15 CENTIMES

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LE GRELOT

(Me Manuel du Candidat Député

AUX ÉLECTIONS DU 21 AOUT.

Approuvé par Monseigneur l'Archevêque de lObélisque.

On s'est fourvoyé parmi des canailles de ré­publicains, des cornichons de libres-penseurs, nui font exprès de ne rien voler, qui par mé­chanceté sont bien couverts, débarbouillés, et qui poussés par leurs mauvais instincts, donnent par cupidité des tas dargent pour fonder des écoles laïques.

Il arrive alors quon est embarrassé.

Il faut payer de toupet. On ne dit rien, seu­lement, si lon est dans un restaurant, on fait semblant dêtre plus républicain que les autres; dans le feu de la conversation, on glisse un couvert dans sa manche, et sous prétexte dune absence... nécessaire, on sort un instant, et on fourre le couvert dans la première poche de pardessus venu, puis on court vivement informer le gargotier que lon a vu quelquun chipper quelque chose.

Renouveler jusquà ce qu/q y ait arrestation

et scandale, dont on est naturellement assez intelligent pour savoir profiter.

Au moment dune élection quelconque, lgent chargé de faire échouer une hideuse can­didature ne doit jamais faire connaître son opinion, au contraire.

Il doit se montrer farouche autant que pos­sible et dans les réunions publiques, hurler bien fort quon a, contre chaque candidat des petits papiers trop dégoûtants pour quon les puisse exhiber en public. Ça mord tou-

^°Dans son monde, le candidat bien pensant ne doit jamais dir ePlon-plon ni l'autre, il doit dire le prince ou Sa Majesté.

Quand il rencontre une malheureuse femme avec sept enfants, dont le plus vieux na que six semaines, le candidat bien pensant qui lui donnerait un sou pour assouvir des pas­sions gastronomiques manquerait à tous ses devoirs sil ne sassurait au préalable que cette coquine possède un billet de confession.

Par contre, si cette malheureuse pratique, il peut lui donner... le conseil de continuer, mais ne pas y ajouter dargent afin de ne pas encourager la paresse.

Au dîner, le candidat bien pensant doit di­re avant toutes choses, son bénédicité ; seule­ment si la soupe nest pas trop chaude, il peut le dire vite.

Il est dun bon goût de rêver que les insti­tuteurs laïques sont vendus au poids pour faire des saucissses ou quun frère de la doc­trine chrétienne est élu empereur des Fran­çais.

En se levant, le candidat bien pensant élève son âme vers le Très-Haut, puis il doit lire les bonnes feuilles et donner toujours raison aux rédacteurs qui poussent à la haine et au mépris des citoyens les uns contre les autres pour la plus grande gloire du maître de lUni-

vers ' Charles Leroy

JJJourbra § ]H!hngon[>ra

Le scrutin de liste nous aurait donné de curieuses comédies de couloir et d incompara­bles platitudes des candidats devant des co­mités, idéalement hermaphrodites au point de sêtre procréés eux-mêmes.

Le scrutin d'arrondissement, lui, nous four­nit de réjouissantes scènes en public. Cest plus démocratiquement drôle.

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Ainsi. M. Girerd (Cyprien), sous-secrétaire dEtat au ministère de lagriculture, sadres­sant aux électeurs de la première circonscrip­tion de Nevers, leur a dit en propres termes :

Certes je ne répudie aucun des votes que iai émis- mais on sait bien que, si je navais pas fait partie du gouvernement, mes votes sur certains points auraient pu être diffé­rents.

Adorable de désinvolture, en vérité. A quand le fonctionnaire Maître-Jacques qui, en tant que député, professe une opinion, mais re­tournera sa veste pour exercer son métier sa­larié demployé de lEtat?

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M. de Gasté, linimitable petit père de Gasté, a fait, de son côté, placarder sur lés murs de Brest, laffiche suivante, digne dorner les murs de Charenton :

M. de Gasté a le regret dannoncer quil lui est impossible de continuer à recevoir les per­sonnes qui viennent le voir chaque jour, de­puis huit heures du matin, souvent jusqu à six heures du soir, le mettant dans limpossi­bilité de décacheter sa correspondance et de lire les journaux de la localité.

A partir du 10 août inclusivement, il ne re­cevra plus, même les veuves ayant des en­fants à lécole.

