LE GRELOT
BLAGUES ET GNONS
On va décidément raser les ruines des Tuileries.
11 y a assez longtemps que ces ruines, laides et d ; un aspect désagréable, nous rusaient. C’est bien leur tour 1
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Vendredi dernier, au Sénat, Jules Ferry protestait contre l’idée qu’on lui attribue, de vouloir chasser Dieu des écoles de France.
Après tout, Dieu est bien assez grand pour y rentrer.
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Les évêques et archevêques vont être diminues de b,Ouu francs.
Mais, par contre, les desservants subalternes vont être augmentés.
L'argent qu’on prendra à la flûte retournera donc au tambour.
. Tant pis!
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Benjamin Raspail propose l’aliénation des diamàuts de la couronne.
Au lait, puisqu il n'y a plus en France de couronne, ne point en aliéner les joyaux serait vraiment une aliénation. mentale!
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Le même député avait proposé de réduire le traitement de quelques-uns cie nos ambassadeurs.
Cet amendement a été repoussé.
Toutefois, on a retiré à ce bon duc Decazes 8,000 francs, qu’il touchait comme traitement de disponibilité
Le bon duc et l’amendement se sont ainsi trouvés amendés.
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L’extrème-gauche demande carrément l’abrogation du concordat de 1801, c’est-à-dire la séparation de l’Lglise et de l’Etat.
A la bonne heure I voila qui est franc et ferme.
Cette séparation fait partie du programme de Belleviile.
Nous verrons bien si les opportunistes suivront leur chef sur ce terrain et s’il s’y suivra lui-même.
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C’est peut-être aller un peu vite en besogne, disent quelques timorés.
Eh! que nonl
Il serait grand temps de transformer certain proverbe en celui-ci :
— Il n’est jamais trop tôt pour bien faire 1
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Le Prolétaire vient encore d’ètre condamné à 1,000 francs d’amende.
Fendant ce temps-là, la commission de la presse est en vacances.
Nos confrères devraient se cotiser pour leur offrir une gratification, si les membres de cette commission veulent consentir à faire des heures en plus...
Ils y gagneraient.
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Mais au fait, non. La nouvelle loi sur la presse ne vaudra pas mieux que les précédentes, et nous ne gagnerons rien à sa promulgation.
Restez en vacances, chers députés, restez-y.
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Dans l’apologie de M. Jules Simon, faite à Nancy par M. Jules Simon, où il déclare qu’il veut « appeler et rassurer les ennemis de la République », on a beaucoup remarqué le passage dans lequel il se pose en martyr en renonçant à sa popularité.
* Comme il y a longtemps que la popularité a renoncé à lui, sa renonciation actuelle a à peu près autant de mérite que celle que. je pourrais faire à la fortune de Rothschild, lequel n’a point, et n’aura jamais, que je sache, l’intention de me créer son légataire universel.
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Le Petit Caporal publie une lettre d’un ouvrier badingrediu éreintant la prospérité républicaine , parce qu’un malheureux a failli périr d’inanition à Sainte-Geneviève (Pas-de-Calais) .
Chacun sait, en effet, que sous l’empire les ouvriers ne mouraient pas de faim.
Les chassepots se chargeaient de les expédier plus rapidement à Saint-Aubin et à la Ricamarie.
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L’ingénieur américain Erickson, inventeur des navires cuirassés, invente aujourd’hui un bateau-torpille formidable, pour couler lesdits cuirassés.
Autrement dit, il s’acharne à détruire ce qu’il a créé.
Peine inutile d’ailleurs. Comme on le sait, les navires cuirassés coulent parfaitement tout seuls.
Il est superflu de les couler davantage — même dans l’opinion publique.
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Mlle Bernage va se marier avec uu de ses camarades du troisième Théâtre-Français.
i L’homme à rouflaquettes, le gardien de la i | paix et le monsieur décoré sont invités à ne pas se présenter à la noce.
I La Ville de Paris va avoir prochainement J son journal officiel municipal.
Si' les 32,000 communes uo France se mettent à imiter cet exemple, il y aura encore de beaux jours pour l’industrie chiffonnière.
