LE GRELOT
Elles protègent les enfants,
Et les soustraient à certaines natures farouches.
Mais notre législation, en s’attendrissant sur les ■victimes, s’est, ce me semble, un peu attendrie aussi sur les bourreaux.
Voici, par exemple, le tribunal d’Hazebrouck qui vient de condamner une femme à six mois de prison parce qu’elle avait trouvé une invention toute nouvelle pour corriger ses enfants.
Cette invention était bien simple, ma foi :
Quand elle avait à se plaindre d'un de ses marmots, elle le plongeait dans un chaudron d’eau boudante...
Six mois de prison 1
U me semble que, si j’avais été juge, je lui en au- rais donné vingt ans.
*
* *
On vient de bénir la nouvelle manufacture de porcelaine de Sèvres.
C’est une habitude.
A quoi ça sert-il ?
On t)*a jamais pu l’expliquer ;
Ça et l’utilité clés obélisques, ’— voilà deux choses qui fixeront éternellement l’attention des savants, — comme on dit à l’Institut (section des inscriptions et belles-lettres).
Du reste, l’invention n’est pas nouvelle, cnez , Romains aussi, on conservait les monu ments qu on édifiait ou qu’on relevait. bénite- aS1)er f? eait fl ' eau lustrée i comme nous d’eau
• disait un sacrifice. Portait sa part.
■ dont le prêtre em-
* *
Aujourd’hui, on ne fait plus de sacrifice, mais le prêtre emporte sa part tout de même.
A ‘nsi °„ lit dans les journaux que : la *■ z Ma . bile > ® v êq u e de Versailles, qui avait présidé « cérémonie, a daigne emporter comme souvenir quelques objets provenant de la manufacture, et entre autres un magnifique christ en pâte tendre.
*
* *
« Ce christ en pâte tendre » me fait rêver.
Cette façon d’aimer le christ montre évidemment que l’évêque de Versailles n’est pas une de ces âmes vulgaires comme le centenaire ou le bûcheron de l’Evangile,
Et j’ai revu vaguement le Jeanliiroux dece pauvre i. Monnier, disant à l’abbé qui lui présenta t, en * jUf ta ut à la mort, son crucifix à baiser : bon di* S y c ’ raticfl0n > est-ce qu’il est en argent, ton
Gonflé aux méditations de Saint-Just. nt ,] our I e grand Talma, proiesseur de majesté c r«apoléon l«r, jouait au Théâtre-Français, dans ur pmce de l’inénarrable Népomucène Lemercier.
Tout à coup, par un hasard malheureux, il h arriva de manquer de mémoire, et d’être obligé t repéter deux fois le même vers : il faut dire que bonhomme se faisait vieux.
Le parterre,qui avait le plus grand respect pour l’i {binent artiste, ne dit mot et lui rendit ce suprên honneur du silence.
Seul un jeune officier, pommadé, frisé, ficelé quatre épingles, qui se pavanait à l’orchestre, ha us; légèrement les épaules.
tirade™ S>6n a ^ elçu,: ’ et ’ s’arrêtant court dans t
xioTT ^ on ®i eu , r ' dit-il, vous haussez les épaules... Mais, sachez-ie bien, pour faire un officier comn tr»n S tl a aut q , u ? vingt-quatre heures, — et il fai ;ZîZr r :* m unacteur comme moi! temüs mi’il 1 f 0n ié|li et s ’ es quiva en moins ( bandages ” 6<1 aUt a ^illemessant pour mettre si
* *
pntr^^ quelque temps un individu assez bien m ,i®, ai, sun grand restaurant du boulevard, un il„ resse au maître de la maison, et lui dit av uujéger accent étranger :
argent | 0nsieur > me teriez-vous bien manger pour im
teu~ ^ erta * nernen| :. monsieur, répond le restaui
pius °ex * 10rn,ne s ’installe, — commande les mets ] comme on'm —> * es vins les P lus précieux, — < ■veilleuse n d,t ’ 8 ’ en ‘Pdï re avec une conscience me
la ^ a absorbé le café, — la fine champagne, l’étihli eUSe Rqueur, il lait appeler le patron centimes 6 - 116111 ’ et lu * ten dant une pièce de cinquar
~ Voilà tout ce que j’ai, dit-il :
ais ’ monsieur... / s’écrie le restaurateur ex;
manoÜ. aVez ~ V0us P as dit q ue vous me donneriez manger pour mon argent... ’
arrêter *„ ne pas de cela,... je vais vous fai ..■'/cg’t le traiteur furieux.
