LE GRELOT

sont enregistrées les plaintes des ouvriers, i de travail employés et commis contre leurs patrons.

Si les potaches se mêlent à présent de faire la leçon à nos ministres, cela promet pour lavenir 1

Il est vrai quon sest empressé « dans lin­térêt de son avenir de professeur * de faire signer à limprudent jeune homme une ré­tractation piteuse, dont la rédaction a don­ner pas mal de peine au conseil des ministres Convoqué pour la circonstance.

« Lalgèbre, les équations à trois inconnues et la trigonométrie mavaient rendu fou » écrit le repentant Doumic, sous la dictée de son Proviseur.

« Jai crié : vive le Roi » comme jaurai crié autre chose.

Infortuné Doumic ! ton quart d'heure de gloire na duré que dix minutes.

Frosdhorff na pas même eu le temps de te remercier,

Le pape de tenvoyer sa bénédiction,

Triboulet de publier ton portrait...

Quel chef-dœuvre que cette rétractation.

Tu as crié : Vive le roil > parce que tu étais

fou >.

Dont acte.

A ton âge, bouillant Ephèbe, ce nest pas Vive le roi que jeusse crié,

Mais :

Vive Niniche !

Itoniltiartisnyp et Chantage

M. Piétri,-secrétaire limpératrice Eugénie, a reçu dernièrement le petit poulet suivant :

« Sale mufle,

***

La chute du roi dEspagne.

Une révolution ?

Non, un simple accident de voiture :

Comme un vulgaire épicier, Sa Majesté « a daigné » sécorcher la fesse.

il était pourtant allé à la messe matin.

Vous verrez que les feuilles de sacristie ac­cuseront le cocher dathéisme.

Dame, les gens décurie doivent être des libres -panseurs 1

Bienfaits» de linstruction cléricale.

Une sœur a donné pour texte de composi­tion à ses élèves : La Mort de M- Christophle.

M. Christophle était un honorable député, qui a cru devoir se faire enterrer civilement

Ladite sœur qui naime pas les libres-pen­seurs, a donné carrière à son courroux. Elle force ses écolières à traiter M. Christophle de « chien Mis au trou , » d« animal immonde en- crotté civilement , » etc., etc.

Que dirait le clergé si dans nos lycées on donnait en composition aux élèves :

L Histoire de labbé Dufour ou le Scandale du quai Pierre-Seize, à Lyon ?

***

Ces cochers!

était prodigieuse. La plupart de ses chefs-dœuvre ont été, on peut le dire, impro­visés au milieu de tous les bruyants plaisirs dune joyeuse vie de garçon. La Gàzza Ladrà notamment, a été composée en douze jours ; la sublime partition de Guillaume Tell lut écrite en trois mois dans un salon toujours rempli de visiteurs, au bruit des conversa­tions les plus animées, auxquelles le maestro prenait sa bonne part. Rossini, insensible à toute espèce de fracas de société, ne suspen­dait son travail que lorsque quelquun des as­sistants se mettait à fredonner un air ou quun orgue de barbarie sarrêtait sous ses fenêtres.

Meyerbeer, le compositeur aux mélodies sombres, aux chants larges, aux notes gravées et plaintives, trouva ses plus belles inspira­tions en écoutant mugir la tempête dans les combles de sa maison u ne manquait ja­mais de se retirer seul, quand arrivait lou­ragan.

A M. Adolphe Adam, enfin, le comble de lexcentricité.

Après avoir dîné il se couchait sur son ca­napé, se faisait couvrir jusquau nez dédre­dons, même dans les chaleurs de lété, puis faisait placer ses deux énormes chats, lun sur sa tête, lautre sur ses pieds. Cest dans celte étouffante position quil trouva les agréa­bles mélodies du Chalet , du Postillon de Long­jumeau , de Giselle, et de tant dautres opéras populaires que le public applaudit toujours.

Jules de la Verdrie.

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Une Résurrection

« Aboulé 80,000 fr. tout de suite ou tu es un 1 homme mort. »

Signé: GUERIN.

Piétri, comme de juste, na rien aboulé.

Il a assigné en chantage le Guérin en ques­tion devant les tribunaux anglais.

En attendant le jugement de la Cour dassi­ses, les débats du tribunal de première ins­tance nous ont révélé de curieux détails :

A savoir que cest Guérin qui a organisé Jadis le sinistre procès de Blois.

