LS GRELOT

PRIME GRATUITE

Toute personne de la province qui sabonnera à un des journaux ci-après, par lentremise de M. Madré, directeur-gérant_du Grelot, 77, rue Neuve- des-PetitsChamps ,à Paris, aura droit â un abon­nement gratuit au journal le GRELOT, savoir:

Pour un abonnement d'un an : 6 mois au GRELOT.

de six mois : 3 mois

de trois ~ : 1 mois 1/2

L abonnement à plusieurs journaux doublera, triplera la durée de renvoi gratuit du GRELOT.

UN

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SIX MOIS

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Bien public.

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Charivari.

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Constitutionnel.

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XIX* Siècle.

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Droit.

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Événement.

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Estafette.

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Etrille, de Bruxelles..

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Figaro.

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Français.

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Frange .

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Gazette de France ....

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Gaulois.

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Journal des Débats..

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Illustration.

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Liberté.

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Moniteur universel..

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Monde .

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Monde illustré.

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Paris-Journal.

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Patrie.

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M

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PvYS.

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Presse...

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Rappel .

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République française.

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Réveil.

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Revue desDeux-Mond.

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Siècle.

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Soir.

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Temps .

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Times, de Londres.

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72

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Univers.

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Union.

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Les prix qui précèdent sont, bien entendu, les prix fixés par les administrations de chacun de ces journaux. _

LAdministration du Grelot se charge également de labonnement sans frais, à tous les autres journaux de Paris.

LA SEMAINE

Tous les rats de sacristie, tous les chevaliers du goupillon, ont versé cette semaine le con­tenu de leurs encriers aux pieds de la statue de Voltaire.

La célébration du centenaire du grand écri­vain qui les a si rudement flagellés que le derrière leur en cuit encore, a le don dexas­pérer ces sinistres farceurs, et ils se proposent de contre-manifester et décraser à leur tour Yinfâme.

Allez, mes bons frères, ailes 1

Recueillez des souscriptions,

Ecrivez des articles,

Tressez des couronnes à Jeanne dArc, qui, par parenthèse, na rien à voir dans cette affaire,

Insultez dans le plus pur langage des halles,

Piaillez !

Gémissez 1

Hurlez !

Bavezl

Voltaire nen sera pas moins célébré par lhumanité reconnaissante comme lhomme qui nous a débarrassé de vous et de votre engeance, qui a déchiré les voiles dans les­quels vous enveloppiez vos complots et ca­chiez la vérité.

Voltaire demeurera dans le souvenir des nations, comme le génie qui les a faites libres et cest tout ce quil faut à sa mémoire et à votre reconnaissance 1

o

Au moment le jeune Derrière-Néo dOr­nano pousse de continuels gloussements à la Chambre en lhonneur de son patron Badinguet et lorsque le jeune Oreillard fait résonner les échos de la vieille Angleterre de sa remar­quable éloquence, il me paraît bon de publier un document qui marrive dAlsace et qui

E rouve quels sentiments de gratitude nos raves Alsaciens ont conservé pour la dynastie napoléonienne.

Voici cette circulaire dans toute sa spiri­tuelle fantaisie :

ÉPICERIES, PHARMACIE QUINCAILLERIE, PHILOSOPHIE

L. IV. Bonaparte et O

M

Nous avons lhonneur de vous annoncer qne la maison fondée par nous sous la raison sociale Bonaparte et Cie, maison qui, par suite de circonstances douloureuses, avait momentanément suspendre ses affaires, va prochainement reprendre le cours de ses opérations.

Nous espérons que vous voudrez bien, comme par le passé, nous honorer de votre confiance Nous sommes en mesure de vous fournir aujourdhui, à des prix un peu plus élevés, il est vrai, tous les articles qui ont fait de tout temps et font encore la réputation de notre maison, tels que :

Appareils de sauvetage perfectionnés à légard des peuples ;

Liberté à air comprimé et à soupape ;

Plébiscites à répétition, plusieurs airs variés;

Constitution à fonds secrets ; *

Sénat disant papa et maman , 30,000 francs par an ;

Budgets à échappement (breveté s. g. d. g.);

Impôts à jet continu ;

Justice en caoutchouc ;

Chaînes... de sûreté ;

Casse-têtes avec ou sans sergent de ville ;

Complots à percuteur secret ;

Littérature purgative, sudorifique, sternu- tatoire ;

Huîtres électorales ;

Moules... à cigarettes ;

Coquilles... officielles :

Poissons de mer en général ;

Etc., etc.

A ces principaux articles, déjà connus du public, nous en ajouterons de nouveaux, qui sont la propriété exclusive de notre maison.

