LK GRELOT

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Le christ mécanique

Le curé de lEglise San Francisco de Naples à eu une idée lumineuse. Pour stimuler la;- piété de ses ouailles il a eu lidée de faire fabriquer par un habile machiniste, un Christ mécanique qui à linstar du célèbre canard de Vaucauson, inclinait la tète et poussait petits cris.

Jugez de lépatement des fidèles quand ils virent, le jour de Pâques, notre Seigneur Jésus agiter les bras et faire mille et mille contor­sions.

La majorité crie au miracle. Mais quelque^ incrédules quittent leurs places pour aller examiner de près le guignol au maître autel.

Le vicaire furieux empoigne le Christ mé­canique et le brise sur la tête des incrédules. Une panique sen suit et lon se précipite vers la porte de lEglise.

Soixante-dix personnes ont éfé blessées plus ou moins grièvement.

Voilà ce que raconte le journal l'Italie , feuille pieuse et incapable de mentir.

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Un mot de Girnrdin

Il y a quelque cinquante ans, Emi'e Girardin ayant obtenu une audience dun sénateur se vit reprocher par ce derniep davoir les coudes de son habit déchirés.

Que voulez-vous 1 répond Girardin, le vrai talent finit toujours par percer 1

Montretout.

l@tmrbfï § JUBrasongfs

Quand les va-nu-pieds tricoteurs au service du bey ont fait feu sur l 'Hyène àTabarca,nous avons eu tort de ne pas saisir loccasion aux cheveux et le bey au collet à Tunis même. Tout serait aujourdhui fini, tandis que nos dehors de médiation nont trompé personne et ontdonné à nos ennemis le temps de se re­mettre et de dresser dans lombre leurs téné­breuses machinations.

Laudace de ces derniers dépasse tout ce quon pourrait imaginer. On en aura une idée par ces lignes de la Gazette piémontaise

« M. Seismith Doda a exprimé à M. Gam­betta et à ses amis politiques, qui font actuel- ïnent partie du ministère italien et espère que le président de la Chambre française exercera sa grande influence sur cette partie de la presse française, qui, dénaturant les faits, soulève des mauvaises humeurs inévitables en Italie.

« Il est nécessaire et indispensable de dissi­per ces dissëntions. »

Comme aplomb, nest-ce pas, cest parfait. LItalie a à se plaindre de nous. Elle a ses nerfs, lItalie. Nous lavons agacée; elle ne nous le pardonnera, la coquette, que si nous consentons à lui faire de plates excuses.

Misérables! songez donc que si vous êtes libres, cest à nous que vous le devez, si vous navez pas fait une faillite qui vous eût pour longtemps privés de flotte et darmée, cest grâce à notre or, aussi généreusement et abondamment versé que notre sangl

Admettons que voüs ne nous pardonnerez jamais tout ce bien que nous vous avons fait. Soit. Mais songez donc que Tunis,, que vous convoitez, est une perle dont vous ne sauriez que faire. Vous avez grand appétit, mais le macaroni, régime débilitant, vous a fait mau­vais estomac, pauvrets.

Avant de songer à rebâtir Carthage, si bien détruite de fond en comble, par vos pères, des mâles, défrichez donc les marais Pon- tins, extirpez le banditisme de la Calabre, cul­tivez le royaume Naples, dont un tiers est en friche, colonisez la Sicile et la Sardaigne, ces greniers de Rome jadis, aujourdhui mor­nes jachères !

Allez, travaillez, prenez de la peine, cest le fond qui manque le moins.

Mais ne songez point à faire la guerre, il faut de largent, pour se livrer à ce passe- temps, et vous le savez bien, ce sont les fonds qui vous manquent le plus.

Henry Vaudémont.

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PETIT COURRIER BU GflEtOT

A Monsieur Tournanron à Bergerac-,

. Cher Monsieur,

Vous avez bien raison de vous demander : allons-nous.

Je me le demande moi-même à toute mi­nute, et celàme préoccupe tellement, quhier, pas plus tard, en marrêiant pour me poser cette question, jai failli me faire écrasser par un omnibus.

allons nous en effet? Monsieur Poirier, un de nos plus spirituels bonapartistes, a bien

révélé quun corps nombreux dartillerie, était parti sans trajectoires, mais ce quil na pas' dit, pour ne pas écraser le ministre, sans doute cest quil ny a pas un seul régiment de ligne, qui soit muni de rayons visuels.

Pas possible 1 allez-vous vous écrier ; il en est pourtant ainsi, et je puis vous le garantir, car je tiens la chose dun de mes amis qui est au ministère de la guerre. Il a même une belle position, il sait tout.

. Je ne puis malheureusement vous donner son nom, mais vous comprenez, une simple indiscrétion lui ferait perdre sa place.

Tout à vous, cher Monsieur.

A la mère Michel ( Louise ) à -Paris.

