PARIS ET DEPARTEMENTS : 15 CENTIMES LE NUMERO
22 mai 4881.
lime ANNEE. — N® 528
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.Les prix qui précèdent sont ceux de la province. Pour l’étranger, les demander par carte postale.
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ZIG-ZAGS
Anatole candidat.
Le sort en est jeté.
C’est le sympathique Anatole de la Forge, dit le Rempart de Saint-Quentin, qui parait décidément être le candidat le plus sérieux à k succession Thiers-Girardin dans le IX e arrondissement.
Nous serions impardonnables de laisser passer cette élection sans dire tout le bien que bous pensons de notre ami Anatole.
C’est un bel bomme et un très grand cœur.
Quand il était chef de la censure, il nous a Coupé nombre de dessins, c’est vrai.
Mais avec quel tact, avec quelle délicatesse 1
— Us sont charmants, nous disait-il, vos joanboutd’hommes. Je donnerais je ne sais quoi pour qu’ils puissent paraître 1
— Votre autorisation?
— Ah, non. Tout, sauf ça.
— c Ça » suffirait.
— Aussi croyez bien que c’est avec un profond regret...
—■ La mort dans l’àme 1
■— Justement, la mort dans l’âme. Ab ! quel diétier, messieurs, quel métier?
— Qui vous force à le faire?
Durant un an, Anatole feignit ne pas entendre. Puis, un beau jour, une place de rédacteur étant devenue vacante au Siècle, ii se déclara carrément partisan de la liberté illimitée de la presse, flanqua sa démission au profond ahurissement de tous, et fila majestueusement, aux acclamations du bon public gogo, toujours ignorant et gobeur.
Être député... et mourir financier
Aujourd’hui, faut-il croire que la rédaction du Siècle va voir s’abaisser ses prix ?
Faut-il supposer qu’Anatole, devenu vieux, songe, grâce à un titre d’ex-député, à se retirer en pieux ermite dans un Conseil d’Admi- nistrationde banque franco— N’importe quoi, — franco fournissant l’argent et n’importe quoi en faisant... n’importe quoi?
Toujours est-il que de la Forge paraît prêt à tous les sacrifices pour siéger comme député in-extremis, trois mois durant, à peine le temps d’obtenir une validation qui lui permette de toucher ses appointements.
Il s’est tout d’abord, livré à un éloge bien senti de Tbiers et Girardin.
Puis, comme quelqu’un lui demandait s’il avait un programme.
— Non, a répondu le candidat, mais j’accepterai celui que vous voudrez.
On n’est pas plus accommodant, n’est-il pas
à chaque tribunal pour faire déférer les serments.
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Celui de la lenteur:
M. Boisset rédigeant son rapport sur les deux scrutins.
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Il paraît que le bey de Tunis aurait, à la dernière heure, essayé de se placer sous le protectorat de l’Angleterre.
Le bey Mobammed-el-Saddock est, — c’est certain, — proche parent de Gribouille.
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Le général Ghanzy a quitté Pétersbourg pour se diriger sur Paris.
C’est à peu près la cinquantième fois que le vaincu du Mans se livre à ce petit déplacement.
Quand il sera à cent nous ferons une croix... et on lui donnera celle de commandeur de la Légion d’honneur.
Décidément les fonctions d’ambassadeur sont faciles à remplir, même en voyage!
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t Les Japonais, paraît-il, sont en train de co- i pier l’organisation de la police française.
I Quel malheur qu’ils n’aient pas songé à nous î emprunter l’original. Comme on le leur eût [ cédé de bon cœur, avec le mandarin à bouton i de sonnette An-Dri-Eux en tête 1
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vrai?
Aussi notre intime persuasion est-elle qu’on ne saurait refuser la députation à Anatole.
Un homme si aimable !
Si propre à tout faire 1
Si sympathique, enfin 1
Rempart de Saint-Quentin, tes Vœux seront comblés !
Tu seras le dernier élu des 363 comme Girardin fut le dernier sénateur de l’Empire.
Ce sera bien fait!
Victimes avec préméditation
La police des mœurs, quoique supprimée, comme chacun sait, continue à faire parler d’elle en arrêtant, comme prostituées, des femmes honnêtes.