Grand assortiment de :

Capitulations honorables ;

Sabres dits « de Sedan »... pour leur adhé­rence au fourreau ;

Articles de Metz, à lusage des preux ;

Balles de Sarrebrück pour baptêmes ;

Scies manifestes à lusage des prétendants ;

La maison se charge de lépuration du pé­trole et facilite le placement des valeurs ; elle se charge, en outre, des expéditions en pro­vince et à létranger, de limportation des produits politiques, en un mot, de tius les articles de Paris... et du Code pénal.

Nous espérons, monsieur, que vous aurez assez de bon sens pour ne pas confondre nos produits avec ceux de nos concurrents.

Notre magasin est le mieux assorti de lunivers entier. Nos commis-voyageurs vont prochainement faire leur tournée, ils auront lhonneur de se présenter à vous.

Veuillez les honorer de votre choix, vous serez convaincu que ce nest que par la con­sommation de nos produits que la France reviendra dans la voie du progrès national.

Dans lattente de vos ordres, nous vous prions, etc., etc.

o

Parions que le jeune Derrière-Néo ne repro­duira pas cette piquante et véritable fantaisie dans sa feuille aussi intéressante que peu lue, et quil privera Paris-Capitale de ce petit morceau.

NICOLAS FLAMMÈCHE.

Patouillet, Nonotte et C

Pauvre Nonotte I Infortuné Patouillet! Tous vos efforts impuissants pour faire sur la face de Voltaire une tache noire comme celle que vos émules plaquèrent jadis sur le groupe de Carpeaux, naboutiront à rien.

Le pieux de Marcère vous protège, il est vrai, mais le balai de lopinion publique saura faire justice de vous, et vous culbutera sur le pavé vous finirez, espérons-le, par vous casser le nez I

- -

ZIGZAGS

Si jétais opportuniste,

Ce qui me donnerait moins de solidité daDS les principes, mais plus dans les appointe­ments,

Je ne verrais pas arriver la date du S jan­vier 1879, sans éprouver cette frayeur, que toute femme enceinte et mariée à un dévôt doit ressentir à la vue dun charcutier.

Cest à celte date, paraît-il, quun tiers du sénat sera renouvelé.

Et, comme on espère que 74 sénateurs seront républicains, sur les 75 qui reviendront,

La noble assemblée, qui a lhonneur de compter M. Buffet parmi ses membres inamo­vibles, au lieu d'être une machine de guerre contre la République en deviendra la citadelle, comme disait, dès 1876 Vacquerie, qui ne perd jamais une occasion de chanter victoire avant lheure.

Dès lors,

Plus moyen de différer les réformes tant promises,

Ces chères réformes, quon fait depuis huit ans miroiter aux yeux des populations plus ou moins rurales et crédules, en leur défen­dant dy toucher sous peine de conflit !

Il faudra se résoudre enfin à faire ce que lon dit,

Agir selon ses principes,

Et surtout sortir de linaction et de la tor­peur si commodes, dans lesquelles on se com­plaît tant actuellement.

Pour tout dire, en un mot,

Il faudra alors casser la tirelire dans laquelle la sagesse prévoyante des disciples du Léon Chrysostôme de la Chaussée-dAntin est cen­sée accumuler des libertés et des félicités, qui sabattront alors sur la France, en une douce rosée, auprès de laquelle la pluie dor qui tomba jadis sur Danaé ne sera que de la Saint- Jean !

Mais, comme je le disais au commence­ment, si jétais opportuniste, (ce nest pas un souhait, cest une simple supposition).

Sachant que la tirelire est aussi vide que mon ventre est plein,

Et mattendant à recevoir des trognons de pommes aussi abondants que mérités, le jour le peuple sen apercevra,

Je prierais avec ferveur le Dieu des chrétiens, et par-dessus le marché celui des juifs, celui des Mohométans, et un peu celui des Peaux- Rouges que ce jour fatal narrivât jamais.

Aide-toi, le ciel taidera!

Jirais même plus loin,

Gomme le ciel, au rebours de Jean Hiroux, fait tout ce quon lui demande, excepté tout,

Je lui donnerais un vigoureux coup de main, en faisant mon possible pour que le 8 janvier 1879 les conservateurs obtiennent un succès plus écrasant que les locomobiles qui aplatissent le macadam.

Au risque de devenir rasoir, je répéterai encore une fois à mes lecteurs, pluriel am­bitieux ! que tout ceci nest quune suppo­sition,

Pour moi,

Mais je ne mettrais pas à couper la tête du gérant de Paris-Capitale que ce nest pas la pure réalité pour dautres.