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A la distribution des prix de la Sorbonne, un élève de Stanislas a crié « Vive le roi! »
Avec ou sans y , jeune homme ?
Il s’agit de s’entendre.
Mais, au fait, à un cri pareil, la foule répond toujours par de si retentissants «Vive la République ! » qu’on ne s’entend plus et que, pendant un quart d’heure, on est tout assourdi.
Pluie de discours, la semaine dernière.
Autant en emporte le vent.
Maintenant, pendant quatre mois, comme nos hommes d’État vont s'occuper activement à ne pas faire la moindre des choses qu’ils ont dites !
Les pauvres gens, vont-ils avoir assez de mal pour y arriver !
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L’élection du quartier de l’Europe fait jubiler les réactionnaires.
Leur avenir n’eu est pourtant pas beaucoup plus riant l
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! On se décide enfin à réduire, de fait, le ser ! vice militaire, à trois ans.
I Voilà veuf ans que cela devrait être fait, j Eufiu, mieux vaut tard que jamais.
[ Comme les bonnes d’enfants vont aimer certain Gresley !
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Un train spécial pour Nancy a déraillé à Vézelize.
Cette fois, le doigt de Dieu n’y est pour i rien.
| Eu tous cas, le parquet recherche ce doigt ! criminel quia dérangé les aiguilles et causé la mort de cinq personnes. Si on le trouve, cela ! lui coûtera cher.
Les fameux 53 curés des environs de Troyes ont obtenu gain de cause dans le procès qu’ils avaient intenté b. l’Avenir de l’Aube.
Us ont eu 2o0 francs de dommages-intérêts. Ras tout-à-fait cent sous chacun.
C’est maigre 1
L’ Avant-garde démocratique est poursuivi. S
| Décidément, sous le régime cie la liberté j complète, on ne voit pas cfe temps en temps j un procès de presse, mais perpétuellement j
une véritable presse de procès 1 j
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LES CiOÜETS DE PICHENETTE I
]
Piquantes et croustillantes ; j révélations. i
f ! j M. A. J. Pons vient de publier un bien eu- s | rieux volume. Il est intitulé : Sainte-Beuve et i ses inconues.
\ Je ne parlerai pas de la première inconnue ; les friands de choses scabreuses liront le volume, et devineront... s’ils le peuvent.
■ Je me contente de citer ces vers de Sainte- ; Beuve qui sont une confession ne laissant rien ! à désirer : i ;
i Lorsque, sans plus tarder, glissant par sa croisée, Je la laissais au lit haletante.et brisée,
Et que tout tiède encor de sa molle sueur,
L’œil encor tout voilé d’une humide lueur,
Le long des grands murs blancs, comme esquivant !
[un piège, j
Le nez dans mon manteau je marchais sous la j
[neige, j
Mon bonheur ici-bas m’avait fait immortel; i
Mon cœur était léger, car j’y portais le ciel. j
Il y a, dans ce volume, des détails bien J croustillants sur des inconnues plus que lé- j gères — pour lesquelles Salnie-Beuve avait une grande affection — qui m’ont singulièrement afïYiandés.
Tous ces épisodes galants sont racontés avec beaucoup de grâce, de belle humeur et d’esprit.
- Permet tez-moi, ami lecteur, de vous en donner quelques échantillons :
« Jenny Delval n’avait de l’ouvrière que le nom et ne se contentait pas de peu. Grande, bien prise, clans sa taille ronde, les chairs blanches et fermes, la bouche d’un, incarnat que les dents n’avaient nul besoin de raviver, les yeux d’un azur mobile où la passion amenait parfois de sombres reflets, surtout une magnifique forêt de cheveux d’un blond doré quf la couvraient jusqu’à la chute des reins, telle enfin que les peintres représentent Eve, mais une Eve après le péché. »
La médaille est frappée au bon coin ; mais il y a un revers :
« Fainéante, gloutonne, menteuse à faire croire qu’elle entretenait ainsi la blancheur de ses dents, trop douce pour rebuter aucun hommage, trop charitable pour vouloir que les gens souffrissent de ses refus, s’abandonnant aux vauriens du quartier, et recouvrant toutes ces tares d’uu air d’innocence capable d’en imposer aux plus habiles. »
Sainte Beuve eut la faiblesse de présenter cette créature dans les maisons où il était admis, n il la dorait de ses rayons, » et ce n’était pas la première, il est vrai, qu’il' faisait passer pour sa nièce.
