LË GRELOT
PRIME GRATUITE
Toute personne de la province qui s’abonne à un des journaux ci-après, par l’entremise de M. Madré, directeur-gérant du Grelot, 81, rue Neuve- des-Petits-Champs, à Paris, a droit à un abonnement gratuit au journal le GRELOT, savoir :
Tour un abonnement d’un an : 6 mois au Grelot.
— — da six mois : 8 mois —
— — de trois — : 1 mois 1/2 —
L'abonnement à plusieurs journaux doublera, triplera la durée de l'envoi gratuit du GRELOT.
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Charivari.
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Civilisation.
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Constitutionnel.
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Droit.
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Figaro.
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Français.
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France.
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Gazette de Francs...
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Journal des Débats ..
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Justice.
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Paris-Journal.
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Pats.
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Presse.
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République française.
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Siècle.
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Télégraphe.
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Times, de Londres.
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Les prix qui précèdent sont, bien entendu, les prix fixés par les administrations de chacun de ces journaux.
Pria par l'entremise du Grelot, les abonnements à tous tes autres journaux de Pari « donnent également droit à la Prime pendant un temps plus ou moins long.
Les journaux de tolérance
Nous sommes, depuis quelque temps, les témoins attristés d’un scandale honteux ; un certain nombre, je ne dirai pas d’hommes, mais de voyous de lettres, se sont imaginés de spéculer sur tes plus bas et les plus vils instincts de l’homme et d’en tirer profit.
Ils ont publié une demi-domaine de journaux, illustrés ou non, qui doivent évidemment recruter leurs abonnés dans les maisons de filles.
Le journal ordinaire raconte les histoires les plus ignobles sans môme prendre la peine de déguiser les noms; le journal illustré appelle le crayon à son aide pour traduire les ignominies que son confrère a éditées.
Et ces messieurs 8e frottent les mains en voyant monter leur tirage !
Parbleu 1 cela n’a rien d’étonnant, que le tirage de leurs ordures monte !
S’il était donné à certaines gaupes de se promener toutes nues dans les rues, vous verriez de quels nombreux drôles elles seraient suivies !
Les chiennes aussi !
Le parquet s’est enfin ému, ou a saisi l’une de ces tinettes, et le gérant vient d’eu être condamné à trois mois de prison.
Ce n’est pas assez !
Mais, va-t-on me répondre, vous, républicain, vousatlaquez donc la liberté de la presse?
Vous n’en voulez donc pas?
Iialte-là!
Ce n’est pas la liberté de la presse, cela;
C’est la liberté de la vidange !
Oui, certes, nous voulons que la presse soit libre ; ;
Nous voulons que chacun puisse discuter son opinion au grand jour.
Mais cette liberté môme implique pour ceux qui en jouissent le devoir de s’en rendre digne et de ne pas la traîner dans les ruisseaux les plus fangeux, dans les cloaques les plus infâmes.
Mettre en coupe réglée la débauche, n’est pas faire du journalisme;
Que ceux qui vivent de ce métier-là se coiffent de casquettes à pont alors et aillent battre leur quart sur les boulevards extérieurs.
Et quand la presse honnête, révoltée enfin,
interprète fidèle de l’opinion publique écœurée, s’avise de signaler ces coquins à la justice, il faut voir les mines de ces ruffians.
Ils font les renchéris, les furiboads, les sainte nitouches!
Et,—comble du cynisme!—ilsseretranchent derrière les noms glorieux et vénérés de Rabelais, de Voltaire et de Molière !
Impudents idiots !
Oui, l’on peut bien rire!
Mais il faut que la loi veille,
Sévère, implacable 1
Et quand des hommes sont assez vils pour jeter bas toute honte et vivre de la prostitution littéraire il convient que la punition de pareils méfaits soit éclatante.
Trois mois de prison à qui a souillé les yeux de milliers de femmes honnêtes qui, voyant un journal affiché, ont cru pouvoir le regarder sans défiance, ce n’est pas assez !
Il faut que le châtiment soit en proportion du délit commis.
Que ces gens-là soient salés 1
Et salés vigoureusement!...