Un nouvel Esaii

M. de Marcère vient de renoncer à sa popu­larité pour un sourire de Veuillot.

Les deux lettres à propos du Centenaire de Voltaire ont été énergiquement blâmées par tous les libéraux, mais ont obtenu le déshon­neur des chaudes félicitations de toutes les feuilles à éteignoirs.

Nous ne nous attarderons pas sur ce triste sujet.

Il est par trop navrant de voir un homme se jeter à la mer pour une risette de la fausse Niniche, de la vilaine pierre-ponce qui rédige en chef l Univers, journal que dailleurs je tiens en si grande estime, que je lui ai consacré tout un cabinet !

Ua, revanche de Badinguet

Les journaux nous apprennent que les po­pulations de la Charente ont eu une fausse joie.

Elles ont acclamé et fêté un jeune maçon, qui sétait fait passer pour lespoir de la Fran­ce, ou, en ne parlant pas comme Jules Ami- gués, pour Diarrhée IV.

Le gosse à Nini ne doit pas être absolument flatté de la confusion.

Mais il en serait même tout-à-fait vexé que je ne compâtirais nullement à son chagrin, et que je ne trouverais rien autre chose à lui dire que ceci:

Jeune Diarrhée IV, cest bien fait. Si dans ta famille vous nempruntiez pas si souvent un costume de voyou, qui vous va dailleurs fort bien, vous ne seriez pas exposés à être confondus avec le premier mufle venu !

Sil y a une chose qui métonne dans cette aventure, cest la conduite du maçon.

Quun prince se fasse passer pour un ouvrier, cela se comprend aussi bien que lambition quont tous les gredins de mourir dans la peau dun honnête rentier.

Mais quun ouvrier se fasse passer gratuite­ment pour un prince, voilà ce que je ne puis comprendre !

Souvenirs et regrets

Il y a des gens, prétend-on, qui, ayant eu le choléra, regrettent de ne plus lavoir quand ils en sont guéris.

Au Grelot, sans nous prétendre dune intel­ligence extraordinaire, nous comprenons cela.

Ainsi, sous le 16 mai, nous regrettions lem­pire, qui vaut bien le choléra.

Et maintenant, nous regrettons le 16 mai, qui est certainement pire que tous les cholé­ras nostras et morbus réunis.

Chez nous, ces regrets sont vagues et ins­pirés par la rigueur dAnastasie, qui pour linstant sappelle Anatole, et qui, comme lorsquil se nommait Hector, tranche le cou à dinnombrables jésuites...

Sur les dessins du Grelot, en effigie, hélas !

Lamnistie

Mais chez dautres, les regrets doivent être cuisants et plus amers que la plus sauvage des chicorées.

Si les 100,000 communards déportés et exilés lisent la France, à coup sûr, ils aspirent, après le retour de ce bon monsieur de Broglie, escorté de son fidèle Fourtou et de Pâris, qui, par un noble désintéressement, a donné lau­tre jour la pomme de la laideur à Joseph Bru­net.

M. de Girardin, naguère radical, et aujour­dhui opportuniste endurci, poussé à bout par le Droits de lHomme, qui lont sommé de dire sil partageait toujours avec le Girardin de 1871 lidée quil fallait amnistier les commu­nards, a répondu:

Quil croit toujours lesdits communards cou­pables uniquement davoir été vaincus,

Quil blâme les condamnations dont on les a frappés,

Que lamnistie était possible sous le 24 mai et le 16 mai,

Mais quelle est impossible aujourdhui, que nous sommes en République.

Raisonnement divrogne

Sil nétait pas de la dernière inconvenance de prétendre que M. de Girardin se pique encore le nez, à 78 ans, nous dirions quil était aussi pochard, quand il tint ce raisonne­ment, que le curé de Guévigny lorsquil comp­tait des grivoiseries à ses paroissiens.

Comment 1 les républicains doivent rester au bagne ou en exil, uniquement parce que la

forme du gouvernement pour laquelle ils ont combattu ou du moins cru combattre, vient de triompher 1

Et ils nont despoir den sortir que quand un bancal ou un strumeux quelconque vien­dra manger au râtelier du budget !

Emile trouve cela juste, lui !

Je suppose que, le 18 décembre 1877, une escouade de gendarmes soit venue réveiller M. de Girardin dans son hôtel de la rue de la Pérouse, et que le chef lui ait tenu ce lan­gage :

« M. Mimile, jai une bonne nouvelle à « vous annoncer. Le gouvernement de lordre « moral est enfin fichu dans la mélasse, ét, « cest M. Dufaure, dit le crocodile récalcitrant, « qui est le président du .conseil des minis- « très.

