LE GRELOT
auxquels ces abominables gredins l’assoyaient, s’est mise à agir avec plus de discer- n ement et à leur appliquer in anima vili la Peine préventive du talion.
G est ainsi qu’elle mit au vent les tripes ^e l’anarchiste Bourdin à Greenwich, près de Londres, en le faisant trébucher au pied de 1 Observatoire ; puis éventra de môme, au g euil de la Madeleine, le dynamisérable Pau- ^vels— dont la ressemblance est si frappante av ec les agents que l’on grime à son image.
Enfin, la bombe toute récente du restaurant Poyot vient de se montrer, elle aussi, plus intelligente que certaines de ses devancières.
« La seule victime de l’explosion gravement atteinte, est le poète anarchiste Laurent Tailhade qui, au lendemain de l’atten- tat de Vaillant à la Chambre des députés disait : « Qu’importe l’acte et la mort des Va gues humanités, si le geste est beau par lequel s’affirme l’individu. »
M. Laurent Tailhade, qui a un oeil sérieu- soment endommagé par l’explosion, a malheureusement dû être gêné — sur le moment ~~ pour admirer toute « la beauté du geste de l’individu qui s’est affirmé » en déposant l’engin meurtrier dans un vase de fleurs — I e ® fleurs du mal chantées par feu Beaude- taire, le confrère du poète dynamité — à .. l’intérieur du restaurant où ce dernier dînait en compagnie de Mlle Julia, sa muse familière. Protégée par Apollon, elle ne reçut malgré le bris de toutes les glaces et vitres ~~ pas même un éclat de vers.
11 est donc bien démontré que c’est l’apo- l°giste de la « propagande par le méfait » Se hl, que la dynamite a choisi comme cible: T Pan ! dans l’œil !
A la place de Clovis Hugues, je ne serais Pas tranquille du tout, troun dé l’air ! et je me sentirais visé par la prochaine «affirmation individuelle de la beauté du geste anarchiste » pulvérisant les « vagues humanités » flhi riment sans raison.
Quant à M. Tailhade, qui est surtout connu Par une série d’articles paru dans le Gil Bios e l intitulés : «Aux pieds des Muffles»,nous es Pérons que l’évènement qui a failli l’ébor- ëner lui inspirera quelque nouvelle œuvre c & c lopéenne modelée sur les héroïques Chan- Sot> s de « gestes » du Moyen-âge... telles que crevé du ménestrel Hervé.
U. Maurice Tic.
-■»-----
artistes et savants
« Un journal de Chicago vient de publier u n article outrageant pour plusieurs artistes: ^nies Calvé, Melba et Nordice, qui jouent maintenant à Chicago, prétendant que ces artistes avaient accepté fins soupers, bon Site et accordé le reste à des membres dis- Lûgués de la société de Chicago. Mme Melba réclame à ce journal 500.000 francs de dommages-intérêts. »
C’est traiter ce journal comme un prince... ^ ia gamelle. Mais les artistes « outragées » e t même leur diffamateur — me permet- lr ont de leur faire remarquer, qu’à Chicago, capitale de la charcuterie américaine, quel- ïhes cochonneries de plus ou de moins ne ti- reQ t pas à conséquence ; car dans cette immense porcherie yankee, on ne sait jamais i’on fait de l’art ou du cochon.
On sait que M.Milne-Edwards, directeur hh Muséum d’histoire naturelle, a reçu, h e s exécuteurs testamentaires de M. G. Poucet un e lettre passablement inattendue et Se terminant par ce paragraphe... suggestif, ex trait du testament du défunt :
« Je désire formellement qu’aucun mem- m' e de l’assemblée des professeurs du Mu- s émp n’assiste à mon inhumation et que celte ^°lonté formelle soit publiquement connue. e charge mes exécuteurs testamentaires de
ce
soin.
C’est le cas de dire que ce mystère cache ÎPelque histoire qui n’est pas naturelle ; et v °ilà un professeur qui professait —à l’égard
de
dé:
ses collègues— des sentiments de consi- ra tion vraiment peu distinguée !
de fiel entre-t-il dans «l’antre des bocaux»?
l< Hier, le roi d’Italie a donné, en l’honneur mt congrès, un garden-party dans les jar- dihs du Quirinal et, je note ce détail exquis m bien caractéristique, que, par ordre exprès Humbert I er , il n’a été servi au buffet que es vins italiens. L’empereur allemand lui- même est surpassé. En dépit d’une légende ^hi n’a été exacte qu’avant son avènement,
Guillaume II n’a jamais privé ses hôtes de champagne; il appartenait au roi d’Italie de mériter le ridicule qui s’attachait aux accès de gallophobie de son allié. »
Pendant qu’il y était, je m’étonne qu’Hum- bevl-le-Crispiteux — pour plus d’italianisme — n’ait pas bourré exclusivement ses hôtes de macaroni , de polenta... et de « vache enragée » dont se sustentent ses sujets faméliques.
Il eût même pu offrir à ses invités — spécialistes éminents de tous les pays —en souvenir du congrès médical transalpin, un petit pot d 'onguent napolitain, le produit thérapeutique national italien par excellence.
C’eut été joindre, fort à propos, l’utile à l’agréable.
-OO—
« Il y a, en ce moment, à Rome, un autre congrès en vigueur et pas banal du tout.
» Le congrès des accoucheuses.
» Les expériences Fe font... à huis clos.
» Oe recherche le moyen d’opérer sans douleurs et comme par enchantement. On y travaille ferme. »
Si je n’avais pas eu la sottise de négliger mes études, comme je me serais empressé d’y postuler un emploi de préparateur 1 car il n’y a pas à dire, si les Italiens sont fripouilles, leurs femmes, filles et sœurs sont assez souvent d’agréables « pièces anatomiques » une fois passées dans la baignoire et au peigne fin.
Guillery.
THÉÂTRES
Gymnase. — La pièce choisie par le directeur du Gymnase pour remplacer sur l’affiche, Famille, dont le succès, si vif qu’il ait été, ne pouvait toujours durer, est une comédie de mœurs. Le Pèlerinage, quatre actes de MM. Boucheron et Ordonneau.
Le Pèlerinage, nous montre une parisienne au cœur chaud, mais à l’esprit frivole, qui change de maris aussi facilement que de domestiques, dès que leur service est mal assuré. Sur le seul soupçon que son mari, M. de Montguyon, peut la tromper et bien que le pauvre garçon n’en ait jamais eu l’intention, Mme de Montguyon fait à l’excellent homme des scènes horribles qui se terminent par un divorce, par consentement mutuel.
Mme de Montguyon s’empresse d’épouser un ami de son mari, Brivolet. Mais hantée par les souvenirs agréables de sa première nuit de noce, elle se refuse obstinément de tirer une deuxième édition de ce charmant volume, donne un rendez-vous à Montguyon, se fait pincer par le mari numéro deux en flagrant délit avec le mari numéro un, divorce à nouveau et redevient ce qu’elle aurait dû rester, la femme de son premier mari.
Les variations exécutées par MM. Boucheron et Ordonneau sur l’air bien connu : « Et l’on revient toujours, à ses premiers amours ! » ne laissent pas que d’être fort brillante. Il y a dans Pèlerinage nombre de scènes fort amusantes et fort agréablement présentées.
La pièce, fort bien jouée par MM. Noblet, Galmettes, Golombey, Mlles Berthe Gerny et Yahne, a été très applaudie.
Un petit acte de MM. de Gottins et Gavault, le Guet Apens, très lestement tourné, sert de lever de rideau au Pèlerinage.
*
• *
Gaîté. — Le 3® Hussards a terminé un peu rapidement ses évolutions et ses manœuvres, à la Gaîté, et regagné ses cantonnements.
Pour terminer la saison, la direction vient de reprendre les Cloches de Corntville, qui ont retrouvé leur inépuisable succès d’antan.
Ajoutons que dès aujourd’hui le tarif d’été est en vigueur à la Galté : on y peut donc s’offrir pour quatre francs un excellent fauteuil d’orchestre ou de balcon.
C’est pour rien.
★
* *
Folies-Dramatiques. — Les Folies-Dramatiques viennent de reprendre les 28 jours de Clairette. La pièce, très lestement enlevée par Mlle Lambrecht, excellente dans le rôle de Clairette, MM. Vauthier, Guy, Guyon, Mesmacker, Darleux, Vavasseur,MlleTusini, a été tiès applauldie.
M. Vizentini se propose de reprendre également Cliquette, afin de conserver la pièce à son répertoire, et en attendant la pièce nouvelle dont les répétitions sont fort avancées.
ut
* *
Bouffes-Parisiens. — Les Bouffes-Parisiens annoncent les dernières représenta
tions des Forains. Avis aux retardataires qui n’ont pas encore vu ce tte amusante opérette, et applaudi ses excellents interprètes.
L'Homme de Neige, dont les répétions Font terminées, passera dans la seconde quinzaine d’avril.
Jules de la Vekdrib.
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
pour favoriser le développement du Commerce et de l’Industrie en France.
Assemblée générale du 30 Mars i894.
L’Assemblée générale des actionnaires de la Société générale, appelée à statuer sur les comptes de l’exercice 1893, a eu lieu le vendredi 30 mars au siège de la Société.
