralysie dans les jambes, — les battemeuts du cœur se précipitaient d'une façon anormale, et les mots incohérents qui lui échappaient de temps en temps prouvaient un commeemeet de délire.
Le docteur lui prépara aussitôt un calmant, et me dit r
— Nous allons continuer les évacuations et lui donner le contre poison de l’aconit, —car c’est bien de cela qu’il s’a.jt... Pas.-ons à votre chambre...
Je IS conduisis etiez moi, et je lui montrai la fiole que je m’étais fait livrer par Antoinette...
Il la regaiMa au Jour pendant un moment, ôta le bouchon, flaira le liquide; puis,comme tous les toxi- eologisi.es, qui aiment les poi ors autant que Mithri- datè, il eu versa quelques gouttes dans le creux de sa main gauche, et y ttempa bravement là langue.
Puis,'il se mit à sa potion.
— Oui, dit-ft, après avoir craché ;■ cause de l'amertume du.poison qui lui revenait, et en faisant un froucetheuf dé sourcils singulier, c’est très-simple... C'est une iqfusion à chaud, et parfumée à l’essence de nuiuthe, des deux araignées de l'aconit préalablement écrasées... C’est un poison très-primitif, — et excellent comme la plupart des choses primitives : vous pouvez empoisonner votre humilie avec k plus grande tranquillité, vous n’avez rien à craindre ; le
