LE GRELOT

NOTRE PROCÈS

Notre procès avec les dominicains de Lille est venu devant le tribunal de cette ville mercredi dernier.

Le prononcé du jugement a été remis à huitaine. Nous en reparlerons dans notre prochain numéro.

LA SEMAINE

Je crois que,, pour cette fois, il ne manque rien à la veste que les réactionnaires viennent de remporter ;

Pas un bouton !

Pas une garniture !

Les poches les plus variées!

Tout y est

Et ces bons messieurs ne diront pas quils ont été la victime de la candidature officielle ! Cest-à-dire, pardon !

Ils le disent tout de même,

Parce quil faut bien dire quelque chose; Mais cest absolument comme sils ne di­saient rien ;

Personne ne les croira.

Pas même les vingt-deux abonnés du nom­ Henry des Houx !

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Cette fois-ci, les élections ont été débarras­sées de toute candidature officielle Les policiens de Fourtou,

Les agents de de Broglie,

Ne se sont pas mis en campagne pour re­nouveler leurs efforts du 16 mai,

Qni leur ont si bien réussi du reste !

On a laissé les citoyens libres de leur choix.

Et les chevaliers du bénitier, les braillards du bonapartisme en ont été pour leur bave, leur insolence et leurs fanfaronnades.

Les voilà brossés dimportance !

Et le pays, consulté, leur a une fois de plus fait connaître sa suprême volonté.

Il en a, comme on dit vulgairement, plein le dos,

Et ne sest pas gêné pour le leur faire com­prendre.

Mais, la comprendront-ils, cette leçon ? Jen doute.

Heureusement le moment approche le Sénat renouvelé marchera tout à fait dac­cord avec la Chambre,

Et alors, mes enfants !...

Non!... Je ne vous dis que çà !

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Tl semblait que Derrière - Néo eût senti cela !

Ce bpn jeune homme qui déposait quoti­diennement ses insultes dans Paris-Capitale , avait tellement de lecteurs quil venait de se mettre au régime hebdomadaire.

Une fois par semaine, pouvoir lire la prose de Derriêre-Néo était, paraît-il', suffisant pour le bonheur des populations. .

Et pour celui du caissier !

Espérons que les élections du 7 juillet ou­vriront encore plus les ' yeux à coi homme politique, etque, dhebdomadaire, son journal se fera mensuel, pour ne plus, dans quelque temps, paraître quune fois par an :

A la Saint-Médard !

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Un autre particulier également effondré, cest M. Jules Amigues,

Un des plus remarquables paillasses du bo­napartisme

Ce que ce roublard- a fait de parades dans larrondissement de Cambrai, est au- dessus de ce que limagination la plus hardie pouvait rêver 1

Il est très-malin, ce Jules Amigues !

Et son invention de la démocratie césarienne était de nature à mettre dedans les nigauds qui se seraient laissés prendre à ses boni­ments.

Quant à croire un mot de ce quil disait !... Mais il faisait tout ce quil pouvait pour en avoir lair.

Ses deux lieutenants, itobert Mitchell et Janvier de la Motte, deux excellents comiques, I

4 ;

j lui avaient prêté pour ses représentations ! électorales le concours de leur remarquable ; | talent. j

I Jamais aussi le département du Nord navait j . entendu plus de railleries et de blagues que j les trois farceurs lui en ont débitées.

Eh bien, ça na pas mordu t Mais, du tout !

Et les tristes Mangins du bonapartisme aux abois se sont vus contraints de remiser leur grosse caisse, leurs plumets, leursçravons et leur orviétan par 11,972 voix conire 8,600. Quelle dèche, mon empereur !

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Ceci, rapproché du four que le jeune Oreil­lard, démangé du désir de faire souche, a lait en Danemark, dans sa demande en mariage, donne la juste mesure de la faveur dont le ba- dingouinisme jouit sur toutes h s places de lEurope.

Je sais bien quesi javais des actions dans cette maison- !...

Ah saprisli !... ce que je meu déferais !

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Un bonhomme que je serais bien heureux également 'de ne plus revoir sur les bancs de la Chambre, cest le citoyen Numa Baragnon, Le taureau de, la Camargue !

