18 CENTIMES

LE GRELOT

15 CENTIMES

sait guère aller pour être tranquille; la petite fête se remet de ville en ville et de jour en jour, or, si lui nest pas tranquille, com­ment peut-il simaginer que les autres soient à la noce? ,

Quand on vous invite à dîner en ville, c est amusant, on y va, mais si lamphytrion vous disait :

« Venez donc, nous aurons des choses suc- « culantes à dîner, seulement comme la mai- < son nest pas solide, il ny aurait rien déton- « nant à ce quau milieu de la fête le plafond « tombe sur la table. » Il est probable quon y regarderait à deux fois, avant daller chez ces gens-.

La famille royale de Danemark est tout bon­nement dans le même cas, et je la comprends moi, cte famille. Quant à lempereur de Russie qui grille de se faire couronner et qui ne peut en venir à bout, dans la crainte perpé­tuelle quil a de se flanquer les jambes en lair, il me semble quil lui serait cependant facile den arriver à ses fins et de faire par une bonne farce aux nihilistes.

A sa place, je ferais assavoir a trétous que je vais me faire couronner soit à N.-D. de Cazan, soit à léglise Isaac, tel jour et à telle heure.

Au jour dit, pendant que les nihilistes rem­pliraient la perspective Niewski depuis le quai de la Newa jusquau pont de Police, ou de la place Isaac jusquà Gottinidwor, je filerais tranquillement incognito jusque chez un épicier du vieux quartier de bois, et je me ferais couronner dans larrière-boutique par un pope requis à cet effet, en présence de lépicier, de sa femme et de quelques amis.... enchaînés préalablement.

Sil sort delà, daprès tout ce quon apprend, le couronnement ae lempereur aura lieu quand? on se le demande, et encore, sil a lieu, je suis sûr dune chose, cest que depuis lempereur lui-même jusquau dernier grena­dier de service, tout le monde aura mal au ventre de peur.

Quest-ce que vous pariez ?

René Lebrun.

ipourbes % ptansongrs

JeanGornély a pris sa bonne plume doie de Tolède pour répondre par une colonne de prose, insérée en tête du Clairon, au spirituel discours prononcé à la Chambre par Clovis Hugues.

Voici la conclusion de ce remarquable mor­ceau de littérature:

Depuis son berceau jusquà son cerceuil, lhomme sil veut croire en Dien, doit lutter contre lEtat oppresseur.

Et puis après ?

Après ! Voici ce qui arrivera.

Ou la République réussira à déchristianiser la France, et alors il ny aura plus de France. Ou la France voudra vivre quand même, et alors elle sera bien forcée, un jour, de balayer cette République infâme qui veut nous voler à 1$. fois lâme de nos enfants et les os de nos pères.

Fermez les portes ! Et , que personne ne sorte avant quon ait fouillé tout le monde pour voir si quelquun a, dans sa poche, quel­que morceau de lâme des enfants ou des os des pères de J. Cornély.

X

On nous rendra cette justice quici, nous nabusons pas de la Figarophobie. Ce nest pas par sympathie pour le journal de Magnard. Au contraire, cet organe nous répugne tant à lire que rarement nous mettons le nez dedans et nous trouvons par conséquent fort empêché den dauber sur le contenu.

Lautre soir cependant étant constipé et trop déchard pour macheter une fiole de ce que ma concierge appellera huile dHenri V, tant que le marchand de bottines pour culs- de-jatte du coin naura pas fait fortune, mad­vint la pfantaisie de plonger le nez dans le journal de la rue Drouot.

Est-il utile de dire que je courus tout dabord aux petites annonces pornographi­ques?

Voici ce que je trouvai:

500 francs! La dame qui a reçue la mon­naie de mille pont son billet de 300 fr. (31 mars) est priée de renvoyer les cinq cents francs donnés en erreur.

La signature Alphonse nest pas au-dessous. Mais elle simpose.

Alphonse a raison de ne pas gâterie métier. Sil a rendu pour mille francs de services, il ne peut décemment en accepter cinq cents.

Oui, mais si les services sont de ces natures délicates quil est extraordinairement difficile de préciser quand on est lu par des femmes, je me demande comment la dame va faire pour rembourser Alphonse.

Et jai beau me le demander, je ne me ré­ponds pas.

Je reste perplexe.

X

Continuons :

Ménage, le mari cocher, désire place con­cierge ou emploi pour le mari seul.

E: pendant que le mari travaillera comme un pauvre nègre, la dame prendra des leçons de boxe pour éreinter les artistes dramatiques qui viendront lui demander le cordon passé minuit sans doute ?

