LE GRELOT
Reste à savoir si nos opportunistes sauront mériter leurs lampions.
La presse est unanime à blâmer Gambetta d’avoir repris la parole dans l’affaire Challe- mel-Lacour.
L’affaire était trop belle pour qu’il fût besoin d’un semblable avocat pour la gagner.
Quant aux 10.000 francs de dommages-intérêts, ils nous semblent ou trop ou trop peu.
Nous espérons bien en tous cas que Challe- mel-Lacour n’en gardera pas un sou dans sa poche et donnera le tout aux pauvres, auxquels l’évangélique France-Nouvelle aura fait ainsi l’aumône malgré elle.
Vespasien lui-même ne pourrait s’empêcher de trouver que cet argent-là a une odeur.
BURIDAN.
Gazette de Montretout
Trône à prendre.
Le besoin d’une nouvelle monarchie se fa sait vivement sentir.
Cette fois, ce ne sont pas les grenouilles qi demandent un roi.
Ce sont les Bulgares.
Et leur excellent ami Alexandre va leur e octroyer un.
Mais les Bulgares désirent choisir eux mêmes leur futur monarque.
Deux candidats sont en présence :
Le candidat russe, — un nom en ki. — Toi ce que je puis dire c’est qu’il n’a pas encoi été question du prince Lubomirski.
Le second candidat n’est autre que le fils d l’ex-hospodar valaque, l’illustre Bibesco I er .
Oui, le prince Georges, pour faire plaisir sa femme, veut la placer sur un trône qi n’aura rien de chimayrique.
Ne fût-ce que pour faire rougir M. de Beau, fremont.
C’est pour le coup que l’intrépide génér; dépêchera en Bulgarie quelque Duruy scié por saisir les revenus de la couronne royale 1
La Bergère de Nanterre.
Ouf!
Je viens de lire tous les journaux religieux pour avoir des nouvelles de l’ennemie personnelle d'Attila,
Qui fut plus heureuse en 460 que le généra Trochu en 1870.
Et pourtant le fameux plan, déposé chez 1< notaire Ducloux, portait en toutes lettres Neuvaine à Sainte-Geneviève.
Eh bien, les feuilles pieuses que je viens de parcourir tout en constatant « la ferveur des fidèles », tout en calculant le nombre de kilogrammes de cire fondue, une vraie fusion ! en Vhonneur de la bergère de Nanterre, ne signalent pas le moindre petit miracle à la clef.
Une neuvaine à Sainte-Geneviève s’accomplissant sans le moindre miracle !
En voilà une veinel
Moyen de faire cesser la pluie
Puisque sainte Geneviève est sur le tapis, il faut que je vous raconte jusqu’à quel point on peut pousser les niaiseries de la superstition.
Je connais une bonne dame qui possède une statuette de sainte Genevieve.
Elle lui attribue les vertus les plus extraordinaires.
C’est, en un mot, son Palladium.
Cette vieille dévote me vantait, l’autre jour, le nombre incalculable de grâces que lui avait accordées sa sainte Geneviève en plâtre.
Flattant sa manie, je m’écrie :
— Il pleut! comme c’est ennuyeux, moi qui voulais aller au bois de Boulogne. Une idée!... Je suis sûr que si vous mettiez votre statuette sur le balcon, la pluie cesserait aussitôt pour ne pas mouiller sainte Geneviève.
— Parlez-vous sérieusement?
— Je ne plaisante jamais, quand il s’agit de de choses vénérables !
— Alors, attendez...
Alors la vieille folle place sainte Geneviève sur le balcon...
Je crois, le diable m’emporte, que l’averse a redoublé.
Et la dévote de dire :
— Il faudra que je demande à M. le curé le nom d’une sainte qui ait peur de Veau!
■ m* ion qu’ISdison
Brid’oison ne connaissait que la fo général Borel, lui, en fait de ri:fer s’occupe que de l'unifoorme!
Quand aura-t-on fini d’habiller, d biller et de rhéhabiller nos troupiers ger les visières, puis de les rogner; fier les bonnets de police ; de métan le schako en képi et le képi en sebai
On dirait que le ministre de la j sait plus coiffer !
Toutcelacoûte très-cberet nous avo d’économiser.
Aussi, crois-je faire œuvre de pa éclairé, en soumettant l’idée suiv; Commission des équipements milito,iT&s
Il s’agit de galvanoplastiser toute l’ai çaisel
Si le ministre veut adopter mon i je la lui abandonne de grand cœur.
