LE GRELOT

LE

GRELOT GRATUIT

Rome est entrée, un jour avec César, Capitaine des capitaines,

Il a lié le Gaulois à son char Et la promené par les plaines.

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Liberté .

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Semaine financière

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Adresser les lettres et valeurs au nom de M. J. MADRE, 5, cité Bergère, a Paris.

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GAZETTE DE MONTRETOUT

Les deux Sœurs. Eh! va donc va­drouillasse! lin vicaire général et son frère le capitaine ! lies dix commandements du diable.

Une poésie de Maurice Montégut au Journal ma beaucoup frappé. Gest inti­tulé les Sœurs latines. Je ne résiste pas au plaisir den citer quelques strophes :

Qui donc prétend que nous sommes Latins, Nous les Gaulois, fils de la Gaule,

Dont les aïeux portaient des lys au teint Et des cheveux blonds sur lépaule?

Latins aussi, les Francs aux regards bleux, Aux poils rouges sous les aisselles,

Qui combattaient tout nus fabuleux Montés sur des chevaux sans selles !

Latins toujours ceux qui viennent de Tyr, Ou de Phocée ou de Carthage?

Tous qui, charmés, ne voulaient plus partir Changeant de ciel et de langage

Voici comment, avec quelles douceurs

Vous êtes sœurs, ô sœurs latines.

France 1 Italie ! Epouvantables sœurs

Furieuses dêtre voisines!

Donc il est dit qu'il ment trois fois, quil ment

Le mendiant de lItalie !

Et quil mordra dans son embrassement,

France si jamais on oublie!

Bravo, Montégut! Voilà des vers qui valent mieux que ceux de Déroulède, sinon pour la rime, du moins pour la rai­son, au moment il est question,enhaut lieu; de donner à Verdi la plus haute récom­pense dont dispose la Légion dhonneur.

Les Italiens sont des fumistes. Le roi Iinmbert veut un nouveau traité de com­merce. Il nous embrasse par lentremise de Calmette. Signez le traité, ou demain nous vous écrasons. La triplice nattend quun mot de moi pour tomber sur sa « sœur latine » !

Le roi Galanluomoé n fut mort de honte!

LItalie est mille fois plus détestable que lAllemagne. Nous avons combattu les horribles bochards. Nous avons eu leur Rh'n allemand...il a tenu dans notre verre. Mais lItalie (la sœur!) lui avons- nous assez prodigué notre sang à Pales- tro, à Magenta, à Sollérino?

LItalie est ruinée. Sa rente dégringo­lerait demain, sil y avait pour deux sous de patriotisme à la Bourse.

Elle a besoin, cette aimable sœur,Aè met­tre un emprunt. LAllemagne lui a ré­pondu : zut; lAutriche, de même; lAn­gleterre, lanlaire ! Et il se trouverait en France un banquier assez audacieux pour consacrer son crédit à lemprunt italien.

Non, jamais.

Le roi Humbert a dit vendredi au préfet de Venise : « La nation traverse un mo­ment économique difficile... il faut avoir confiance dans les destinées de la patrie, car nous touchons au terme de nos épreu­ves. »

Nous touchons. Cest tout ce que Tltalie touchera.

Quant à nous, jamais nous ne pardon­nerons à la gueuse italienne davoir léché les pieds de Guillaume.

Si lItalie crève de faim, que M. Cal­mette ouvre une souscription au Figaro\

LEsprit nouveau fait déjà des siennes.

M. Ardin, vicaire générai de Sens bien quil en manque totalement, de sens, a cru devoir enlever une parcelle des reliques de Saint-Thomas A.BeckeLpour en faire un cadeau à Dom Gréa, supérieur des chanoines réguliers de Saint-Antoine.

M. Drumont sest ému, et a bien eu tort de sémouvoir dun pareil larcin.

Mais voilà ça se corse, le vicaire général a un frère qui est capitaiüe et il envoie ce frère demander raison à M. Gas­ton Mery, lauteur de larticle. Labbé Ardin veut bien se battre, mais par pro- curatio .

Nest-ce pas tout à fait « esprit nou­veau »? Ce vicaire général qui pousse son frère à un duel réprouvé par lEglise. Du coup; labbé Ardia sexcommunie lui- même. Aurélien Wcholl a déjà rendu son verdict : le duel naura pas lieu, mais il y a eu provocation et labbé va être ap­pelé à dautres fonctions.

