LE GRELOT

Quand une personne meurt on lui met fis-tnain le passe-port en question dont la r '-daction varie suivant la somme payée.

Voici la traduction dun de ces documents :

« Nous, soussigné A. L. popoff de la pa-

* roisse de Nervieff, certifions que le porteur

* du présent a toujours vécu en bon chré-

* tien ; il a toujours reçu labsolution des

* quelques péchés quil a commis et a tou- |

* jours honoré Dieu, ses saints et son empe- ' feur, dit ses prières et jeûné en temps voulu.

11 U est donc digne dentrer en paradis sans (l Passer par le purgatoire, et Saint-Pierre, au " vu de notre sceau lui ouvrira les portes du (! séjour des bienheureux. »

Et dire que les cléricaux français nont pas e hcore pensé à mettre en pratique ce petit e °Jnmerce.

Le Qretot est fier de leur en avoir donné

* idée.

. Et bientôt nous verrons vendre au plus Jhste prix des fauteuils dorchestre, des stalles, des parterres et môme des paradis... pour le i'Uadis 1

F-i-g-a-r-o !

Le Figaro a trouvé que son nom renfermait : F rance I tatie

G rande-Bretagne A llemagne

P 'ilQQ'l/*

O ttoman (Empire)

Contentons-nous dit-il, de nous incliner Modestement.

Innocent !

, Tu nous pousse à te répondre qu on trouve Men dautres choses dans ton sacré nom :

F arceur I mbécile G rotesque A bsurde R idicule O utrecuidant

Aimes-tu mieux :

F umiste I diot G redin A bruti R adoteur O rdurier

Digères si tu peux et choisis si tu loses !

Une bonne annonce.

On lit dans un journal du trottoir :

) Avis. Un jeune homme de 33 ans désire dunir légitimement à une demoiselle ou, veuve. Demoiselle ou veuve !

Pourquoi pas auvergnate ?

Montretout.

---

COUPS DE BEC

Que cette affaire Santerre ma donc donné à réfléchir I cest-à-dire que jai tant, tant ré­fléchi, que jai des tas de plis sur la figure, çamembête, ça, par exemple, parce que ça me donne un air vieux, mais cest égal, au fond je nen suis pas fâché du tout, parce que ça va Rapprendre à vivre.

Moi aussi je vais avoir mon petit agenda, ça de peut pas mûre, jy travaille la semaine et le ^imanche, et ces jours derniers, voici ce que jai écrit : . ,

« Cest très curieux! javais cinquante francs

* dans mon porte-monnaie, je passe la soirée

* avec Sulpice, et en rentrant je navais plus " de porte-monnaie. Bizarre 1 Bizarre 11... »

o

« Pourquoi donc, mon voisin Crotoné me < dit-il toujours : allez donc tenir société à ma '< femme pendant que je suis à mon bureau, " elle est seule et elle sennuie. Très Bi- <( zarrel !...

r < Cest insupportable! Crotoné mappelle « mon vieux, et il tient à ce que jemmène (l promener sa femme. Ça me compromet.

« Quelle journée I... Madame Crotoné me de- « goutte énormément, mais en allant vider son « pot de chambre sur le carré, sa porte sest <( refermée et elle est venue, en chemise, me « prier de lui permettre dattendre que son * mari rentre du cercle pour lui ouvrir. Com- « ment refuser. Position bien délicate.

« Même soir ma foi, javais envie de dor- « mir, je me couche. Madame Crotoné na pas « chaud, ça mest bien égal.

o

« Toujours même soir. Madame Crotoné « a une puce, elle la cherche. Je suis bien « mal à mon aise je ny tiens plus : Ma- « dame Crotoné qui navait que sa chemise, « vient de la retirer pour mieux trouver sa « puce, ça ne me va pas du tout. Il me « vient une idée : je cherche dans mes clés si t je nen aurais pas une qui ouvrirait la porte « de mon voisin. Dieu soit loué, en voilà

« une._Je fais rentrer Madame Crotoné chez

< elle. Pauvre femme! que va-t-on dire delle. « Cette poison de porteuse de pain, qui de- t meure au sixième, vient de me voir sortir « de chez elle en caleçon, au moment, par pure politesse, je venais de lui dire : Avez- « vous de la chandelle? »

o

Tout ca, vous comprenez, cest une immense Elague mais comme Madame Crotoné est ma tri ai tresse, si le mari me fait un procès en se Plaignant que je lai fait cocu, je présenterai Mon petit agenda.

La vérité, cest que j ai dépensé cinquante francs en déjeunant avec Arthémise, ma petite Pote met ma comptabilité à jour. Ensuite jai

fait connaissance du voisin, et sa femme I couche avec moi, quand il va à son théâtre il est contrôleur, mais il ne veut pas le dire, jai lair de lignorer.

Lavocat de Crotoné me traitera certainement de crapule, ça, je my attends, mais je lui fourrerai mon agenda sous le nez comme dans laffaire Santerre, et je crois que ça me fera un atout un peu tapé dans mon jeu, quen pensez-vous. »

Charles Leroy.