— Sa nièce! sa nièce ! disait un éditeur normand ; il en sera comme de la cousine qu’il nous a présentée il y a deux ans, et que j’ai retrouvée à Toulou dans la rue des Trois- Mulets.
C’est une rue où, les jours de paye, les matelots vont prendre leurs ébats.
Un soir, Sainte-Beuve ayant rencontré une fille assez novice, il la mena souper chez Magny.
Quand ils furent convenablement installés dans un cabinet :
— Ma chère enfant, dit le critique, je veux combler tous vos souhaifs. Demandez'ce que vous avez rêvé de plus fia, do plus cher, de plus exquis, je ne regarde pas à la dépense.
— La fillette réfléchit, passa la langue sur ses lèvres et s’exclama :
— Je mangerais bien du gras double 1
Voyage circulaire dans les Vosges
La Compagnie des Chemins de fer de l’Est vient d’organiser un nouveau voyage circulaire pour visiter les Vosges, une des'contrées les plus pittoresques de la France.
Afin de faciliter aux touristes cette intéressante excursion, des billets à prix très-réduits sont délivrés à la gare de l’Est et au bureau central de la rue B'asse-du-Remp ,rt, n° 50. Ils sont valables pendant 15 jours et donnent droit à s’arrêter dans toutes les stations du parcours, notamment à Ohâlons, Nancy, Epi- nal, Romiremout, Plombières, Luxeuil-les- Bains, Lure, Vcsoul, Chaumont et Troyes.
Les prix sont de : 80 fr. en l re classe, et 60 fr. en 2° classe, — et pour les enfants de 3 à 7 ans, de: 56 fr. en l ro classe, et42 fr. en 2 mo classe.
On peut enfin partir indifféremment par la ligne do Paris à Nancy et revenir par celle de Belfort à Paris, ou vice-versâ.
Pourta
C’est avec une profonde terreur que les journalistes songent à la difficulté qu’ils vont avoir à intéresser leur public jusqu’au 20 novembre, époque à laquelle nos sénateurs et nos députés cesseront de faire le Parlement buissonnier.
Seules, les lois Ferry leur donneront un peu d’occupation. Mais c’est là un sujet déjà bien usé. Il est maintenant au a fi d: Ado de faire dessus des articles intéressants qu’à un directeur de théâtre d’encaisser des recettes monstres en jouaut Tartuffe.
Pour se consoler du néant qui va désormais remplir ses colonnes, — le Soleil cherche à se persuader que la prochaine session présentera un intérêt exceptionnel. ,
A tous les points de vue, d’ailleurs, dit-il, l’hiver prochain verra s’accentuer la grande lutte, la lutte décisive entre ce qui reste debout des éléments conservateurs et les ulopies radicales. On ne sera plus qu’à un an des élections générales de 1881, et les nommes de destruction, ceux qui rêvent de faire table rase de la France catholique pour lui substituer uue France positiviste, sans patrie et sans Dieu, les intransigeants enfin livreront un combat à outrance aux opportunistes, afin d’avoir en main lu pouvoir, quand viendra l’heure où le suffrage universel sera appelé à se prononcer entre les deux grandes fractions de la majorité actuelle.
Pour clore ce chapitre qui, j’ensuis sûr, vous aura semblé trop court, un joli mot de l’éminent écrivain :
Sainte-Beuve fut très-bienveillant, très- bienfaisant; obliger était sou bonheur; en cela, on peut le comparer à Béranger.
Sur la fin de sa vie, il avait recueilli une jeune fille, Gélina D...., surnommée la Man- cholte, à qui il a laissé une partie do sa fortune.
Il lui fit donner une bonne instruction, dont elle se montra digne.