Non dV Ôt Seravisant:
à une* condîtînn K ne vous ferai pas arrêter, — mi
‘our au restaurateur e d’e q n Ue l!.. alHeï ^ ‘ 6
dustrié'nn h'iifünt'f Ur ’ . ré P°ndit le chevalier d’i
chez vous , a aV0,X ’ c ’ est lui qui m a
BRIDAINE.
Ça ne doute de rien !
public, je
nnonce cette nouvelle qui a dû faire dans la tombe les os de Washingti j* a * ^ < ï ue Germiny, acc<
L s î fe mme et de ses enfants, est s embarquer pour New-York. Là, , Se J feraient naturaliser Améri a P^'deraient en divorce. » Est-ce une invention du Bien publü
Ou bien cette idée est-elle réellement venue à M. Oerminy?
Voilà ce qu’on ne sait pas encore,
Mais qui serait curieux à savoir.
Si cette pensée a bourgeonné dans le cerveau de M. de Germiny,
Il faut avouer qu’on n’avait pas tort de dire avant le procès que son avocat plaiderait la folie;
Car, pour croire, après l’affaire de la pissotière des Champs-Elysées, qu’il n’y a qu’à dire à l’Amérique :
« J’entends devenir subito Américain, — et que ça ne traîne pas! »
Et pour s’imaginer qu’en effet l’Amérique vous ouvrira les bras et vous offrira un mobilier en bois de rose,
Il faut dérailler beaucoup plus que le train de Versailles
Et être aussi toqué à soi tout seul que Gagne, Leguillois et l’immortel Hamburger à eux trois.
Je ne suis pas curieux; mais je voudrais bien voir la figure des magistrats américains recevant la demande en naturalisation ‘de l’ex-défenseur des jésuites.
Jamais, eu effet, une proposition aussi scko- king ne leur aurait été soumise,
Et dans ce pays où, pour la moindre des choses on vous condamne à la prison pour outrage aux magistrats, j’ai idée que M. de Germiny pourrait bien se voir infliger un peu plus que les deux mois que lui ont valus ses études sur le nommé Chouart.
Certes,
Nous ne comprenons que trop que la femme d’un homme ainsi déshonoré cherche à détourner de ses enfants et d’elle la honte de son mari :
Elle en a non-seulement le droit, mais le devoir!
Mais se trouverait-il en France, si elle demandait sa séparation d’avec cet immonde, un magistrat capable de la lui refuser?
R.
COUPS DE BEC
Dès qu’on parle d'un mouvement préfectoral, il y a des marchands de harengs saurs qui se figurent immédiatement qu’on va faire dresser des guillotines à tous les bureaux de tabac, et que les citoyens accusés et convaincus d’avoir en toute propriété une somme supérieure à trente-cinq francs, courent le risque d’être raccourcis, que les pauv’prêtres vont la danser, et qu’on aura des barricades jusque sur l’obélisque.
J’avoue que mes craintes n’ont jamais été jusqu’à ce point, mais eussent-elles atteint cette limite que j’ose qualifier d’exagérée, j’avoue que les hétacombes auxquelles nous assistons, suffiraient hardiment à me tranquilliser.
Sur une soixantaine de fonctionnaires ennemis du gouvernement au nom duquel ils administrent, on se décide tout d’un coup, là, v’ian 1... à en enlever huit.
On eu déplace un certain nombre par exemple, mais le déplacement en fait de préfets, ça ne prouve pas grand’chose.
Il n’a jamais été prouvé, que je sache du moins, qu’un préfet avait cette chose commune avec le bordeaux, de se bonifier en voyageant !
Et du moment qu’il ne vaut rien au Nord, il est probablî qu’il ne vaudra pas mieux dans le Midi.
Quand on se plaint de l’administration d’un préfet quelconque dans un département, et que ce dernier ne demande qu’à en changer, ce n’est pas pour qu’on lui en donne un pareil ou plus mauvais.