0 tempora , o mores 1

X

Maintenant, dans les Renseignements, je trouve celui-ci pour lequel je me permettrai den demander un.

JËcclésiastique, licencié, parlant alle­mand, demande préceptorat.

Lecclésiastique en question est-il licencié ès nimporte quoi, ou a-t-il été licencié des ordres ?

Pardon de la licence grande...

X

Pendant que nous y sommes, plongeons nous dans la peau du grand, de limmense, du seul Saint-Genest 1

Qui meût dit que moi, élevé dans un collège de lUniversité, que moi, disciple de Manuel et de Vapereau, que moi, ladmirateur de Pas­cal et de Bossuet, que moi, qui jamais navais pensé à franchir le seuil de Vaugirard ni de la ruedesPosles,etqui croyais ny jamais entrer... qui meût dit que je viendrais un jour assister à une représentation helvétique en lhonneur du Révérend-Père recteur.

Notez ceci : IL a été élevé dans un collège de lUniversité. Coup terrible porté directement à lenseignement de lEtat, qui peu produire de semblables acéphales.

Notons encore ce qui suit :

En écoutant cette pièce, en voyant le fré­missement causé par ces vers,on sentaitquune guerre survenant encore cette noble et vail­lante jeunesse, ces jeunes et grands cœurs iraient se faire tuer sous les ordres de leurs peisécuteurs, comme leurs devanciers se sont fait tuer sous les ordres des Freycinet et des Ghallemel-Lacour.

Au fait, nest-ce pas, il y avait longtemps quils ne lavaient dit, IL fait bien de le rap­peler. En 1870, eux seuis se sont battus, eux seuls se sont fait tuer 1 cest même cela, et cela seulement qui les met en minorité à lheure quil est.

Minorité qui court grand risque de durer longtemps encore, car les bons cléricaux sont incapables de songer à reconquérir la majorité par des moyens si peu blâmables que ce soit.

Goûtez-moi encore ce petit morceau :

Pendant ces quatre actes, pas une allusion politique, pas une de ces paroles comme MM. Paul Bert et Jules Ferry nont pas craint den prononcer devant les enfants.

Quel exemple, ô mes frères, quelle leçon 1 Profitez-en. Et à lavenir imitez les M***, les B***, les G*** je vous prie 1 Quand vous aurez quelque acte facétieux à commettre, quelque parole légère à prononcer, évitez que ce soit devant les enfants. Faites au préalable retour­ner ceux-ci.

X

La France Populaire continue à être mise en page d'une façon on ne peut plus fantaisiste.

On en jugera par la lecture de cet entrefilet, découpé avec un soin jaloux dans ce drap de lit quotidien :

Passer quatre mois sur un glaçon dans la mer glaciale est une aventure assezextraordinaire ui vient darriver à des pêcheurs du cercle Onéga, écrit-on dArkhangel à la Gazelte de l'Allemagne du Nord.

Sept habitants du village de Durakow étaient partis en bateau le 3 février, pour aller chas­ser des animaux marins, emportant avec eux des provisions et des appareils de chasse et de pêche.

Le même jour, ils descendirent sur un grand glaçon flottant, et sy établirent pour com­mencer leur pêche; ils y restèrent tranquile- ment jusquau l or mars,, par suite dune tempête, le glaçon fut submergé par les vagues lacées de lOcéan, de sorte que les chasseurs urent se réfugier dans leur bateau. Heureusement, le vent ne dura pas long­temps et ils purent sinstaller de nouveau sur leur glaçon. Durant quinze jours et quinze nuits, ils allèrent ainsi à la dérive le long des côtes jusquau moment le glaçon se trouva subitement entraîné vers la gaute mer.

Il ne restait plus aux malheureux nauti­que.

On trouverait bien dautres souvenirs dans la rue Vielle-du-Temple et dans le quartier du Marais.

Parmi les enseignes disparues, on cite un drapier qui avait pris pour enseigne une paire de ciseaux volants, non pas tant pour marquer la dextérité avec laquelle il aurait à débiter ses étoffes que pour inviter la pratique à se méfier des ciseaux du tailleur (tailleur rimant avec voleur était un jeu de mots qui ? pour lors, faisait florès.

Les fabricants denseignes cultivaient le ca­lembour. Je me souviens de celle dun cabare- tier qui avait fait écrire sur son auvent t

0 20 100 O

Cela voudrait dire : Au vin sans eau.

Un mercier en décorant sa boutique de P Y majuscule, faisant un jeu de mots par à peu près, attendu quil vendait des lies- fragés quà être engloutis, si leur navire ve­nait à sentrouvrir, ou à périr de faim et de froid sil continuait sa marche à travers lcéan, loin de toute terre habitée.