Le rempart de Nîmes !...

Ce nétait pas quil tînt beaucoup de place par la valeur personnelle ; oh l non !

Mais cétait un insupportable et insolent braillard qui faisait beaucoup plus de bruit quil nétait grand et dembarras quil nétait gros,

Le voilà rendu aux délices de la vie privée, ça nest pas trop tôt.

Il avait bien juré quil reviendrait, pour­tant 1

Il lavait crié à tous les échos,

Annoncé à son de trompe à qui voulait fentendre

Pauvre gros chat, va 1

Ce que cest que davoir du biceps...

Et pas de nez 1

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Il est vrai que les élections du 7 juillet lui en feront un.

Numa, mon ami, tu nauras pas tout perdu 1 Console-toi !

Lavenir te reste... et un bel avenir !...

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sonnantes et trébuchantes comme monnaie dune pièce de quarante, sous fausse,

Et qui leur ordonnait de tendre la joue gau­che, dès quils avaient reçu une giffle sur la droite,

Serait sans doute fort étonné, sil voyait de quelle manière ses adorateurs actuels suivent ses principes.

Jamais, en effet, tant de fiel nest entré dans lâme des dévots.

Us sont dans un état de perpétuelle fureur.

A-t-on le malheur de les agacer tant soit peu...

Vite, ils se rebiffent, aboient comme si on les écorchait vifs, tellement que les autorités judiciaires, qui jouent pour les hommes le rôle que la Société protectrice des animaux remplit pour les chevaux, accourent vive­ment, et vous jettent dans les jambes une meute de ces vilains scarabées noirs qui dis­tillent du papier timbré,

Scarabées quon nomme huissiers, avoués, etc., et qui, en gens tenaces, ne sen vont pas sans emporter quelqueslambéaux des chausses des malheureux conire lesquels ils ont été lâchés.

Les laisse-t-on tranquilles ?

Aussitôt, à linstar de Mahomet, la mon­tagne ne venant pas à eux, ils vont à elle.

Ils encombrent les rues, les places, les rou­tes,

Rendent impossible la circulation,

Font un tintamarre de tous les diables, avec leurs cloches, leurs orgues et leurs orphéons, vivants moulins à cantiques,

Et si cela ne suffit, pas encore,

Vont forcer les habitants, quils empêchent de circuler, à saluer leurs bannières et leurs dais empanachés.

Il y a des gens qui se laissent encore faire, Mais il y en a dautres,

Juifs,

Protestants,

Mahomélans,

Adorateurs duu lézard jaune et dun cochon bleu,

Ou adorateurs de rien du tout.

Qui ont le caractère moins mollement pétri, et ripostent aux injonctions et aux injures des processionneurs par des pieds de nez dabord, puis par des giffles.

Les processionneurs, en très-mauvais chré­tiens, mais en excellents boxeurs, rendent ces giffles avec usure.

La mêlée devient générale.

Et quand il y a bien des yeux pochés, des dents brisées, des jambes cassées et des nez ensanglantés, la police arrive.

Les combattants à qui leur force musculaire a permis faire éprouver aux autres des avaries sérieuses, sans en éprouver eux-mê­mes, gagnent le large.

Ceux qui ont les yeux les plus pochés, les dents les plus brisées, les jambes les plus cas­sées et les nez les plus ensanglantés restent sur le terrain.

On les pince,

Et par-dessus le marché, on leur flanque un ou deux mois de prison.

Maintenant que la liquidation est faite, je me permettrai, en présence des nombreux cas dhydrophobie qui, depuis quelque temps, ont jeté le deuil dans tant de familles, je me permettrai, dis-je, dadresser une humble re­quête à M. le préfet de police.

Il serait à désirer que les bonapartistes, dont plusieurs sont en passe de devenir en­ragés, fussent munis dune bonne muselière.

On ies reconnaîtrait dabord et lon sen ga­rerait ensuite.

Un malheur est si vite arrivé-

NICOLAS FLAMMÈCHE.

Un marché desclaves

Voyez la vinte ! Aboyez la vit,te !