En ce cas, le gouvernement devrait parodier le prospectus bien connu du chapeliier : Donnez-moi un vieux chapeau et je vous en rendrai un neuf pour 4 francs ; il devrait dire aux administrés :
Donnez-moi votre vieux préfet Et je vous en rendrai un neuf.
Mais s’il lui en rend un tout cabossé de manœuvres monarchiques, bourré de réclamations, autant qu’on lui laisse l’autre alors.
Le déplacement en tout cas, prouve qu’on n’est pas content d’eux, n’est-ce pas ?
Et puis après! ça leur est bien égal; voyez MM. de Masin, *Degronri, Souvestre, Sers, Sêbastiani et du Chevalard, on les avait déplacés, ils en sont devenus tellement fameux, qu’aujourd’hui on est obligé de les mettre à la porte.
Ah I vous me direz peut-être que pour mettre un préfet sur le carré, on est obligé de s’y reprendre à deux fois comme pour faire du cassis, mon Dieu, je le veux bien, mais c’est égal :
Supposez que j’aie soixante punaises dans mon lit, que je veuille me débarrasser de ces locataires, et que l’ébéniste se contente d’en jeler huit par la fenêtre, dans la manne d’un garçon pâtissier allant livrer un gâteau de noce ; et que sur les cinquante-deux autres,
il n’opère qu’un déplacement, en transportant à la tête du lit celles qui étaient au pied, et sur le devant celles qui étaient dans la ruelle.
Je ne vois pas que j’y gagnerais beaucoup, même quand, dans une seconde expédition, mon ébéniste viendrait encore pour jeter une autre demi-douzaine de punaises dans la boîte au lait accrochée à la porte de ma voisine.
Enfin, attendons... comme pour le cassis.
CHARLES LEROY.
LA SEMAINE THEATRALE
Nous nous plaignions, dans notre chronique de fin d’année, de la pénurie des premières représentations, et nous demandions à grands cris des nouveautés. Nos désirs ent été plus que réalisés. La plupart des théâtres ont, à l’occasion du nouvel an, renouvelé leurs affiches, et MM. les directeurs se sont empressés d’ouvrir leurs bonbonnières et d’offrir au public des bonbons nouveaux de tous genres et au goût du jour.
Espérons qu’il n’y en aura pas trop de fondants, et qu’ils suffiront à rassasier pendant quelques mois ce Gargantua insatiable, toujours affamé, qu'on appelle le public.
THÉÂTRE HISTORIQUE
Au Théâtre-Historique, M. Castellano, mis en goût par les recettes fabuleuses qu’il encaisse avec sa féerie du Châtelet, les Sept châteaux du diable, nous a offert une pièce scienfico-féerique, un Brame au fond de la mer, drame en 5 actes et 6 tableaux, de M. F. Dugué.
M. Jules Verne, le créateur de ce genre de spectacle , s’était contenté de nous faire parcourir ie monde. Plus audacieux, M. Dugué a entrepris de nous initier aux mystères d’un troisième monde peu connu, plus fertile cependant et plus riche que le nôtre, la iner.
C’est au fond des flots qu’il a placé l’action principale de sa pièce, fort bien bâtie, du reste, et très- empoignante. Il y a bien par-ci par-là de grosses invraisemblances, comme la résurrection de Sar- tène, par exemple. Mais il ne faut pas se montrer trop exigeant; nous avons dit, du reste, que ce drame tenait un peu de la féerie.
Quoi qu’il en soit, les trois tableaux à effet qui constituent la great attraction, suffiront, nous en sommes convaincus, abstraction faite des qualités scéniques de la pièce, à faire courir tout Paris.
On ira voir le fond de la mer, ne serait-ce qu’avec l’espoir d’y trouver la solution de ee problème jusqu'ici insoluble : trouver une morue fraîche.
PALAIS-ROYAL
Au Palais-Royal, M. Labiche, le père de tant de joyeux vaudevilles dont nos rates gardent et. garderont longtemps encore le souvenir, vient de faire représenter une comédie nouvelle, la Clé, quatre actes écrits en collaboration avec M. Duru.
Les noms des auteurs nous dispensent de toute analyse de la pièce. C’esl insensé au fond, mais délicieux, ravissant, plein de verve dans les détails. L’odyssée des époux Rinçonnel n’est qu’un longéclat de rire.
