UK SRILOT
LA SEMAINE
Ce pauvre M. Jules Simon vient encore de l’échapper belle {
Sans M. Gambetta, je n’aurais pas donné une action turque de l’honorable président du conseil.
Toujours la question des évêques II...
A la suite d’un discours des plus émollients dans lequel le veriueux Jules avait essayé, à son ordinaire, de ménager la chèvre républicaine et le chou clérical, les gauches avaient absolument résolu de lâcher l’orateur.
Une phrase de plus et c’en était fait du fameux portefeuille !
Mais Gambetta était là.
Il a tendu la perche à Jules et Jules a pu regagner le rivage... un peu mouillé, un peu détrisé... mais enfin sain et sauf... jusqu’à
peurel prdce.
*
*
U naraît qu>- le public des mardis du Théâtre-Fr■mç >is n’est pa- content.
G. s joyeux empaillés son* chiff -nnés tm’on leur offre Aua l)ucnr, un*- piece républicaine.
Les petits messieurs ue la haute gomme qui trouvent Gorneil e resant , et les grandes dames du faubourg qui viennent bâiller au Misanthrope , n’aiment pas à voir les uniformes républicains.
il répugne à leur sensibilité exquise qu’un représentant du peuple accommode les ci-de- van> à la sauce révolutionnaire.
Et cela en plein théâtre !
Voyez-vous cela?
De là, un incident qui a commencé par un échange de g.fQes et qui s’est terminé le lendemain par trois coups d’épée.
Serions-nous revenus aux beaux jours de la Restauration?
Je respecte, pour ma part, toutes les opinions...
— Quand elles sont respectables. —
Mais franchement, est-il rien de plus ridicule que de prétendre défendre à un poëte de choisir tel sujet qui lui convient et qui appartient à l’histoire?
Et cela, parce que l’époque choisie par l’auteur ou les personnages qu’il met en pjcène blessent vos convictions politiques, sociales ou religieuses.
Oh irious-nous alors,-grand Uipu!
Je vois d’ici l’embarras de M. Haiaqzipr recevant un joup la lettre suivante :
« Monsieur le directeur,
« Appartenant à la religion protestante, il m’est extrêmement désagréable d’entendre, jdàns les Huguenots, les catholiques traiter mes Coreligionnaires comme de purs pignoufs.
« Je vous prévipns dope que si dans quinze jours l’inepte poème dç M. Scribe n’est pas retiré de l’affiche, je me désabonne avec un enthousiasme dont vous ne sauriez vous faire qu’une faible idée.
» Bien à vous,
« Larfguillard. »
De son côté, M. Perrin collectionnerait des épllres ainsi conçues :
« A Monsieur l’qdministratçqr,
« Je ne vous apprendrai peut-être rien de nouveau en vous avouant que je suis un des plus formidables cocus de Paris.
« Je ne m’en pot te pas plus mal, du reste.
a Mais vous conviendrez qu’il est bien désagréable, quand j’assiste ](■ mardi avec ma femme à une pié;pp de votre nommé Molière, qu’à chaque fois que ce saltimbanqnè juge à ppqpos d’appeler un de ses personnages : cocu, tou , les yeux se fixent sur mot.
« Personnellement, je m’en fiche.
« Je suis philosophe, je vous l’ai dit.
« Mais c’est extrêmement gênant pour E.éonore.
« La présente est donc pour vous faire savoir que si vous ne supprimez pas du répertoire toutes les pièces de ce monsieur Où il est question de cette infirmité, je lâche ma lo ge- .
« J’ai 1 honneur d’être, monsieur l’administrateur, « Contran,
« Marquis de Corwnbois. »
*> *-*
Voyez-vous d’ici la tête des fonctionnaires su-nommés !
Ce serait à prendre la direction du théâtre Tait bout !...
Allons, que diable, messieurs, un peu d’rs- prit et de bon sens !
Il faut de toute nécessité, quand on écrit une pièce, qu’on la fasse passer à une époque quelconque, n'est-ce pas?
Eh bien, du montent où vous choisissez la première Révolution, je vous défie jjien de mettre en scène Charlemagne on L-upsXiV.
11 n’y a guère qu’Hervé qui ait eu de ces audaces.