Cà, ne les sortira pas de leur élément, allez!
Nicolas Flammèche.
ZIG-ZAGS
Instabilité des choses humaines.
Il y a peu de temps encore, si un nombre quelconque d'escogriffes étaient subitement venus me tomber sur le dos, pour me reprocher d’apprendre à un artilleur, — voire même à un tringlo, — ce qu’étaient les viees qu’au temps de l’Histoire Sainte Dieu punissait à grands coups d’ondées de soufre, mon premier mouvement eût été de casser tout ce que j’aurais pu sur les reins des dits escogriffes.
Aujourd’hui, j’en userais tout différemment.
Tout en niant, avec la plus grande courtoisie, les faits qu’on me reprocherait, je m’empresserais de suivre les escogriffes déjà nommés, où i il leur plairait de diriger mes pas, sans me permettre la moindre réflexion saugrenue sur ce qui me pourrait sembler outrecuidant dans leur conduite.
L’affaire du capitaine Voyer serait seule cause de ce revirement dans ma conduite éventuelle.
Quoi, voilà un homme que l’on accuse de faits odieux..
Des agents en bourgeois, — faux peut-être, on en voit tous les jours de ce genre, — veulent l’entraîner à un endroit qu’il peut douter être le poste....
Ii résiste....
On insiste, avec une obstination, vraisemblablement doublée d’un soupçon de brutalité.
Il cogne.
Et il est dans son tort et condamné à un mois de prison.
Fichtre! voilà qui donne à réfléchir.
Et, si demain une nouvelle bande se réorganisait et, au lieu d’aborder bêtement les promeneurs nocturnes, en leur criant : « La Bcurse ou la Vie »,
Leur tombait net sur le poil en criant :
— Saligaud ! Enfin nous vous tenons I Ah c’est ainsi que tout-à-I’heure vous vous êtes fourré avec un de vos pareils dans un petit coin sombre pour outrager dame Naturel Eh bien vous allez nous suivre au poste!
Parole d’honneur ! je connais bien des gens qui, maintenant, se laisseraient attacher les mains sans rien dire, — quitte à hurler comme des sourds, cinq minutes plus tard, quand ils verraient les faux agents tourner au pas de course le coin de la rue, après les avoir dévalisés.
D’tinns ! Cm un tambour, d'abord ! I*ns observations! K’clamcrcz après :
(Capitaine Ilamoliol)
Mais hélas ! tout ce que nous pourrions dire ne saurait rien y faire.
En notre beau pays, on en est toujours au magnifique principe de l’obéissance passive.
Faites votre punition préalablement...
Subissez d’abord votre peine,
Ensuite, vous réclamerez.
Si vous avez par trop évidemment raison, on daignera reconnaître que c’est à tort q’uon vous a puni.
Et on vous fera des demi-excuses terminées par un bourru :
— C’est bien! mais cependant no recommencez pas !
Je ne suis pas le premier, —ni hélas le dernier, — à le dire :
C’est extraordinaire comme en France il est dangereux d’avoir toujours raison !
Ce que vierge ne doit lire.
Puisque nous avons mis le nez dans des choses d’une propreté équivoque, plongeons- nous y en plein avec Y Evènement Parisien.
Ce journal est au Gil Blas ce que les créatures qui font le trottoir sont aux grues « bien lingées » qui payent pour figurer sur les scènes de genre.
On s’est départi envers lui de la tolérance montrée depuis six mois vis-à-vis des immondes productions pornographiques dont nous signalions la marée envahissante il y a huit jours.
Il a été condamné à trois mois de prison et 1500 francs d’amende.
II. Qui, il ?
Le gérant, parbleu !
C’est-à-dire, sans aucun doute, un pauvre diable, payé cent sous pour signer chaque numéro.
Et pendant que ce malheureux gémira sous des verrous, relativement capitonnés, il est vrai, les jolis messieurs, seuls coupables de ces ordures imprimées, continueront à se promener librement.
Savourant chez Bignon le pain (enchanté) que leur rapporte cette littérature d’aquarium.