On prête à M. Labiche l’intention de se retirer complètement du théâtre. La Clé serait son chant du cygne.
Espérons qu’il n’en est rien et que cette Clé qui lui ouvre de nouveau toute grande, la porte des succès le fera revenir sur cette décision si tant est qu’il l’ait prise.
La pièce est. pdHaitemeut jouée par MM. GilPérez. L "Héritier, Hyacinthe et Numa. Lu troupe féminine est malheureusement toujours faible.
Ces danses seront encore longtemps remarquées avant d’être remarquables.
ODÉON
Le Secrétaire particulier, comédie en 3 actes de M. d’Arlae, revue et corrigée par M. Cadol, puis taillée à merci par cette désagréable et omnipotante personne qu’on appelle Anastasie, a enfin, pu être représentée cette semaine sur la scène de l’Odéon.
On a reproché à l’auteur de n’avoir pas assez oublié Le Roman d’un jeune homme pauvre et le Fils de Gi- boyer. Il est certain que les tiens de parenté qui unissent ces trois pièces sont nombreux et il faut ie reconnaître, mal dissimulés.
De temps en temps on entrevoit la ficelle.
Mais cependant l’œuvre de M. d’Arlae ne manque pas de qualités. Les types qu’il met en scène, notamment celui du député Romy, ce jocrisse parlementaire, sont vrais et ont beaucoup plu.
Si les Romy de la Chambre vont à l’Odéon, ils seront les premiers à le reconnaître, mais il est inutile d’ajouter que ce sera toujours le voisin qui sera le vrai Romy.
MM. Porel et Dalis, M”' Elise Pisard et M lio Lé- onde Leblanc ont puissamment contribné au succès de cet ouvrage.
BOUFFES-PARISIENS
M. Comte a remplacé sur son affiche la Boite au lait par les Trois Margot, opéra-bouffe en trois actes de MM. Bocage et Gliabrillat, musique de M. Cri art.
I.e livret est léger et décolleté au possible. Les amateurs ne se plaindront pas. Mais l'imbroglio est très- amusant. La partition abonde en motifs charmants qu’on a fait bisser à la première. Le bis ne suffit plus, au passage Choiseul.
M m « Peschard faisait sa rentrée à ce théâtre où elle a obtenu de si vifs succès dans les Trois Margot. On lui a fait une ovation.
Daubray est désopilant, Scipiou inénarrable, Mlles Luce et Gautier renversantes.
On annonce la Revue pour le mois d’avril !...
ATHÉNÉE-COMIQUE
Boum! Voilà!... le succès, encore et toujours le succès
Heureux théâtre ! Heureux artistes ! et plus heureux directeur I...
Le joyeux compère Montrouge, admirablement secondé par son habile lieutenant, Mme Montrouge, mène au grand galop sur la route du succès l'escadron de jeunes et jolies femmes qu’il a eu le bon esprit de former.
Tudieu ! le joli régiment !
La revue de MM. Clairville et Liorat aura assurément un sort aussi heureux que son amie de Bric et de Broc. Elle est, du reste, aussi amusante que possible et lestement enlevée par toute la troupe. Ce n’est que justice.
il fut un temps, dit-on, où ce théâtre, était une cave.
Je le croirais assez, et j’irai même jusqu’à soupçonner l’habile directeur d’avoir subrepticement détourné un tonneau, car à chaque coup il met dans le mille.
Pardon ! !
Jules de la Verderie.
GRELOTS-FINANCE
L’aspect chaque jour plus embrouillé des affaires d’Orient n’empêche pas du tout nos rentes françaises de se tenir à de bons prix. Le 3 p. 100 est au-dessus de 71 fr., et le 5 p. 100 au-dessus de 106. L’argent se porte beaucoup de ces côiés-là, et il fait bien.
— Nous ne trouvons non plus rien à re.îire à le voir rechercher les aofions et obligations des grandes compagnies de chemins de fer. Depuis un an, les premières de ces valeursont gagné en moyenne 60 fr., les secondes 20 fr.
— Les actions des chemins autrichiens, des chemins lombards du nord de l’Espagne et du Madrid- Saragosse ne peuvent en dire autant. Tous les autrichiens ont baissé de 100 fr., les lombards de 100 fr. il n’y aura pas pour ces derniers de dividende cette année.