Et que ce procès, que nous savions être un Çoup monté, était le fruit de la collaboration intime de lempereur lui-même avec son con­fident le sus-dit Guérin.

Mais, maintenant que Chislehurst na plus besoin de ce joli monsieur, on le livre aux tribunaux.

Piétri ne veut plus casquer.

Que vont devenir les Guérin de la presse bo- haparliste ?

Le prince Napoléon nest pas dhumeur à leur faire des rentes.

Et M. Andrieux, dont le personnel est au grand complet, ne peut même pas les utiliser Comme agents des mœurs. t Il est vrai quil leur reste la ressource de senrôler à la compagnie liicher.

Et encore nest-il pas bien, sûr que lon Veuille deux,

Ils saliraientla marchandise 1 ***

Le gendarme de Dieu...

Cest la mort.

Ainsi sexprimait le R. P. Daniel et le non moins R. P. Marie Antoine, dans une brochure k un sou.

Tous ceux qui nont pas écouté ces « mis­sionnaires à lintérieur» ont été assassinés bar la justice- céleste.

La brochure fourmille dexemples terri­fiants :

Un capitaine de pompiers sest permis de tire au sermon. Il est mort dans lannée.

Un journaliste a éreinté lun des prédica­teurs. Sa femme la trompé, (lauteur ne dit t>as avec qui I )

Un quincailler a crié : à bas la calotte. Il a 'ait faillite.

. Après chaque exemple les Révérends-Pères I fihpriment en gros caractère :

Voilà la Justice de Dieu !

Mais je marrête, car il ne fait pas bon à blaguer ces justiciers.

Si jallais être cocu, moi aussi, ces messieurs feraient imprimé un supplément pour cons- f fater la chose... ;

Mais je me consolerai, en pensant à Saint- ! rnseph f |

***

Le curé de la Thuile.

M. le curé de la Thuile a fait lautre jour un ftès-beau sermon :

« Si Pierre Veillet ne sort pas de léglise, je * ne continue pas la messe. »

Et Pierre Veillet, ex-maire de la Thuile, çst *orti de léglise,

Et M. le curé a continué sa messe.

Merci, mon Dieu 1 !

Mais quavait donc fiait Pierre Veillet à M. le ; turé ?

Rien personnellement.

b Cest à son- chien que lex-maire avait eu 'audace de s'attaquerI Paire des niches aux chiens du clergé,

Cest le comble de lespièglerie 1

***

La Censure.

Un nouveau journal vient de paraître.

Titre : La Censure.

Nous nous figurions que cétait lorgane offi- fiel de ces messieurs au bureau des dessins H du bureau des théâtres. {

Nous nous imaginions y trouver les pour- i 5üoi et les pâr<îé ; que; j

.Lhistorique des suppressions de dessins et! "es pièces abélardisées. i

O désillusion 1.. . .J.

Ce journal nest autre quune « trîbuiié » ou '

A la Place du Trône :

Le bourgeois. Cocher, à Auteuil, et vive­ment.

Le cocher. A Auteuil! Sacré nom de Dieu de Bon Dieu, de nom de Dieu de Bon Dieu, de nom de Dieu de Bon Dieu!...

Le Bourgeois. Voyons, cocher, mettez- vous à ma place. Supposez quétant à la Place du Trône, vous ayez besoin daller à Auteuil, quest-ce que vous feriez?

Le cocher. Eh bien, pardieu, je prendrais une voilure... mais pas la mienne 1

Montretout.

..-

SEMAINE THÉÂTRALE

Comment vient linspiration.

Nous somme» en pleine canicule... un ïemps de chien pour les directeurs de théâtre qui nont pas fermé leurs portes ou pour ceux qui les ont rouvertes.

Les salles sont vides comme le cerveau de mon confrère X...; larticle «Théâtre» dans les journaux, nexiste plus quà létat de rossignol, à peine quelques confrères pourraient-ils, au prix defforts que je pe crains pas de qualifier dhéroïques, à en écouter quelques-uns.

Les semaines théâtrales se résument en un seul mot par celui de M. Margue Rien 1

Mais si, il ny a rien, le roi ou la Répu­blique, suivant les époques , perdent leurs droits, le lecteur conserve toujours les siens.

Il lui faut d copie,

Nen fût-il plus au monde.

avec ou sans musique dOffenbach.

