15 CENTOIES

LE GRELOT

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PRIX D'ABONNEMENT

Aux différents Journaux

Charivari ..

Civilisation.

Clairon. *

Constitutionnel.

Défense.

Dix-Neuvième Siècle.

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Les prix qui précèdent sont ceux de la province. Pour ^étranger, les demander par carte postale.

Pris par Ventremise du Grelot, les abonnements à tous les autres journaux de Paris donnent éga­lement droit à la Prime pendant un temps plus ou moins long.

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ZIG-ZAGS

UN CONTE BLEU

Nous arrivons bien tard pour parler de lin­cident Léon Say,

Aussi nen dirons-nous rien.

Gela vaudra mieux, du reste, que dimiter ces gens, qui nhésitent pas à vous raconter des histoires de voleurs dans le genre de celle-

Sarcey, vient de tremper sa plume de Tolède dans sa meilleure encre pour rédiger un élo­quent manifeste en faveur des Juifs de Rus­sie.

Si jétais à la place du czar, ce que je sou­haite, du reste, très médiocrement, je mempresserais de répondre à Francisque :

Monsieur,

Je venais justement de relire la collec­tion du Drapeau Tricolore , dans laquelle vous poursuiviez une si éloquente campagne en faveur du massacre des communards, quand jai reçu votre épistole.

Je vous avoue ne pas comprendre comment unb âme peut contenir à la lois tant de haine contre des compatriotes et tant damour pour une race qui fournit si peu de petites actrices à vos théâtres de genre.

Agréez néanmoins, etc...

Alexandre III.

*

* *

UNE VRAIE SCIE

On recommence à ergoter dans les commis­sions à propos de la loi sur linstruction secon­daire.

On se propose de supprimer les écoles libres au profit de lenseignement de lEtat, sans ré­fléchir que, si lEtat retombait entre les mains des calotins, cen serait fait du coup de la liberté de lenseignement.

Mais que voulez-vous ?

Limmense majorité des Français ne com­prennent pas actuellement que, pour que la pensée soit vraiment libre, il faut que lon ait le droit dêtre autre chose que libre-penseur.

POLITIQUE EXPLOSIVE

Les Irlandais se plaignent dêtre trop oppri­més, M. Gladstone sest empressé de serrer la vis sous laquelle ces malheureux sont op­pressés.

Cest absolument comme si un chauffeur, voyant la vapeur séchapper par la soupape de sûreté, mettait un poids de 20 kilogs sur cette soupape.

Et le jour prochain la chaudière irlan­daise fera explosion, il se trouvera encore force gens pour sen étonner.

Imbéciles, va 1

PETITS CADEAUX DAMITIÉ

La veuve de Badmguet vient de recevoir de son ex-cousine Augusta, impératrice dAlle­magne, un bouquet de violettes.

Franchement, en échange de lAlsace-Lor- raine, cest bien peu de chose,

On est joliment pingre de lautre côté du Rhinl

Gringoire.

BLAGUES ET GNONS

Espérons quelle invitera quelquefois celui- ci à dîner et quelle lui prêtera de temps en temps une pièce de cent sous.

Ou alors, quelle le prenne comme cocher.

Le Clairon faisait bien remplir ce dernier emploi à son père t

Büridan.

GAZETTE DE M0NTRET0UT

La blague politiqne .

Jaurais parié la virginité de Sarah- Bernhardt contre lesprit de Saint-Genest que^M. Léon Say retirerait sa démission. Ce quil y a de plus amusant dans cet imbroglio, cest que la Chambre a fait des excuses au ministre des finances 1

L « équilibre budgétaire » a décidé nos ho­norables à revenir sur un vote fort sage. Loc­casion était belle, pourtant, pour renverser un ministre qui prétend simposer.

En rabibochant les choses, la Chambre vient, non-seulement de se ridiculiser, mais encore de sacrer M. Léon Say « homme indispensa­ble ». .

M. le ministre des finances a lhabitude de mettre, pour un oui, pour un non « le marché à la main » aux représentants du pays :

Plus menaçant encore quArabi-Pacha, lex- Orléaniste sest opposé à la « prise en considé­ration » dune proposition qui tendait à sup­primer à transformer 160 à 180 millions dimpôts.

La Chambre, par 302 voix contre 36, est ve­nue à récipiscence.

Léon Say triomphe ; Léon Say exulte et les Débats illuminent.

Allons 1 allons, ne désespérons pas de voir M. le ministre des finances (du panier) détrô­ner Freycinet et devenir chef du cabinet.

Tout vient à point à qui Say... t attendre.

