LE GRELOT
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oute personne de la province qui s’abonne à des journaux ci-après, par l'entremise de M. ors, directeur-gérant du Grelot, 81, rue Neuve- - Petits-Champs, à Paris, a droit à un abonnait gratuit au journal le GRELOT, savoir :
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'ris par l’entremise du Grelot, les abonnements jus les autres journaux de Paris donnent éga- ent droit à la Prime pendant un temps plus ou ns long.
eînards k Martyrs, va!
riche salon du faubourg Saint-Germain .— M. et Mme de la Jobardière so r t assis et semblent causer avec animation.
Mme de la Jobardière Je vous dis, monsieur, et je vous répète e c'est une honte pour notre nom de la bardière!
M. de la Jobardière Comment, madame ?
Mme de la Jobardière Vous avez agi comme un pingre !
M. de la Jobardière Ah ! permettez!.,.
Mme de la Jobardière Madame de Fruitsec a recueilli trois cannes,
quatre oblats et six dominicains, tandis que vous ne m’avez ramené que deux capucins. Ah, fi !...
M. de la Jobardière
Mais quand je vous dis qu’ils étaient les seuls qui restaient !
Mme de la Jobardière Il fallait vous remuer, vous inquiéter, en trouver d’autres, que sais-je, moi ! Une maison comme celle de la Jobardière qui ne recueille que deux capucins, c’est pitoyable!... Et où les avez-vous fourrés ?
M. de la Jobardière
Le plus grand, vous savez?... un homme superbe... taillé en fort de la halle?...
Mme de la Jobardière
Oui... Après ?
M. de la Jobardière
Je l’ai installé dans ma chambre... or, comme elle est mitoyenne avec la vôtre, si, la nuit, vous aviez besoin de vous débarrasser de quelques péchés... vous auriez sous la main un confesseur tout trouvé.
Mme de la Jobardière Et je pense m’en servir... j’ai, depuis que je suis revenue de Trouville, la conscience d’un chargé!... Sainte Clotilde est encore un peu loin de l’hôtel, tandis que comme cela... et ce saint homme de capucin a-t-il tout ce qu’il faut ?
M. de la Jobardière
Tout ce qu’il faut. . pour quoi ?
Mme de la Jobardière Mais pour confesser, parbleu! Vous faites parfois des questions !...
M. de la Jobardière
C’est qu’aussi, madame, vous ne vous expliquez pas toujours avec la clarté désirable. Mmb de la Jobardière Si vous ne comprenez pas, mon cher, c’est que vous ôtes... bien naïf.
M. de la Jobardière
Enfin, madame, le père supérieur m’a affirmé que notre capucin n’avait pas son pareil pour la confession. Il paraît qu’il peut confesser sept ou huit heures par jour sans se fatiguer.
Mme de la Jobardière Le saint homme !... oui, la grâce peut produire parfois de ces résultats extraordinaires... Vous auriez dû vous faire capucin, mon cher marquis.
M. de la Jobardière, avec une nuance d'étonnement.
Moi, madame?... et pourquoi cela?...
Mme de la Jobardière Pourquoi... parce que... 1a. grâce vous aurait probablement touché aussi, et qu’alors... M. de la Jobardière, la louche ouverte comme un merlan frit.
Alors ?...
Mme de la Jobardière, haussant tes épaules. Rien... Et le petit?
M. de la Jobardière Le petit... qui?
Mme de la Jobardière
Le petit court?... l’autre capucin?... l’autre saint homme, où l’avez vous mis coucher?
M. de la Jobardière, innocemment.
Avec la bonne.
Mme de la Jobardière, bondissant
M. de la Jobardière!... vous dites des choses! !... ah! pouah!..
M. de la Jobardière, ronge comme une pivoine.
Non... pardon... je voulais dire... dans la chambre à côté de celle de la bonne.
Mme de la Jobardière
Pourquoi pas dans la vôtre?...
M. de la Jobardière
Mais parce que... l’autre persécuté... l’autre martyr... le capucin taillé en force y est déjà.
Mme de la Jobardière
Ah! bon... j’avais oublié.
M. de la Jobardière
Et puisque le petit capucin m’a dit qu’il s’était voué à la régénération des domestiques, qui, à l’heure qu’il est, sont d’un dévergondage!...
Mme de la Jobardière
Le fait est que ces espèces sont d’un débraillé !... on ne peut plus les tenir.
M. de la Jobardière
Le petit capucin m’a affirmé qu'il tiendrait Justine, lui, et qu'il avait pour cela une oraison spéciale qui ne manquait jamais son effet.
Mme de la Jobardière
Allons, je vois que les choses sont mieux arrangées que je ne l’avais cru d’abord, et qu’ainsi, grâce à ces crocheteurs de républicains, toute la maison de la Jobardière va faire son salut.
M. de la Jobardière, avec un sourire bête.
Qu'est-ce qui aurait dit ça, pourtant?
Mme de la Jobardière, levant les yeux au ciel.
Les vues du Seigneur sont infinies !...
Nicolas Flammèche.
■-♦-
ZIG-ZAGS
B* Profundi»,
Pauvre cabinet Ferry !
Il aura vécu ce que vivent les roses, dont il n’avait cependant ni le parfumni le charme,— à aucun degré !...
Né on ne sait pourquoi, on ne sait de quoi, il est mort d’un rien, dès qu’il a affronté le feu de la rampe parlementaire.
Il réalisa cCertainement l’idéal de la nullité.
Il n’eut point de causes.
Ne produisit nul effet.
Et mourut sans raison.
Infortunés ministres !
Ils furent 10.
Mais l’unité leur fit défaut.
Résidu net : Zéro.
Voilà le moment de se montrer, cachons-nous 1
Ce qui m’amuse le plus là-dedans, ce sont ces braves gens qui se demandent avec anxiété :
— Maintenant que va-t-on faire ? Car le moment est enfin venu d’agir.
— Eh 1 parbleu! justement, on ne va rien faire.
On a usé de tous les moyens capables de servir de trompe-l’œil aux badauds.
A présent, il faut faire de la besogne, — bonne ou mauvaise, — mais enfin, il mut eu faire.
L’heure est venue de se montrer.
Raison de plus pour que tous cherchent à se cacher.
Vous allez voir la jolie petite partie de cache- cache que vont nous jouer tous ces gens-là !
hes faux travailleur» de l'avenir
Peut-être finalement les gros bonnets finiront-ils par se décider à prendre la responsabilité du pouvoir qu’ils exercent.
Ouvrons une parenthèse pour convenir que n’auront pas tort ceux qui trouveront ici singulier de nous voir parler au pluriel.
Et reprenons la suite de notre argumentation en prévoyant comme possible une reprise énergique des affaires de l’industrie législative.
Seulement les patrons, en vrais roublards, savent parfaitement qu’ils sont susceptibles de faire une prochaine faillite, grâce à laquelle tout ce qu’ils signent actuellement sera tout net annulé.
Leur acte de Société prend, en effet, fin à celle de l’année prochaine.
A ce moment, la liquidation s’opérera forcément.
Tout ce qui n’aura pas été visé par le Sénat sera de plein droit considéré comme nul et non avenu.
Or, la Chambre connaît assez son Grand Conseil des communes de France pour savoir que plus elle lui donnera de lois à ratifier, moins il en ratifiera.
Elle ne court donc aucun risque & accumuler. dès maintenant, réforme sur réforme.
Tous ces projet» tomberont dans l’eau l’automne prochain.
Us ne seront pas refaits.
Et nous le serons, nous... refaitsl
lîngoulade posthume.
Le chacalisme n’a jamais été notre idéal comme profession.
Néanmoins, dans les circonstances actuelles, aucun ministre n’étant vivant, nous espérons qu’on nous pardonnera de taper sur un mort.