« Maintenant, on va augmenter considéra- « blement la pension de retraite des Bressoles « et des RochebouSi, qui nont pas pu faire or passer le goût du pain à la Marianne. Quant « à vous, qui avez sauvé la situation, et con- * tribué plus que tout autre à établir le gou- « vernement dont nous jouissons, on menvoie « vous mettre les menottes, pour vous expé- « dier incontinent au bagne de Cayenne en « qualité de pensionnaire. Dailleurs, en même « temps que vous le directeur de cet hospice « national recevra linvitation du ministre de « supprimer la bastonnade et de la remplacer par des coups de bâton.

«Allons, hop !... en avant, arrche ! Ah! « joubliais, vous avez le n° 117, qui était jus- « tement vacant. Vous le garderez jusquà ce « que M. de Broglie revienne au pouvoir pour « vous amnistier. Dailleurs vous navez au- « cune amélioration à attendre dans votre sort, « à moins quun opportuniste, élu grâce à « vous, nait la philantropie de réclamer la « suppression des coups de bâton, qui seront « alors remplacés par les coups de trique ! »

Jaime à croire que M. Mimile l 'aurait trouvée mauvaise, et quil envisagerait maintenant la question de lamnistie sous un tout autre point de vue.

Divorçons en chœur !

Naquet, qui, entre autres bosses, a celle du divorce, vient denfourcher de nouveau son dade préféré.

Il le présente cette fois à la Chambre sous forme dun projet de loi.

Il est dit dans le dispositif que le divorce pourra être réclamé par la femme pour cause dadultère de son mari.

Les causes suivantes pourront encore être invoquées :

Aliénation mentale,

Absence déclarée,

Dissentiments religieux.

Nous sommes, comme M. Naquet, partisans du divorce.

La dernière clause surtout sourit beaucoup à notre imagination fantaisiste.

Dès que le projet de loi sera voté, toute la rédaction du Grelot sempressera de se marier en bloc avec un lot de jeunes filles sortant du Sacré-Cœur.

Après avoir profité canaillement de linter­valle quon met dordinaire dans le grand monde entre le mariage civil et le mariage religieux, le jour de ce dernier, tous les dits rédacteurs sarmeront de convictions athées, capables de faire pâlir celles de Vaudémont, et feront une profession de foi du plus pur matérialisme, devant les invités stupéfaits.

Les épouses se signeront et refuseront de rester plus longtems mariées avec des suppôts de satan, et feront immédiatement une de­mande de divorce.

A leur défaut, nos chers rédacteurs sem­presseront de déposer cette demande qui ne manquera pas dêtre accueillie.

Le tour sera joué...

Et les femmes aussi.

Ni Dieu ni caleçon

Vaudémont, dont je parlais tout-à-lheure, vient davoir une telle joie quil en fait un® maladie.

Un capitaine de vaisseau parlait devant lui des Maronis, peuplade de la Guyane.

Ces peuples, disait-il, vivent absolument nus, et avec la plus grande vertu.

Il ny a pas chez eux dexemple dinfidélité des hommes ou des femmes.

La communauté des biens existe dans cha­que tribu.

Mais ces sauvages respectent extraordinai­rement la propriété des trbus voisines et des étrangers.

Ils ignorent ce que cest que le vol, d® même que le meurtre (1).

Euh ! disait Vaudémont dun air de doute, voilà bien des qualités pour un peupl e sauvage.

En effet, reprenait le marin, les Maroni® sont peut-être le seul peuple qui réalise lidéal de cet état naturel tant rêvé par Rousseau.

Chose curieuse : ils ont si peu lidée de l 0- Divinité, quils nont même pas de mot dan® leur langue pour nommer Dieu, et que, lors­que les missionnaires leur en ont parlé, lont désigné,à laide dune périphrase,le vieil" lard du ciel.

Ah 1 sécria Vaudémont, sils ne croient

pas en Dieu, rien ne métonne plus 1 ,

Voilà qui donne un fameux coup de pi e( î dans les jambes de cet argument stupide q ul consiste à prétendre que la religion seule eh 1 " pêche l'homme de faire le mal. .

Le chancelier de lHôpital qui était athée e - 1 qui ne croyait pas en limmortalité de lâin e fut certes un plus honnête homme que l eS dévots assassins de la Saint-Barthélemy... ^ ;

Et je maintiens quil vaut mieux faire hoU' neur à ses engagements que ses- Pâques e faillite !

GRINGOIRE. i

(1) Ces renseignements sont absolument exact 9 ' et maints voyageurs en attestent la vérité.