Sèulement, je doute que la France, moins gobeuse que ses représentants, accorde jamais à ce financier finassier la moindre « prise en considération 1 »

*

* *

Lucifer-BIanqui -X ercingétorix

Madame Paul Minck, qui, pour continuer sans encombre ses petites conférences pétrolo- révolutionnaires, a trouvé à Toulon un mari du nom de Négro, sest vite lassée de lamour pla­tonique... qui nest vraiment pas un plat toni­que.

Louvrier Négro a fait un petit Négro, et sa maman a voulu faire inscrire à la mairie de Montpellier le rejeton quelle vient de donner à la Commune impatiente.

Le jeune Négro-Minck a été présenté à lof­ficier de létat-civil sous les prénoms fantas­magoriques de Lucifer-Blanqui- Vercingétorix.

Epatement du préposé aux naissances. Le bonhomme cherche dans son calendrier et ne trouve pas lombre de saint Lucifer, de Saint Blanqui ou de saint Vercingétorix.

Je ne puis enregistrer votre fils sous de pareils noms de baptême.

Mais puisquil ne sera pas baptisé.

Ça mest égal, mais ii me faut des noms de baptême chrétiens.

Madame Negro-Minck est furieuse. Avouez quil y a de quoi I

Mais quy faire. La loi est. Dura lex sed lex. Elle ne peut pourtant, elle libre-penseuse, nommer son fils Dupanloup, Freppel, Benoit- Labre, Baragnon.

A sa place je lappellerais Psitt 1 Psitt 1 *

* «

Ugunie

ex :

Cest le même coup que la Conversion.

« On provoque ainsi un mouvement de bas­cule quon est sûr darranger et de diriger à sa guise, après avoir prévenu ses copains tri- poteurs, qui se hâtent den profiter...

« Et le tour est joué. »

Je vous le demande un peu, de tels racon­tars supportent-ils un seul instant l examen dun homme de bon sens ?

M. Léon Say na-t-il pas assez, pour manger du pain et pas mal de beurre par dessus, de ses revenus personnels, grâce auxquels il a pu donner à sa fille la couronne de princesse de Broglie ;

Des jetons de présence quil touche comme administrateur de plusieurs sociétés financiè­res;

Et de ses appointements comme sénateur e comme ministre des finances 1

Evidemment si.

Il y a, certes, beaucoup de travail.

Mais, en revanche, cela fournit le moyen de vivre honnêtement sans se livrer à des tripo­tages que, dès ce jour, je me hâte donc de considérer comme une légende ainsi que celle de la non-existence de Jud et de Troppmann. *

*

PLEIN DE PITIÉ AU-DELA, IMPITOYABLE EN DEÇA

Le sympathique pachyderme qui agite si gracieusement les oreilles quand ou 1 appelle

On croit peu à la suppression, actuellement à létude, des facultés de théologie catholiques et protestantes.

Alors, je demande rétablissement, en pleine Sorbonne dune chaire dathéisme.

Dame 1 les t ères de famille ont tout aussi bien le droit de faire instruire leurs enfants dans les doctrines professées par Lucrèce, Spinoza, Helvétius et dHolbach que dans cel­les enseignées par Augustin, Paul, Thomas, Jérôme, et autres Pères de léglise, qui char­geaient dautres des soins de leur fabriquer leurs enfants.

X

On continue à soccuper/dorganiser la Tu­nisie.

Dici à ce quon ait fini ce travail-, il cou­lera encore pas mal deau dans la Medjerdah, ui pourtant nen contient pas beaucoup, et e quoi remplir de saLg quelques citernes, aux environs de Kairouan.

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Il vient de se fonder une Association pour le progrès de l'art culinaire.

Dès que cette société aura obtenu de nota­bles progrès dans lart noble et utile des fasifi- cations elle procédera à sa petite exposition, à linstar dun simple groupe de rapins.

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Cette pauvre vicomtesse de la Panouse vient de louer près du lac dEnghien, une propriété, quelle habitait quand elle était simplement Mlle Marie Heilbronn.

Prix 8,000 fr. pàr an.

Il est vrai quelle est séparée des biens de ! son mari, M. de la Panouille , comme on lap- , pelle depuis le Krach. \

Cen est faitl Le tribunal de Marseille a donné gain de cause et cause de gain à la veuve de Napoléon dernier.

Le château de Pharo fera retour à madame Badingue.

Ainsi lont décidé les doctes magistrais ina­movibles du tribunal civil de la Cannebière.

Cest égal, quelle soit dans son droit ou non, lex-imperatrice a un fier toupet et jendosse pleinement les termes de la demande recon­ventionnelle que M. Brochier est dans linten­tion de lancer à la châtelaine du Pharo : Ré­clamer à la veuve Badingue la restitution de lAlsace et de la Lorraine, plus dix milliards cédés à la Prusse, plus 100,000 cadavres que nous a coûté sa guerrel

Monsieur Toto

Madame est sur le point de devenir mère.