Le rapport présenté par le Conseil peut être ainsi analysé :
Le mouvement général de la Caisse a été, en 1893 de 12.053.692.899 fr. soit, un mouvement moyen de 40.178.676 fr., celui du portefeuille de 5.407.656.<57 fr., représentés par 12.388.626 effets ; le montant des coupons encaissés s’est élevé à 277.736.495 fr. ; celui des ordres de bourse exécutés au comp'ant, à 840.684.030 fr. ; le solde des comntes de chè- crues, au3l décembrel093, est de 154.994.5Si fr. 55 cent, en augmentation de 7.503.342 fr. 59 c. sur le solde au 31 décembre 1892et avecl.746 comptes de plus que pendant l’exercice précédent; le solde des comptes, au 28 février 1894. est de 156.309.889 fr. 69; enfin, le solde des dépôts à échéance fixe, au 31 décembre 1893, est de 96 965.000 francs.
Le rapport expose ensuite le développement de la clientèle d’escompte et l’extension donnée aux affaires de banque qui se traduisent par une augmentation de 696.839 effets dans le mouvement du portefeuille, bien que les disponibilités consacrées par la Société aux achats de papier de banque su- la place de Paris, aient été notablement diminuées par le remploi d’une partie de ces disponibilités, en rente 4 1/2. Ce remploi, qui a été signalé dans le dernier rapport, laisse, aux cours actuels, même après la conversion en 3 1/2, une plus-value sur le capital.
Le rapport, après avoir constaté l’accroissement marqué de la clientèle des déposants, rappelle que la Société Générale est aujourd’hui la seule institution de crédit qui ne relève pas de la loi de 1867; elle reste, en effet, régie par des statuts arrêtés en Conseil d’Étaf, et dont l’objet a été d’assurer spécialement la sécurité des dépôts, en limitant, au papier escomptable â 90jours et aux titres admis en nantissement par la Banque de France, l’emploi des capitaux remboursables à vue.
Le Conseil n’est pas d’avis de placer la Société sous le régime de la loi de 1867, en modifiant les statuts pour trouver plus de latitude et de profits dans les remplois, car les prescriptions actuelles, qui peuvent rendre les opérations moins fructueuses, contribuent, par contre, à [accroître la confiance du public.
Le portefeuille titres est divisé en deux parties: la première contient les valeurs cotées ou d’une négociation facile, évaluées aux cours du 31 décembre 1893 ; la seconde comprend les valeurs non cotées ou rarement cotées, et est pourvue d’une provision suffisante pour prévenir tout le mécompte ; l’évaluation des valeurs de la première partie laisse, depuis deux ans, une plus-value qui promet de se continuer et qui constitue du reste une rentrée, par suite des larges amortissements pratiqués dans le passé.
Le rapport entretient ensuite les Actionnaires de certaines affaires anciennes.
La solution de l’affaire de Grotta-Calda subit un retard, par suite d’un arrêt de la Cour de Païenne qui, sans amoindrir les droits de la Société Générale, l’obligerait à une reddition de comptes devant arbitre. Cet arrêt est actuellement l’objet d’un examen en vue d’un pourvoi éventuel.
Le règlement de la participation Guano vient de faire un grand pas en avant, par suite de l’acceptation par le Gouvernement suisse, de l’arbitrage conféré au Président du Tribunal Fédéral par le protocole passé entre les Gouvernements français et chilien.
Enfin, l’entreprise du port de Callao a donné des produits qui, après prélèvement de l’annuité d’amortissement fixée en 1886 et de toutes les dépenses d’entretien, ont laissé encore un excédent porté au compte de Profits et Pertes.
Les bénéfices nets de la Société, y compris le reliquat du dernier exercice, ont atteint 3.035.684 fr. 57 c., sur lesquels 1.500.000 francs ont été distribués le l'r octobre 1893.
Le Conseil a proposé de distribuer, le 1 er avril 1894, 6 fr. 25 c. par action, soit, après déduction de l’imjôtsur le revenu, 5 fr. 75 rets. Cette répartition porte le rendement de l’exercice à 12 fr. 50 c. par action, soit 5 0/0 du capital versé.
Le rapport fait part aux actionnaires du décès de M. Joannard, administrateur, qui, entré, il y a un an, dans le Conseil, y avait apporté le concours d’une expérience éprouvée et d’un jugement sûr.
La Société Générale a également perdu, au mois de novembre dernier, son Directeur, M. Ségan, qui, par sa grande intelligence et son caractère droit, avait successivement franchi tous les degrés de la hiérarchie.
Le Conseil a désigné, pour le remplacer, M. Buron, sous-Directeur depuis 1886, dont les hautes facultés, la grande compétence et le dévouement sont depuis longtemps appréciés.