Elles ne perdront rien en attendant son re­tour à Paris pour, lui écrire, comme les neuf dixièmes de leurs compagnes le font pendant

toute lannée. Il conjure en même temps ses amis dattendre son retour à Paris pour lui demander des conseils ou des recommanda­tions.

Je ne sais si vous avez lâme aussi sensible que moi. Mais, réellement je me sens le cœur fendu par linfortune de ce pauvre de Gasté, cette touchante victime du député tenant à remplir scrupuleusement son mandat, à obli­ger tous ses électeurs, voire même leur pa­renté 1*

Le pauvre homme ! Tartempion est toujours sur son dos ! Falempin ne le lâche pas! Balan- dard le cramponne sans répit ! Le maire Pichu se garde bien de lui laisser une minute pour souffler!

Si lon faisait encore des vaudevilles, le joli vaudeville quil y aurait à faire-dessus. Ne pouvant ni manger, ni boire, ni dormir, ni lire, ni écrire, ni prouver quil nest pas cons­tipé, linfortuné bienfaisant mourant à la peine 1 Àîas ! poor... M. Ghoufleury, que sa grandeur contraint à rester chez lui !

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Seule, lAgence Havas peut lutter de fan­taisisme contre cette merveilleuse sottise.

Lofficieuse agence a découvert, en effet, que :

« Lenquête faite par les soins du général Logerot a révélé que la plupart des insurgés de Sfax étaient des Arabes mécontents. »

Oserai-je prendre laudace extrême de prier M. Lebey de mapprendre, par retour du télé­phone, si le reste des insurgés se compose dArabes trop contents ?

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Le Rappel nous apprend que :

Un éditeur italien, qui ne vendait pas à son gré une traduction du Cinq-Mars dAlfred de Vigny, a eu une idée que ja qualifierai de canaille, mais lumineuse.

Il a fait tirer le nouveau titre, que voici :

L 'Eminence grise, par Alexandre Dumas.

Il a remplacé ainsi le nom de de Vigny par un nom plus populaire, et il vend son roman comme du pain.

Allons! si nous sommes très-forts comme bourdes, les Italiens lemportent incompara­blement sur nous comme mensonges.

Après tout, cest peut-être une manière comme une autre de prendre leur revanche de leur expédition de Tunisie.

Nous avons pris Carthage, cest vrai, mais ils ont conservé la légendaire bonne foi pu­nique.

Ne les jalousons pas.

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La Civilisation consacre à un papier quon lui adressera chaude réclame suivante :

« La France et Henri V, tel <fet le titre dune romance qui simpose à notre attention à cause du sentiment qui la inspirée et dont nous ne saurions trop louer le style poétique.

» Grâce à son étendue et à sa forme dialo- guée, elle peut être non-seulement chantée, mais même déclamée par deux personnages différents, dans les réunions de famille et damis.

» La voix grave et triste de la France alterne avec la voix mâle et confiante du prince que nous nous glorifions de servir. Les strophes sont pleines, sonores, et merveilleusement adaptées à la musique.

» Depuis Lamartine et les autres poètes qui ont chanté le berceau du fils de lEurope, Henri V a constamment porté bonheur aux poètes et aux musiciens. »

Eh quoi! Civilisation ma mie, comparer: Henri V au vilain animal à la mode depuis tantôt deux ans comme porte-veine, ce sont de ces gaffes quon ne doit point commettre. Rentrez en vous-même, voyons; vous ny pensez pas 1

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Le concurrent de Brisson, Ch. Lullier, qui a certainement un grain dans la tête, avait en­voyé deux témoins à Malon, rédacteur du Citoyen. Ces deux acolytes revinrent, ayant fait chou-blanc, et rédigèrent un procès-ver­bal dont la phrase la plus saillante est celle- ci :

« Loiseau a un nid pour sa famille ; le bo­hème une chambre dhôtel ; livrogne un banc ; on ne connaît pas le gîte de M. Malon. *

La lettre du fougueux ex-officier de marine était du reste conçue dans des termes peu faits pour prouver à ses électeurs quil a la pratique des usages du Parlement.

La voici : cest du Père-Duchêne renforcé :

« Paris, le 27 juillet 1881.

» Vieux drôle,

» Vieux misérable,

» Vieux lâche,

» Japprends aujourdhui seulement que tu tes permis de minsulter, dimanche 24 juillet, â S heures du soir, lorsque mes secrétaires sont allés te trouver à lElysée-Montmartre, dans une réunion que présidais.

» Tu as dit, vieille canaille, vieux traître, vieux couard, que javais déserté la cause du | peuple.

d Je te ferai rentrer tes paroles dans la gorge.