Sainte-Beuve répondait un jour à un ami, qui commettait probablement quelque indiscrétion sur l’affection que le critique avait pour cette jeuue personne:
— J’aime encore beaucoup respirer les fleurs, mais je n’en cueille plus.
Je vous ai présenté quelques fruits de celte merveilleuse corbeille; malheureusement, les exigences de ce journal m’ont forcé d’en enlever le duvet, la richesse de leur parure.
Les conseils de I*iclienette sont écoutés.
Et, ma foi, je l’avoue, j’en suis fier.
Le bureau de poste de la rue Milton a une bouche extérieure pour les imprimés, ce qui permet aux personnes qui se rendent à leurs occupations avant l’ouverture de ces bureaux de mettre à la poste leurs journaux ou autres imprimés.
Cette innovation ne va pas tarder à être appliquée à tous les autres bureaux, et plus tard, sans doute, à toutes les boites aux letires indistinctement.
Mes remercimeuts à M. Gochery.
De son côté, le journal le Globejm’apprend que les petites boites aux paquets adaptées aux omuibus vont, refonctionner.
Ce service, bien dit igé, pouvant être utile au petit commerce, j'y apiaudis de tout cœur.
Un mari qui ne s’en souciait guère.
M. Pons va me prêter mou mot de la fin. Son trésor est riche, ou peut y puiser sans l’appauvrir.
Lh. R***, rédacteur d’un important journal, avait pour femme une romancière de mérite, sorte de clair-de-luno de M m “Sand, mais plus jolie qu’elle.
Le docteur Melchior Yvan —un ami, cela va de soi — s’en éprit et la lui enleva.
Cela mit entre eux un peu de froid. Non, certes, que le mari le prit mal; mais il disait, au contraire, à qui voulait l’entendre :
— Qu’a donc Melchior contre moi? il ne me salue plus ! Est-ce parce qu’il m’a soufflé ma femme? S’il savait combien je lui en suis reconnaissant 111
Pichenette.
Une France sans pairie est un pur chef- d’œuvre.
Cette perle une fois admirée, nous dirons au Soleil que nous ne désirons rien tant que le com- batdécisif qu’il nous annonce. Mais malheureusement la timidité, l’irrésolution de nos mandataires reculeront encore la date à laquelle il sera livré. En annonçant celte date comme prochaine, le Soleil , journal des d’Orléans, se trompe et il trompe les autres, il le sait bien.
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De même, lorsqu’il dit :
« Les conservateurs et les catholiques sont avertis. Lorsqu’ils le veideut , ils sont le nombre, ils sont la majorité... »
Il sait parfaitement qu’il avance un mensonge auquel les élections de 1881 donneront, comme celles du 14 octobre, le plus éclatant des démentis.
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Jean de Nivelle, jugeant Napoléon, comme le serin critique l’aigle, écrit:
Une personne égarée demande son chemin au premier passant qu’elle rencontre. Ainsi fit la France. Elle pria Napoléon de la remettre sur la voie, et ce n’est pas sa faute à elle, s’il la fil chavirer dans l’ornière.
L’ornière, c’est la restauration, puis le gouvernement de juillet. Voila qui est admirablement vrai, mais qui ne devrait point échapper à un partisan de « la Maison de France. »
V y
A
La situation manquant de gaieté, Henri, comte de Chambord, qui est roy de France par la grâce de Dieu, mais qui ne Test pas, par la grâce de la Révolution de Juillet, a écrit à son cher et féal sujet, le marquis de Foresta, une lettre dont nous détachons ces passages réjouissants :
Vous avez, dans une allusion pleine de franchise à notre histoire contemporaine, fait justice comme il convient de ce propos injurieux qui, grâce à la perfidie des uus et à la crédulité des autres, avait trop longtemps égaré l’opinion.
'üu a répété a satiété que j’avais repoussé volontairement une occasion merveilleuse de remonter sur le trône do mes pères.
Je me reset ve de faire, quand il me plaira, uue lumière totale sur les événements de 1873; mais, encore une' fois, je vous remerc e d’avoir protesté avec l’indignation que mérite un pareil soupçon.