Cest pour satisfaire aux exigences de ce tyran que nous lui offrons cette semaine un travail de compilation, effectué avec soin, dans de vieilles revues musicales, et de nature, croyons-nous, à nous mériter ses suffrages et à intéresser sa curiosité ; nous voulons parler des excentricités des compositeurs anciens et modernes.

Gluck, pour échauffer son imagination et se transporter en Tauride, à Sparte ou dans lErèbe, avait besoin de sc placer au milieu dun pré., en plein air, exposé à lardeur du soleil, ayant son piano devant lui et deux bouteilles de champagne à côté, il écrivait les deux Iphégencis , les plaintes dOrphée et. les amours de Paris.

Sarti, au contraire, avait besoin dune chambre grande, vide, éclairée dune manière lugubre par une seule lampe suspendue au plafond ; il ne trouvait de pensées musicales quau milieu de la nuit et dans le plus pro­fond silence. Cest ainsi quil composa Medonte et le magnifique air : La dolce campagna. Cimarosa aimait le bruit et voulait, lors- uil composait, être entouré de ses amis. Il t ainsi les Horaces et le Mariage secret. Paésiello ne pouvait sarracher de son lit. , naquirent entre deux draps Nina, le Bar­bier de Séville, le Molinara , etc.

La lecture dun passage des Saints-Pères ou de quelque classique latin était nécessaire à Zingarelli pour improviser et développer ensuite, en moins de quatre heures, un acte entier de Pyrrhus ou de Roméo et Juliette.

Anfossi ne pouvait écrire une note quen­touré de chapons rôtis, de saucisses fumantes, de jambon, etc. >

Pour monter son imagination, le célèbre Haydn se faisait dabord coiffer et shabillait avec autant délégance que sil eût se pré­senter dans quelque réunion, puis, il se passait au doigt un anneau dont Frédéric, roi de Prusse, lui avait fait présent. Il assurait que si, par hasard, il lui arrivait doublier de mettre cette bague avant de composer, il ne trouvait pas uue idée musicale ; sa verve languissait et se desséchait en labsence de ce témoin par­lant de ladmiration dun grand monarque'.

Grétby raconte dans ses mémoires qu'il sinspirait en buvant du thé ou de la limonade.

Rossini ne pouvait souffrir que sa musique fut chantée devant lui : cétait lui faire une eine extrême que de lui donner loccasion 'une ovation en exécutant en sa présence quelques fragments de ses opéras. Sa facilité

Si, chose-possible, il se trouve encore des personnes nayant pas visité lExposition uni­verselle de 1878, elle pourront combler cette lacune en se rendant au concours agricole de Villeneuve-sur-Yonne, que doit présider M. Lepère, ministre de lintérieur et conseiller général.

Des trains supplémentaires, à partir de Mon- tereau, billels valables pour six jours, et à prix réduit, leur permettront dy admirer la réduction exacte et complète do lExposition colossale de Paris, entreprise aussi ingénieuse que méritoire et entièrement due à linitiative privée.

Ce petit chef-dœuvre fait le plus grand honneur aux habitants de Villencuvë-sur- Yonne, et le succès récompensera ceitainement leurs efforts.

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LES ÉCHEVELÉES

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Par exception, le vendredi 15 aoùl, le prix dentrée de T Exposition des sciences appli­quées à lindustrie sera seulement de 1 fr. au lieu de 2 fr. et les dimanches suivant c., comme à lordinaire.

îîourîiFx % lîürasûngFs j

La moitié de Défense qui continue à partici­per à labrutissement de quelques bedeaux, sous le nom de Civilisation, sest dit que déci­dément le inonde courait à sa perte et sest mis en tête de le sauver. Pour ce faire, elle réunit dans ses bureaux « les plus notables chefs de lindustrie et du commerce parisien ». !

Ces braves gens se demandèrent dabord si } nous sommes en péril. Il se répondirent que oui. j Ils se demandèrent ensuite quelle est la cause j de ce péril auquel nous courons à toute vu-> j peur. Us se répondirent que la cause est tout ; bonnement la République. Ce gouvernement ' maudit : j

1° Favorise dans les classes ouvrières le ! développement des passions mauvaises ;

2° Donne au peuple les plus pernicieux exemples en protégeant les amnistiés de la Commune ,

3° Organise une véritable guerre civile dans les âmes.

| Ceci constaté, les mêmes notables négociants | employèrent leurs remarquables facultés in­tellectuelles au louable but dempêcher les | âmes de se tirer ainsi des coups de fusil mo­raux daus les rues. Ils ne trouvèrent dautre moyen pour cela que :

« Daffirmer la nécessité dune action, en vue de délivrer la France dun régime aussi odieux quoppressif, et dinviter les organes de la presse conservatrice à dissiper les préjugés qui, malheureusement, empêchent encore une fraction du peuple de revenir à la monar­chie ».