Selon mon humble avis, on exagère beaucoup les torts des policiers en semblable occurrence.
Les femmes honnêtes sont seules coupables.
Si elles n’empruntaient pas la mise, la démarche et les manières des catins, tout cela ne leur arriverait pas.
Jusqu’à preuve formelle du contraire, je resterai persuadé d’une façon intime que l’administration de la Lanterne soudoie les vierges qui vont ensuite se faire arrêter par les limiers de M. Macé, exprès dans le but de faire de la peine à ce bénin M. Andrieux.
Aussi ne serai-je satisfait que lorsqu’on aura sévèrement puni les auteurs féminins de ces inqualifiables guet-apens d’un nouveau genre.
Quand elles poussent la préméditation jusqu’à être sourd-muettes afin de se dispenser de répondre à l’interrogatoire primitif et de faire ainsi durer plus longtemps l’erreur fâcheuse dont elles pasent pour les victimes, les travaux forcés au moins à perpétuité me semblent seuls une récompense digne de leur conduite I
Gringoire.
BLAGUES ET GNONS
Don Luis de Portugal traduit Shakespeare.
Georges de Prusse termine une drame : Catherine de Médicis.
Prévoyant l’époque prochaine où ils me pourront plus plumer leurs sujets, les grands delà terre se préparent à vivre de leur plume.
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La paix est signée en Tunisie.
Espérons que maintenant la guerre contre les Kroumirs va sérieusement commencer.
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Le comble de la naïveté :
Croire qu’une maréchal-ferrant est attaché
La Chambre, à laquelle il reste si peu de temps à vivre, n’en remet pas moins au lendemain la solution de toutes les affaires pendantes dans les commissions depuis si longtemps.
J’ai une vague idée que moins de projets seraient ajournés si nos honorables étaient payés à la journée.
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Jules Vallès essaie de rentrer en scène.
Vaine tentative.
L’ex-rédacteur en chef de la Hue n’est plus qu’une mâchoire édentée.
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M. Ranc est opposé aux réunions publiques.
Sans doute qu’il croit que les dites réunions où l’on n’aime pas beaucoup les changements de front, seraient opposées à M. Ranc.
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Le comble de la précaution :
Avant de se battre, ôter son osanore pour être plus sûr de ne pas mordre la poussière.
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Bourbaki refusant l’épée d’honneur que Saint-Genest voulait lui offrir, le Figaro nous apprend que l’objet de la souscription va être changé.
Nous votons pour qu’on offre au général un pistolet de précision, avec lequel il soit impossible de se blesser à l’épaule en voulant se faire sauter la cervelle.
Buridan.
GAZETTE DE MONTRETOUT
Aboiements»
Ah ça! est-ce que tous ces John Bull, ces choucroutmen et ces macaronari ne vont pas bientôt nous f... icher la paix I
On dirait parole d’honneur que la France est en tutelle
Et qu’elle ne saurait faire acte qui vaille sans la permission de dame Europe.
Parce que pendant dix ans nous avons dédaigné de nous mêler aux querelles de nos turbulents voisins ils croyaient tous que nous nous étions désintéressés des questions étrangères.
— Pauvre France ! disaient-ils, la voilà retirée dans son fromage de Hollande.. Elle n’est plus bonne à rien, nous pouvons’ l’humilier, la molester, l’insulter tant qu’il nous plaira. Pas de danger qu’elle s’émeuve.
Ouais! Venez-y voir, Messieurs les aboyeurs.
Le bey de Tunis n’a signé, disent-ils, que contraint et forcé. Le général Bréart lni a mis son sabre sous la gorge.
Eh bien ! ce reproche est le comble de la naïveté.
Y a-t-il au monde un exemple d’une nation vaincue signant un traité de paix avec une nation victorieuse, autrement que par force et contrainte ?
Est-ce que nous n’avons pas été, nous autres, en 1870, « contraints et forcés » quand nous
avons accepté les conditions du prince, de Bismark I
L’Italie s’agite. Laissons-la s’agiter. Laissons- la à ses crises ministérielles. Que gagnera-t- elle à nous montrer les dents? Rien, absolument rien. La pauvre vielle botte éculée n’a pas un sou vaillant pour se faire ressemeler et c’est à nous qu’elle compte emprunter quelques millions 1
Messieurs de Rothschild, et nous les en félicitons hautement, ont fermé leurs guichets.
