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UN HOMME UTILE
Je lisais ces jours-ci, dans le compte-rendu d’une séance du Conseil municipal, qu’une pétition demandait le rachat par la Ville de Paris du matériel du Gymnase Triât.
Ce serait un acte de justice et une bonne action.
Triât a été le véritable créateur de la gymnastique rationnelle.
D’autres sont venus qui ont profité de ses recherches, de ses études, de ses inventions.
Son gymnase de l’avenue Montaigne était une merveille.
. Malheureusement, ce gymnase était bâti sur un terrain appartenant à la Ville.
Le percement d’une rue fit exproprier cet établissement, qui n’avait pas droit à une indemnité.
M. Triât ne se découragea pas ; il en construisit un autre — moins grandiose, il est vrai — dans la même avenue : il perfectionna ses appareils, et inventa ou popularisa l’hydrothérapie.
Plus tard, il voulut mettre en pratique une idée depuis longtemps méditée par lui.
C’était un établissement immense dans lequel on aurait réuni tous les genres de sport.
J’ai sous les yeux une gravure de 1 mètre 20 de longueur sur 80 centimètres de hauteur. C’est magnifique.
Une nomenclature abrégée m’est seule permise ici.
Il y aurait eu des salles de gymnastique pour tous les âges et pour tous les sexes; pour les écoles, les lycées, l’armée. Un champ de courses, des tirs et des jeux de toute sorte; des salles de concert ; dés salons do lecture, de conversation, etc. ; le tour de l’ile devait servir à des régates; les jours de grande attraction on aurait pu y réunir 30 à 60,000 personnes.
Malheureusement, la guerre insensée qu)E- mile Ollivier voyait « d’un cœur léger », vint anéantir tous ces projets; l’œuvre merveilleuse que rêvait Triât pour couronner sa carrière fut anéantie.
Pendant le siège de Paris, un cluh républicain siéga au Gymnase Triât.
Un jour que Ton discutait sur le travail des femmes, un groupe de réactionnaires voulut faire du « boucan », commedepuis ilseniirent à la Chambre des députés.
Triât posa sa puissante main sur l’épaule du plus titré, du plus robuste, du plus turbulent et le conduisit, tenu ainsi, jusqu’à la porte.
— Je serrais ferme, me dit-il en me racontant l’épisode.
Mal lui en prit.
Après la Commune, Triart — qui n’avait commis d’autre « crime » que d’avoir accepté lek fonctions de directeur d’un gymnase communal pour le VIII 0 arrondissement — fut arrêté et conduit à Versailles.
L’officier qui commandait le convoi, avait agrémenté le trajet en faisant mettre trois fois Triât contre un mur pour le fusiller.
C’est de Triât lui-même que je tiens ce fait.
Il fut envoyé aux pontons de Brest, où il resta prè- d’un an.
Quand je le revis, quel changement dans cet homme magnifique, dont le buste olympien sculpté par Adam-Salomon, attirait tous les regards à l’Exposition de 1869.
Depuis, la déveine ne quitte plus Triât.
Il fut obligé de quitter l’avenue Montaigne et établit son gymnase rue du Bouloi.
En achetant'le matériel du Gymnase Triât, la Ville de Paris fera une bonne affaire et une bonne action.
La pétition qui fait cette demande est signée par Mlle Mirza Allix.
C’est une femme distinguée, qui depuis nombre d’années gérait le Gymnase de l’avenue Montaigûe; elle fut associée au labeur incessant et à toutes les bonnes œuvres de cet homme de cœur.
j’en parle pertinemment.
Encore un mot.
Carjat racontait dernièrement que Darcier, qui est ou était très fort, — il portait, les bras tendus, sur chaque main, un poids de cinquante, — entendant dire que Triât enlevait un haltère de deux cents livres, se rend avenue Montaigne et dit au professeur en lui montrant les deux boulets de fonte :
— Vous soulevez ce joujou-là?
— Parfaitement.
— Elle est raide.
— En douteriez-vous?..,
— Non, mais je voudrais... voir;
— Soit... Faisons une gageure.
— Laquelle?...
— Je rais essayer d’enlever l’haltère dans les règles, mais, si je réussis, en échange, vous me chanterez quelque chose?
— N. de D. ! Si vous faites ça, tout ce que vous voudrez. Vous avez un piano?...
— Oui, là-haut, au premier.
— C’est dit, allez-y;
Triât retrousse ses manches, se baisse, empoigne la lourde masse, et après l’avoir — en observant tous les temps — soulevée au-dessus de sa tète, la lance au loin dans l’arène où elle va s’enfoncer dans le sable.
Darcier, qui avait suivi tous ses mouvements avec une angoisse admiralive, n’y peut tenir. Dompté, il court à lui, serre ses mains, l’embrasse et lui dit d’une voix étranglée par l’émotion :
— Vous êtes un rude lapin 1 Montons. C’est à mon tour, vous allez voir!...
Et souriant; radieux, leste et souple comme un jeune chat, il grimpe l’escalier, ôte son habit, son gilet, fait sauter le bouton du col de sa chemise, se met au piano, et pendant toute la nuit, admirable, tragique et comique à la fois, chante comme il n’a jamais rechanté depuis.
Et M. Carjat n’a pas parlé de ce que j’appellerai le bouquet ;
Triât faisait le - tour de son grand Gymnase
— le premier — avec un poids de 2,400 livres sur son dos. ■
Je ne crois pas queMilon de Crotone en eût fait autant.
Et cet homme si splendidement constitué, qui semblait devoir vivre un siècle, est mort à 68 ou 69 ans, foudroyé en une seconde par une attaque d’apoplexie. Pichenette.
©mnto % lErnsoiîgFs;
La commission d’enquête de Cissey vient enfin de terminer ses surhumains travaux.
Remarquez tout d’abord qu’on en avait si bien prévu le résultat que l’on avait négligé de mettre de Cissey en lieu sûr. Au cas où des preuves de sa culpabilité ayant été saisies, la Chambre aurait conclu à des poursuites, il lui aurait donc été loisible d’assurer la sécurité de sa peau en allant dire un petit bonjour à Bazaine, de lautre côté de la frontière. C’est même là une chose si simple qu’il y a lieu de s’étonner que ledit Bazaine n’y ait pas songé. Cela lui eût évité de bien mauvaises journées à Trianon et une détention toujours ennuyeuse, bien qu’il sût devoir sous peu la suivre en voyage.
Mais sans plus longtemps épiloguer sur des possibilités devenues aujourd’hui impossibles, donnons la conclusion des conclusions de la commission d’enquête.
En résumé :
L’enquête a porté sur trois points :
1° Accusation de trahison et de concussion contre M. le général de Cissey ;
2° Conduite de quelques fonctionnaires;
3° Abus dans l’administration de la guerre;
Nous avons l’honneur de vous proposer les conclusions suivantes :
Sur le premier point :
A l’unanimité, il n’y a pas lieu de retenir l’accusation de trahison et de concussion portée contre M. le général de Cissey, ministre de la guerre.
Sur le deuxième point :
La Chambre exprime un blâme pour les agissements de quelquee fonctionnaires de la guerre.
Sur le troisième point :
La Chambre renvoie à la commission du budget la dernière partie du rapport.
Que voilà de belle et bonne besogne bien et promptement faite.
Le blâme des agissements de quelques fonctionnaires, qui gardent l’anonyme et leur place me parait surtout un pur chef-d’œuvre.
C’est un réel progrès sur le vote de flétrissure infligé aux Seize Mayeux.
— Eh quoil il est des gens qai ont l’impudeur de tutoyer le budget et de faire du fourbi sur le fourniment de nos pauvres piou-pious ! Mais cela peut nous mener, 1870 nous a montré on sait où. C’est un crime de lèse-patrie ! Eh bien 1 nous ne nommerons pas les coupables pour cette fois, afin de ne pas trop les humilier devant leur concierge. Mais s’ils recommencent. Ah! s’ils recommencent..., nous leur dirons tout net ; « Ce n’est pas beau, na! »
Franchement, quand on est doué de cette énergie, je ne conçois pas qu’on soit dévoré de l’ambition d’embrouiller les affaires publiques. Pauvres gens, que de soucis ils se créent, alors que se faire cocufier et gifiler jiar leurs femmes quand ils auraient mal torché le marmot ou oublié d’écumer le pot au feu suffirait si amplement à leur bonheur !
X
Ejusdem... canardæ, l’histoire du carme Sébastien, fort comme pas un en mécanique :
j C 4 est le père Sébastien qui, après avoir étudié l'hydraulique (sans avoir étudié l’hydraulique . eût été plus miraculeux), construisit pour . Louis XIV les jets d’eau de Versailles.
Le duc de. Lorraine voulut l’avoir dans ses états; le tzar Pierre le Grand le combla de marques d’estime et but dans le même verre que lui.
Ceci doit être vrai. Pierre le grand, on le ' sait, n’était pas dégoûté, et, lorsqu’il travaillait en Hollande comme ouvrier charpentier, ne craignit jamais de fumer la pipe d’un de ses compagnons, même notoirement atteint de ( maladie contagieuse. Ergo....
Henry Vaüdémont.
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GRELOTS-FINANCE
La semaine qui vient de s’écouler a été un entracte entre la souscription à l’emprunt et 1 l’ouverture de la liquidation du mois ; les craintes passagères de crise ministérielle ont un peu alourdi le marché.
Le classement des titres de l’emprunt nouveau s’est fait sans peine ; ils ont leur dernier cours à 83 47 1/2, soit 2 22 1/2 au-dessus du prix d’émission. Cela ne signifie pas cependant que ces titres soient définitivement classés ; c’est un travail qui exigera probablement plusieurs mois ; mais tout indique que ce travail se fera régulièrement et sans encombre.
La souscription à l’emprunt a eu pour résultat de faire retarder l’apparition de bien
des affaires qui étaient prêtes à voir le jour ; aujourd’hui, rien ne s’oppose plus à leur éclosion et Ton peut-être assuré que les créations nouvelles ne feront pas défaut. Le Crédit Lyonnais fait appel aux capitaux de ses croyants et de ses fanatiques, car il y a des gens qui se feraient écorcher vifs si seulement on exprimait devant eux la moindre crainte au sujet dé cet établissement financier. Cependant quand on a vu bâtir, démolir et qu’on voit reconstruire l’immense immeuble du boulevard des Italiens, on peut se demander si les personnages qui sont à la tète de ce Crédit ont véritablement tout leur bon sens. Je ne parle pas du « Double alphabet » de succursales qu’il possède dans Paris et qui, je-crois,
ne sert pas à grand’chose.Mais tout c,ela ne
me regarde pas et je reste muet, car je tiens à ma peau... Je ne veux pas être écorché vif.
Ou parle d’une vente de 12,000 obligations de la Société immobilière du quartier maritime de Bacalan-Bordeaux. L'affaire est offerte à des conditions mirobolantes... mais j’engage mes lecteurs à ne pas se laisser séduire par tout le tapage qu’on fait ou qu’on fera sur cette affaire... c’est de la réclame... pas autre chose.
Job.
f 1 —i i ih ii m i —M raaBmwcni—— whim—iiumw—
Comptoir de la, Bourse Parisienne.
— Le marché de cette valeur devient plus large chaorue jour et ses actions sont très recherchées ; il en est de même des autres actions du groupe ; Dentellière et Compagnie Hi- giénique de Vidanges et d'Engrais.
Cette dernière Compagnie vient de réaliser de très importants traités, et la Dentellière ne va pas tarder à faire parler d’elle ; nous recommandons l’achat des actions de ces trois Compagnies : il y a là beaucoup d’argent à gagner et de gros bénéfices à réaliser.
Banque de Prêts à l’industrie. —
La fermeté des cours de la Banque de Prêts à l’industrie ne s’est pas démentie un seul jour cette semaine. L’action ancienne a coté 620 fr. L’action nouvelle a été très recherchée à 600 francs. On sait qu’après l’assemblée du 9 avril tous les titres seront mis au porteur.
Un placement populaire. — Voilà, assurément un fort beau titre qut se trouve absolument justifié par ce que nous allons en dire :
Une grande institution de crédit, General Financial Bank , au capital de 23 millions de francs ayant son siège social à Londres, avec succursale à Paris, le Crédit international , 34, avenue de l’Opéra, est, nous assure-t-on, à la veille d’effectuer une vente de 20,000 de ses actions. L’un des grands avantages de cette valeur exceptionnelle, c'est que, chaque action n'est que de 123 francs , entièrement libéréeset au porteur.
