LE GRELOT
GAZETTE DE MONTRETOUT
La MuceoMsion Froyeïnet est ouverte.
On a exécuté cette semaine MenesclOu.
Et le minisiè'e qui s'imagine que cela suffira à satisfaire les grossiers appétits de la populace-
Non, le public est avide d’exécutions.
Il attend maintenant avec impatience qu’on exécute.'., les décrets.
Les exécute/a-t-on ? No les exécutera-t-on
pas? .......
M. de Freycinet hésité. . ,
M ' Gambetta veut qu’on aille jusqu au bout, et lance à son ancien copain de Tours et de Bordeaux cette ironie menaçante : Trop de villégiature nuit. . , , . . . !
M de Freycinet a du faire de tristes réflexions en lisant TauLe jour sa condamnation \ dans la République, française, journal officiel , de l’omnipotentissime Léon-
— S’il résiste, je le briserai! aurait dit le ; Grand manitou du Palais-Bourbon, a son : secrétaire ii time, M. Arnaud de 1 Ariège. . i
Freycinet a résisté 1 Freycinet sera brise. | Oh ! mais là tout ce qu’il y aura de plus . brisé
C’est en vain que M. Devès, président de la : gauche républicaine, essaie de tendre la per- , che au timide premier ministre exécuté sur i commande de Gambetta, par M. Guichard, vice-président de cette même gauche. ;
Le chef du cabinet ne vaut plus aujourd’hui ! les quatre fera d’un chien ! ;
Ah i quelle comédie, quelle jolie comédie, jouent tous ces flagorneurs qui, pas plus tard ; que le mois dernier, déclaraient que M. de Freycinet était le ministre le plus libéral que la France a jamais eue. '
Bref la succession est ouverte. On demande ; un chef de cabinet. Inutile de se présenter si l’on n’est d’avance tout dévoué à M. Gambetta. _ ,
A M. Gambetta, qui sait greffer sa popularité sur l’imponularitô des congréganistes.
A M. Gambetta, qui saura faire exécuter les' décrets — dût-il prendre tout exprès la. présidence du conseil.
Müs soyez sûrs que ce jour-la il ne prendra jamais conseil de la présidence !
Régate» internationale*.
Manifestera-t-on? Ne manifestera-t-on pas?
Pardon, si je commence ce paragraphe comme le précédent, mais c’est qu’en vérité la situation du sultan rappelle assez bien celle des congrégations.
La démonstration navale est, dit-on, remise à huitaine parcë que le commandeur des Croyants a promis de s’exécuter...
La jolie petite scie que cette question d’O- rient.
Et comme ces diplomates turcs vous roulent de la belle façon leurs collègues de la vieille Europe !
J’ai sous les yeux deux très jolies caricatures qui m’arrivent de Constantinople :
Le sultan fume tranquillement son nar- ghillé en assistant à la joûte nautique des
i
s’administrent des coups de rame. Et tous les bateaux chavirent à la grande jubilation du sultan qui danse une gigue échevelée, entouré de ses odalisques.
Corhinat député.
« Aussitôt que l’annexion de Tahiti sera « ratifiée par les Chambres, on procédera à « l’élection d’un député. »
Qui diable se chargera d’aller poser sa candidature eu Polynésie?
Cochinat, parbleu. ■
Puisqu’il est le nègre plus ultra.
ajc*:*:
X , nouvelle»
L’inventeur des allumettes chimiques, M,. Barthélemy JF*euyï, ! vient de mourir en Hongrie.
Parions que S'àrah Bernhardt va prendre le deuil.
Divagations.
Le monsieur qui a lancé une fiole de vitriol à la face de la demoiselle Dubois, au café des Variétés, se nomme Lannois.
Au moment de l’envoyer en prison, le commissaire de police s’est écrié :
On a donné un gîte à Lannois 1
* X
M. Constans, ministre de l’intérieur, a nom Zéphyrin.
Gomme il change assez souvent d’idées, les employés du ministère ne l’appellent plus que Zéphir inconstant.
M. Emile Zola entre au Figaro, aux appointements de 18,000 francs par an.
C’est signé.
Quelle dé-Zola-tion pour ce vieux gâteux de père Dumont !