LABOLITION DE LA CENSURE

Plus ça change, plus cest la même chose.

On va, dit-on, supprimer la censure. Ce dernier et odieux vestige de coutumes dun autre âge est condamné par tous ceux qui soccupent de faire la nouvelle loi sur la presse.

Mais, en revanche, il nous sera interdit de reproduire les traits daucun personnage sans lautorisation formelle de celui-ci.

La Censure administrative française sera abolie. Mais elle sera rétablie aussitôt au profit de quarante millions de Français.;

Tout se passe toujours ainsi en notre cher i pays. On ny a pas plutôt supprimé la baston- J nade quen sempresse de la remplacer par ' des coups de bâton.

Henry Yaüdémont.

Semaine Théâtrale

VARIÉTÉS

Eu vérité, le public parisien, notre grand juge à tous, rend parfois de singuliers arrêts !

Il bat des mains, sesclaffe et sesbaudit sans mesure devant une insanité en un ou plusieurs actes, lui fait un succès qui se pro­longe pendant des mois entiers des siècles dans ce pays des girouettes puis reste froid, rechigne et proteste par son abstention, lorsque deux hommes desprit, deux vérita­bles auteurs, soumettent à son verdict une pièce spirituelle, amusante et bien écrite.

Cest ainsi que la Femme à papa, il ny avait rien quune scène critique et pornogra­phique, est morte centenaire, et que la Petite ! mère, de MM. Meilhac et Ilalévy, a quitter laffiche après moins de cinquante représen­tations.

En sommes-nous déjà, quil nous faille avoir recours aux saletés pour amuser, et met­tre à la scène les fêles spermatiques du grand- seize, pour attirer le public ?

Nous nen croyons rien, Dieu merci, et nous sommes certain que la reprise de la Petite mère qui lie saurait tarder, obtiendra le succès que la première aurait avoir.

Devant lindifférence du public, M. Bertrand sest résigné â modifier son affiche et nous a donné celte semaine deux petites pièces en un acte, VŒU du commodore, invraisemblance de Chain et William Busnach, et les Deux beaux- pères, de MM. Emile et Raoul de Najac.

De la première, il vaut mieux ne rien dire. Cest une charge datelier quon eût mieux fait de laisser dans le carton elle reposait dun lourd sommeil. Sil eut vécu encore, notre regretté caricaturiste eût été le premier à sop­poser à cette représentation.

On écrit toujours mal avec un crayon.

Quand aux deux Beaux-pères, cest une comédie très gaie et très amusante que nous croyons appelée à faire, pendant longtemps, comme lever de rideau, les beaux soirs des Variétés.

Ce qui se dégage de cette jolie scène dinté­rieur, cest encore lincontestable supériorité do la femme.

Il ne fallait quune belle-mère pour brouil­ler un ménage, deux bcaux-pôrcs sont néces­saires pour obtenir le même résultat.

Encore un argument pour demoiselle IIu- berline Auclerc !

Deux reprises des Sonnettes et de Lolotte qui a retrouvé aux Variétés son succès du Vau­deville, complètent ce spectacle coupé, en somme des plus attrayants.

Jules de la Verdrie. --

Pointa % Jffirasmgra

Ce nest pas en France seulement que les juges sont furieux davoir à constater linno­cence dun prévenu. Linformation suivante, que je découpe dans le Rappel, démontre quil en est de même en Italie :

Un moine du nom de Covclli (Gaspare), a été acquitté par les tribunaux de Naples à la suite dune éloquente défense présentée par son avocat, Vastarini.

Il était accusé davoir donné mandat das­sassiner un nommé Marcerio.

Voici en quels termes le président lui a signifié son acquittement :

« Gaspare Govelli, vous rentrez dans la société; que ce procès vous serve de leçon... Régénérez-vous ! s Comment? En devenant coupable?.

X

Le Petit Caporal nous apprend que :

Un fait ignoble sest passé à Vernon.

Le clergé conduisait à sa dernière demeure le corps dune femme décédée à Gamilly, et bon nombre de personnes suivaient le cer­cueil.

« Arrivé rue Saint-Lazare, dit la Gazette de Vernon, tout le clergé, déjà attristé par la cé­rémonie, a été frappé de stupeur à la vue dun individu qui sétait mis dans une posi­

tion que le respect pour les mœurs nous dé­fend de décrire. Cet ignoble personnage a fait la sourde oreille aux chants du clergé et a conservé son attitude révoltante même bien après le passage du cortège. »

Le commissaire de police, informé de ce fait odieux, a verbalisé contre ce libre-pen­seur.

MAISON DU

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Nous sommes trop partisans de la multipli­cation des latrines publiques et gratuites à lusage des deux sexes, pour approuver lac­tion de cet individu qui était peut-être infi­niment plus pressé que libre-penseur.

Mais nous nous creusons vainement la tète pour parvenir à voir en quoi il a aggravé « son action odieuse » en conservant son atti­tude « même bien après le passage du cor­tège».

