15 CENTIMES
LE GRELOT
15 CENTIMES
des plus grandes familles de Russie, était chez Augustine Brohan.
Il y avait soirée.
Tout à coup, une invitée s’aperçoit que le prince qui comptait alors quatre-vingts ans, a oublié certain détail de toilette que je laisse à deviner.
Comment le prévenir ?
L’invitée était au comble de l’embarras : cependant, pour sauver le prince d’un ridicule certain, elle brûle ses vaisseaux.
— Prince, lui dit-elle, votre pantalon...
Et le prince souriant :
— Dans notre religion, madame, on laisse les fenêtres ouvertes quand il y a un mort.
Pour finir, quelques mots de la fin.
De Zadig:
Au vernissage.
M. X... avait donné rendez-vous à la blonde Z..., salle n° 53, à trois heures précises.
La dame arrive exactement, les deux amoureux prennent place sur un des sophas de la salle et se mettent à causer avec volubilité, tout en ayant l’air d|être absorbés dans la contemplation d’un paysage vert épinards accroché juste en face d’eux.
Le peintre, auteur du tableau verdâtre devant lequel personne ne s’étail encore arrêté, est enchanté de voir son œuvre attirer l’atten tion.
— Fais-moi donc l’amitié, dit-il à un de ses amis, de t’approcher de ces deux personnes et de chercher à entendre ce qu’elles disent de mon tableau.
L’ami revient au bout d’une minute.
— Le monsieur disait à la dame : « De grâce, accordez-moi un rendez-vous ce soir 1 »
Du Masque de fer :
Chez un médecin.
Le malade imaginaire. — Cher docteur, mon nervosisme tourne, je le crains, au gâtisme. J’ai des distractions très inquiéta-ntes.
Le médecin. —Pgr exemple? cher monsieur.
Le malade imaginaire. — L’autre jour, il pleuvait ; je vais chez mon dentiste, et, en sortant, dans l’escalier, j’ouvre mon parapluiel
Le médecin. — Très grave, mais vous en guérirez.
Une assez jolie coquille dans un feuilleton émouvant.
L’auteur termine par ce cliché à sensation :
« Il avait déjà un pied dans le crime. »
Le prote avec conviction :
« Ii avait déjà un pied dans la crème. »
Tout le Monde.
COUPS DE BEC
Si cela continue, nous allons en être réduits à ce comble ridicule de la précaution : Nous laisser mourir de faim, dans la crainte d’être empoisonnés.
En effet, car c’est navrant de lire les résultats des analyses officielles des denrées qu’on fait avaler
Sans parler de lait mauvais, du lait pas bon, du vin encore pas fameux, je voyais ces mots rassurants sur le miel et sur les confitures : sur 4 échantillons soumis à l’analyse, 2 mauvais, 2 nuisibles.
Or comme deux et deux ça fait bien quatre, il s’en suit que sur quatre expériences il y a eu quatre résultats désastreux.
C’est encore bien beau qu’il n’y en ait pas eu cinq 1 Diront les gens qui s’accomodent de tout, mais pour ceux qui n’ont pas le caractère aussi bien fait, il y a vraiment lieu de ne pas être joliment satisfait.
Les gens de province nous blaguent, nous autres malheureux parisiens au teint pâle, ils nous traitent de maigriots, de poules mouillées, parce que nous n’avons pas les joues lilas, et parce que la graisse ne nous gène pas toujours pour courir.
Nous ne sommes pas aussi robustes, aussi solides que les gens des champs ; et, parbleu! ' ce n’est pas une nouvelle, mais cependant dans le nombre il y a encore des gars solides.
Eh 1 bien sachez-le, braves gens, il faut que nous ayons un rude tempérament, pour résister à l’action combinée des empoisonneurs qui nous travaillent depuis notre naissance jusqu’à l’époque de notre mort qui ne devance pas la vôtre de beaucoup.
Pensez-donc que nous n’avons ni lait, ni vin, ni beurre, même pas de confitures!!...
On nous maçonne l’estomac de n’importe quelle saleté pourvu quelle ne revienne pas cher, et nous vivons tout de même !
Dans votre honnête naïveté, vous demandez pourquoi nous nous laissons faire, et vous avez raison.
Mais comment voulez-vous que nous fassions? nos lois nous autorisent à nous plaindre, etquand après bien de démarches nous arrivons à faire pincer un de ces affreux assassins, on lui flanque tout d’un coup 200 francs d’amende.
L’amende payée, croyez-vous que le marchand est embarrassé? Pas du tout, il recommence avec une autre denrée à nous empoisonner comme précédemment, car il aime bien mieux risquer de payer 200 fr. et en gagner sûrement 10 , 000 .
Pour lui c’est tout profit. Après deux ou trois condamnations, il change de quartier et au bout de 10 ans, il se retire pour vivre honnêtement de l’argent qu’il nous a loyalement volé en nous assassinant en détail.