Quelque* comble».
— Le comble de la pèche à la ligne ?
— Prendre la ligne des boulevards en attendant le passage du Saumon.
X
— Le.comble de la peinture?
— Faire le portrait de Denis Papin (1), .
MontretOUT.
(1) Pas peint — soit dit sans offenser le nou~ ; veau collaborateur du Gil-Blas, M. ISarbçt Boré Vieilli, qui l’est horriblement !
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Vainement, les coquins essaient de se donner un cachet artistique, grâce à un cynisme auprès duquel pâlira bientôt celui de Jean Hiroux. En réalité, ils dégénèrent. Ils perdent les bonnes traditions. Le « coupage de sifflet » d’Abadie a beau faire, il est vulgaire. Aussi, les chroniqueurs du grand monde comprennent-ils que l’auteur eû niât la paternité. Ah ! il n’en était pas ainsi au bon vieux temps, auquel la-France met le plus déplorable acharnement à ne se point laisser ramener.
« Les seigneurs barons étaient des coquins; mais ils ne manquaient pas d’allures. Us faisaient proprement,, d’un coup de sabre, sauter la tète de leurs vassaux, »
Chic suprême. On’ne le saurait nier : voilà, en effet, un admirable talent. Ne filoutez pas, mortels, assassinez, non avec un vulgaire surin, mais avec une belle dague de Tolède.
Que si vous en ôtes réduits à vous livrer aux uniques douceurs de la tire, mettez tout au moins des gants avant d’entrer en fonctions. Mme de Tilly enseignera devant vous à Marie Moyen l’importance de cette précaution en matière criminelle. En agissant ainsi, les circonstances atténuantes vous sont acquises sûrement. Et,tout compte fait, c’est justice. Car, si vous faites le porte-monnaie de votre victime, du moins vous ne risquez pas de tacher son pantalon. C’est toujours cela.
X
Je coupe dans un roman ces deux lignes :
Sœur Paul garda le silence.
Milia pensées contraires s’agitaient dans son cerveau.
Et je déduis de ces deux lignes cette réflexion :
Les pensées sont comme les petites bouteilles qu’on trouve sur la table de nuit des belles petites : il faut les agiter avant de s’en servir.
X
Pendant que la navrante question sociale est à l’ordre du jour et que les faits divers nous apprennent comment les femmes meurent de faim en pleine rue, le Sport s’ingénie à nous apprendre comment s’empiffraient nos derniers souverains :
Il semble, dit-il, que l’officialité de la table nuise aux plats qui la couvrent. Chez Louis- Philippe, comme plus tard chez Napoléon III, les dîners sentaient leurs repas de corps à dix francs par tête, vins compris, et depuis Louis XVIII, aucun chef du pouvoir exécutil n’a su manger en France. Il est vrai que sa table coûtait cher au royal épicurien, et qu’on a calculé qu 'un simple mf frais par les divers services où il passait, lui revenait à quarante- cinq francs.
Franchement ce devait être une immense volupté que crever de faim sous un monarque sachant gueuletonner avec un chic aussi suprême !
X
Une jolie coquille trouvée dans un journal financier, traitant la sempiternelle question du percement de l’isthme de Parama :
u Le percement de l’isthme de Darien ouvrirait, pour les rives du littoral Atlantique, sur le Pacifique,-un a B cès, qui, dans un avenir moins que séculaire, serait aussi durable que providentiel. »
Ouvrir un aBcès pour le rendre plus du- ■ râble, ô coquille, ma mie, voilà bien un des plus drôles de tes coups 1
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Les théâtres rouvrent en masse. Et, naturellement, tout en augmentant le prix de leurs places, les bons directeurs crient comme des sourds contre le droit des pauvres.
A les entendre, parce que les moindres cabotins se font payer un prix fou et que les frais de décors les ruinent, ils ne devraient plus payer cet impôt si juste, imposé sur le superflu au profit de ceux qui manquent du nécessaire. Ou bien alors, ils réclament une diminution dans le taux des droits d’auteur.