Si jétais, ce quau diable ne plaise, rédacteur « dun organe de la presse conserva- vatrice », à cette invitation à dissiper les pré­jugés... etc... (voir plus haut), jen aurais, pré­féré une à diner, surtout chez les sacristains amis de des Houx*Morimbeau. Ces gens ont une conversation insipide, mais ils se nour­rissent bien, et leur crû est bon.

Joseph du Bourg, conseiller intime du comte de Chambord, écrit à Y Union nationale de Montpellier une longue lettre, dans laquelle nous découpons ce paragraphe :

« Cest eu vain que certaines passions, tou­jours subsistantes, cherchent, avec des arrière- pensées faciles à reconnaître, à faire croire que Mgr ne veut pas de la couronne. On ne croira pas cette calomnie. Malgré tout, la France^ comprend Henri V, et Dieu fera que le jour elle se jettera dans ses bras nest pas loin.

Etant donné le nombre infinitésimal des légitimistes français, si Dieu fait cela, cest un malin. Ce miracle triomphera de mon impiété. Je croirai en lui.

X

La Civilisation, déjà nommée, nous annonce que :

Le Conservateur de lAisne a reçu de Londres une très-importanle nouvelle, que confirment, en certains points, nos renseignements parti­culiers.

M. le comte de Chambord se rendrait, au mois de septembre prochain, en Angleterre, il irait rendre une visite à M. le due de Norfolk, en son château dArundel.

On nest pas niais au point de qualifier un. événement de soixante-dix-septième ordre de très-importante nouvelle. Pour ma part, je men soucie comme do Colin-Tampon, et Gavroche massure, dans son langage fleuri, quil sen bat lœil avec un pommeau de canne de tam­bour-major.

X

M. de Marcère a jugé à propos de sortir du silence qui lui convient si bien. Il a envoyé, à propos des fêtes de Nancy, à un de ses amis, une lettre si peu confidentielle que tous les journaux lont reproduite. Nous en découpons la péroraison :

« Le même courant a porté naguère à la pre­mière magistrature de )a République M. Jules Grévy. Cest sur lui que se reportait ma pensée au pied de statue de M. Thiers ; et je me disais, eu songeant à la fortune de la France, quelle est vraiment protégée des deux pour avoir rencontré, dès ses premiers pas dans la voie la République iibérale, des hômihes ; comme M. Thiers et comme M. Jules Grévy:

« Dh Marcère, député. »

Sur Thiers, incarnation de lentêtement, de la médiocrité et de légoïsme bourgeois, nous aurions bien des réserves à faire.

Mais nous trouvons réellement fa France protégée des cieux, non point tant parce quelle a eu la chance de rencontrer un hon­nête homme comme M. Grévy que parce quelle a eu celle dêtre debarrassée dua homme comme M. de Marcère.

X

« Cette année, dit la Gazelle de France, un, élève a crié : Vive le Roy ! Lannée prochaine, ils seront dix, ils seront cent.... »

Cela nous présage de beaux jours pour Cha- renton.

X

Le correspondant anglais du Siècle fait cette agréable peinture de la façon dout les protes­tants anglais sanctifient la soirée du samedi et la journée du dimanche :

Le dimanche, la grande métropole anglaise est dun aspect funèbre, cest une ville de tombeaux. Le tableau rappelle exactement le silence, létat de prostration par lesquels la douleur publique marqua le jour néfaste oit lAllemand vint fouler, de son pas envahis­seur, un coin limité de notre vaillant Paris. Au mutisme du dimanche, les jours de Bank- Holyday opposent, sitôt que vient le soir, le» cris et les sauvageries de la dernière classe achevant de se griser par des insanités sans nom. Ce jour-, et surtout ces nuits-, les rues de Londres appartiennent au « roughs ». à la crapule. Les honnêtes gens ne se risquent pas dehors. Il semble à la populace, en ce