Ledit mort est d’ailleurs le peu sympatique Jules Ferry.
Oncques il ne nous a paru plus ridicule que lorqu’il a déclaré qu’il tenait à respecter les couvents de femmes.
Comme M. comme un quelconque des
grands hommes de province qui composent la majorité actuelle, nous demandons pourquoi.
Les Français sont égaux devant la loi, — elle-même le dit.
N’en est-il point de même des Françaises ?
Et M. Ferry ne frémit-il point en songeant aux abimes d’inquiétudes dans lesquels sa nouvelle méthode d’interprétation du Code va jeter les Auvergnats ?
Baudry-d’AiMon
Il appartenait tout naturellement au Sénat de donner dans to\it eeci la note burlesque.
Il l’a fait d’assez gente façon.
Tonner contre un gouvernement à terre c’était bien.
Mais il est écrit que ce pauvre Baudry ne fera jamais rien d’une façon supérieure.
Se faire censurer et exclure pour injures à un gouvernement mis à la porte, c’est là un comble de ridicule que le seul M. Baudry- d'Asson était capable de réaliser.
Gringoire.
SKATING-BIÊRE
OD
L’astieot de la Providence
(Traduit de l’Anglais)
CHAPITRE I
C’o*rt ïei ^nc le lecteur ne comprendra rien.
Neuf heures trente-cinq minutes sonnaient la pendule du Vidamede laRatichonnardière, ais on n’entendait pas grand’ chose, parce le le timbre était cassé, lieux croque-morts débouchaient d'une rue ai n’existe pas, et se dirigeaient vers le cime- ère'd’un petit village des environs de n’im- irte où, plutôt de Lyon cependant.
Ces deux hommes distingués transportaient n grand étui à violon qu’ils secouaient à tout >mpre, car ils dansaient tout le long du che- in. Quel était ce mystère?
CHAPITRE II
L'Odéonicide.
Sur ccs entrefaites, c’est-à-dire Irons jours vant les évènements qui précèdent, < jt même mx qui suivent, un homme déjà viei îx et qui araissait bien soixante ans, quoiq u’il n'en ùt que quatre-vingt-dix-sept, venant < Je perdre s parents depuis cinquante-trois au s, en eon- .it un tel désespoir, qu’il prit le parti d’en nir avec-son existence désormais eim 1 ioisonnée t il se rendit à l’Odéon.
Cat homme, quoique vieux, était i m ancien usbate dit : Ykommme Caoutchoux : pendant uelques instants, il lutta contre l’e innui, il se ramponna à l’existence par un inslÿtnct natu- el de conservation, mais ses forces -Jrahissen
son courage, et il rendit à la fois le numéro de son vestiaire à l’ouvreuse, et l’âme entre les bras de son fauteuil d’orohestre.
K 'homme Caoutchou s’était tellement raccorni par le froid, qu’il n’était pas plus gros qu’un beau cornichon, qu’après mille recherches, qu’on le retrouve dans le cabas de sa voisine.
Une dernière convulsion l’avait, fait rebondir dedans.
CHAPITRE III.
Les É’iméraillc»
Un brocanteur rempli de cœur et de taches de graisse, saisi de compassion pour une aussi grande infortune, exprima le désir de fournir le cercueil, et il se fendit d’un vieil étui à violon légèrement démanché.
Par' les papiers trouvés dans son chapeau, on apprit que ce mort avait un caveau en province, on l’y expédia.
L’inhumaiion devait avoir lieu deux jours après.
Le convoi fut civil, et personne ne connaissant ce monsieur dans le village n’assista à la cérémonie.
CHAPITRE IV
Temps
Le temps était nuageux, mars chaud, et les deux fonctionnaires qui transportaient Réean- cire — l’homme caoutchou — avaient abominablement soif.