Voici le modus operand :
1° Préparer, dans une baignoire, u lution de sulfate de cuivre ;
2° Enduire le sujet de suif ou d< afin d’éviter l’adhérence;
3° Plonger le sujet dans la baigno mettre en communication avec les pc forte pile de Bünsen.
Une heure suffit pour cuirasser gai tiquement l’individu le plus robuste scrit le plus entêté.
Gela simplifierait considérablement le travail j gigantesque de l’habillemont des militaires. <
Inutile, je crois, de faire ressortir l’économie f qui résulterait pour le budget de l’adoption j de mon système, lequel supprime, d’un seul f coup, le linge, les uniformes, les souliers et J même les chaussettes 1
Pour les militaires gradés, le bain de sulfate de cuivre pourrait être remplacé par un bain de bronze aluminium.
Les colonels seraient argentés,
Et les généraux, derés des pieds à la tête.
Je n’ai pas encore trouvé le métal qu’il conviendrait d’appliquer sur les maréchaux de
France, mais je ne désespère pas.Vive le
Progrès 1
Equation : Célibat des prêtres = Sedan
Encore un frocard condamné pour attentat à la pudeur.
Le pauvre homme!
Plaignons-le.
On a beau être prêtre, on n’est pas de bois, que diable !
Ce n’est pas aux individus qu’il faut s’en prendre.
C’est au célibat des prêtres 1
Au dieu de chasteté !...
Le grand mot est lâché.
Comme si la nature avait créé l’homme et la femme pour la plus grande gloire de la continence.
Et on ose appeler vertu cette contravention à la loi la plus admirable de la nature.
Anathème de la science et de la morale sur la chasteté imposée au prêtre catholique par l’ambition temporelle des papes I
Comment se défendre de la plus vive indignation à la vue de ces misérables victimes a’un vœu anti-naturel, pauvres Tantales en- soutanés, surexcités par l’attrait de fruit défendu, enflammés par les lectures de livres où abondent des détails libidineux indispensables, dit-on, à l’instruction du prêtre, induits en tentation par les conversations du confessionnal ?
L’immortelle George Sand a consacré, dans Relia, quelques pages à un magnifique plaidoyer contre le célibat des prêtres — si cher au cardinal Antonelli 1
‘ Plus positiviste que George Sand, je laisse à la statistique le soin de conclure :
Si nous n’eussions point eu en France le célibat des prêtres en l’an 1500, quarante mille religieux se fussent mariés, et, en supposant seulement trois enfants par génération, la population de la France serait, aujourd’hui,
19 janvier 1879, de bouze millions six cent MILLE HOMMES plus forte.
Et, mille canons de l’Église! jamais les Prussiens n’eussent été vainqueurs à Sedan 1
Eloquence des chiffres !
Sarahdotages
Au foyer de la Comédie-Française :
Sarah Bernarbt. — Dieu ! *que l’entr’acte est long ! Si nous jouions à quelque chose ?
Monnet-Sully. — A quoi ?
Sarah Bernardt. — Vous savez bien, ce jeu à quoi je gagne toujours.
Monnet-Sully. — Ah 1 oui 1 aux osselets I...
Montretout.
-«.-
PENSÉES D’UN HOMME GÏÏÊLÉ
Eh bienl Monsieur Baragnon, vous qui vouliez jadis faire marcher la France, vous devez regretter aujourd’hui le chemin qu’elle a fait.
Le jour où monsieur d’Audiffret-Pasquier ira siéger à l’Institut, le cocher qui le conduira pourra se dispenser de lever la galerie de la voiture afin de charger le bagage littéraire du nouvel académicien.
Pensée d’un Canaque : A une matelote de carpes, je préfère de beaucoup une matelote de matelots.
En Italie, à la suite de sermons prononcés par un père jésuite sur l’enfer, une vingtaine de femmes, prises d’épouvante, sont devenues folles. Cela n’empêchera pas tous ces fra- cards de dire qu’ils prêchent la raison.
Celui qui confondrait les ducs de l’Académie avec les princes de la science commettrait une grave erreur.
Ce sont généralement les filles perdues qui aiment à se faire afficher.
Les constitutionnels étant des hommes à deux visages, les électeurs ont eu raison de les laisser en figure.
La différence qui existe entre les maçons et les bonapartistes, c’est que les premiers se contentent de gâcher leur plâtre, tandis que les autres ODt toujours gâché le nôtre.
Depuis le premier de l’an, que de polichinelles ont déjà été brisés, sans compter ceux qu’on a démolis dans la journée du cinq janvier.
C’est au confessionnal que l’on reconnaît les femmes du Monde.
Quand M. Gigot fut appelé à régner sur la préfecture de police, les mouches bonapartistes ne se- sont pas envolées pour ça.
C’est en janvier que M. Lorgeril doit faire ses poésies, c’est le mois du verseau.
C. NETTER.
LA CARICATURE
Les journaux réactionnaires continuent : contre le crayon la campagne qui leur a si bien réussi, grâce au libéralisme de M. de Marcère, dont la solidité est comparable à celle des souliers de carton que des industriels réactionnaires livrèrent aux républicains en 1870, pour les insulter ensuite.
Dernièrement encore, M. Cardon a pondu dans le pâle Soleil orléaniste un article qui prouve qu’il ne connaît pas un seul mot de la question, ou qu’il professe contre nos pauvres caricaturistes une haine farouche, qui l'empêche de les juger avec une impartiale bonne foi.
Ce qui se passe est, dit-il, un fait sans précédent dans l’histoire de la caricature. Jusqu’alors elle n’avait été qu’une arme d’opposition ; la caricature s’attaquait au pouvoir, le bafouait, le criblant de ridicule; elle était injuste souvent, mais elle était brave, courageuse, courait des dangers, et l’artiste payait quelquefois de sa liberté et de son argent les blessures trop vives et trop cuisantes qu’il avait faites à son adversaire. L’ennemi vaincu, le pouvoir allaibli et détruit, l’artiste remettait son arme au fourreau.
Personne, de 1830 à 1848, n’a plus maltraité le roi Louis-Philippe et les hommes qui l’entouraient que Daumier, et les passions politiques de cette époque peuvent excuser les brutalités de certaines attaques; eh bien, Champûeury, dâns sa biographie de Daumier, rappelle ce fait tout à l’honneur du plus illustre de nos caricaturistes:
« Le roi, dit-il, fut récompensé pourtant de ces attaques excessives ; la caricature, celle qui se respecte, resta muette à son départ. Je rencontrai Daumier peu après les événements de 1848 :
« Ah ! me dit-il, je suis fatigué des attaques contre Louis-Philippe. Un éditeur m’en commande une série, et je ne peux pas...,»
« La conscience de l’artiste se révoltait à attaquer un homme renversé. Mêlé aux luttes, Daumier avait employé des armes excusables sous le coup des événements politiques ; ii les jugeait méprisables contre un vaincu. »
Ce trait honore, en effet, Daumier ; mais aujourd’hui, le grand caricaturiste ne peut trouver d’imitateurs. Comme on nous défend d’attaquer les hommes qui sont au pouvoir, nous ne pouvons avoir la pudeur de nous refuser à continuer nos attaques une fois qu’ils en sont descendus.
On nous bâillonne, on nous attache les mains, puis, montant au premier étage, on nous roue de coups de gaule. Et alors, lorsqu’on se trouve forcé de redescendre au rez- de-châussée, et qu’on reçoit de nous, qui ne sommes ni débâillonnés, ni détachés, quelques coups de pied dans l’endroit classique, on pousse les hauts cris, et on hurle :
— Ah ! les lâches !
Hypocrites, val Qu’on nous détache, qu’on fasse descendre aussi ceux qui nous ont remplacé, et alors, quand nous serons à armes égales, libres de toutes entraves, avec le champ libre devant nous, vous verrez comment nous combatlrons, et comment, au lieu de frapper dos ennemis, même déloyaux, à terre, nous étrillerons les vainqueurs, jusqu’à ce qu’à leur tour ils soient vaincus.
Henry YAUDÉMONT.
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La Semaine Théâtrale
fait exécuter la polka à un cheval plus ou moins bien dressé.
Les auteurs se sont trompés de date.
S’ils tenaient absolument à nous présenter une cavalcade, pourquoi n’ont-ils pas attendu i'époque du carnaval, qui seul aurait pu le faire excuser?
Odéon.
L’Odéon nous a donné cette semaine une comédie en vers, en trois actes, de M. de Ville- verte (?).
Ou s’était servi pour annoncer cette pièce d’un procédé dont les Bouffes firent, il y a peu de temps, usage, lors de l’apparition de Maître Péronilla, de triste mémoire.
Il faut croire que le procédé est mauvais ou tout au moins usé, car T auteur de la Perruque merveilleuse n’a pas été plus heureux que le maestro Offenbach.
L’auteur a voulu nous offrir un pastiche de Molière.
Sujet et développements sont bien les mêmes; mais là s’arrête la ressemblance.
Molière est un maître qu’on ne saurait copier; on peut lui emprunter ses personnages, jamais on ne pourra les peindre comme lui.
Où Molière a fait une comédie, on risque fort, en cherchant à l’imiter, de ne commettre qu’une farce qui devient ridicule à notre époque.
Atliéiiée-Comique.
M. Montrouge est un homme heureux.
Il gagnerait le gros lot de la loterie dite nationale que nous n’en serions pas surpris Chez lui pas de déchets, tout est de premier choix. Les pièces qu’il monte atteignent l’âge le plus avancé ; c’est au point qu’il finira par classer dans le catalogue des fours toute pièce qui n’aura pas doublé le cap de la centaine.
Babel-Revue ne sera certes jamais comprise dans cette dernière catégorie Il y a dans les quatre •'•tes et onze tableaux de là vieille pièce de*M. PaulBurani et E. Philippe, tous les éléments d’un grand succès : des couplets bien tournés, des rondeaux spirituels, des parodies amusantes, de charmants décors, des interprètes excellents, etc., etc., tel est le menu que M. Montrouge convie le public à aller goûter chez lui.
Il n’est personne à coup sûr qui refuserait une aussi aimable invitation.
Aussi, pour notre part, engageons-nous vivement nos lecteurs à l’accepter et à y répondre.
Jules de la Verdrie.
Les machinistes ne manquent pas de besogne en ce moment à l’Opéra. Non contents d’equiper le nouveau ballet Ye.dda, de MM. O. Métra, Gilles et Mortier, ils travaillent activement aux préparatifs du premier Grand Bal Mascpié, qui aura lieu le 25. Ce n’est pas une mince affaire, plus de dix charriots ont amené le matériel, planchers, lustres, tapisseries, fleurs, girandoles et statues; car, nul n’ignore que la salle, malgré sa splendeur bien connue, est rendue plus splendide encore par un éclairage étincelant, une décoration pleine de goût et de richesse.
Dans quelques jours, Métra fera répéter généralement son formidable orchestre. Malheureusement pour les amateurs de bonne musique, la répétition aura lieu rigoureusement à huis-clos.
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THE TIMES de Londres
Variétés.
Le arand Casimir, la pièce qui vient de remplacer la Revue sur l’affiche des Variétés, échappe à toute classification.
Ce n’est ni une opérette, ni un vaudeville, encore moins une comédie : c’est un méli- mélo, un pot-pourri de tous ces genres, dont l’ensemble, malgré toutes les réclames que les auteurs, par la haute situation qu’ils occupent dans la presse, pourront obtenir des critiques qui pontifient au rez-de-chaussée des grands palmipèdes quotidiens — comme dit Gringoire — ne constituera jamais un succès.
Le scénario, bien que les scènes principales se passent en Corse, est loin d’être corsé. Il s agit d’un sous-préfet devenu amoureux d’une écuyère de cirque, qui échange l’habit brodé contre les paillettes du clown, afin de donner son nom à celle qu’il aime. Il s’empresse, au second acte, de lâcher femme et baraque, et nous le retrouvons en Corse sur le point de contracter un nouveau mariage avec la fille d'un aubergiste. Au même moment, l’écuyère abandonnée, à la récherche de son volage époux, fait son entrée dans la petite ville où on vient de célébrer,le second conjungo, d’où tumulte, tempête et explications desquelles il résulte que l’ex-sous-préfet n’est marié ni avec Tune ni avec l’autre de ces deux épouses.
Voilà tout.
M. de Saint-Albin, en sa qualité de directeur du Sport, a introduit dans sa pièce un scandale qui nous parait singulièrement déplacé même sur la scène des Variétés.
Il nous semble profondément regrettable d’utiliser des artistes de talent commeM m °Ghau- mont et M. Dupuis à des rôles aussi indignes d’eux, et nous doutons fort que l’excellente comédienne soit bien flattée de ne devoir le succès d’une création qu’à la façon dont elle
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PARIS
ftourta %• |î®?nsonfiFS
Les catholiques sont fort ennemis des philosophes, mais cependant, pour l’instant, ils font appel à la philosophie pour se consoler de leur misère. C’est ainsi que l’évôque Saudé écrit à son ami Freppel :
« Les jours que nous traversons, monseigneur, sont mauvais : dies mali sunt, ils peuvent être plus mauvais encore. Mais nos uni-