— Les Sociétés de crédit sont presque toutes assez mal dans leurs affaires. Les mieux partagées sont celles qui, n’ayant que peu perdu, ne donneront que de tout petits dividendes.
— Ainsi, il ne faut pas du tout s’attendre à voir la Banque de Paris donner 50 fr. de dividende. Si elle le faisait, ce serait prélevé en partie sur ses réserves.
— Le Crédit lyonnais, la Société générale, fa Banque française et italienne, la Société financière traiteront ausri leurs actionnaires moins 1 ien qu’elles ne les ont traités l’année dernière.
— En janvier 1876, la Banque franco-égyptienne distribuait 12.50. A 1 assemblée générale, tenue trois mois après, elle prouvait clair comme le jour que les belles affaires qu’elle avait faites en Amérique, en Turquie et en Égypte ne lui permettaient pas de distribuer un centime de pins. — Les deux cents actionnaires, qu’au risque de les étouffer,on avait réunis dans une salle où trente personnes auraient peut-être pu manger à l’aise, s’en étaient allées grinçant des dents après avoir entendu ces belles choses. Cette année, le mois de janvier paraît devoir se passer sans même cette pauvre distribution de 12.50. Qua diable va-t-on dire à l’assembléu générale ?
— Le Crédit mobilier français est chose dont il ne faut plus parler. Il faut attendre que M. Richardière, nommé séquestre, ait pondu sur la situation de l’affaire le rapport qui lui est demandé par le tribunal de commerce.
— La Banque franco-hollandaise avait jugé que sa situation lui commandait de se mettre en liquidation; quelques-uns de ses créanciers ont pensé qu’il valait encore mieux pour leurs intérêts la mettre en faillite. Cette faillite eu a entraîné d’autres. Les Sociétés Phi- lippart tombent comme de vrais châteaux de cartes.
— A la suite de ces faillites, selon certains journaux en état d’être bien informés, et fort connus des caissiers des Sociétés Philippart, non-seulement on aurait mis les scellés au siège de ces Sociétés, mais on aurait encore agi de même à l’hôtel de M. Philippart, et la famille de ce personnage serait en fuite.
— Du moment que de tels bruits courent, nous ne nous inquiéterons pas du tout de savoir s’ils sont vrais ou faux. — M. Philippart sera désormais pour nous chose sacrée.
— Sera-t-il traité de même in petto par ses actionnaires? Nous n’eu savons rien. Ce qu'il y a de certain, c’est que les actionnaires de la Banque franco- hollandaise, qui ont déjà presque perdu l'intégralité des 250 fr. qu’ils ont versés sur leurs actions, vont être appelés à verser le surplus eîitre les mains du syndic. Ce sera raide.
— Inutile donc de dire que les diverses affaires où M. Philippart avait la liante main ont subi des dépréciations énormes. Les détenteurs de ces titres feront donc bien de s’en défaire à n’importe quel titre. Nous disons surtout cela pour les obligations de Lille à Valenciennes, celles d’Orléans à Chaton, et celles d’Orléans à Rouen (sud).
— Avant qu’il soit peu, il se pourrait très-bien que ces valeurs fussent tout simplement invendables.
— Le Crédit foncier de France va de mal en pis. Après avoir été compensé le 3 janvier à 630, trois jours après, il a fait 583, coupon de 12.50. détaché il est vrai. Cette baisse tient, comme nous l’avons dit maintes fois, à la tournure, chaque jour plus mauvaise, prise par les affaires égyptiennes.
— Ces malheureuses affaires égyptiennes, qui ont fait perdre au Crédit foncier plus de 350 fr. sur les plus hauts cours cotés en 1876, se sont, à ee qu’il paraît, engagées toutes seules. Personne au Crédit foncier ne veut en assumer la responsabilité, pas même M. Frémy, pas même M. de Soubeyran.
— Selon quelques journaux, les administrateurs, après avoir échangé entre eux des paroles un peu vives, seraient sur ie point d’en venir au papier timbré, si même ils n’avaient déjà commencé.
— Ces déterminations feront quelques brèches nouvelles à l’avoir des actionnaires, mais, par compensation, elles feront les affaires des avocats, avoués et