Le grand sultan est battu à plate couture, on vend aux enchères le sérail de provinces sur lequel sétendait sa domination.

Chacun veut en avoir sa part, et naturelle­ment ce sont les plus gros qui ont la meil­leure.

Quant aux malheureuses provinces quon traite ainsi, on ne leur demande pas même leur avis. Elles nont pas voix au chapitre. Ce sont des esclaves qui changent de maîtres, voilà tout. Et si elles se plaignent trop fort de leur nouveau possesseur, gare au bâton 1

La guerre a commencé au nom de la li­berté, mais tout a changé. Cétait lheure de labsinthe, et maintenant nous en sommes au j rôti. Une fois que tous ces grands mangeurs seront repus, ils finiront par le gloria.

Et la comedie sera finie... jusquà ce quelle recommence, un de ces jours.

lluehez-voEis l<-t issim Ijîw assîpo.y j

Jésus-Christ, qui, de son vivant, rccomman- j dait à ses disciples de rendre le bien pour le j mal,

Par exemple, des pièces de cent sous bien I

Chacun chez soi !

Ces scènes regrettables se passent à chaque instant.

On sait quelles ont eu lieu à Marseille.

Et le Droit du 6 juillet nous apprend quelles ont valu 16 francs damende à cinq pauvres diables du hameau de Lallier, près de Saint- Etienne.

Il faudrait cependant trouver un moyeu dempêcher le retour périodique de ces scan­dales déplorables,

Ou plutôt metire en application ce moyen, qui est tout trouvé et bien simple :

Empêcher toutes les processions.

Que les catholiques fassent toutes prome­nades quil leur plaira dans leurs églises,

Mais quils nen sortent pas.

Alors on les laissera tranquilles, et si quel­quun sen va se moquer deux dans leurs tem- I pies, je serai le premier à trouver bon quils j le flanquent à la porte.

Charbonnier est maître chez lui, dit le pro­verbe.

Que les prêtres le soient aussi chez eux, rien de plus juste; mais quils ne se mêlent pas daller mettre du sel dans la soupe du voisin.

La rue est faite pour y passer et non pour y prier.

Que les magistrats fassent, donc maintenir libre la circulation, et que les camions de mar­chandises ne soient pas à chaque inslant exposés à sarrêter devant des chrétiens qui bénissent dçs moissons, des juifs qui chassent un bouc émissaire dans la campagne, ou des musulmans qui l'ont leurs ablutions près des abreuvoirs !

Les v ainqueurs paient lamende 1

Armand Duval, dans un moment de colère contre une maîtresse quil croyait infidèle, la mit à la porte en la couvrant de mépris et de billets de banque.

Marguerite Gautier ramassa le tout et partit.

Armand Duval sont moins rares et les Marguerite Gautier plus communes quon ne pense.

Ainsi, nous assistons actuellement à une répétition de cette scène bien connue de la Dame aux Camélias.

La France avait un vilain amant, le Seize- Mai.

Ce joli Monsieur avait triomphé de la belle par force, et il la posséda en tout bien, mais sans honneur, jusquau jour, dun vigou­reux revers de bulletin de vole, elle lui en­voya lisser ses rouflaquettes autre part.

Ce jour-, toute la séquelle Seize-Mayeuse

! reçut en pleine figure des pelletées de- i prjs.

1 , j5 j ais de plus, elle reçut aussi quelques billets : de banque.

; Tous ces bons préfets qui acceptèrent vail- ; lamment la tâche de seconder M. de Fourtou ; sont dégommés aujourdhui, il est vrai.

! , touc hent tous une pension qui varie

; de 2,400 a 12,000 fr.

j Gest ce quon appelle la solde de non-acli- ; vite, qu iis toucheront encore pendant six ans, { à moins que dici ils ne reviennent au pou- ! voir.

I II me semble quil serait grand temps de ; faire cesser cet état de choses.

! La République est sortie victorieuse du rude ! combat qu elle a soutenu conire ces vilains ! merles.

I II n est pas juste que ce soit elle qui paie i lamende.

Cest le pôle des battus.