Rongé, l’aîné, proposa à Sui Far, le plus jeune, de profiter de l’absence de la famille, pour prendre un cordial généreux-
On déposa l’étui'le long d’un mur portant ces mots :
Oran dévots dévré . zamits
et on engagea un tournoi. jt acifique sur un inst’ument connu sous le net n de tourniquet, ainsi nommé parce que c’est.„ . parce que c’est en effet un tourniquet.
CHAPITRE V
Apparition de l'Asticot de la Providenee.
Abandonnons pour un moment les lutteurs du nommé tourniquet et visitons l’étui.
Bécancire avait quitté cette vallée de misère depuis deux jours ; il ne se sentait pas fairOj mais il n’en était pas de même du ténia qui avait son domicile électoral dans son intérieur, et ce dernier voyant qu’on ne dinait plus commençait à la trouver mauvaise.
Secoué, trimballé, voyageant en chemin de fer, la peur l’avait fait taire, mais une fois tranquille le long du mur, il reprit courage, et résolut d’aller aux informations, afin de savoir ee que signifiait la conduite insolite de son propriétaire.
Ce ténia trouva la porte, mit le nez à sa fenêtre d’architecture bizarre, et par les fentes de l’étui, il sonda le lieu où il se trouvait.
Il regardait les affiches, la loi sur l’Ivresse accrochée au-dessus du comptoir, le thermomètre, les bosquets peints en lilas sur lp papier fond bleu de l’établissement.
Il regardait les messieurs qui jouaient au tourniquet, bref, il s’amusait ce ver, il riait et s’enhardissait. Il passa non seulement la têto, mais la moitié du corps par l’ouverture de récria funèbre, quand tout à coup, un bruit, sourd d’abord, mais formidable à mesure qu’il avançait, vint frapper ses oreilles.
Quel était ce bruit ?
C’était une diligence qui arrivait de la Mu- latière.
Effrayé, oubliant toute prudence, il résolut de fuir.
Le premier effort du ténia fut couronné de succès, il franchit presqu’entièrement la boile à violon, mais, oubliant que la veille il avait fait un nœud à sa queue pour se rappeler quelque chose, le nœud fatal l’obligea dé S’arrêter.
Rentrer, détruire l’obstacle, c’était un temps précieux de perdu. S’armant alors d’un courage héroïque, il prit l’élan du désespoir, qui centuplait ses forces, et il se mit à traîner et son propriétaire et l’étui.
CHAPITRE VI
Où le litre »c justifie
Les croque-morts tourniquaient toujours, mais le bruit de l’étui-corbillard les rappelant à la réalité, ils lèvent le nez en bas, ils veulent saisir l’asticot par le collet, mais c’est en vain, il court, il vole, et la boite à violon file comme un trait.
— Il a le mors aux dents ! s’écrie Rongé, qui, de désespoir, en arrachait les cheveux du marchand de vins, courons tout de suite après lui.
L’asticot, malin comme un singe, courait en sens inverse de la diligence, afin de ne pas se faire écraser, se dirigeant du côté du cimetière, ce qui consolait un peu les croque- morts, car ils ne s’éloignaient pas leur chemin.
A bout de forces, le ver solitaire, trouvant une porte ouverte, s’y réfugie, épuisé, il cherche une cachette, et de lui-mème, pour échapper à la mort, il se suicide, en se jetant tète première dans un (rou qu’il aperçoit.
Etrange, étrange, c’était justement la fosse préparée pour Bécancire,
CHAPITRE VIII.
Morale.
C’est ici que nous devons admirer le doigt do la Providence :
Les croque-morts, éreintés de leur course folle, punis de leur intempérance, attrapèrent un gros rhqjna, et un pharmacien pieux leur vendit de la bonne réglisse, — récompense de sa foi vive. Et Bécancire ayant manifesté le désir d’être enterré civilement, Dieu ne permit pas qu'il eût sa dépouille transportée par la main des hommes.
Seulement c’est l’asticot qui n’a pas eu de chance dans cette affaire là !
Polir traduction fidèle ,
Charles Leroy.