Assassins ces misérables, mais plus lâches que le coquin qui nous attaque franchement,, ils nous ruinent lasantéen véritablesjésuites, nous souriant, nous offrant même parfois des étrennes qu’ils osent accompagner d’un souhait de bonne santé.
Les expériences désastreuses de chaque jour
prouvent une chose, c’est que les lois de répression contre ces coquins sont d’une banalité ridicule.
Les falsifications reconnues nuisibles devraient être assimilées à l’empoisonnement pur et simple, avec préméditation, ce serait tout simplement justice, et tous les honnêtes gens, à quelque parti qu’ils appartiennent devraient demander une réforme de nos lois en ce sens.
En attendant, puisqu’on acquitte tant de mères qui tuent leurs enfants, je serais au moins ravi, histoire de prendre patience, de voir acquitter des mères tuant le laitier dont le mauvais lait aurait causé la mort de leurs petits.
En pareille circonstance, je voudrais bien savoir quels sont les jurés qui la reconnaîtraient coupable.
René Lebrun.
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Décidément les gens du monde chic seraient désolés de manquer l’occasion de faire une sottise. Aussi n’en laissent-ils échapper aucune.
C’est pourquoi, sans doute, ils se laissent entraîner à d’interminables dissertations sur l’affaire de Chaulnes-Chevreuse alors que le plus vulgaire bon sens leur commanderait d’observer à ce sujet un silence auprès duquel celui, si fameux, de Conrard, ne serait que de la simple et vulgaire roupie de sansonnet.
Que deviennent en effet, dans tout cela, les inimitables vertus privées de la femme du monde, vertu tant vantées par les philosophes à la Dumas fils, en opposition des femelles des pétroleurs.
Et que deviennent surtout les fameux droits du père et de la mire de famille, dont les bon- dieusards nous rabattent tant les oreilles depuis le vote de la loi sur l’instruction laïque?
C’est chose merveilleuse, en vérité, que la sottise immense avec laquelle toutes ces araignées de sacristie se prennent elles-mêmes dans les trames qu’elles ont ourdies avec une duplicité si effrontée!
X
Comment se dénouera l’incident Freppel ? Voilà ce que nous ne savons pas.
Que ce brave homme, qui fait métier de mépriser les jouissances profanes, tienne à garder les 15 ou 16.000 francs qu’il a touchés indûment, nous le comprenons parfaitement.
Le palais épiscopal d’Angers est presque au coindu quai. Cette proximité suffit pour qu’on n’y rende pas l’argent des traitements n’ayant point cessé de plaire. D’autant plus que ce saint homme doit s’être empressé d’employer ces fonds en saintes œuvres. Evidemment, à force défaire des versements pour Notre-Dame de la Galette, le denier de Saint-Pierre et l’œuvre des petits Chinois rachetés de la dent cruelle des cochons violets, il ne reste plus, sur cette somme, à l’émule de Dupanloup, de quoi s’acheter une malheureuse botte de radis.
Par exemple, si j’étais le gouvernement je sais bien ce que je m’empresserais de faire : j’enverrais dare-dare l’huissier à l’ensoutané de violet, je mettrais arrêt sur ses appointements et vendrais au besoin tout son Saint- Frusquin pour rentrer dans mon argent.
Les bigotes gémiraient et les cagots hurleraient. Mais, comme disait feu le père Duchêne: les bons bougres de libres-penseurs s’cn colleraient une jolie bosse. Et c’est là, à mon estime, du moins, ce qui importe avant tout 1
ainsi le meurtre d’un policier russe par ceux-ci :
A peine arrivé, pendant qu’il se repose sur un banc de la promenade, il est lâchement assassiné, les brigands l’attaquent par derrière, car le meurtrier est généralement peu courageux.
Je sais des gens invariablement plus lâches que les révolutionnaires, ce sont les conservateurs. Ce n’est pas ceux-ci qui attaqueraient uq Raoul Rigault, même par derrière. Ah bien ouichel ils ne savent que crier comme des anguilles qu’on écorche et courir se mettre à l’abri sous 1a, protection des gendarmes.
X
Continuons à dépouiller cette belle prose opportuniste :
Les chefs et les instigateurs ne tiennent point à s’exposer et c’est généralement un jeune homme sans expérience qu’ils entraînent vers le crime, eux sont aussi coupables et leur punition devrait être au moins égale à celle de leur instrument aveugle.
« Instrument aveugle '> n’est pas neuf mais cette expression ne m’en plaît pas moins infiniment. Elle a cet avantage d’expliquer d’une façon très satisfaisante comment et pourquoi les nihilistes qui se servent du revolver manquent presque toujours leur coup. Mais quelle singulière idée a le comité exécutif d’armer ainsi des gens, bons tout au plus à se faiie remorquer par des caniches.