Et encore songez-vous à la situation de ce maë-iro entièrement aliéné, du re-te, si, un beau matin, le duc de la Roi hef tucàud-B - saccia lui avait envoyé des témoins, sous prétexte que la noblesse de France tout emière était déshonorée par sa belle création du duc d’En-Face?
Hervé lût éprouvé un tel saisissement qu’il en aurait peut-être recouvré la raison.
Ce qui eût été grand dommage, conve- nous-en.
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* *
Ui? qui est bien fâché d’avoir demandé h éleyer dans les jardins de l’Exposition un palais à ja presse internationale, c’est ce pauvre M. Tarbé.
Ça lui coûte dix mille fraqcs.
U est vrai que M. de ViUernes^ant avait parié à l’infortuné Tarbé qu'il avait eu cette idée-!à avant lui.
Tarbé a prétendu que non.
Xiileimssant a soutenu que si.
Bref, pari, nomination d’experts, jugement et condamnation du sieur Tarbé à verser dix mille balles entre les mains des pauvres du neuvième arrondissement.
El ça n’est pas fini!
Tarbé refait un procès à Villemessapt,
Qui lui répond en lui demandant reconventionnellement, — en voilà un mot d’uqe Ion • gueur! —cent mille francs de dommages et intérêts l!l
Allons!... allons!... il va y avoir encore quelques beaux jours pour cette vieille gaieté française ! NICOLAS FLAMMECHE.
UHB DISPARITION MYSTÉRIEUSE
(sdite)
— D’autant plus,— reprit M. Berthauld,— que vous vous refusez même à nous dire les motifs qui ont amené M. Buquet chez vous, et comment il y est venu pour la première fois.... O refus de votre part nous autorise à tous les soupçons...
— A quels soupçons?., fit Mme Parisis en regardant en face le juge d’instruction.
— Aux soupçons, madame, que doivent naturellement faire naî’re les visites d’un homme jeune, auquel on ne conouîi pas de maîtresse, dans un établissement comme le vôtre, où rien ne prouve que vous ne l'ayez pas attiré par un de ces moyens devant lesquels les femtpes de votre profession ne reculent habituellement pas...
— Ce n’est point vrait... dit Mme Parisis avec colère, — je n’ai jamais cherché à attirer personne chez moi, — et M. Buquet moins qu'un autre.
— Fnfin, il a disparu.
— En suis-je re-pensable !
— Tout semble l’indiquer jusqu'à présent... Mais veuillez répondre à quelques questions... D’où viennent les traces de pas multipli es qu’on a remarquées sous l'uue de vos fenêtres?..
C’est bien simple... il arrive souvent, verdies dix heures du matin, et à. quatre heures, de l'apra-s-midi, que les ouvri-rs des tanneries voisines, pour ne point quitter leur travail «m allant boire au délions, viennent me -.‘emauder une tf sse de café ou un pe'it v-rre, — et >omine iis viennent à la fois du côté droit e- du côté g-iuche, il est. évident qu’il d >it y avoir plus ne traces de'pas sous la fenêtre où il, se réunissent que sur chacun des dr uxpetits chemins qui y conduisent...
— Nous verrons si nous devons ajouter foi à celte explication... Nous entendronsdestémoius àeetefft.. En attendant, voudriez-vous rue dire pourquoi vous av.-z oe.- arme- sur votre tab'-" de mut?
— I. s bords ue 1. Ifèire -om a--, z mal fumés
Voir le dutLoî à partir lu numéro ÎIO.
.pour la reproduction, s’adresser à la ditectioû du journal.
pour qu’on puisse prévoir qu’on aura un jour à s’y défendre... Et puis, je reçois beaucoup de inçndé: l’idée n’aurait qu’à venir à quelqu’un de tenter contre moi un mauvais coup... j’ai pris depuis longtemps l'habitude de dormir avec une arme à ma portée, par la même raison qui m’a fait mettre à mes fenêtres tes volets solides et doublés de zrneque vous y avez vus.. C’est pour ma sûreté personnelle, — et celte précaution est toute naturelle dans une maison où il n’y a que des femmes...
— On peut admettre jusqu’à un certain point cette version, — mais comment se fait-il que le poignard qui te trouvait parmi les armes, avait été nettoyé quelques jours auparavant?., à quelle besogne avait-il do.c servi pour avoir besoin d’être fourbi à neuf?