Ils ne savaient ils allaient, et il y avait vingt jours quils voguaient ainsi sur les eaux remplies de banquises, lorsque, le jour do Pâ­ques, ils aperçurent la terre. Cétait la pointe de Kanin : mais ils ne purent aborder. Leur joie fut de courte durée ; un vent violent du Sud les poussa do nouveau vers la pleine mer. Leurs vivres sépuisaient ; ils ne pouvaient se procurer dautre nourriture que des phoques ou des veaux marins. Ils passèrent encore six semaines dans cette horrible situation.

Enfin le 27 mai, ils aperçurent une autre fois la terre, cétait la même pointe de Kanin; le courant entraîna leur glaçon jusquà lem­bouchure du fleuve Stelbowo. Cest que leur odyssée sest terminée; après avoir été ballottés quatre mois sur les flots de lOcéan glacial, la mort les menaçait à chaque ins­tant, ils ont pu gagner le rivage et trouver lhospitalité chez les Samoyèdes.

Je parierais de grand cœur cent sous que les trois quarts des lecteurs ont lu cela tout dune haleine et ont parfaitement compris !

Henry Vaudémont.

-

CHRONIÛUE THEATRALE

Gymnase. Il ne sagit pas dêtre veinard, mais bien de fixer la veine. M. Koning vient de la fixer au Gymnase, grâce à la reprise de Madame Caverlet, cette œuvre puissante de Emile Augier, jouée jadis au Vaudeville.

Le Succès a été plus vif boulevard Bonne- Nouvelle que rue de la Chaussée dAntin. Madame Caverlet a été jouée avec le plus grand talent par toute la troupe du Gymnase.

o

Hippodrome. Mercredi dernier spectacle fort attréyant.

Dabord Mlle LéonaDare, la gymnasiarque, superbement bâtie, et dont la mâchoire de fer continue à faire merveille. En voilà une femme portée sur sa bouche ! Elle enlève un hommeduboutdes dentsetlui faitfaire le tour­niquet, le sourire aux lèvres. On applaudit, on trépigne, natuellément; mais on craint malgré soi quun accident narrive.

Mlle Elisa, de Vienne, lécuyère favorite de limpératrice dAutriche, est venue ensuite, montant son pur sang. Laisance parfaite de la jeune femme dans les exercices quelle impose à sa monture, avec autant de douceur que dart, a été remarquée. Le succès de la belle amazone a été unanime.

Enfin, M. Hargebecks a présenté les cinq bœufs quil a dressés à se courber, se balancer, monter, descendre comme le feraient des tou­tous forains.

Ces lourds et épais animaux, que lon se plaît à trouver délicieux avec des petites ca­rottes et un peu bardés de lard ou revenus par tranches dans un peu de neurre frais, avec des fines herbes ou des pommes de terre frites autour, ces bœufs enfin ont fait très bonne figure dans larène de lHippodrome.

M. Zidîer prépare en ce moment une grande pantomine à sensation sur la légende comique de Cadet Roussel.

o~

Folies-Bergère . Dans le nouveau ballet des Folies-Bergère intitulé : La Bonne Aventure, lequel fourmille de jolis motifs musicaux et de gracieux pas chorégraphiques, il y a une certaine masurka ou polka dite : Des Revolvers, qui à coup sûr sera le principal clou du diver­tissement : chacune de ces dames use une dizaine de cartouches dont les détonations accompagnent la mélodie et en marquent la mesure. Cest très original 1...

Signalons les brillants débuts et le grand succès obtenu au théâtre des Folies-Bergère par Alexandra, équilibriste dun nouveau genre, on ne peut plus divertissant et tout à fait original.

DE LA VERDRIE.

GRELOTS

Monsieur chose, auteur de livres assom­mants, est aussi laid que prétentieux.

Lautre soir il disait avec fatuité :

Moi, tel que vous me voyez, je suis le fils de mes œuvres.

Cela se voit, murmura nn assistant, il leur ressemble.

o

Mon premier est un nom denfant

Que lon garde devenu grand ;

Mon second fait une blessure

Sil est lancé dune main sure ;

Et mon troisième est employé

Pour dire en allemand : mon pié.

Et mon tout un fonctionnaire

Honnête brave et nécessaire.

JeanDard ma pied Gendarme à pied.

o

On annonçait à Madame de... quun de ses amis venait de passer de la magistrature de­bout dans la magistrature assise.

Ah 1 sécria-t-elle, voilà qui va bien chan­ger sa position,

o

Calino,propriétaire à Suresnes, vient de faire placer sur un chemin longeant la Seine, un poteau avec cette inscription :

c, Quand ce poteau disparaît sous les eaux, « le chemin est interdit aux piétons et aux « voitures. »

Triboulet.

