LE GRELOT

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La table du conseil. Table avec tapis Perl. De nombreux Ferres d'eau sucrée.

L'amiral JAtmliGuiBERRY se livre à la con­fection de jolis petits bateaux en pépier.

M. Constans

Messieurs et chers collègues, je crois, sauf votre respect, que le moment est venu de montrer de la poigne et que les décrets...

M. J. Ferry -

Les décrets! lés décrets !.. ah! sapristi, cest moi qui en suis embêté!

Chœur général

Et nous donc!

M. Constats

Embêtés ou non, il faut marcher. Y a pas ! y a pas !

M. de Freycinet, onctueux.

Cependant... il me semble... quen patien­tant un peu...

Le général Farre, écrasant la table d'un coup de poing.

Sacré mille noms de noms de potences du diable!..

M. G-rêvy

Du calme, général!., du calme !..

M. CONSTANS

Le général a raison.

Le général Farre

Vous voulez donc quon se f... iche de nous ?

M. de Freycinet

Quen pense lamiral ?

Lamiral, qui a complètement perdu le seris. Papa, les ptits bateaux Qui vont sur leau Ont-ils des jambes ?

M. Constans, à pari,

Je vous répète que sous peine de passer pour ramolli, un gouvernement doit, quand il a adopté une ligne politique, la suivre jus­quau bout. Jajouterai que nous ne sommes ici' que pour exécuter la volonté du pays, représenté par la Chambre. La Chambre a voté, allons-y...

Le général Farre, cassant le dossier de sa chaise.

Constans a raison, sacré mille noms de noms de noms!..

M. Grévy

Du calme, général!., du calme!

M. de Freycinet

Quen pense lamiral ?

Lamiral d'une voix douce ,

Papa les ptits bateaux

Qui vont sur leau...

M. Constans

Amiral ! revenez à vous!., (à part) quel pur idiot 1..

M. Jules Ferry, pleurant,

Je veux garder mon portefeuille, na !

M. Constans

Et vous le garderez,' ibofbfett! en alWnf dff lavant!., sinon... couse'!..

M. de Freycinet, émollient,- Cependant... il-Me semble... quen patien­tant un peu !..

M. &>nsta-ns

Mon cher Freycinet, vous tournez au beurre de cacao... mais je crôîS partant que les der­nières élections on vOûs éclairer sur les vo­lontés du corps électoral.-.. îl a été assez carré, je pense... potrîqûoîdiable alors aller contre ; sesvœux ?'... il vous A prouvé quil était de votre ails..-, un peu de iterf, alors! et du balai à tous ees congréganistes, à tous cés roublards qui se moquent de vous et vous bernent!

M. de Freycinet, d'une voie éteinte, Cependant... il me semble...

M. Constans

Oui nous la connaissons ! vous l'avez déjà faite... et bien moi, je vous dis ceci, et carré­ment si vous nexécutez pas les décrets...

Le général Farre

En deux temps et trois mouvements !

M. Constans

vous donne ma démission.

Le général Farre

Et moi je vous la f..i iche!

M- Grévy

DU calme, général !.. du calme!..

M. de Freycinet

Et bien, soit... je me range à votre avis ..

Tous, avec un soupir de satisfaction.

Ali!

M. de Freycinet

Pour ce soir... mais demain, je démissionne à mon tour.

Le général Farre

Des blagues, alors!..

M. Grévy, soupirant,

Allez «donc gouverner avec ces gens-!., cest moi qui suis bien fâché de ne pas être à Mont-sous-Yaudrey !

Nicolas Flammèche.

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BLAGUÉS ET GNONS

Très amusant, lincident Zola-Ranc.

An fond les deux personnages,

Zola, cet insulteur actuel des républicains, que seuls, autrefois, les républicains ont em­pêché de crever de faim,

Et Rane, cet irréconciliable qui fit depuis si longtemps amende honorable aux pieds de Saint-Opportune, en robe de chambre et un article de six livres à la main,

Nous sont aussi peu sympathiques, lun que lautre.

Nous avons commandé à Le Petit un croquis les représentant en train de sc « pugilef. »

Au bas, cette légende :

Âsinus, asimm « Fricasse. »

X

Gùibollard à la bêtise féroce, parfois.

Hier, il aété sonner à la porte de M. Diebler pciur lui demander quand on exécutera les décrets.

X

Quel gâteux, mon Dieu! quel gâteux!

M. J. FerrY

Ce Constans est dun prelsè.v.

M. Constans

Mais cest vous, grand lâcheur, qui devriez lêtre!., quand lon a, comme Vous,mis le fëü aux poudres, il faut tirer le bouquet.

