LI ffRKW?
Autrement dit, parce qu’Oscar s’est vautré ^Ur un fumier, ce n’est pas une. raison pour que nous allions piquer une tète dans une finette.
Je ne sais rien de plus ridicule que cette guerr'e à des canettes et à des grogs américains, absolument innocents, et qui ne devraient pas être punis pour les sottises que leurs confrères ont fait commettre aux cléricaux il y a quinze jours.
8i cette façon d’agir entre définitivement nans nos mœurs, je demande immédiatement la. mise en état de non-viabilité de l’avenue des Champs-Elysées, dans laquelle le comte de y-., s’est diverti avec certain intéressant' Jeune homme, et la suppression de la ligne u’omnibus de la Halle aux Vins à la place Ligalle, car l’autre jour, dans un des véhicules qui la sillonnent, un filou m’a audacieuse- jhenl'soulevé mon mouchoir, ce qui m’a con- Ifaint à me moucher daus les doigts de mon Voisin, un vieux monsieur des plus respectables.
Ce sont certes là des faits regrettables qu’on be saurait plus longtemps tolérer 1
GRINGOIRE.
Nous n’avons pas de chance avec nos hom- bies de gouvernement, depuis quelque temps :
Quand on nous annonce quelque chose de hiauvais, pour telle époque,
Ou peut être sûr que ça arrive juste, à une Seconde près, .
Avec une précision Bréguet.
Si, au contraire, il s’agit d’un bonheur quelconque,
Quelque événement riant, lie quelque coup de chance,
Qu’on nous prédit avec l'aplomb de l’ex- bfagicienne de Mabille,
, Ou peut parier cent louis contre une paire ?e chaussettes que ça n’arrivera pas plus que les calendes dans les mois de l’année grecque.
Tenez, pour ne citer qu’un exemple :
Depuis deux paires de mois, s .'Combien de fois a-t-on annoncé que le ministre de la guerre allait filer au fond d’un ^himandement militaire dans la province la w Us éloignée possible de Paris ?
^ Et toutes les fois que cette bonne nouvelle passait sa tête souriante à la lucarne de la pudicité,
Quelle joie sur tous les visages ! bout, Paris avait alors le masque de VHomme Rit de Victor Hugo?
Eh bien 1
Le général Borel a-t-il jamais quitté Paris Seulement un mois,
Il s’est bien gardé de nous priver de sa prépuce.
Eu mari jaloux n’est pas plus attentif auprès ^ sa femme,
â Et Sganarelle ne veillait pas Dorimène avec plus continuelles précautions ! j Maintenant, notre Bartholo qn’on disait près Ue décamper,
S’est fait lier à son fauteuil ministériel pour point céder aux envies de départ,
Qui lui pourraient naître,
Comme jadis Ulysse an mât de son navire, -Pour se laisser séduire aux chants des dbues.
a ■Décidément, les souverains défilent eette ^bbée avec une rapidité épatante :
Le pape,
.‘ icior Emmanuel,
L’ex-roi de Hanovre, (1
La reine d’Espagne, I
L’empereur du Maroc, 1
Lt la reine de Mohélie.
n’y a que nous qui n’avons pas de
4 ânce.
Lq effet,
i^ous avons rarement le plaisir, —
CgVen est toujours un pour un bon répnbli-
&De voir fermer l’œil aux chefs des divers m ,J Vernements qui ont succédé à la première >lution.
Lar, à part le ventru Louir XVIII, fy io us ont été casser leur pipe sur la terre viagère :
> N ap 0 léon I er à Ste-Hélène, bonia-PhilirmA à a rom on I
pQuis-Philippe à Claremont,
L*- Badinguet à Chislehurst,. Lùe île et deux villes anglaises
H 0t J°Us ne voyons
présidents de République. Lest une fiche de consolation.