Allons ! vivement, quon me condamne tout j ce monde la a payer des dommages-intérêts à j la France, ils lui ont fait assez de mal pour j cela!

j Soyons hospitaliers !

| Mais ouiche! condamner des réactionnaires, j on n y songe guère !

! Notre, aimable gouvernement ne soccupe j quà tracasser des républicains, j Cest à. tel point que l'autre jour jai eu lin- , tention de demander lautopsie immédiate de ! M. de Marcère, persuadé que lhonorable mi­nistre de lintérieur était mort, et que le bel Oscar Bardy de Fourtou sétait introduit su­brepticement dans sa peau.

Cette idée me vint en apprenant que M. Ruiz ^ Zorilla, républicain espagnol, a été conduit a la frontière suisse, voyage de peu dagrément que lui fit déjà exécuterhe 16 Mai.

Pendant ce temps-, ce bon don Carlos continue a se promener tranquillement à Passy, jetant de fréquents regards, accompagnés de soupirs, sur les tramways qui emportent tant de voyageurs aux porte-monnaies bien garnis.

Non pas, remarquez bien, que nous récla­mions aussi lexpulsion de don Carlos.

Cest une politique de balancier qui na jamais fait nos délices.

Quand on nous a flanqué une giffle, nous ne nous sommes pas considérés comme absolu­ment satislaits en voyant de nos ennemis en recevoir une semblable, dans les mêmes con­ditions.

Ce que nous demandons, cest ne pas rece­voir de giffle du tout,

Et quon ne renvoie personne du territoire français,

Ni républicains,

Ni royalistes.

Un bon exemple

Je sais bien ce que vont nous dire les op­portunistes :

Il y a certaines choses quon est contraint de faire pour ne pas se brouiller avec les puis­sances étrangères.

Eh ! sambleu I il me semble que voilà assez de concessions quon leur fait aux étrangers !

A force de nous humilier et de nous incli­ner devant eux, nous finirons par ne plus être humbles, mais vils. »

Après avoir été atteints de lhydropisie du chauvinisme, maintenant allonsnous lêtre de la punaisomanie de la platitude ?

Quoi ! des journaux républicains ont triom­phé de ce que lon avait mis sur les lettres de iaire part du roi de Hanovre :

Monsieur Georges V,

Parce que lAllemagne navait pas voulu quon m!t : roi 1

Sommes-nous donc tombés si bas, que nous ne puissions plus rédiger un prospectus sans être obligés de le faire censurer par nos cour­tois et aimables vainqueurs de 70 ?

Quand nous voudrons manger des asperges faudra-t-il en aller demander la permission à Bismarck ?

Avant dacheter du jambonneau, serons- nous obligés daller prendre lavis de lambas­sadeur du roi de toutes les Espagnes, dont les puissantes armées mirent plusieurs années pour venir à bout dune poignée de caballeros de grand chemin ?

Et ne pourrons-nous écrire à Nana Patten- lair sans nous informer auparavant de ce quen pense la redoutable république de Saint- Âlarin ?

Voyons, la France est-elle vraiment dégé­nérée au point de noser plus se considérer elle-même que comme de la bave de chien *

Ayons donc une tenue plus digne.

Reprenons donc hardiment notre rang, et sans forfanterie, mais fermement, regardons nos adversaires dans le blanc des yeux.

Voilà la saison des artichauts.

Prenons exemple sur eux, et. comme dit Guillemot : Sacrebleu 1 ayons du poil au cœur I

La Liberté des boks

Sil y a peu de Français qui comprennent lhindoustam, il y en a encore moins qui comprennent la liberté, même parmi ceux qui sen flattent le plus.

Cest ainsi que tous les journaux républi­cains battent des mains en annonçant que le café Bodoul de Marseille vient dètre fermé, parce que les cléricaux y firent du tapage lors de la manifestation autour de la statue de Bslznnce.

Loin de faire chorus avec ces applaudisse­ments, nous nous déclarons désolés.

Imiter les procédés du 16 mai, sous prétexte de représailles, est tout simplement une ineptie.

Ce nest pas en se ravalant à son degré dignominie quon démontre à un gredin lin­famie de sa conduite.