On parle vivement dannexer la Bolivie au Pérou.

Il vaudrait mieux pour ce dernier état quil réussisse à mettre un pied dans son guano.

Ceia lui porterait sans aucun doute bon­heur.

X

Riza-Pacha, sétant mis sous la protection des Albanais, sest vu immédiatement con­

damner à mort par ceux-ci, prenant pour prétexte que sa conduite leur semblait lou­che.

« Zuze un peu, mon bon ! sil ne sôlait pas mis sous leur protection, »

X

On continue à soccuper beaucoup des odeurs de Paris.

Gùibollard, déjà nommé, a sentencieu­sement déclaré que les grandes villes seront toujours insalubres tant quon naura pas pris soin de les bâtir à la campagne.

X

Tout le monde est daccord que les dites odeurs ont en grande partie pour cause les vidanges que lon verse en fraude dans lé­gout.

La législation actuelle est insuffisamment armée pour réprimer ces délits.

Aussi va-t-on réformer cette législation...

Et, au lieu de tolérer quasiment ces vidan­ges, les déclarer obligatoires.

X

Il est vrai quon jettera do leau en masse pour assainir les égouts.

Mais comment assainira-t-on ensuite cette eau?

Nous connaissons nos administrateurs.

Ils lenverront tout bonnement à la rivière, et la déclareront ensuite devenue Seine.

Conclusion :

Le comble du toupet me semblerait actuel­lement réalisé par un parfumeur qui mettrait actuellement en vente un nouveau parfum intitulé :

Odeur de Paris.

Et qui aurait, de plus, lidée de donner en prime, à tout acheteur de six flacons, le bou­quin de Veuiliot du môme nom.

X

Bizarres zig-zags du raisonnement :

Parler des odeurs de Paris me fait songer au parfum des bottes.

Et, à propos de bottes, me surgit cette dé­finition:

Mariage Oui, qui, prononcé par la femme, entrain© pour elle la perte de son nom.

X

Je viens de lire le compte-rendu dun pro­cès d 'homicide par imprudence.

Bonne récompense à qui me procurera maintenant cette douce satisfaction, me faire assister à un procès d 'homicide par prudence.

X

Les hirondelles se préparent à permuter avec les marchands de marrons.

Quand aux corbeaux, le ciel a beau se faire pour eux aussi noir que leur plumage, ils persistent à se cramponner aux branches de ce pays-ci.

Us volent plus bas, voilà tdht.

X

Et que pensez-vous de De Dion, linqua­lifiable agresseur de Scholl?

Un pauvre garçon, qui, dans cette cir­constance me semble avoir raisonné comme ma pantoufle.

Soit. Mais raisonner comme une pan­toufle ne saurait excuser qu'on abuse à ce point de la savate I

X

Penser que toute la dernière crise ministé­rielle a eu pour unique raison le tribunal des conflits...

Et que pas un des ministres n'a eu lidée de

orter le différend pendant devant ce tri-

unal...

Voilà qui nous donne une bien pauvre idée de lintelligence de nos gouvernants.

X

Après la compagnie dOrléans, voici la Cie de P. L. M. qui va rembourrer les banquettes des wagons de troisième classe pour les longs tra­jets.

Get exemple contagieux ne saurait manquer dètre, dans le plus bref délai, suivi par les autres.

Attendons-nous maintenant à voir un hy­giéniste fantaisiste du grand monde deman­der à ce quon décapilonne les wagons de pre­mière classe.

X

Jai entendu discuter sérieusement, par des utopistes, la question de tenir un grand con­grès lon rétablirait définitivement lhar­monie dans le concert Européen.

Jai haussé les épaules et proposé comme lieu de réunion.devinez ?

Soissons.

X

Il y a 4o dépotoirs dans les environs de Pa­ris, dit le Gil Blas. Cest exact, M. Dumont, sans compter ceux qui se prélassent dans lintérieur.

De ceux- vous en connaissez bien tin, nest-ce-pas ?

Allons, ne faites pas lignorant, vous avez le nez dessus 1

X

Lempereur dAllemagne a passé lautre jour une revue dun extraordinaire éclat.

Une foule immense y assistait, enthou­siasmée.

Au retour, les bons Allemands, se tenant le ventre, ont pu méditer la beauté de cette métaphore par laquelle les gavroches parisiens désignent le jeûne :

Voir passer les dragons.

La pluie aidant, four complet de linaugu­ration de la statue de Thiers. Lhistoire ' de lhomme partisan des armées permanenles à long temps de service, du remplacement, des anciennes diligences, du bureaucratisme, du cens électoral et du protectionnisme, com­mence à se faire jour par-dessus la"onde du libérateur du territoire. °

Le Thiers daujourdhui nest pas le tiers de ce quétait le Thiers de 1877.