— Il ri’était puint fourbi a neuf : on l’avait, nettoyé et pa-.‘é au papier de verre, parce qu’il était tache de rouille en beaucoup d’endroits...
— Il est malheureux pour vous que ce nettoyage ait été jugé nécessaire ju.de au moment où M. Buquet venait de disparaître!..
— C’est un hasard, mais voilà tout.
— CVst, dans tous les cas, un hasard très-fâcheux pour vous ..
Mme Parisis fit un geste qui semblait vouloir dire : «sans doute, mais qu’y puis-je faire?»
Le jug'j d'instruction reprit :
— Parmi les individus arrêtés chez vous se trouve un nommé Pierre Uamssard, forçat en'rupture de , bac... Comme* tse fait-il ip e vous receviez chez vous un homme <!e coite espè•■«?..
— J ignorais sa situation ..
— Nous «vous des raisons de croire le contraire... Cet, homme a été trouvé nanti d’unn somme de c-.-rit vingt fra es ; n or dont il s’est, refu-é à taire connaître la proveuuuce... Que savez-vous a cet égard?..
— Iti.m.
— Rien?... li n’a point parlé cIipz vous d’un coup qu'il aurait fait, — ou auque il aurait pris part?...
— Non, monsieur.
-- frein z gar le : c’est contra vous que vous déposez ’ n ce m iment, - car peut-être bien que 1er trouvé eu D poss-s-um d** cet fn.rnm ; n’tsl-ii autre ( chose que sa part dans 1’ .fTrire Buquet...
— Je ne sais ce que vous voulez dire.
Z1 CS Z A C« S
Eli bien!... Ellea donc eu fieu, cette fameuse interpellation. v
Pendant "deux joqrs, ils se sont chamaillés, insultés, traités de haut en bas à la Chambre,
Les orateurs républicains ont tonné une fois de plus contre le cléricalisme.
Une fois de plus, ils ont déclaré que les cléricaux sont les pires ennemis du Progrès, et qu’ils né visent en réalité qu’à avachir les hommes en abrutissant les entants et les femmes.
Une fois de plus, ils ont prévenu la société qu’elle était flambée si elle n’empêchait pas ces serpents noirs de grouiller, de grandir et de se fourrer partout, comme iis le font.
Une fois de puis, ils ont crié par-dessus les toits que les jésuites sont de vilains gredins, qui renieraient leur Patrie pour Rome, donneraient deux provinces françaises à ta Prusse pour dix sous versés au denier de saint Pierre et diraient des prières pour le Diable en per-onne, si celui-ci voulait les payer. _
Kl après? me direz-vous, car chacun sait cela.
pq a innté, vpijsîtniende^ bien, .'invité le gouvernement n'appliquer les lois confié les agisjse- uii nts (les émules de Roiin.
Et après?
Après? c’est tout.
Les ministr. s restent en place, les évêques ne sont pas triâmes pms éneigiquement que par la lettre anodine de M. Martel, et, l-s associations illégales des catholiques fonctionnent toujours comme a i temps récent où elles étaient placées sous ia vice-présidence rie l’avocat qui conquit naguère l’immortalité — et deux iipiis de prison — dans un urinoir.
L’Internationalg noire va peut-être mettre un peu plus de discrétion dans si s agissements; pendant un mois ou deux, el'e n’opérera plus qu'en sourdine, pui-, au b ut de ce temps, elle iccommencera de plus btrite sa prnp garnie, et cassera impunément les becs de g *z du Progrès,.au nez des serments de ville de la civilisation, avec une impudence auprès de laquelle célle de Jean Hiruux lui-même u’est que de la Saint- Jean.
MM. Leblond et Gambetta ont fait des discours gros comme des qiontagiies, c'est vrai, mais ces montagnes n’accouchent que de souris.
Beaucoup de bruit pour rien,en somme.
Effort gigantesque, résultat : zéro.
Ce n’était pas la peine (&is) Non pas là peine assurément D’interpellef I’ gouvernement.
*
» -..via, a. «jo rciuuiw quon opéré auss à peu près de là même manière. On fait un tapag d’enfer, et bien ppu de besogne.
Ou envoie nés dépêches de deux colonnes pour an non-cef qu’on a tiré vingt coups de canons, qui on dé’oncé une mansarde et’cassé une ou deux pattes quelques bestiaux qui rôdaient par là.
Au demeurant, il n’y a encore rien de fait.
Quelques pauvres diables ont été étripés pour 1 plus grande gloire de S. M. Alexandre II ut de S. H Abdul-Hamid, mais tout cela n’est que la bagatelle d la Porte.
La grande représentation n’est pas encore com mencée.
On bal la grosse caisse pour attirer l’attention du public, voilà tout.
Dzingt... Boum!... Boum!... Mesdames et messieurs, prenez vos billets!... Dzingt... Dzing !... La grrrande rireprésentation va bieriiOt commencer !... Dzingt... Bournl... En attendant, pour vous faire patienter, nous allons faire passer le goût du pain à quelques figurants !... Boum!... Boum I... Allez la musique et la canonnade!... Dzing!... Boum!... Boum ! .. Prenez vos bibi... prrrenez vos billets!... Dzing!... Boum!... On commence de suite, mesdames et messieurs!... Boum!... Boum!... Boum!...
— Vous ne savez ce queje veux dire?... Savez-vous au moins ce que c’est que le creuset trouvé dans votre cave, au fond d’une futaille, et qui a dû servir, if y a fort peu de temps, à fondre des matières d’or?...
A cette question, les yeux de madame Parisis lancèrent des éclairs, — et elle parut en proie à une Violente agitation.
— Répondez donc!... dit M. Berthauld.
— Ce creuset m’a servi, en effet, à fondre de vieux bijoux que j’avais achetés autrefois.
— Quand? et à qui?
— A qui?... je ne mé le rappelle pas... Quand?... il y a quelques mois...
— Vous ne vous rappelé? pas à qui vous avez acheté ces bijoux? ! '
— Non... à un client de passage. —On vient quelquefois m’offrir des matières d’or èt d’argent que j'achète... comme le reste...
— Et voilà de cela quelques mois?...
— Oui.
— Si vous les avez achetés, il y a quelques mois, pourquoi avez-vous attendu jusqu’à ces derniers jours pour les transformer en lingots-?... Serait-ce pour la même raison qui vous a fait attendre jusqu’à ces derniers jour.- pour faire nettoyer les taches de rouille de votre poignard?...
Madame Parisis ne répondit pas.
— Vous réfléchissez?... lui M. Berthauld.
— Que voulez vous que je vous (lise, moi?... fit madame Pari-b, avec un haussement d’épauh s, tandis que cependant sa phyriononne gardait un air sombre... Les a.-parences sont contre moi, je l’avoue; —-pourtant, je n’ai rien fait... Mai- j’aurais beau me défendre, — c’est un parti pris ue tourner tout contre moi...
— La justice n’a point de parti pris, madame, lit sévèrement le magistrat... Mais quand tout vous accuse, et alors que vous ne pouvez vous juuitier de rien, elle a Se dioit d’intei prêter contre vous les i reuves palp bh's qu’elle trouve à chaque pas. .Vo're système, n «irteura, ne vous sauvera pas, et vous feriez mieux de npus edi)fesser ce que vous savez des circonstance-. de ce crime : c»- serait le seul moyen de veus meruer un (.eu d’unluleeuce de la part du tribunal devant lequel vous passerez...
*
* sa
Qui donc disait qu’on ne s’occupait pas de réformer l’enseignement?
On vient de changer l’uniforme des collégiens.
Ils auront un caban militaire, désormais.
Il va sans dire qu’ils continueront comme par le passé à s’abrutir pendant des années sur des vers latins, et qu’ils passeront quatre ou cinq ans à apprendre des langues mortes, qu’ils oublient ensuite en six mois, parce qu’elles leur sont inutiles, au lieu d’étudier à fond une langue vivante.
*
* *
J’ai eu le courage de tire dans le Gaulois, — l’in- lorfunée serviette badingourdine — la plaidoirie de M« Lachaud en faveur de Paul de Cassagnac (Gers).
J’y ai trouvé celte perle :
« Faisons comme faisait une grande ville de l'anti- » quité. Il y avait aussi des partis divers, des passions » populaires, des hommes qui étaient ennemis d’au- » très hommes ; mais il y avait par-dessus tout des » patriotes, et, quand le canon grondait, quand la » foudre s’avançait, on ne discutait plus, on nes’oc- » cupait plus que de, la patrie. »
Le egqoïi grondait dgns l’antiquité!!!...