A vrai dire, nous n’avons pas une bien grande estime pour les gnafs dramatiques qui bâtissent, dans une langue'qui est au' français ce que le torchis est à la pierre de taillé, les pièces à la mode, à tiroirs, à grues et à bêtes, mais les directeurs qui leur prennent, — et souvent leur commandent les insanités en question nous inspirent une aussi maigre sympathie.
Us veulent éblouir le public par la mise en scène. Soit, c’est leur droit. Mais alors, qu’ils paient sans se plaindre, « qu’ils se taisent sans murmurer, » puisque nul ne les force à agir ainsi.
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Pour les punir d’abrutir sciemment et de pattti pris, le public, je voudrais même qu’on
leur fit payer doubles droits d’auteurs, et que ceux-ci partageassent avec les machinistes, les peintres-décorateurs, les dessinateurs de costumes, experts en l’art d’habiller le moins possible ces dames.
Quant aux animaux exhibés qui sont, tout comme les artistes précédents, les dignes et méritants collaborateurs des auteurs, ils recevaient leur part en nature. Sous aucun prétexte le directeur ne pourrait être autorisé à filouter les animaux féroces, en leur donnant en pâture des êtres incomplets comme Albert Wolff, ou de la viande insalubre comme sa belle-mère.
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Le bouquet nous est fourni par la Petite République française :
« Le tribunal du district de Furtb (Bavière) vient de condamner à un emprisonnement de huit jours à cinq mois et demi neuf étudiants de l’Université d’Erlanger, qui s’étaient battus en duel avec des armes pouvant donner la mort .»
Ces « armes pouvant donner la mort » me semblent si suaves que je m’abstiendrai religieusement de leur enlever la moindre parcelle de leur éclat par d’intempestifs commentaires.
Henry Yaudé.uont.
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Voyage circulaire en Suisse
( Jura-Bernois et Oberland-Bernols'),
Les Compagnies des chemins de fer de l’Est et de Paris-Lyon-Méditerranée ont organisé, comme l’année; dernière, un voyage circulaire qui permet aux touristes de visiter l’Est de la France et la Suisse (Oberland-Bernois), ainsi que les sites si pittoresques du Jura-Bernois; elles délivrent pour cette excursion des billets à prix réduits , valables pendant un mois, avec arrêt facultatif: sur les lignes de l’Est et de Lyon à toutes les stations du parcours, et dans Tes villes suivantes : Mulhouse, Bâle, Olten, Lucerne, Alpnach, Brienz (Giessbach), Interlaken, Thoune, Berne, Neuchâtel.
Cette attrayante excursion peut s’effectuer indifféremment en partant par la ligne de l’Est et en revenant à Paris par celle de Lyon, ou bien dans le sens inverse.
On délivre des billets à Paris (jusqu’au 30 septembre inclus) : aux gares des chemins de fer de l’Est et dé Lyon ; au bureau central des chemins de fer de l’Est, 50, rue Basse-du-Rempart ; aux bureaux de la Compagnie de Lyon : 88, Rue Saint- Lazare; 11, rue des Petites-Ecuries ; 6, rue de Rambuteau; 6, rue Coq-Héron ; 45, rue de Rennes; et a l’agence des chemins de fer anglais, 4, boulevard des Italiens.
Les prix des billets sont les suivants. — Viâ Belfort, Delle-Délémont, Bienne, l rs classe 136 fr. 25 cent., 2* classe 107 fr. ; — viâ Belfort, Mulhouse, Bâle, Délémont, Bienne : l ,e classe 142 fr. 55 cent.; — 2* classe 111 fr, 70 cent.
La Semaine théâtrale
A ne consulter que les colonnes Morris et le sous-sol de la quatrième page des grands palmipèdes quotidiens, nous serions, dès à
présent, en pleine saison théâtrale. Partout, en effet, cette expression bizarre, éminemment impropre « Relâche » dont se servent MM. les directeurs pour annoncer qu’ils ne fonctionnent pas, a disparu. Mais, en réalité, toutes ces réouvertures ne sont que des répétitions générales, des entrebâillements, des exercices préparatoires; tel directeur qui a renouvelé son lustre, ses tapis et son secrétaire n’a ouvert que pour exhiber ces nouveautés aux yeux des spectateurs ébahis; telle autre fait débuter sournoisement, dans une vieillerie, une petite étoile nouvellement montée au zénith, qu’un critique influent, en villégiature, a découvert à l’aide de son monocle, dans un trou quelconque de province et transformée instantanément en comète, astre errant, mais de première grandeur. Sur toutes nos scènes ce ne sont que pièces usées défraîchies, — sans rossignols, hélas ! — et des reprises, des reprises... à donner le goût du raccommodage à la plus indolente de nos charmantes lectrices!...