Lan prochain, il ne sera plus que le Karr (Saluez feu Alphonse).

Amen !

X

Linfante dEspagne née naguère, a. son acte de naissance au tiers rempli par ses prénoms.

Je plains Vaboyeur qui sera chargé de lap­peler à jouer un grand rôle.

X

Dimanche dernier, jai profité du beau temps pour aller cueillir à Asnières, avenue dArgenteuil,. lannonce suivante, qui me ser­vira de mot de la fin :

Hippoi.yte, coiffeur A la fleur du rasoir.

La fleur. Pourquoi pas la feuille?

Buridan

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ZIG-ZAGS

Tout »Y la joie... ah! ah! ah!

Tant pis, ma foi ! comme la situation est au fond, plus comique que tragique, nous nous réjouissons de bon cœur de lavoir prédite.

Ne nous posons pas toutefois en prophèfes par trop impeccables.

Quand nous avons vu le gouvernement faire la sottise de larticle 7, anti-libéral et dune inefficacité évidente, nous lui avons crié casse-cou.

11 nen a tenu compte et a marché depuis de sottise en sottise...

Remplaçant larticle 7 par les décrets.

Et, finalement, nexécutant pas ceux-ci ce qui met le comble à toutes ces maladres'ses accumulées.

Nous navions pas toutefois osé prévoir que ce comble serait tel que que le ministère suc­comberait tout seul sous le poids de ses propres

fautes...

Cest ce qui vient de se faire.

Sans être attaqués par personne,

A. peu près laissés en paix par tout le monde et à peine taquinés par dimpuissants couds dépingle. 1

Nos ministres se sont étalés comme des ca­pucins de cartes...

Tel le cerveau dun hydrocéphale tombe tout seul en déliquescence.

Plu» ça changera, plu» ça sera la même chofte*

Le drôle de laffaire est que cette leçon ne parait nullement devoir être profitable "à qui­conque.

Le cabinet Freycinet sétant écroulé pour navoir pu exécuter des décrets inexécutables, on songe à le remplacer par un autre qui, au lieu de chercher à tourner cet obstacle, labor­dera plus résolument, plus de faée encore.

Il en résulte donc que lavenir nous laisse très peu perplexes.

Il sera, à nen pas douter, la pure et simple continuation du passé.

La France a quitté la vraie voie droite des principes pour se jeter dans les sentiers, aux sinuosités capricieuses, de larbitraire

Elle aura beau sy rallier aux côtelettes noires de M. Ferry, elle ne saura trouver der­rière celles-ci chemin de la victoire.

Trop tarder nuit.

Un seul fait pourrait enfin changer la face des choses et imprimer-à leur marche une di­rection, sinon bonne, du moins décisive:

Ce serait que M. Gambetta se décidât à quitter la présidence de la Chambre pour celle du conseil.

Mais va-t-envoir sils viennent, Jean.

Lhabile cygne de Cahors laisse déblayer le terrain par les autres...

Il est, vraisemblablement, grand partisan de Ce principe :

Comme fait faire son lit on se couche

Qu'il prenne garde toutefois de se montrer trop habile, et, pour avoir trop tardé à prendre la queue de la poêle, de finir par sy faire frire.

Il a eu, durant toute cette législature, le pouvoir sans en avoir la responsabilité.

Il se pourrait bien quà la prochaine, il se vit contraint daccepter toute la responsabilité en étant loin, celle fois, de posséder tout le pouvoir.

Un coup de cuirassés dans l'eau.

Autre chose que nous avions prédite encore :

Les embarras que nous nous mettions sur la planche en apposant notre signature au bas de cette gigantesque fumisterie, devant la­quelle lhistoire sinclinera gravement, et qui a nom: Congrès de Beilin.

Simple formalité, disait-on aloi\s.

Et voici quaujourdhui, pour he pas laisser protester cette signature, nous smnrnesobligés de protester nous-mêmes et denvoyer-bas trois vaisseaux blindés en guise dhuissiers.

Nous doutons dailleurs que ces vaisseaux, unis à ceux des autres puissances, parvien­nent & manifester autre-chose que leur im­puissance.

Ils paraderont tant quil leur plaira devant Dulcigno, les Albanais e soucient comme de voir pleuvoir. »*

Attendant aVftC une patience Hurons quil se mette à pleuvoir, ët à Venter, c® qui du reste, ne saurait tarder.

HTA ce moment, les gros vaisseaux qui ne vont que sur leau et très facilement au fond, cesseront de gueuletonner entre eux comme ils le fout depuis quinze jours: