LS GRELOT
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ils viennent maintenant de monter une Agence pour la vente du Vin de messe.
Je m’étonne qu’on n’ait pas pensé depuis longtemps qu’il était souverainement inconvenant de permettre à la première piquette îuschinée venue de se transformer en sang de N. S. Jésus-Christ.
Un vin admis à cette haute fonction ne doit Pas être un hérétique, perverti par les jurons ’ot les propos orduriers des charretiers qui l’ont transporté.
Ce doit être un vin saint et béni, un vin catholique orthodoxe.
Maintenant que les jésuites s’en chargent, °u peut être sûr qu’il sera soigneusement baptisé.
Je lis dans l'Union, à propos des fêtes de Pâques.
« La sainte-table ne désemplit pas. »
Inutile de le dire.
Quand ils s’agit d’être à table, les catholiques sont toujours prêts.
Ne les invitez même qu’à venir manger des pains à cacheter, et vous les verrez venir en ribambelles interminables comme l’enquête .sur les faits et gestes du seize mai.
Emile Olivier s’occupe de fonder une église libérale,
Cela fera un joli pendant à son empire libéral.
Le cœur léger tient décidément à marier des coqs avec des brochets.
Si jamais ils font des petits ensemble, je b’en retiens pas un.
Au contraire, je demande qu’on les noie tous, ces monstres, et au besoin le père avec !
Le bon Bourgeois qui émaillé de sa prose les colonnes de la vieille Gazette de France, s’écriait l’autre jour d’un air moitié Jérémie et moitié saule-pleureur.
« On verra ce que valent une armée républicaine, « une magistrature républicaine et une administra- « tion républicaine. »
On oui, on. Mais qui, on? Quand on ? Voilà ce que je voudrais savoir ?
Mais puisque Bourgeois désire voir ces abominations, pour dégoûter à jamais la France de la République, que ne conseille-t-il à ses amis les magistrats inamovibles et les fonctionnaires rivés à leurs ronds de cuir de faire place à des amants de la Marianne ?
Voilà ce que je voudrais voir I
Seul parmi tous les ambassadeurs, M. de Saint-Vallier, ambassadeur de France à Berlin, a illuminé le jour de la fête de l’empereur 'Guillaume.
Le jeune monsieur de Lagrcnée, qui est Assez intelligent pour être volontaire d’un an niais trop bête pour distinguer une cartouche À blanc d’une cartouche à balle, sera certainement bachelier avant que l’Àlsace-Lorraine e nvoie une adresse à M. de Saint-Vallier pour le féliciter de son patriotisme.
Et je croirai certainement en Di&i avant d’être revenu du profond mépris que je professe pour tous les fumistes des classes dirigeantes.
HENRY VAUDÉMONT.
THE TIMES de Londres.
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PETITE CORRESPONDANCE
A Monsieur Camomille, à Orléans.
Mais non, monsieur, mais non ils, ne se battent pas. Pas plus que les Anglais les Russes n’en ont envie, leurs bravades sur le papier nous font rire.
D’un côté, je le regrette, car dans le cas où la Russie brosserait l’Angleterre, il me serait assez agréable de voir ce peuple égoïste subir le châtiment de ses fautes ; et si la Russie recevait une peignée, je me réjouirais également de voir ces civilisateurs expier l'ordre qu’ils ont fait régner à Varsovie, leurs procédés... légers avec la Roumanie, et leur bonne blague de civilisation !!.,.
Du même coup, la Serbie, ce peuple honnête, qui, malgré ses traités ne craignait pas de donner le coup de pied de l’âne à la Turquie, qui valait mieux que tout son paquet d’adversaires, la Serbie, dis-je, expierait sa mesquinerie et vous avouerez franchement quelle ne l’aurait pas volé.
Mais ils ne se battront pas, monsieur Camomille, Ils ne se battront pas, allez, ils n’en ont pas plus envie les uns que les autres, je vous l’assure.
Bien à vous.
Monsieur Alexandre Isaï, rue du Smtier.
Monsieur,
Vous me demandez pourquoi les théâtres sont fermés le Vendredi-Saint, et pourquoi vous, Israélites, vous êtes forcés de vous en brosser le ventre, parce que les catholiques s’en passent, vous ne peusez pas comme eux.
C’est très simple, cher monsieur: il n’y a plus de religion d’Etat, n’cst-ce pas, alors le gouvernement agit comme s’il y en avait une, ce qui est très-naturel, puisqu’étant en République, le ministre de la guerre agit comme si nous n’y étions pas.
Veuillez agréer, je vous prie...
A Monsieur Racornit, à Belfort.
Vous n’ètes tout simplement qu’un ingrat', et le procès dont vous nous menacez ne nous fait pas peur ; nous voulons vous servir en ne vous servant pas... votre abonnement.
Lieutenant de la territoriale, nous ne voulons pas que le colonel Iveller vous fasse révoquer, et c’est ce qui arriverait certainement, s’il apprenait que vous recevez lé Grelot.
Nous vous enverrons à la place le Pèlerin et le Petit Crap... Caporal pour tâcher de vous faire nommer capitaine; c’est tout ce que nous pouvons faire pour vous.
Maintenant, nous vous engageons à dire partout que la République vous fait suer, car si vous agissez autrement vous verrez ce qui vous arrivera.
J’ai l’honneur, etc.
René Lebrun.
GRELOTS-FINANCE
La situation politique ne se modifie pas. —• Angleterre et Russie en sont toujours à se montrer les dents. Aussi la tenue du marché ue s’améliore-t-elle pas du tout. Les cours ont peine à se soutenir, et lorsqu’ils se soutiennent la cause en est au manque d’affaires.
Des fonds d’Etats, tout particulièrement malades, ce sont les fonds russes. On commence déjà à se demander comment on arrivera à payer les coupons de mai, de juillet et d’août. D’ici un mois, si le canon n’a pas parlé, on paiera les coupons de mai, les banquiers qui ont engagé leur argent dans ces valeurs feront bien encore ce sacrifice. Mais si on eu vient à so battre, payer les coupons de juillet et surtout ceux d’août sera terriblement difficile.
Les porteurs de fonds russes seront certes bien à plaindre, je ne veux pas en disconvenir, mais à quelque chose ce malheur sera bon. En venant à la suite des mécomptes égyptiens, turcs et péruviens, cette nouvelle mésaventure financière amènera peut-être nos grandes maisons de banque et sociétés de crédit à chercher en France même un emploi considérable aux épargnes françaises.
Des gens bien désolés ce sont les actionnaires des Charentes. Si jamais désolation d’actionnaires fut justifiée, c’est assurément celle-là. Il y a deux ans, lorsqu’il fut démontré clair comme le jour que la Compagnie réduite à ses seules ressources ne pouvait plus vivre, la Compagnie d’Orléans offrit de se mettre à son lieu et place en rachetant les actions à i i 4 francs, et les obligations à 315. Cette combinaison échouadevant le refus de la Chambre des Députés, de donner une extension plus grande au réseau de la Compagnie d’Orléans. Il ne restait donc à la Compagnie des Charentes que la ressource de se faire racheter par l’Etat. Or, le prix de rachat fixé sur la base des dépenses réelles de premier établissement laisserait tout au plus 180 aux actions d’après les calculs du conseil d’administration et peut- être beaucoup moins et même rien du tout selon d’autres.
Ce n’est pas là une situation gaie, on en conviendra, mais mieux valait l’accepter que de s’exposer à voir mettre la Compagnie en faillite, mais amener des gens qui perdent tant d’argent à raisonner àe sang froid leur situation, est chose passablement difficile.
Le président du conseil d’administration des
Charentes, M. le comte Anatole Lemercier n’a pu en venir à bout ; mais il a réussi à faire pleurer à chaudes larmes au moins une douzaine de vieilles dames.
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Ni Dieu ni âme
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GRELOTS
Ces farceurs de pédicures! c’est qu’il n’y a réellement pas comme eux pour jouer du cor.
Elle. — Aurons-nous des huîtres à déjeuner?
Lui. — Dame! nous avons déjà ton père et ta mère !...
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***
Je connais un fumiste qui n’est certes pas paresseux, et pourtant, je le vois souvent ayant un poêle dans la main.
***
Vous direz ce que vous voudrez, mais je crois qu’un mari doit être bien vexé de perdre sa femme... quand elle avait des rentes viagères.
C’est drôle, Machin a sa chambre à coucher sur le devant, et cependant il couche toujours sur le derrière.
Ma marchande de tabac ne ment jamais, et malgré cela, l’autre jour elle m’a compté une blague ... quatre francs cinquante.
***
Écho récapitulatif du l 01 ' avril.
— Monsieur, est-ce que vous avez des verres de lunettes?
— Oui monsieur, quel n°?
— Je ne sais pas au juste, c’est pour... une chaise percée.
***
Le comble de la rouerie, c’est d’emprunter de l’argent à un ami, en cachette, afin de faire un cadeau à sa femme quand elle est votre maîtresse.
Il y a une très-grande différence entre un marchand de cristaux et un marchand d’ustensiles pour la pèche. Ainsi, le premier vend des vases de verre, et le second des vers de vase.
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