Madame,

Jai de la dévotion, et je ne men cache pas. On en.nuie les pauves prêtes, ça mem­

bête. Vous le voyez, je suis franc; seulement je dis quun gouvernement devrait avoir des convictions, voilà mon genre.

Or Monsieur Ferry fait son libre penseur de haute volée, il crache sur les jupons des mes­sieurs prêtres, il bassine ces messieurs du clergé, et derrière la toile, ce nest plus ça. <

M. Poirier, notre gloire littéraire, cet apôtre du bonapartisme, ce rédacteur unique, a bien dévoilé que lartillerie était dépourvue de trajectoires, mais il na pas tout dit ; il na pas demandé au ministre pourquoi les troupes manquaient de lanternes.

Oui, les troupes manquent de lanternes, comment vont elles être éclairées, alors ?

Maintenant, pour en revenir à votre Ferry, il paraît quil sest entendu avec le ministre de la guerre, et que les soldats Français pourt- ront faire des conversions tant quils le vou­dront.

Eh bien ! et cette fameuse libre pensée, donc estr-elle.

Quand je vous le disais: Tous jésuites!

Je mapplatis devant vos vertus civiques.

Votre domestique bien dévoué.

A Monsieur Frotazor à Caudebec.

Cher Monsieur,

Vous me faites suer avec votre: ça va mar­cher.

Je vous garantis une chose, cest que ça ne va pas marcher aussi bien que vous avez lair de iedire. Ce nest pas un désir, douce mère du Sauveur ! non, cest preuves en mains que je puis vous le garantir, et je sais ce que je dis N.... de D....

Monsieur Poirier, ce rédacteur bonapartiste dont le savoir humilie lAcadémie Française, a bien dit dans son journal que lartillerie manquait de trajectoires, mais il na pas tout dit, dans la crainte sans doute damener une révolution.

Moi je men f.. on renversera le gouver­

nement sil le faut, mais il faut que ça change.

Figurez-vous cher Monsieur, que les tactiques militaires ne sont pas encore livrées, que larmée en est totalement dépourvue, et que tout ce quon avait de disponible est hors de service par suite de lincurie de lintendance.

Si vous croyez que ça va marcher ferme, vous voyez que vous vous trompez. Mainte­nant si vous ne me croyez pas, demandez à M. Grévy lui-même, il vous le dira comme moi. On dit même quil a donné un million au Figaro pour ne rien dire de cette affaire.

Moi qui nai rien reçu, vous comprenez, je ne me gène pas, et je "dis tout.

Inutile den parler à votre femme, car ça lui donnerait évidemment la jaunisse.

Tout à vous.

A Monsieur Cutané à Lormont près Bordeaux [Gironde)

Monsieur,

Les modifications de larmée ne me préoc­cupent pas moins que vous, croyez-le, la preuve, cest que jai perdu tous mes cheveux du côté gauche coté ma pensée travaille le plus Nos soldats sont privés daumoniers ! me dites vous avec un accent si désespéré, quen lisant votre lettre, ça ma donné mal au ventre, ainsi quau ventre de mon beau frère.

Hélas ! si se bornait lirréligion de nos dirigeants, mais ce nest pas tout.

Figurez-vous que Jules Ferry, ce monstre vomi par lenfer, a tellement horreur de tout ce qui touche à la religion, quil a obligé le ministre de la guerre, à ne fournir à larmée que des canons sans âme.

Le général Farre a cédé. M. Poirier, lhomme éminent dont le bonapartisme shonore, nous avait bien fait savoir quil ny avait pas de trajectoires pour lartillerie, mais il ne nous avait pas dit que lâme des pièces était supprimée.

Cette faiblesse de sa part, restera attachée a son nom comme une tache de moutarde.

Plus courageux que lui, je dis tout moi; si vous voulez en avoir la preuve, demandez au général Farre, et sil est franc, il vous le dira: les âmes des pièces sont au mont de piété, et cest Gambetta qui a touché largent.

Veuillez agréer, je vous prie, etc.

René Lebrun.

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CHRONIQUE THÉÂTRALE

Variétés

Forcé dinterrompre les représentations de la Roussotte, par suite du départ de Mme Judic, M. Bertrand a eu lexcellente idée de remonter, pour enterrer sa saison, une des plus amusan­tes pièces de son riche répertoire, le Tour du Cadran, de MM. H. Crémieux et Bocage.

Ce vaudeville extra-hilarant représenté pour la première fois le 9 septembre 1872 obtint à cette époque, plus de cent cinquante représen­tations consécutives ; létape quil est appelé à

parcourir sera assurément moins longue, mais chaque tour de ce bienheureux cadran nen marquera pas moins pour le public un instant agréable qui, pour les auteurs et le directeur, sera nettement indiqué par un joyeux carillon métallique.

Laiguille de ce cadran sarrêterait chaque soir sur le point : maximum que nous nen serions point surpris.