X

Le même journal, on le sait, sest fait une spécialité de lamour du peuple, et il nen­tend pas quon empiète sur son domaine. Malheur à ceux qui se permettent de préten­dre éprouver pour le prolétaire une affection égale à celle que lui a vouée Jules Amigues. Celui-ci vous les arrange de la belle manière I Tenez, Martin Nadaud la pu expérimenter pas plus tard que la dernière semaine.

Oyez un extrait de la charge à fond du Christ du parti bonapartiste contre le spiri­tuel député de la Creuse :

Ce bon M. Nadaud nest pas difficile. Il pro­pose de constituer une caisse de retraite pour les ouvriers; mais quand on lui demande :

« Avez-vous un plan, des calculs, une base, un système? il répond : <r Non, ça ne me regarde pas; la Chambre y pourvoira; nom­mez une commission pour étudier la ques­tion. »

Et la commission est ou nest pas nommée, et la question est enterrée et les vieux ou­vriers continuent de mourir de misère; mais on a discuté pendant quinze ou dix-huit mi­nutes sur les droits et les mérites de la fra­ternité.

Constatons que, sous lEmpire, les ouvriers ne mouraient pas de misère.

Ils tombaient sous les balles des chasse- pots, qui, tout comme à Mentana, faisaient merveille à Saint-Aubin etlaRécamarie. Cétait beaucoup plus simple et infiniment plus ex­péditif.

Eloignons-nous de ces cadavres tant réunis à la fin de lempire, ea découpant ce fait-di­vers folâtre dans le Petit journal :

Lomnibus qui fait le service entre Lamure et Lyon était arrêté sur la route pendant que, selon une peu louable habitude, son conduc­teur sattardait au cabaret. Tout à coup les quatre chevaux partirent au galop ; un vieil­lard, assis sur la banquette, essaya, mais en vain, de les retenir, et ses efforts naboutirent I quà faire verser dans le fossé le pesant véhi- ! cule.

I Une quinzaine de voyageurs sy trouvaient et fure précipités dans la boue, pêle-mêle avec les bagages dont limpériale était surchargée. Des habitants accoururent en toute hâte. Il y avait heureusement plus de peur que de mal ; tout ce borne à des contusions sans gravité. En quelques instants la voiture, remise sur les roues, fut rechargée et le voyage sacheva sans autre accident.

Ainsi le légendaire « bon Dieu des hommes saouls » ne se contentent plus détendre sa toute-puissance égide sur ceux qui se promè­nent [dans ses vignes, il protège encore ceux qui accompagnent ceux-ci. Il agrandit le cer­cle de ses opérations. Signe peu équivoque dune prospérité que nous voyons avec plaisir. Toutes nos félicitations, bienfaisant seigneur, j On tégraphie de Londres :

! Le chiffre de lindemnité payable par la

! Porte aux marchands russes, conformément au traité de Berlin, vient dêtre fixe, à Cons­tantinople à, 15,000,000 de francs.

Ainsi , cest la Turquie qui a été envahie et battue, ce sont, naturellement les marchands turcs qui ont souffert, et seuls les marchands russes reçoivent une indemnité.

La plume nous tombe des mains, en face de ce comble de la logique.

Henry Vaudront. -^-

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DIX CENTIMES LA LIVRAISON

Envoi francopontre timbres-poste

Le marché financier sobstine à monter et à donner démenti sur démenti aux gens qui pré­tendent que République signifie ruine publi­que.

En ccs temps malheureux, personne na souci de la future mise à la porte de MM. les jésuites, les financiers et les capitalistes esti­ment que largent placé en fonds français doit convier à le capitaliser à peu près aux" mêmes conditions que les fonds anglais, cest-à-dire à 3 1/2 0/0 de revenu tout au plus.

Au surplus, les gens qui veulent de gros revenus nont quà aller aux fonds hongrois. Les rentes autrichiennes et hongroises leur offrent encore do o 1/2 à 7 0/0.

Les fonds égyptiens offrent encore moins, et comme sil ny avait déjà pas assez de ces fonds, le Comptoir dEscompte en prépare un autre.

Vous verrez quon le prendra, et quon ou­bliera tout à fait quen décembre dernier le gouvernement égyptien se déclarait dans lim­possibilité do joindre les deux bouts, si on lui ôtait la moindre chose de ses ressources ac­tuelles.

Les valeurs de crédit qui, soit quon hausse ou quon baisse, trouvent toujours moyen do gagner beaucoup dargent et de donner de- bons dividendes à leurs actionnaires, recevant les profits dune aussi belle situation, toutes, ou du moins presque toutes, continuent de monter.

Il en est de même pour les valeurs de che­mins de fer français, ainsi que pour les valeurs de celles de nos grandes entreprises indus­trielles qui reposent sur des privilèges, de fa il sinon de droit.

Tout cela tend à se capitalisera 1 0/0 ; si lon veut savoir quels seront les cours à venir de ces valeurs, on na quà multiplier le dernier dividende quelles ont donné par 24. Ce mou­vement do hausse, commencé déjà pour les actions des chemins de fer, sétend aux actions du Gaz et des Docks de Marseille.

Sur le Suez, cest rentrée en possession du Cap de Bonne-Espérance quon escompte.

Tubal Caïn.