Le rapport du Comité de censure rend compte des vérifications périodiques accomplies par les Censeurs et constate la parfaite conformité des comptes avec les écritures. 11 indique que la Société doit poursuivre la recherche des opérations de banque et que les progrès réalisés dans cette voie permettent d’en attendre de nouveaux, dans les agences de Province comme dans les Bureaux de Paris et de la banlieue. Il déclare que les chiffres du compte de Profits et Pertes sont bien d’aecord avec les livres et les écritures sociales, et il estime qu’il y a lieu de voter les propositions du Conseil.
L’Assemblée générale a approuvé les comptes de l’exercice 1893 et adopté la proposition du Conseil relativement à la fixation du dividende. Elle a réélu administrateurs: MM. Hély d’Oissel et Bartholoni, administrateurs sortants; et nommé administrateur, M. Edouard Gaudet, en remplacement de M. Joannard, décédé. Enfin, elle a réélu censeur, M. Welche, censeur sortant.
Toutes ces résolutions ont été votées à l’unanimité.
VIDLE DE PARIS
EMPRUNT MUNI CIPALd e200 MILLIONS
ÉMISSIOTT
De 588.235 Obligations
Au prix de 340 francs
produisant 10 francs d’intérêt annuel, remboursables il 400 fr., et participant, chaque année, à quatre tirages trimestriels de lots, s’élevant ensemble à 200.000 francs, soit par an 800.000 francs.
Les tirages ont lieu les 2 8 des mois de Janvier. Avril, Juillet et Octobre de chaque année, à partir du 20 Juillet 1891 inclus.
CHAQUE TIRAGE COMPORTE :
1 lot de. .. 100.000 francs
1 lot de. 50.000 —
2 lots de 10.000 francs. 20.000 —
30 lots de 1 . 000 — 30.000 —
CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION
Les souscriptions 11, 2 ou 3 quarts d’Obligations, ainsi que celles de 11 4 obligations, sont Irréductibles.
Au-dessus de 4 Obligations entières, les souscriptions seront soumises, s’il y a lieu, I une réduction proportionnelle, sans que toutefois il puisse être attribué I chaque souscripteur moins de 1 Obligation entière.
PRIX D'ÉMISSION
Obligations entières. . 340 francs. Quarts d’obligations . 85 —
• Payables en sept termes, savoir :
1"
terme, à l’émission..
UNITÉS
50 fr.
QUARTS
12 fr. 50
20
— le
15
nov.
1894.
40
10 »
3®
— le
15
mal
1895.
35
8
75
4®
— le
15
mai
1896.
35
8
75
5®
— le
15
mai
1897.
35
8
75
6®
— le
15
mal
1898.
70
17
50
7®
— le
15
mai
1899.
75
18
75
Pour les souscriptions irréductibles, le versement du l* r terme est exigible en totalité au momentde la souscription.
Pour les souscriptions susceptibles de réduction, il sera versé immédiatement 20 francs par obligation souscrite. Les obligations attribuées devront être libérées du versement complémentaire de 30 francs dans les quinze jours qui suivront la publication de i’avis ofûciei de répartition.
Pendant la période des versements, les porteurs de titres provisoires recevront , â compter du 1* mai 1894, sur le montant des termes échuSj un intérêt de 3 0/0.
La Souscription sera ouverte à Paris, le 21 Avril 1894
(le 9 heures du matin à 4 heures du soir
A Paris, les Souscriptions irréductibles seront
reçues : A l’Hôtel-de-Ville et dans les vingt Mairies.
Dans les bureaux de quartier du Crédit Lyonnais.
Dans les bureaux de quartier de la Société Générale pour favoriser le développement du Commerce et de l’Industrie en France.
Dans les bureaux de quartier de U Société Générale de Crédit Industriel et Commercial.
Dans les bureaux de quartier du Comptoir National d’Eseompte.
Les Souscriptions de 5 Obligations et au-
dessus ne seront reçues qu’Il’Hôtel-de-ViUe etdans les Mairies.
Dans les Départements, les souscriptions irréductibles ou réductibles seront reçues aux Caisses de MM, les Trésoriers-Payeurs généraux.
EN VENTE AUX BUREAUX DU GRELOT
NOUVELLES
GË06RAPHIES DEPARTEMENTALES
Par Ed. JO ANNE
Chaque département forme un volume, format in-16 cartonné, accompagné de nombreuses gravures dans le texte et d’une carte en couleurs, et est suivi d’un Dictionnaire des communes.
Prix de chaque département, franco par la
poste. . t fr. @©
Le département de la Seine .. • NO
L,’Algérie. t NO