Toto, quest-ce que tu aimerais le mieux, un petit frère ou une petite sœur ?

Moi jaimerais mieux un poney, si cétait la même chose pour maman ?

Comblom aille

œ comble du zèle pour un gardien de la

- Aider les étudiants à expulser les Alphon- i du quartier latin.

- Vous ny êtes pas. Le comble du zèle pour agents de M. Camescasse, ce serait de con- ire au poste un chou G abus !

Montreïout

MOTS

On causait, sur le cours, des hobereaux à la mode.

Le vicomte de B... est charmant, dit une brune.

Oui, répond une grosse dame autour de laquelle sest établi le cercle, mais il a le dos rond.

Quant au baron de S... reprend la phar­macienne.

Un squelette... sécrie la grosse dame.

Vous êtes sévère, continue une dévote. Voyons si M. de Saint-Amour trouvera grâce devant vous.

i Lui ? Je lui connais une tache de vin dans le dos.

On se regarde.

Il se fait un profond silence.

Tout cela soupire la fille du percepteur,

ne vaut pas mon cousin.

Votre arthur, poursuit la grosse dame, na quun défaut.

Lequel ?

Cest dêtre velu comme un ours.

Cette fois, la stupéfaction est à son apogéee.

Les femmes se lèvent les unes après les autres, jetant sur la personne si bien au cou­rant un regard de défiance.

Seuls les hommes demeurent, se consul­tant.

Enfin, lun deux hasarde une question :

Me permettez-vous, madame, de vous de­mander d vous viennent ces renseigne­ments ?

Alors la grosse dame, stupéfaite.

Je tenais des bains froids.

O

1 Mme X..., dont le mari est bossu, et qui est elle-même contrefaite, vient de mettre au monde un troisième enfant, bossu comme père et mère, frère et sœur.

Décidément, cest dans le sang, sécria le docteur.

.Hélas, non! riposte vivement M. X.., cest dans le dos.

o-

A la police correetielle :

Accusé, dit le président, avez-vous à ajouter quelque chose pour votre défense ?

Non, monsieur, je men rapporte à l'équi­tation du tribunal.

Vous avez raison. Tout le monde sait que nous sommes à cheval sur la loi l

o

Le général passe linspection trimestrielle dun bataillon de chasseurs. Lexamen roule sur lorientation.

Voyons, dit-il à lun des hommes pris au hasard, vous avez à votre droite le soleil le­vant, et à votre gauche le soleil couchant, quest-ce que vous avez devant vous ?

Le chasseur, après un moment dhésita­tion :

, Mon nez.

! Le général crut devoir terminer linter­rogatoire et ne pas demander au chasseur ce quil avait derrière lui.

o

S Scène parisienne.

J Entendu hier à la terrasse dun café du i boulevard :

j Deux messieurs sassoient, demandent des bocks et continuent leur conversation; au bout dun instant, une petite dame s'appro­che deux et sollicite une consommation. Tout j à une discussion pleine dintérêt, nos interlo- 1 cuteurs ne répondent pas; la dame insiste, fait tant et si bien que lun deux, se retour­nant tout dun coup, sécrie :

Est-ce quelle ne va pas bientôt nous fi­che la paix, cette grue-?

A ce mot vif, la belle-petite déverse sur eux tout ce que le dictionnaire poissard contient dinjurieux vocables. Alors, le patron de léta­blissement, témoin muet de cette scène :

Mademoiselle, veuillez modérer vos ex­pressions, sil vous plaît : il nest pas encore onze heures 1

Au palais de justice.

Un marinier est cité comme témoin <tan« une affaire de coups de couteau.

Donnez votre assignation ? fait le prési­dent.

Quoi qu cest qu mon assignation ?

Vousnêtes pasbonteuxdavouer une igno­rance pareille? Votre assignation, cest... cest ce papier que vous tenez à la main... Bon 1 i Maintenant, dites au tribunal tout ce que ' vous savez !

| Eh ben via I Jétais sur mon bachot en

train diler un grelin et...

Quel est ce langage ? Expliquez-vous clairement, le tribunal ne comprend pas vos paroles...

Hein ? Vous n savez pas ce que cest que dfiler un grelin ! Quest-ce qui ma f... des imbéciles comme ça... qui s mêlent de juger les autres, et qui savent pas seulement c que cest quun grelin 1

Tableau 1

Au bord de la mer.

M. Prudhomme et sa fille :

Retourne-toi un instant, mon enfant.

Pourquoi donc, papa ?

Voilà le soleil qui se couche.

Tout le Monde.