*

* *

Pour finir les nouveaux dix comman­dements du diable :

Le pape et le roi ne font quun ;

Le soldat les sert tous les deux ;

Lhomme de bien obéit à tous les trois;

Le paysan travaille pour les quatre ;

Le prêtre vit parmi les cinq ;

Le voleur les vole tous six;

Le médecin les tue tous les sept;

Le confesseur les absout tous les huit ;

Le croque-mort les emballe tous les neuf;

Le diable les emporte tous les dix !

Montretout.

ZIGZAGS

La Chambre nayant point encore épuisé les loisirs quelle sest généreusement oc­troyés jusquau 24 avril, les journaux en sont réduits à remplir les vides de leurs co­lonnes par des polémiques personnelles.

Cest ainsi que le Temps et la Justice échan­gent courtoisement des « gnons » littéraires à propos des droits de majorités et de luti­lité des minorités.

Lun ft lautre se jettent à la tète la Con­vention, quils espèrent bien ne pas revoir. Pour nous, cette éventualité ne nous effraie guère, et pour dire tout net le fond de notre pensée, nous préférerions nimporte quoi au gouvernement actuel dun petit-fils-bûche étayé par un petit-fils râpe-à-sucre, dont les ficelles sont tirées par une vieille dame, généralement habillée de soie, et une antique ficelle exotique vêtue de drap blanc.

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Le Temps conclut ainsi :

« La patrie a sa voix à faire entendre. Il faut maintenir le lien de lunité française, affirmer et garantir les droits de lindividu et les attributions nécessaires de lEtat. Cest -dessus quon voudrait entendre M. Clé- menceau. Sécrier : « Décentralisons ! r ne suffit pas; il faut dire comment et jusquà quelle limite. Le problème intéressant est, et tant quon se tient dans les généralités, non seulement il nest pas résolu, mais on doit convenir quon ne la pas me abordé. »

Soit. Mais alors pourquoi le Temps, journal sérieux, ne la-t-il pas abordé?

Il aurait pu, ce me semble, consacrer uti­lement à cet exercice les trois colonnes de sa première page, quil encombr.e journelle­ment dune prose indigeste, que, dailleurs, personne ne lit.

X

M. Burdeau défend davance son projet de budget pour 1898, en ces termes :

« Notre régime fiscal, dit-il, a été orga­nisé de manière à faire contribuer chaque citoyen aux charges publiques en propor­tion de ses facultés ; mais, par suite des changements survenus dans notre état éco­nomique et du développement quont pris les impôts indirects, lharmonie des ancien­nes règles se trouve aujourdhui en partie détruite au préjudice des classes peu aisées. »

Il a beaucoup de talent, M. Burdeau, mais à dire vrai, « lharmonie » à laquelle il fait allusion, nous rappelle, à nous contribuables, le concert aimable auquel se livrent une douzaine de chiens réunis en congrès de­vant la porte dune chienne en chasse !...

X

Prenant prétexte des commentaires de la presse française relativement à lentrevue du roi avec un rédacteur An Figaro, i a Ri forma déclare que les différends entre le souverain et son premier ministre ne peuvent pas exister sur la politique étrangère.

a Les Français, ajoute la feuille italienne, font mal doublier les nombreuses preuves des sentiments de conciliation données par M. Grispi dans toutes les occasions pour le rapprochement cordial des deux pays. »

Pardon, brave Riforma. (les preuves consistent tout bonnement en paroles. Au­tant en emporte le vent. Fermez dabord le petit couteau que vous grillez de nous plan­ter dans le dos à la première occasion que votre excellent ami Guillaume II trouvera de nous chercher une querelle dAllemand. Jusque-, comme on dit aux chasseurs alpins, « nous ne voulons rien savoir. »

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Le poète Tailhade nous régale de lauto­graphe suivant :

« Puissent les vertus magiques et propi­tiatoires du sang épanché accoiter lâme dou­loureuse du rêveur qui ma féru? Puissent les Esprits que délivra la rouge libation de mes veines, conduire ce triste frère pardonné vers les calmes et hautes pensées qui aident à supporter le mal de vivre, ainsi que linfa­mie perpétuelle de nos iniques jours.

i A la la Charité, le 12 avril 1894.

« Laurent Tailhade. »

Il eût vraiment été malheureux que Tail­hade fût tué par la bombe de son « compa­gnon ». Gela eût inconstablement nui à la prospérité future de Gharenlou.

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Ce c bon garçon » de Chincholle, est arrivé mauvais quatrième, au scrutin de dimanche dernier.

Il passait bon premier sil avait eu seule­ment une voix pour chacune des bêtises obi- liscales quil a pondues dans ses pensées.

X

Certains journaux se gaussent de ce que les Boches laissent rentrer chez eux les jé­suites.

Nousnaurons point cette peine chez nous : Ils n'eu sont jamais sortis.

X

Potouié-Pierre vient de publier un numéro- programme du Cosmopolite , feuille volante à cinq centimes, qui paraîtra mensuellement et pèse moins de cinq grammes, ce qui permet de lenvoyer inséré dans des lettres pesant six à sept grammes alors que laffranchisse­ment leur donne droit à quinze.

« Cest une force immense inutilisée », dit Polonié-Pierre.

Il a raison Potonié-Pierre.

Mais il ne suffit pas davoir raison pour être écouté.

Sans cela, quelle fortune naurait pas faite E. Saison, du Tam-Tam, quand il proposait dutiliser les manivelles dorgues de bar­barie pour actionner des dynamos suscepti­bles demmagasiner dans des accumulateurs plus de chevaux-vapeurs quil nen faudrait pour assurer la remonte de toute la cavalerie française?

Gringoire.

ESPRIT DE PARTOUT

Barbizon, le sculpteur connu par son sans- gefne, dînait lautre soir chez la baronne de G... dont il vient de terminer le buste pour le pro­chain Salon,

Au champagne, les convives, légèrement émoustillés, en venaient aux confidences.

Lun d'eux fait laveu suivant :

Eh bien ! je dois avouer que jai été com­plètement ivre une fois dans ma vie.

Moi deux fois, dit un autre.

Alors, Barbizon, se tournant galamment vers la maîtresse de la maison :

Et vous, baronne ?

O

Un Gascon disait ;

Dans mon pays, aitué sur les rives de la Ga­ronne, savez-vous comment on s'y prend pour pêcher?

Cest excessivement simple et excessivement agréable :

On attache aux pattes de ses oies et de ses canards de vigoureuses lignes avec hameçons et amorces, puis on chasse les palmipèdes à leau.

Le poisson mord ; le volatile, effrayé de se sen­tir tiré aux pattes gagne la rive à grands coups d'ailes et sort de lui-mème le poisson. Le pê­cheur se charge du reste.

Et notez bien ceci, nous navons pas de bré- vets !

Après laffaire de Leaze, les gardes du roi se signalèrent par la plus grande bravoure, quelques-uns dentre eux, et la plupart Gascons, détaillaient leurs actions et leurs prouesses; lun disait : . Jai tué vingt hommes pour ma part »; lautre disait : « Jen ai tué autant et jai fait prisonniers deux officiers généraux. » Un troisième ajouta quil avait enfoncé, lui, deux ou trois escadrons, et quil en avait rapporté tous les drapeaux. Et vous, dit-on à un gentil­homme gascon de riche taille, de beaucoup desprit et dune valeur de sang-froid, vous ne dites rien. Quavez-vous fait?

Moi, répondit-il, jai été tué ! »

O

Topinard pèche à la ligue avec Cab^issous de Marseille.

Moi, fait Topinard, je pêchais à Toulouse, quatorze heures par jour...

Bagasse! riposte Cabassous, je pêchais à Marseille toute la nuit!

A la ligne... Quelle farce 1... Comment fai­siez-vous ?

Je pêchais au ver-luisant!

Job.

Chronique buissonnière

ÉVANGILE SELON SAINT ALFRED

La statistique si généralement assom­mante nous révèle cependant parfois d'intéressantes constatations. Telle est celle qui a été établie pour dresser la proportion des divorces dans les divers pays dEurope pratiquant « lEvangile selon saint Alfred » Naquet le bon apôtre boulanjisuite.

« Voici, du reste, les chiffres obtenus en prenant pour base 10.000 mariages ; 1,4 en Irlande; 9,97 en France; 13,9 en Angleterre; 14,7 en Russie; 22,8 en Ecosse; 28,1 en Nor­vège; 27,4 en Italie; 41,1 en Autriche; 84,1 en Belgique; 68,1 en Suède;148,l en Prusse; 262,8 eu Saxe; 898,8 à Hambourg. »

Il en ressort, dabord, que lévangéliste au dos convexe nest pas prophète en son pays,