Saperlipopette !... (i y va bien. M* Laçhaud !... Ces ba-Stigueux sont tellement entichés de l'artillerie, qui nous a fourni le premier Bonaparte, qu'ils fourrent de- canons et des obusiers partout, même aux sièges de Barillage et de Troie.
Voyons, monsieur Georges, vous savez que vous n’avez pas inventé la poudre, c’est bien, mais ce n’est pas une raison pour en faire remonter l’invention au vieux Priant ou à Neiurod!...
*
s» *
Dimanche dernier, l’Aéronautic-Club devait faire une ascension sur l’esplanade des Invalides.
M.. Voisin inter lit celle ascension.
Voilà les membres de I ’Aéronautic-Cdub forcés (l’enlever leur ballon dans un local privé et d’adopter la profession d’aéronemtes en chambre, profession aussi cocassement invraisemblable que celles de tourneur de mâts de cocagne à l’enire-sol, ou de fondeur de pavés et couleur de gazon en cabinet noir.
GRINGOIRE.
FEUILLES AU VEUT
Quand un bonhomme pauvre comme Job a passé des années à manger son pain sec près du soupirail de la cuisine d’un de nos restaurants célèbres, et qu'il a humé pendant de longs mois l’odeur chaude et pénétrante des sauces' succulentes et des coulis savoureux, — m iis sans avoir jamais le bonheur de pouvoir seulement tremper sa croûte dans le contenu des benoîtes casseroles mijotant sur les fourneaux,
On conçoit que si, un jour, la fortune lui devient plus propice, et s’il peut s’installer la serviette au cou devant une table de prélat, Il sera complètement inutile de chercher à le persuader qu’il ne doit pas manger et qu’il ferait mieux de distribuer aux pauvres toutes ces victuailles, trop riches, trop épicées, trop échauffantes et nuisibles enfin à sa santé.
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* *
De même, quand un gaillard a vécu pendant une vingtaine d’années dans la contemplation perpétuelle de visages ministériels, Qu’il est avec cela doué d’une vanité et
veraentles poings avec rage.
— Je n’ai rien dit, -répondit-elle d’une voix concentrée par la fureur, — je ne dis rien, et ie ne dirai rien, parce que je ne sais rien... Est-ce clair!,.. Si M. Buquet a disparu, tant pis; j’en suis plus désolée que personne...
Elle s’arrêta brusquement.
— Mais il se retrouvera, j’espère,—reprit-elle d’un ton plus calmé.
— Il se retrouvera?... dit M. Berthauld, d’un ait surpris... Oui! il se retrouvera comme toutes les personnes qui ont disparu depuis deux mois et demi on n'a jamais pins entendu parler...
— Eli ! monsieur ! — dit avec éclat madame Parisis, si M. Buquet a été tué chez moi, comme vous sembiez le. prétendre, on doit retrouver son cadavre chez moi... On a bien dû en faire quelque chose, du cadavre!... Fouillez la maison, — sondez la rivière, — creusez les bords de la Bièvre, — et vous verrez bien que si M. Buquet a disparu, je n’y suis pour rien...
— On est en train de faire les recherches dont vous parlez... mais eu supposant qu’on ne retrouve pas le cadavre chez vous, ou aux alentours, cela ue prouvera pas que le crime n’a pas été commis ;—car vous et vos complices auriez été bien naïfs d’aller enterrer le cadavre à votre porte, de façon à ce qu’on le trouvât aux premières fouilles...
— Ma foi, répondit madame Parisis d’un air découragé... il est évident que vous tenez à ce que je sois coupable, — et en ce cas , vous trouverez bien moyen de me faire condamner...
— Alors,—lit le juge, sans relever cette apostroph( directe, — vous n’avez pas autre chose à me dire, et vous vous refusez à me donner aucun éclaircissement?...
— J’ai dit tout ce queje pouvais dire, et tout* ce que je savais...
— C’est bien, — vous parlerez plus tard...
Et s’adressant aux gendarmes :
— Reconduisez la prévenue, —dit-il.
Après l’interrogatoire de madame Parisis, vint celui du forçat eu rupture de ban, Pierre Cainisrard.
MAtUUS B A B.
( La suite au prochain numéro).