En réalité, les théâtres sont ouverts, mais on n’a pas frappé les trois coups... on n’en a frappé que deux.
Notre compte rendu de la semaine aura donc fatalement la forme disgracieuse d’un hideux procès-verbal. Que nos lecteurs nous 1® pardonnent et que leur colère retombe sur les directeurs qui reconnaissent si mal l’héroïsme du public, de ce bon public de septembre venu d’outre-mer, d’outre-Bhin, d’outre-province, avide de plaisir et qui n’hésite pas, dans lé fol espoir de s’amuser, à aller consciencieusement transpirer dans un fauteuil ou se liquéfier au fond d’une baignoire.
Le théâtre des Variétés a le premier attaqué l’ouverture; nous y avons retrouvé tous les excellents artistes qui font le succès de ce charmant théâtre : Dupuis, Baron, Judic, ce qui est fort agréable, mais nous y avons aussi retrouvé la Femme à papa, ce qui Test beaucoup moins. On annonce, pour la fin du mois, la Revue en avance ou Rataplan, de MM. Leter- rier et Vanloo. Que M. Bertrand soit béni 1
Puis viennent à la file toutes nos meilleures connaissances :
Aux Bouffes-Parisiens, les Mousquetaires au Couvent.
A l’Opéra-Coinique, Jean de Nivelle.
Au Vaudeville, les Députés en robe de chambre , par cette tempéiattire, c’est indécent.
A la Renaissance, Oiroflé-Qirofla.
A T Ambigu, le Mouchards etc. ...
Pour Dieu 1 messieurs les directeurs, laissons toutes ces conserves fermentées et servez- nous des aliments plus substantiels 1
C’est la grâce que je nous souhaite pour la semaine suivante, amis lecteurs. Ainsi soit-il!
J. de lâVerderie.
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GRELOTS
— Léon me trompe.
— Allons donc !
— Si, te dis-je, avec Arthemise.
— Tu as des preuves.
— Parbleu ! l’autre jour il lui a flanqué des giffles.
- «-)> -
J’ai un de mes amis qui ne crache pas sur la bouteille, et surtout dans ce qu’on met dedans.
Sa femme lui fait la queue, et cherche à l’empêcher de boire, alors savez-vous comment il l’appelle ?
■— Phylloxéra !
—«-»—
Un musicien fait recopier sa musique à un tel bon marché, que ceux qui le connaissent prétendent qu’il se livre à la traite des noires... et des blanches.
-«“)>-
J’ai connu une dame imbécile, qui pour avoir l’air d’une femme éclairée , ne s’habillait jamais qu’en robe de gau.
—«-»—
— Cet homme là! mais vous ne le connaissez pas vous ignorez donc qu’il bat les femmes?
— Bah 1 donnez-moi donc son adresse, que je lui amène ma belle-mère !
—«-»—
— Ma femme est enceinte.
— Tiens ! ah 1 c’est curieùx, je la croyais en Suisse 1
—«-»—
— Dînez-vous avec-nous, nous avons des huitres.
— D’Ostende ?
— Non, d’Orléans, ce sont les parents de ma femme.
—«-»—
— Mon cher, je n’ai pas eu de chance cette année, le jury n’était pourtant pas difficile, mais cependant il m’a refusé un tableau.
— Bah 1 et que représentait-il ?
— C’était le tableau de la mortalité de l’année.
—«-»—
Un bonapartiste tombe l’autre soir tout de son long dans le macadam liquide par suite de la pluie.
Ah 1 s’écrie Gringoire, voilà qui s’appelle joindre les deux boues.
—«-»—
Ce qui prouve bien que Rochefort n’est pas une croûte, c’est que c’est l'ami de Pain (Olivier).
Sülpice.