La vente de ces actions se fera au prix de 150 franc®, payables 23 franespar mois. Ce prix de 130 francs est déjà inscrit à la cote en banque, et la presse financière est unanime à reconnaître l’excellence de ce placement.
Aussi, peut-on s’attendre à une hausse considérable et à bref délai.
Caisse des Valeurs mobilières. —
Reprise très-vive céfte semaine sur les actions de cet établissement de crédit. Les derniers cours du marché sont 313 30 et 345; le coupon qui vient d’être détaché se trouve par conséquent presque regagné. Ce mouvement est dû à la nouvelle que la Caisse des Valeurs mobilières vient de prendre un intérêt dans une grande affaire industrielle dont les produits augmenteraient de près de 30 pour cent les bénéfices prévus pour l’exercice en cours.
Dans ces conditions, il est évident que les litres de l’établissement delà rue Laffitte sont à des cours d’achat très favorables.
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LUXEMBOURGEOIS Société anonyme au capital
de Vingt-cinq million» de francs
Divisé en 50,000 actions de 500 fr. chacune.
Autorisé par arrêté Royal-Grand-Ducal de S. M. le Roi des Pays-Bas.
VENTE DE 30.000 ACTIONS
Libérées ,1c 885 fr. et au porteur
En conformité des nouveaux Statuts dressés par M° Jacques WELBES, notaire (Art. 37 du Gode de Commerce).
CONSEIL D’ADMINISTRATION.
MM. SAUEXTIXY, NI., Commandeur de l’ordre Léopold, etc., etc., ancien mi- nislre, membre du Conseil d’Etat, président de la Chambre des Comptes;
PfSClTORE, A., Commandeur de' la Légion d’honneur, etc., Vice-Président de la Chambre des députés;
DE WACQUANT, Président de la Société agricole, Député ;
FUXCK, 4., Directeur de la Banque Nationale du Grand-Duché de Luxembourg ;
FEÏIL.EX, A., Consul d’Italie, Banquier, Directeur.
Commissaire du Gouvernement : M. CAPUS, Inspecteur de l’Ajministration des Finances de l’Etat.
EXPOSÉ
Le Crédit Foncier Luxembourgeois placé par Arrêté Royal-Grand-Ducal
sous la surveillance de l’Etat, jouit d’un monopole de vingt-cinq ans. Il a les mêmes privilèges que le Crédit Foncier de France, et peut émettre des obligations a Uots. II est ainsi, à même de se procurer à bon marché dans les . pays voisins des capitaux destinés à être employés, non-seulement dans le Grand-Duché,, en Belgique, en Alsace-Lorraine, mais aussi ; en France. — Il ne consent des prêts que sur l'avis d’un Comité consultatif de jurisconsultes nommés par l’Assemblées des Actionnaires. JL’exez’ciec 1880 a donné 0.45 O/O au capital action».
Conditions do In vente.
Les 30,060 actions du Crédit Foncier Luxembourgeois sont mises à la disposition du public, au prix de 633 francs chacune.
Jouissance du l or janvier 1881. ,
Ces actions au porteur , étant libérées du quart., soit 125 francs, la somme nette à verser est de
260 FRANCS
Payables comme suit :
En faisant la demande . . 50 fr.
A la répartition.105
Le 10 juillet 1881.105
avec faculté d’anticiper le dernier versement, sous bonification d’intérêts au taux de 3 0/0
Tan.
Le prix d’achat soldé à la répartition est donc
de «58 fr. 70 cent.
Les versements en retard seront passibles de 6 0[0 l’an.
d’intérêts, au taux
Les demandes seront reçues
Les Jeudi 1 et Vendredi 8 Avril 1881
A Paris :
A la Banque Nationale. U, rue Le Peletier.
A la Banque dePrèls à l'Industrie, 7 et 9, r. Taitbout.
En Province : aux Succursales et Agences et chez les Correspondants de ces deux Sociétés et du Crédit Viager.
A Luxembourg : à la Banque Nationale du Grand-Duché. _
On peut, dès à présent, adresser les demandes par correspondance , enenvoyant^O fr.par action Les coupons à échéance d’avril seront reçus en paiement.
La cote sera demandée.