Croquant le prix de leurs lignes avec des filles, quitte à se faire entretenir plus tard par elles..
Et puisque d’autres endossent la responsa- bilitédeleursordures, pouvant circuler partout la tète haute!
Comprend-on main tenant à quel point est impuissante la prétendue législation tutélaire qui veille sur la presse?
Et ne vaudrait-il pas mieux que les journalistes fussent absolument libres d’écrire ce que bon leur semble, sous la responsabilité morale de leur signature ?
Au moins, ainsi, on ne serait pas exposé de tendre une main honnête à la nageoire d’un de ces émules du marquis de Sadé 1
.lies projets.
Je voulais vous causer de?»owKchoses, comme disaitcevieuxRabelais,dontla statue sedresse, enfin, — en face de celle de Descartes, sur la merveilleuse promenade qui borde la Loire, à Tours.
Je pensais vous dire combien je condescends à l’infortune de ce pauvre ministère wight anglais, obligé d’endosser la responsabilité d’une guerre qu’il a toujours blâmée, et n’ayant à poser sur la constatation des désastres que l’insuffisant cataplasme de ses prédictions.
J’espérais vous toucher un mot du différend entre la Belgique et le Vatican, qui fait voir Léon XIII, — ce mannequin à tête de cire estampée d’un perpétuel sourire félin, —sous un jour nouveau, sur lequel Loyola aura du mal à planter son éteignoir.
Bien des choses enfin, devaient faire éclore au bout de ma plume ce qui germe en ma pensée...
Mais...
Mais il me faut remettre à huitaine leur problématique éclosion, tant la fureur, — bête au possible, j’en conviens, — qu’ont fait éclater en moi les pornographes à la mode, a jeté de trouble dans mon organisme.
Finale AlphanMÎuna
J’en reviens finalement à ces... moutons.
Tout compte fait, et tous principes de libéralisme à part, je juge qu’un tribunal, présidé par M. Cartier , aurait le droit de ne leur en pas faire et de les déclarer incompétents en l’art d’écrire.
Les poissons, en effet, ont toujours considéré le mutisme comme une de leurs primordiales conditions d’existence ;
Et les aimables êtres dont nous nous occupons, et que d’aucuns, fortnombreux, traitent, par euphémisme, de sales oiseaux, nous paraissent trop pourvus d’écailles pour se permettre, — sans cumul abusif, — de se servir de plumes I
Gringoïre.
BLAGUES ET GNONS
Le système métrique, pour les poids et les mesures jst en pratique légale en Espagne depuis un mois.
Ce système n’est pas encore appliqué aux monnaies.
Mais les coffres-forts réunis de toutes les Espagnes, c’est si peu de chose I
X
Léon Say a fait un discours plusd’aux trois quarts protectionniste, près de Melun, au concours d’E prune.
Espérons qu’il a simplement parlé pour des prunes.
X
Aléa jacla est. Le général Thomassin n’ira pas en Grèce.
Bien. Nous n’avons pas à courir d’aventures.
Que des Français acceptent des missions honorables, soit. * .
Mais qu’ils donnent auparavant leur démission.
X
Galiffet va, dit-on, être fait sénateur.
Quoi! à son àgel Déjà aux Invalides?
X
La Société contre Y abus du tabac met au concours deux prix de 200 fr. et un de 100 francs.
Je vais traiter le sujet de Y abus du tabac à la Préfecture de police.
Dam I si je gagne un prix, cela me paiera toujours mes londrès pour le prochain trimestre !
X
Le discours que Gambetta devait prononcer à Cherbourg, ne sera prononcé qu’à Dijon.
Autrement dit, voila ce pauvre discours dans la moutarde !
X
Les chefs insurgés de Cuba ont été fusillés le 20 juillet.
Gageons qu’avant uu mois ce sera à recommencer.
X
Jauréguiberry félicite Ribour,
Ejusdem farina’.
Une idée :
Si on en faisait farine ?
X
Un cardinal vient de mourir à Rome.
Monsieur le député Freppel, qui décidément a hérité en tout de Dupanioup, regarde en louchant la route de Rome, et ne s’achètera pas de chapeau avant que le défunt soit remplacé.