AUX PHARES

DE LA

BASTILLE

PLACE DE LA BASTILLE

OCCASIONS UNIQUES

CUMPLETStI e é32!l I

COMPLETS at~^35!

i costume complet n f.

I drap noir fin. 11

PARDESSUS

COSTUMES LTàf;:: 6

PIPES DÉCUMEis, 7 ,"ô"tc.

FRANCO Ctre MANDAT OU ÏIMB.-FOSTE

Fume-Cig. et Cig nos , étuismarog.,écaille.£/a£ues soie, nickel, celluloïd. Narghilés. Moules à C/g Wes , Etouffe-Cigares, Porte-Cig. à musique, TabatièreSfBriquets,* teEnvoi franco et gratis

lustré! Ptiilipprt-MÛULIN S!, 6 ; 30

dans la cotir, au 1"étage, PARIS .Prière d'indiquer dans quel Journal on a lu cette annonce.;

ÊM IV1 A 11 l r 11 ODU.UUU et 'l,iJUU,UUÜ. Veuve II*Ü11I UH 29 ans, 480.000 fr. sans enfants. Damas, 68, r. St-Antoine.

M/UAMJ PAIMSIEXXE U VCUÉ* IgUE est anti­miasmatique, excellent préservatif contre les épidémies et con­tre les influences pernicieuses. Flac. dessai f°c.2 fr. timbr.«p. Koqueblave, rue Bergère, 24, Paris.

1 Æ 6 OÜDRON»

JOSEPH BARDOU & Fils

seuls inventeurs-préparateurs et

le CACHET DE GARANTIE.

NORWEGE

DOCTEUR CHOFFÉ

Ex-Médecin de la Marine, c... gratuitement une Brochure indi­quant sa Méthode (10 années de succès dans les Hôpitaux) pour la

Guérison radicale de : Hernies, Hémorrhoïdes, Rhumatismes, Goutte, Gravelle, Maladies de vessie, de la Matrice, du Cœur, de lSstomac, de la Peau, d©6 Enfants ; Scrofule, Obésité, Hydropisie Anémie, Cancer, les demandes, 27, Quai S'-Michel, Paris

C ie des CAVES GENERALES BERCY

VINS f insordinaires en 0 ièces «t en boutaillas. Envol franco tari

'ÉflHK

1 BÉM

'MUIl

gfflIKSSI

GRILLAGES

pour Volières, Faisanderies, Basses-cours 40 0/0 de rabais W. S. STEWART et C*

12, boulevard Poissonnière, 12 CLOTURES DE CHASSES 1 m. de haut... le mètre 0 fr. 45.

t\ AT>TT>T7C Pommade de L. PRELIER U Ail lit Ju O 100, rue Yieille-du-Tempie

EVITER LES CONTREFAÇONS

PLUMES

de J. ALEXANDRE

Les meilleures plumes métalliques HUMBOLDT.1 .

PHŒNIX . . . ( 9 lr - HA ROSSINI.. . . J ° uu

KALAM i n fr.

N°* 4, 5 et « S 0

?s papetiers et libraires.

Chez tous U

TRAITEMENT spécial des M Ali AOIBS SECRETES par le docteur Emaasud, licencié ès-sciences Cabinet médical et pharmacie, 142, rue de Rivoli Consultations à l'entresol, de 9 heures du matin à 10 heure de soir, dimanches et fêtes de 9 heures à 6 heures

PRÊTS AVEC HYPOTHÈQUES à 4 » - 4.25 4.50 4.75 & 5 0/

Sur tous Immeubles situés en FRANCE (Maisons, terres, prés vignes, bois, etc.) PROMPTE SOLUTION Sadresser à M.PILLARD, successeur de M. ni Valincx, hou* levard Saittt-Oeni*, 15 bis, Paris (Maison fond, en 1850)«

D rn p| AppiRJ Méd. sp. Guérison des Maladies Ha uliAuliHu contagieuses, 9, rue Rodier,Paris

HÉiorrMdes

FISSURES A L'ANUS

Soulag* imm* & 6ué*~ison

P'POMMADE ROYERM'ïS Pk. Ili. r.SMartU. Parii.

flAir ITl?lU r P u ^ ritabΣ CANET-GIRARD guérison U11UUÜU1 1 prompte des plaies, panaris, blessures de toutes sortes. P. : 2f. le rouleau. (Env. p. p. aff. 20c Dépôt : 4, suie des Orfèvres, pharmacie VERITE)

CAPITAUX:

sur hypothèques,

fruits, titres, signatures de g* prop

i-proprû ires de