filer vers les ombres que
,9ûand ils ne
èhdant : V bo '
nous font pas trop attendre,
Lbiers a été assez raisonnable à ce point de
,ï)
Vjûfianche, 14 juillet, ramène l’a k, M p r i Se de la Bastille par le pe
« On ne saurait nier que le sacerdoce, en France, n’eût besoin d’ètre régénéré; et/, quoique je sms fort loin d’adopter les déclamations vulgaires sur le clergé, il ne me parait pas moins incontestable que les richesses, le luxe et la pente générale (les esprits vers le relâchement, avaient fait déchirer ce grand corps; qu’il était possible souvent de trouver sous le camail un chevalier au lieu d’un apôtre; et qu’en fin, dans les temps qui précédèrent immédiatement la Révolution, le cFo'gé «Hait descendu, à peu près autant que l’année, de la place qu’il avait occupée dans l’opinion générale. »
Et plus loin, chapitre X, il cite Bernardin do Saint-Pierre, et approuve son obserserva- tion quasi darwinienne sur la décadence de la noblesse :
« M. de Sl-Pierre, dit-il, a observé quelque part, dans ses Etudes de la nature, que si l’on compare la figure des nobles Français à celle de leurs ancêl res, daus la peinture et la sculpture, on voit à l’évidence que ces races ont dégénéré. »
Le serment du jeu de Paume fut le défi de l’Assemblée auioi;
La prise de 1 a Bastille fut celui du peuple.
A partir de ce moment, le peuple n’eût plus peur ni des juges, ni des sergents, ni des censeurs.
Rien d^ plus curieux que les pamphlets gaillards, satiriques, moqueurs, qui parurent un mois après la prise de la Bastille.
Ecoutez cet extrait d’un écrit paru en août 1789; intitulé :
« Cahier des Plaintes et Doléances des dames « de la Halle et des Marchés de Paris, rédigé « au^ Grand Salon des Porcherons, pour être « présenté à Messieurs les Etats-Généraux. »
« Remarquez bien que nous sommes encore à une bonne distance des 8 et 0 octobre. »
« M. Josse nous a débrouillé que la robi- naille, la finance, les calotins et les talons rouges vouliont, en manière de persévérance, faire endôver les pauvres gens qu’ils,, appellent, par dérision, le Tiers-État, et leux mettre, comme de coutume, le pied sur le col,’ avoir le devant et surpasser ceux qui les nour- rissont et les entretiennent de pied en cap. J’avons aussi appris qu’ils étaient venus à bout de faire faire au roi un pas de clerc, par mille ruses d’enfer où le diable perdrait son latin, et qu’ils étoient en cela soutenus par une femme de la Cour, qui est bonne des enfants de la Reine, et qui est pire, dans le royaume, qu’un panier percé, pour la dépense. C’est sans doute cette dame de Polignae qui a mis monseigneur le comte d’Artois dans de si beaux draps. Parbleu ! ils étaient bien tombés ! Des gents qui y voyont clair assurent que la maison de cette femme étoit plus pire que la souricière et le refuge de tous les grands voleurs du royaume, et la boutique où l’on vendoit à beaux deniers comptans, et sans apprentissage, les évêchés, les cordons bleux, les rouges,' les noirs et même les jaunes, les régimens à pied et à cheval, et toutes les places qui demandent du savoir et de l’honnêteté : ça de- voil être une bonne école pour monseigneur le Dauphin et pour mamselle sa sœur. Heureusement, pour elle, que monsieur le comte d’Artois lui.a fait gagner le large, sans quoi on lui auroit fait danser les olivettes et mis un petit collier de fer : qui sçaie même si ça n’auroit pas été un désespoir de filou ? » j
Et cet autre passage sur les mœurs de l’aristocratie qui montre à quel point les débauches des gens de Cour étaient connues du public : il s’agit des réformes à faire :
« Les jardins anglais payeront bien cher, sans quoi on y fera'planter de gros choux po- més ou d’antres légumes, et ce sera bien fait.
A quoi servont-ils autrement ? Voyons, n’y en a-t-il pas assez de ces jardins ? Et quand j’al- lois boire chopine à Gentilly, n’en avons-nous pas un bien beau qui nous donne un coup-' d’œil ben plus agréable que tous ceux qu’on fait bâtir, à force d’argent et de rendre du ter- rein inutile? N’avons-nous le serpentement de la rivière des Gobelins, des allées de peupliers et dè saules, de prairies, de moulins à vent, des chaumières, le pont du Moulin des Prés, où je pouvons en passant saluer l’enseigne 1 II est vrai qu’il n’y a pas de boudoir comme dans' ceux que font faire les grandes dames de la noblesse... mais, dame, aussi, je n’avons pas comme elles des vapeurs couleur de rose, et si je faisons nos maris cocus, j'aimons mieux que ça soit en plein air pour que le vent l’emporte. »
Tout le second passage, à part les deux ou trois mots légers qui s’y trouvent, n’est-il pas charmant dans un pamphlet révolutionnaire ?
A une vieille pièce du Gymnase dont on donnait ce soir-là la première représentation,
Un individu ne cessait de répéter : Ah 1 que c’est mauvais 1 Ah ! que c’est mauvais !