X
L 'Estafette annonce que la Société philanthropique des amis de l’humanité vient de prononcer à l’unanimité et sans discussion, en assemblée générale, la radiation de M. Jules Simon comme membre honoraire de ladite Société.
Rien ne nous autorise à affirmer que la Société protectrice des animaux agira ae même.
Mais ce serait un comble qui nous semblerait des plus réjouissants.
X
M. de Freycinet vient d’être fait grand’eroix de Tordre de Charles III.
Ce pauvre hommel Enfin, ce u’est pas déshonorant.
X
La Petite République se transforme en Société anonyme, montée par actions, au capital de 4,500,000 fr.
Cela lui permettra de n’avoir d 'obligations à personne.
X
Paul Féval prend à son tour la parole en faveur des jésuites.
Ce diable, devenu vieux, s’est décidément fait ermite.
Comme feu Commerson l’avait bien prévu, quand il y a quinze ans déjà, il ne l’appelait que Paul Faitmal.
X
Le 5 septembre, on inaugurera, à Clermont, la statue de Pascal.
Loyola attendra longtemps encore qu’on érige la sienne à Montmartre, à l’ombre de la flèche de Notre-Dame de la Galette.
X
Etre ministre de l’intérieur ne suffit pas à M. Constans.
Il ambitionna encore d’être conseiller général. — Et il l’est !
C’est comme si Rotshchild, avec tous ses millions, convoitait de s’annexer la tirelire où la fille de ma concierce collectionne à grand peine quelque douzaines de pièces de quatre sous.
X
Le pape rédige une encyclique.
Autrement dit, un discours en trois poings et en six claques.
X
Après avoir conversé de la défaite en Afghanistan, les Chambres anglaises ont passé à la seconde lecture du bill traitant de la destruction des lapins par les fermiers.
Lapins eux-mêmes, ces législateurs pleins de sang-froid.
X
Devise d’un grand restaurant à la mode :
Ilonny soit qui mal y dépense 1
Buridan .
GAZETTE DE M0NTRET0UT
Cochonneries judiciaires.
Pères de famille, cachez les journaux ou mieux n’en laissez aucun franchir votre seuil. Ne les laissez ni à vos femmes, ni à vos fils, ni surtout à vos filles. Et même, si vous m’en croyez, abstenez-vous vous-mêmes.
Nous traversons une période morbide ; des courants syphilitiques sillonnent l’atmosphère. Paris, déjà Gil-blasé, ne trouve plus d’émotions malsaines que dans les comptes- rendus des tribunaux. Ah! les amateurs de cochonneries judiciaires ont été servis à souhait :
Inceste.
Pédérastie.
Bestialité.
Semaine bien nourrie, en vérité. Et pas un seul huis-clos ! Décidément c’est une gageure, et les magistrats ont pris à tâche de fairé doubler le tirage de leur organe officiel la Gazette des tribunaux, histoire de couler la feuille au père Dumont, ce chauffeur de flanelle à l’usage des sénateurs affaiblis.
Cette tante qui couche avec son neveu, âge de 19 ans; ce capitaine qui va voir lever la lune, et ce Menesclou qui partage ses affections entre les petites filles de quatre ans qu’il coupe en morceaux et les chiens savants qu’il traite comme les bergers des Abruzzes traitent les plus jolies chèvres de leur troupeau!... En vérité, point n’est besoin de crier: haro! sur le GU-Blas I haro! sur le Boudoir ! haro sur le Piron 1 haro sur VEvénemcnt illustré! ces feuilles de joie qui font la retape des lecteurs polissons, sont la chasteté même quand on les compare aux courriers des tribunaux qui osent, sans la moindre pudeur, imprimer ces ignobles passages que je coupe textuellement dans la déposition du charcutier Menesclou.
« M- Danton, sculpteur : « Menesclou a été « placé chez moi comme apprenti. Il était cote quin, gredin, voleur, doué des plus mau- « vais instincts, mais intelligent quand il le « voulait. J’avais ordre de son père de le tuer « si je pouvais. Un jour, je l’avais envoyé en