Personellement la reprise du Tour du cadran. nous a procuré un véritable plaisir, et les éclats de rire ininterrompus de la salle tout entière nous prouvent que si complet quil fût, il nen était pas moins partagé.

Les trois premiers actes, louverture du tes­tament de Gazinard, le bureau de tabac de Panatella, le jardin Mabille, sont de la belle et bonne comédie et renferment des scènes pétil­lantes desprit, prises sur le vif et comme telles du plus haut comique. Nous demandons à faire nos réserves sur le I e acte dit du cirque le clou de la pièce daprès lavis des criti­ques à la dévotion de Mme Théo et qui na dautre mérite que celui dêtre encadré dans un décor très réussi.

Les interprètes, MM. Lassouche, Baron, Christian, Léonce et Daniel Bac, ont rendu les rôles qui leur étaient confiés, dune façon absolument remarquable ; ils ne méritent que des éloges. Les rôles de Mmes Beaumaine, Delessart, consistent surtout a être jolies, très jolies ; elles sen acquittent également à mer­veille.

Mme Théo faisait sa rentrée dans le rôle de Panatella... Sans vouloir aller aussi loin que mon voisin dorchestre qui affirmait que Pana­tella était...fumée nous nous bornons à cons­tater quen acceptant ce rôle Mme Théo na pas encore trouvé sa... voie.

Les auteurs, lhistoire dira un jour pour­quoi ont ajouté au rôle primitif de laga­çante marchande de tabac plusieurs morceaux que Mme Théo est bien forcée de chanter cha­que soir au public.

On attribue la naissance de ces becquets à certains dissentiments qui auraient éclaté entre lartiste et les auteurs.

En tous cas, ce mauvais procédé de deux hommes desprit est, dès à présent, très sévè­rement apprécié.

Vaudeville

des obligations de la banque auxiliaire des chemins dq fer. Nous reparlerons de cette affaire.

Job.

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du 1 au 6 mai

La Vente du lait a été de 1.065.501 litres, soit par jour 152.214' litres.

Recettes de la vente du lait. Fr. 253.700 »

Recettes diverses.Fr. 18.384 50

Total pour la semaine. . . .Fr. 276.084 50 Soit, par jour, 39,441 francs.

Recettes depuis le 3 avril....Fr. 886.155 40

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Le théâtre du Vaudeville a donné cette semaine, une comédie de M. Durantin, le Drame de la Gare de l'Ouest.

Elle na fait que paraître... et nest déjà plus.

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Tontes ces dames sont au jardin.

Lopération du vernissage est donc ter­minée.

Néanmoins, comme « on peut toucher, nous donnons ce sage conseil aux visiteurs qui, grâce aux effluves printannières, vou­draient sy rendre aujourdhui.

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La Bourse est bonne et nous devons consta­ter la tenue excellente des rentes françaises. Les valeurs étrangères ont suivi le mouve­ment de nos rentes.

Les valeurs diverses ont un bon courant daffaires.

La Banque de prêts à l'industrie conserve sa fermétéet reste demandée à 602.50. On assure que laugmentation du capital de cette So­ciété lui a permis délargir son cadre daffai­res et que, parallèlement, le chapitre deç bé­néfices est en voie de progression. Nous croyons à la hausse sur cette valeur.

The General Financial Bank. Succès oblige ! La Société va répondre à la confiance de ses nombreux souscripteurs en pressant les études dune de ses plus imporiantes af­faires. Nous pourrons bientôt donner à ce su­jet des détails très circonstanciés ; pour le moment nous sommes tenus à une grande réserve. Tout ce que nous pouvons dire, cest que cest une affaire de nature à donner dim­portants bénéfices, et que nos lecteurs nau­ront pas à se reprocher de nous . avoir écouté.

Société générale de laiterie. La progression des cours continue sur les actions de la Compagnie de transports à vapeur, a rencontré dans le public un acceuil empressé. Ces titres sont demandés à ce moment à 650 francs.

On lit dans la Gazette de Paris.

« Le Printemps. Les magasins du Prin tempsviennent dêtre constitués en société en commandite par actions au capital de40 millions divisé en 80.000 actions, sous la raison sociale Jules Jàluzot et Cie. M. Jaluzot, reste gérant responsable de laffaire et reçoit 18,084 actions pour ses apports. Nous ne conseillons pas de souscrire aux actions de la nouvelle société. Dabord linsuffisance de la responsabilité du gérant ne saurait équivaloir à celle de plu­sieurs administrateurs. En outre, nous trou­vons un précédent assez récent dune société analogue, le Coin de Rue, dont la fin nest pas , de nature à encourager les capitalistes qui seraient tentés de sintéresser dans une sem­blable affaire. »

Banque auxilüaire des chemins de fer. La mai­son de banque Henri de Lamonta et la Société nouvelle de banque et de crédit vont émettre

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