Et, en même temps, il applaudissait à tout rompre.
Son voisin lui dit : Pourquoi applaudissez- vous si vous trouvez la pièce si mauvaise ? L’autre répondit :
■ Je ne peux pas cacher mon opinion, et j’applaudis pour que l’auteur ne m’entende pas s’il était dans le voisinage. >.
Bridaine.
t
anniversaire peuple et par
Lï gardes françaises, où celui qui fut plus k le générallloche était alors sergent.
■k® grand événement qui marque le début Viable de la Révolution , est l’un des plus furetants de celte époque fameuse, car il tiéf. G coup de mort porté à la féodalité, coup K Ss aire. . .
têw.Joseph de Maistre, qui certes n était ni un Vy-ûtionnaire, ni un impie, reconnaissait ’G'^ême la dégénérescence de la noblesse et
. ergé, à cette époque. _ ... _
s le chapitre II de ses Considérations sur . M. Emile deGirardin, directeur de la France, 'fyq'«nce, il s’exprima ainsi sur l’état du sa- ! n’ayant du r’v rendre, s’est excusé dans une
UNE AIMABLE FÊTE
Lundi dernier, les représentants de la presse parisienne avaient été invités au banquet offert à M. Godcliau par les employés de sa maisoji, chez Véfour.
nisateurs, mais beaucoup d’autres représentants des journaux de Paris, plus heureux, assistaient à celte touchante fêle de famille.
Y étaient représentés : F Evènement, le Grelot, la Presse, le Petit Journal, le Tintamarre , le National, le Tam-Tam, la Marseillaise, YEclipse, etc., etc
Cette réunion était provoquée par le désir bien naturel des employés de la maison, qui voulaient témoigner à M. Godchau toute leur reconnaissance, pour le don gracieux de 10,000 fr. qu’il leur avait distribué le matin même de la fête nationale du JO juin.
Des commissaires fort entendus remplissaient très-inteiligemment leur mission d’ordre, et M. Bridou, caissier principal de la maison, tenait avec dignité le rôle de président, ayant à sa droite M. Godchau, accompagné de son aimable et bien sympathique fils, M. Emile Godchau.
Répondant à un premier discours fort applaudi, l’heureux patron très-ému, ne put s’empêcher de remplacer le froid et traditionnel Messieurs par un paternel et affectueux mes Amis, disait à tous qu’ils ne lui devaient rien, protestant contre leur reconnaissance qu’il traita modestement d’exagérée, car, dit- il, je n’ai reconnu que faiblement votre zèle, plus tard peut-être pourrai-je mieux faire.
II annonça alors certain plan de caisse de prévoyance ou de retraite, son plan, dit-il, n’étant pas encore complètement arrêté, mais étant néanmoins fort préoccupé du bien-être et de l’avenir de tous ses auxiliaires.
Cetle belle promesse et cette grande pensée furent accueillies avec enthousiasme, et M. Bandier, de la Marseillaise, prenant la parole au nom de ses confrères présents de la presse, complimenta hautement M. Godchau pour cette pensée d’une philanthropie si noble et si élevée.
Ce furent ensuite toast, chansons, romances et joyeux propos, et cette amicale réunion fut close par quelques paroles émues de M. Burg, le sympathique représentant de M. Godchau, qui, après avoir remercié la presse de s’être rendue à cette réunion, présenta à tous le futur successeur de M. Godchau, M. Emile, son fils,à la santé duquel fut porté le dernier toast, et chacun se retira, emportant le meilleur souvenir de ces trop rares soirées, où l’on constate une entente si parfaite, entente amicale qui fait autant d’honneur au maître intelligent , juste et bon, qu’aux employés intègres, honnêtes et dévoués de cette maison modèle.
René LEBRUN.
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ayant pu s’y rendre, s’est excusé dans une j lettre des plus gracieuses, adressées aux orga-
Décidément e’est bien lui, c’est bien notre Saint-Genest des plus mauvais jours. Dans son voyage en Afrique, malgré le changement de climat, le hanneton qui habite sous son crâne n’a pas souffert, et il n’a pas pu non plus se remettre sur les pattes. Il est toujours sur le dos, qui gigolte comme un beau diable. Et pendant ce temps là* tandis qu’il tourne la manivelle, Saint-Genest écrit des choses comme celles-ci ;
Je ne crois pas, lecteur, que cette République soit viable : un gouvernement qui débute par déclarer la guerre à la religion du pays, qui fait même de cette guerre comme sa devise, comme son cri de ralliement, est encore moins coupable que fou, car il entreprend là une lutte qui a renversé Napoléon I or , qui a fait ployer M. de Bismarck, lutte que les hommes de 92 eux-mêmes n’avaient pas osé aborder.