L’emprunt n’aura pas lieu chez noué. Par conséquent il ne sera pas couvert. Libre à sa majesté Humbert d’aller mendier en Prusse où le peuple crève de faim. Il y a longtemps que nos six milliards se sont en allés en fumée... de poudre à canon 1
Quant aux anglais, inutile de faire attention à leurs cris de rage. Ils crient : au voleur! Eux qui ont volé le Transvaal, Chypre, Malte et Gibraltar. — Honte à l’Europe de leur laisser la clef de la Méditerrannée I — John Bull écume. Laissons-le écumer. Sa colère nous fait rire en vérité. C’est toujours la vieille histoire du chaudron qui dit à la poêle : « tu as le cul noir ! »
Seulement, M. Grévy devrait bien consigner aux portes de l’Elysée le Polonais-Prussien Oppert dit de Blowitz.
Quand je pense que ce particulier déverse chaque matin deux colonnes de fiel à notre adresse dans ses lettres au Times et que notre Président a malgré cela la bonté de le recevoir chez lui!
La semaine dernière deux ministres se présentent à l’Elysée, on les fait attendre une heure; ils s’impatientent.
— Que fait donc M. le Président, dirent-ils à l’huissier de service?
— 11 en conférence avec le correspondant du Times.
Et en effet, M. Grévy reconduit jusqu’à la porte le sieur Oppert de Blowitz en lui faisant mille politesses-
Et le lendemain le Times imprime :
« La France est une nation abjecte, sans courage ni honneur, et son Président est un homme de paille, un polichinelle dont Messieurs Gambetta et Jules Ferry tirent les ficelles. »
C’est gentil, n’est-ce pas?
Si j’étais le gouvernement, quel joli coup de botte je flanquerais au boau milieu de Vinex- pressible de M. de Blowitz le jour où il oserait se présenter dans un ministère !
***
Le retour de Sarah
Elle arrive! elle arrive!
Manïbus date liliaplenis.
Qu’on lui jette des fleurs’; qu’on lui dresse, des arcs de triomphe.
Sarab vient de toucher de son pied léger la terre de France.
Cette gloire nationale nous est rendue. Mais nous ne la posséderons pas longtemps, car dans quinze jours elle ira commencer sa campagne d’Angleterre.
Après les dollars les livres sterling.
Après Jonathan, John Bull.
Quant à la France, elle s’en fiche un peu pour l’instant, mademoiselle Sarah 1
N’importe, il est convenu de lui faire une entrée un peu chouette.
Tous ses chefs de claque, du Figaro, du Gaulois , du Paris-Journal et de Y Evènement se sont donnés le mot d’ordre.
Des reporters ont été envoyés au Havre pour y rendre compte de ses faits et gestes.
Le bey de Tunis pâlit devant Sarah Ber- nhardt.
Le paquebot transatlantique n’a pas eu besoin de lest. Les dollars de Sarah sont à fond de cale.
Habitants du Havre, Havraisl Réjouissez- vous. Vous allez pouvoir la contempler dans toute sa plendeur.
Les autorités civiles et militaires se sont rendues au port. Les musiques ont fait entendre leurs sons les plus mélodieux. Gounod a composé pour la circonstance un hymne touchant que moudront bientôt tous les orgues de barbarie. C'est la Sarahbernhardaise.
La reverrons-nous jamais à la Comédie- Française, cette enfant prodigue dont le retour est le signal de tant de jubilation?
Non. Sarah a déclaré qu’elle ne jouerait plus en France.
Et, comme Aristide elle s’est écriée:
Ingrate patrie tu n’auras pas mes os 1
I
. Un duel au chocolat
I Les duels se suivent et ne se ressemblent ï pas.
j Le tribunal d’Alexandrie vient de juger une j bien amusante affaire.
] Un nommé Bénédetti (rien du célèbre diplo- | mate), est allé sur le terrain à la suite d’un
! article publié dans le Staffetta dont il est rédacteur en chef.
Le duel a eu lieu et l’honneur a été déclaré , satisfait. Il n’est pas difficile l’honneur car,