N’a-t-il donc pas à sa disposition quelques borgnes?
X
La conclusion vaut alissi la peine d’être citée :
Nous ne sommes nullement partisan de la peine de mort, ni du principe œil pour œil, dent pour dent, mais il y a des exceptions. L’assassinat préparé froidement, soit dans les cas ordinaires, soit dans les cas politiques, est une de ces exceptions, car nous ne pouvons pas admettre cette différence subtile.
Ainsi Henri Moomus blâme qu’on pende ou qu’on décapite les gens sans raison sérieuse, parce qu’ils ont un grand nez ou qu’une flatuosité leur est échappée en présence d’une autorité, comme cela se passe en Birmanie. Et ce charmant défenseur du czar se juge, de très bonne foi, un fougueux abolitionniste. Qu’il persévère dans ces idées et il arrivera sous peu à doubler Saint-Genest, chose qui, certes, n’est pas donnée à tout le monde — heureusement.
X
Albert Delpit a eu — la seule fois de sa vie peut-être — une bonne inspiration en reproduisant, dans le Faris, une chanson populaire allemande qui obtient actuellement un grand succès outre-Rhin :
ADIEU
Voilà trois ans écoulés depuis que je suis entré dans ce pays, le fusil sur l’épaule ; aujourd’hui il est temps que je m’en retourne chez moi ; le tamboûr bat et nous rappelle. Adieu 1
J’ai eu des moments d’inquiétude, car je craignais un peu que les Français ne payassent pas comptant 1 Vaine terreur, Dieu merci, mon cœur est plein d’une béatitude : l’argent est là, payé, en bonne» «espèces sonnantes. Adieu !
Hurrah ! Cinq milliards ds francs ! Ils sont payés, et alignés là devant nous, offerts au bon empire allemand. — G’est égal, si seulement il en passait un peu dans ma poche 1 Adieu!
Adieu, ma France ; oublie, ma chère, ce que tû ne peux pas changer ! —G’est le plus sage. — Tu sais, tiens-toi bien tranquille ; nous entendons garder Strasbourg et Metz ! — G’est clair; Comprenez-vous ? Adieu!
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On lit dans l'Intransigeant du 3 mai :
« Le président de la Chambre n’a pas encore ' reçu les démissions de MM. Savary et Leconte (dé l’Indre).
M. Leconte est ce député dont nous avons parlé, qui s’est permis de falsifier son permis de circulation, afin de faire profiter sa femme de la gratuité du parcours sur les chemins de fer ».
Pendant qu’il y était, M. Leconte n’aurait pas dû s’arrêter en chemin ot étendre la gratuité de son parcours non-seulement à sa femme, ses enfants, leur nourrice, la bonne, mais encore à ses parents et amis, voire même à ses électeurs l
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Connaisssez-vous le Franco-Slave ? Non, sans doute. G’est un petit canard politico- financier hebdomadaire qui s’est imposé la lourde tâche de réaliser l’alliance si souvent rêvée entre la Russie et la France.
Le rédacteur en chef, M. Henri Moonus, est, comme Joseph Reinach, dont il doit avoir l’âge, un fougueux adulateur de Gambetta. Eu même temps que le tribun jadis populaire,. Henri Moonus admire fort le czar et tape à tour de bras sur le dos des nihilistes. Il raconte
Et pendant ce temps-là, nous autres, nous chantons 11 n'a pas d’parapluie, le Petit Bleu et et C'est Mamzelle CUgwncourU
Souvenons-nous, m«es frères. Remémorons- nous surtout qu’une •ordonnance royale du 2 mars 1868 à dépouillé la maison de Hanovre de ses biens et a attaché le produit de cette confiscation à subventionner la presse gouvernementale. G’est ce qu’on appelle le tonds des reptiles.
N’est-ce pas qu’ils sont honnêtes, vertueux, loyaux et indépendants, nos confrères, et que nous pouvons faire grand fond sur les assurances d’amitié qu’ils nous prodiguent en ce moment sur l’ordre du machiavélique Bismark !
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On lit dans l 'Europe :
Les bigots britanniques persécutent l’athéisme deM. Bradlâugh jusque dans ses enfants, et font indirectement sommer le gouvernement aux communes par sir H. Tyler, d’avoir à renvoyer les deux filles de M. Bradlaugh du Hall of Science , où ces jeunes institutrices donnent des cours de botanique et de chimie,
Gommo c’est généreux!
Allons décidément les hypocrites sont aussi ifourbes, aussi lâches, aussi odieux sous quelque latitude qu’ils vivent.
Henry Vaudémont.
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Le calme est revenu sur le marché des sociétés de crédit et celui des rentes, des chemins de fer et des valeurs étrangères qui n’avait été troublé que par contre coup est redevenu très ferme. La liquidation s’annonce comme devant être très facile et il est donc