Saint-Genest, vous et votre hanneton êtes deux grands ignorants en histoire. C’est à tort que vous croyez que Napoléon I or a été renversé par les prêtres. Il a été battu à Waterloo parles Anglais et les Prussiens, et non parles jésuites et les bigots. On lui envoyait des balles et des bombes, et non des coups de goupillon et des bulles d’excommunication.
Quant à M. de Bismarck, il n’a nullement ployé. Pour plus amples renseignements, adressez-vous au chanoine Dollinger.
Enfin les hommes de 92 ont parfaitement osé aborder une lutte contre Escobar et Cie qui n’a pas duré longtemps. Ils ont si bien battu ces redoutables adversaires, que du même coup ils ont mis en déroute tous les saints de la chrétienté, ne gardant que Dieu le père, qu’ils fiancèrent à la déesse Raison.
X
ô Saint-Genest. Si votre pas celle d’une carpe, en
Encore un mot, science ne dépasse
revanche, votre raisonnement atteint presque celui de mes espadrilles.
Après avoir bien examiné la situation présente, vous en avez déduit que le gouvernement de la République a déclaré la guerre à la religion.
Une élude plus intelligente des faits vous aurait prouvé le contraire. Un gouvernement qui augmente le budget des cultes et permet des processions jusqu’aux Batignolles n’est pas un ennemi bien féroce. C’est tout au plus s’il montre de temps en temps les dents à quelques prêtres par trop intolérants et enragés de politique.
Or il y a une immense différence entre les prêtres et la religion. Sur ce point, personne ne me contredira. Les uns vous diront que Ton peut trouver de mauvais prêtres, mais que la religion est bonne, tandis que d’autres soutiendront que l’on peut trouver de bons prêtres, mais que la religion est exécrable.
X
Je n’ai jamais douté des excellentes intentions de nos opportunistes. Ils en ont même de tellement bonnes, ils font de si brillants rêves qu’ils finissent par les croire réalisés.
C’est ainsi que le XIX 0 Siècle écrit tranquillement :
Hier, à trois heures, le président de la République est allé au Trocadéro visiter une petite maison toute modeste avec son toit de tuiles rouges fet ses murs blanchis à la chaux ; élevée derrière le riche palais algérien, cette maison est le type de celles qui ont été construites en Algérie par les soins de la société de protection des Alsaciens-Lorrains demeurés Français ; on y trouve les objets de ménage les plus utiles, les meubles les plus cossus ; la société de protection, en groupant ces petites maisons à 60 kilomètres d’Alger, a créé deux centres de population où elle a placé des colons installés à ses frais ; l’état de prospérité de ces bourgades est très-satisfaisant, et la société s’occupe de les compléter en y admettant de nouvelles familles.
Or, ces deux villages n’existent que dans l’imagination de ce bon XIX 0 Siècle. Et les lecteurs qui, sur la foi de cejournal, croient l’Algérie brillamment colonisée, tombe dans la même erreur que Catherine II, lorsqu’elle crut son empire riche et peuplé, après l’avoir parcouru, alors qu’elle n’avait vu que les mêmes baraques et les mêmes populations, qui se déplaçaient chaque nuit et qu’elle revoyait le lendemain, après les avoir vues la veille.
X
Il est utile parfois de relire les vieux journaux, — même Y Officiel.
C’est ainsi que dans le numéro du 26 mai, je retrouve cette phrase de M. Baudry-d’Asson :
« Les fossoyeurs de la presse républicaine qui déterrent les fantômes... »
Des fossoyeurs qui déterrent des fantômes i N’est-ce pas là une de ces belles expressions qui méritent d’aller à la postérité?
X
Gaston Jollivet, pour exercer les facultés natatoires que possède tout bon badingredin, s’en est allé de l’autre côté de la Manche. Ce fut peut-être là un voyage d’agrément, — pour lui, — mais pour nous, cela nous fournit le désagrément d’en lire la relation dans le Petit Caporal. Yoici la chûte de cette relation :
Eh bien ! nous mettons au défi tout homme impartial, sans opinion, de ne pas revenir d’un pareil voyage aussi charmé que nous l’avons été nous-mème ; car la grâce et