» Une pourriture comme toi est incapable do tenir une épée, mais tu peux tenir une hache ou un couteau. t

» Je te provoque à ces armes en un combat à mort. Si tu refuses, je tattaquerai à coup de revolver dans la rue. Un duel à laméricaine, cela me va 1

» En attendant, je te crache au visage.

» Charles Lullier. - » 47, rue Rochechouart. »

Jadis, javais imaginé un duel à la hache dabordage, dans une chambre noire, avec les témoins dans les coins.

Au train dont marchent la stupidité et la brutalité humaines en ce siècle, je ne déses­père pas devoir cette aimable fantaisie devenir sous peu une atroce réalité!

Henry Vaudémont.

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GRELOTS

Nous jouissons en ce momont dune comète sans queue...

Un farceur a proposé de la nommer Vaude­ville Comète.

Un monsieur qui vient dhériter se prélasse seul au café et un passant fait remarquer à son voisin que le consommateur possède lvantage de tuer les mouches en soufflant des­sus.

Tiens ! répond lami, je savais bien quil était lexécuteur testamentaire de Z... mais je ne croyais pas quil avait avalé le cadavre.

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Bien quil ait chevaux et voitures, un mon­sieur sort fréquemment à pied, au grand étonnement de son cocher, qui finit un jour par lui dire :

Comment vous fatiguer à courir à pied de la sorte, Monsieur, quand vous avez des chevaux qui restent à lécurie les bras croi­sés...

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Z... cherche à lier conversation avec sa voi­sine en chemin de fer :

Madame est évidemment dorigine Ita­lienne ?

Oh ! pas du tout, Monsieur.

Vraiment ! cependant le visage...! mon­sieur votre père ne létait-il pas ?

Du tout ! oh ! du tout, mon père était herboriste.

Triboulet.

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Grelots-Finance

Ce qûe nous disions la semaine dernière, nous pourrions le répéter aujourdhui, nous sommes en pleine morte saison au point de vue de la Bourse.

En labsence des gros financiers, la spécu­lation samuse aux bagatelles de la porte. On fait et on défait quelques arbitrages entre les 3 0/0 et le b 0/0; ce dernier fléchit un peu sous linfluence répétée de bruits de conversion. Le marché reprend et se consolide sans raison appréciable.

Les valeurs de crédit, et les chemins de fer sont hors de pfix.

Nous laissons les rentes aux cours suivants:

Le 3 0/0 à 86,20; lamort. ancien à 87, bb; le nouveau à 86,32; le 5 0/0 à 118,20; la Banque de France à b, 800.

Crédit de France. Depuis le 10 août, les actions anciennes et nouvelles de la société générale française de crédit actuellement appelée Créditde France, viennent dêtre ad­mises à la cote officielle; à partir de ce même jour, il nexistera plus quun seul et même type dactions.

Malgré le manque daffaires, nous constatons que les actiéns du Crédit de France sont fer­mement tenues au-dessus de 720 francs et tout fait prévoir, à courte échéance, une plus- value importante sur ces titres.

Phénix espagnol. Le Phénix espagnol est demandé à 900 fr. Les actions nouvelles qui seront mises en septembre à la disposition des actionnaires seront vendues 6b0 fr. Cest un bénéfice à réaliser de plus de 300 fr. par titre.

Banque transatlantique. Jeudi prochain, au siège de la Société financière, rue Louis- le-Grand, se tiendra la première assemblée constitutive de la Banque transatlantique. Le capital de bO millions de cette société est en­tièrement souscrit et linstitution est accueillie avec une vive satisfaction dans le monde com­mercial. Il nest donc pas douteux que ces actions seront saluées par une belle prime à leur apparition. Si lon en juge par les insti­tutions similaires, notamment en Angleterre, le revenu probable serait de 20 0/0.

Banque de prêts à lindustrie. Non seule­ment les cours des actions de cette entreprise ont résisté avec fermeté pendant la tourmente qui a sévi sur le marché, mais ils ont acquis une hausse que nous nous plaisons à enre­gistrer.

Cette Société a su accroître son crédit par la création de la Rente industrielle, dont nous avons déjà eu loccasion de parler.

Elle poursuit de plus en plus lexécution de son programme en sattachant à peu près exclusivement au développement des entre­prises industrielles et à la diffusion, dans le publie qui épargne, des titres représentatifs de ces entreprises.